CHAPITRE SEPTIÈME
droil h ces réclamations, el de payer les 2020 livres au comte Rodolphe, ou à son ordre, par porlioes, aui termes qu*d?aienl fixés les arbitres choisis par les deui parties, h ^voir Pierre, comte àe Gruyère, amyer de Fnbourg \ Nicolas de Silliero, Conon de Diiens (Ctitti), Rodolphe de Vuippenset Pertod de Chéûeas, tous bourgeois de Fribonrg, Le comte Eberhard donna de plus, au comte Bodolphe ou à son ordre, vingt caulioos ou otages, au vu et au su du comte de Gruyère el des Fribourgeois susdits, el il s'en remit au jugement des mêmes arbitres en ce qui concernait la Sforgengabe, prêt ï faire ce qu^ils décideraient à cet égard*. Dans cette aOaire, le comte de Gruvère Fut apparemment le sur-arbitre, c'est-à-dire le cinquième arbitre pour départager les quatre autres,
A peu près dans le même temps on vit renaître la guerre entre deux souverains locaux et la cité de Berne. Le comte de Gruyère y fut naturellement engagé par des intérêts dynastiques et par les relations de famille qui F unissaient ï ses voisins les sîres de Weissenhourg et tes sires de la Tour- Chàtillon. Ces derniers, originaires du Vallais, où était leur principal manoir, dont ils portaient le nom, avaient hérité des seigneurs de Wa^dîsv^yl la terre de Frouliguen- Pierre de Gruyère, seigneur du Vanel, avait épousé en secondes noces Catherine de la Tour - Cbàtillon. La comtesse de Gruyère, nous Ta vous déji dit, était fille du belliqueux Rodolphe de Weissen bourg. Un commun seniimeal , la haine
' « perdommutn Petnini comtlucn Gnierie, ^dvocatum FHhurgi » * Cti, rlu 3 avrti 1331. avec te s^^^^iudii comte de Kibourg (endommtgé}.
que vouaient la la cilé de TAar les barons opposés 2i son accroissement, cimentait Tamitié et rendait' plus intimes les relations des trois maisons souveraines que nous avons nommées.
Or, Jean de la Tour, seigneur de Châlillon en Vallais, eut guerre avec Oton Lampart, ou plutôt Lombard S bourgeois de Berne, allié par sa femme la la maison d*Ënglisberg. Il paraîtrait que le dit Oton ne pouvant se faire payer une somme considérable que lui devait le sire de la Tour^ s'était mis en possession de la villette et du château de Huhlenen {k la jonction de la Suld et de la Kander), qui, probablement, lui avaient été donnés pour hypothèque. Jean de la Tour le somma de lui rendre le fief qu'il répétait, et sur le refus d^Oton, il arma ses vassaux , appela la son aide les frères Rodolphe et Jean, seigneurs de Weisse;n bourg, et le comte de Gruyère , ses alliés, et vint avec eux assiéger le fort de Muhlenen. Aussitôt que les magistrats de Berne apprirent la détresse de leur combourgeois, ils envoyèrent la son secours un corps de troupes sous la conduite de Favoyer Werner Mûnzer'. Le comte Eberhard de Kibourg eût volontiers disputé aux Bernois le passage de la Kander, si les
^ Le nom de Lampart , ou plas exactement de Lombard , servait à désigner les banquiers qui, venus de Lombardie. s'étaient établis à Berne et y avaient acquis la bourgeoisie, tout comme les Astiens, domiciliés à Fribourg, y étaient venus de la ville d'Âsti. en Piémont. — Les seigneurs Rodolphe et Jean de Weissenbourg eurent (comme Jean de la Tour) des querelles avec les frères Oton et Etienne Lombard, au sujet de l'argent qu'ils devaient à ceux-ci. llssoumirent, en 1335, leur différend à l'arbitrage d'autres seigneurs. Regesten der Areh. der Schweix. 1 , 2, p. 66. n° 383.
* Fils (?) de Laurent Mûnzer , qui avait été avoyer de Berne en 1305 et 1H08. Regesten der Arch. der Schweix. 1,2, p. 57, n^ 52 ; et Recueil dipl du canton de Fribourg, 11, 29.
(SlPfTBZ SEPTIÈME.
geos de Thoune et uo genltlhomiûe, oammé de Ried, ne reusseni déloamé de ce dessein , eo disant qu'ils observeraient leur lettre de combourgeoisie avec Berne. Les coalisés se retirèreut, esquivant rescaraianche à laquelle les conviait le chef de Tarmée bernoise \ On comptait alors Tan de N: s. 1530*.
Cette petite guerre foi suivie d'une aalre, qui aDQenç^it tin plus terrible orage. Berne vil se Hguer contre elle, avec Fribourg sa rivale, Eberliard coin le de Ki bourg, landgrave de Bourgogne, et depuis peu bourgeois de Fribourg \ Louis de Savoie, baron de Vaud, Girard d'Arberg, sire de Valeu* gin*, et Rolei, soit Rodolphe, seigneur de Vuippens, Gis de Jean de Vuippens, bourgeois de Fri bourgs à qui la communauté de celle ville avail vendu, sous réserve de retrait, le château de Gumminen et la ville basse de ce nom, qu'elle avait acquis, en 1519, des fils du chevalier de Maggenberg, qui étail devenu possesseur de ce fief, La pelite ville de Gumminen et son château ayant été mis eu étal de défense, Rodolphe de Vuippens commença les hostilités contre Berue eu caplurant du bétail qui appartenait à des bourgeois de cette ville. Les Bernois, se préparant à une guerre sérieuse, s'étaient assuré le concours de Tévéque de
* JastiDgm^, p. 80. GeîchieKiforicheri t. ïllt. p. 150.
* Le chroniqueor bémols que nous venoDs de citer, rapporle le ilégâ d6 MalIncD {Huhienm'^ à fan 1331 , s^ans autre indïcâlioD, Mais en 13BL Berce avait pour avojer Jean de BoubeotMBrg Cb^ du 19 mai et du 13 oc* lobre 133L
* Par traité du mois de mai 133 L Rfcutii diplom. du canton de Fribourg, n, 105
* Ibid , p 138,
Bàle, du comte Pierre d*ArbergS du seigneur Oton de GrandsoD , d*ÀimoD comte de Savoie*, aiusi que des villes de Bàle, de Soleure, de Bienue et de Thouoe. Tous ces alliés étaient unis lu Berne par un traité de comboui^eoisie. Les Bernois , voulant s*emparer de Gumminen , s'élancent sur le pont. Celui-ci cède et entraine dans sa chute une partie des assaillants. Toutefois, grâce k Thabileté de Tingénieur de Berne et k l'intrépidité des assiégeants, le donjon fortifié fut pris de force et détruit'. Les vainqueurs r^agnèrent leurs foyers, glorieux d'avoir vengé Tinjure faite k leurs concitoyens.
La guerre n'était pas terminée. Les deux villes ennemies et leurs partisans allaient faire de nouvelles incursions. Il ne parait pas que le comte de Gruyère ait pris quelque part k cette guerre. Quant k son neveu Pierre, seigneur du Yanel, chevalier, il eut une vive querelle avec les citoyens de Berne. Ceux-ci, représentés dans une conférence par des descendants d'anciennes familles nobles, savoir Jean de Boubenberg, chevalier, avoyer de Berne, Jean de Krambou rg,' chevalier, Berthold de Rumelingen, donzel\ Laurent Munzer", Ulric, greffier Je Berne, et Bourcard de Bennewile, voulaient que Pierre du Yanel leur payât la somme de deux
> Voy. Recueil diphm.t II, p. 114.
* « der edel Herre Graf Haim von Saffo, der burger ze Berne ist. » Ibid. p. 118.
* Jastinger, p. 82-83. Muller, II, p. 100-101 (édit. aUem.de 1835). H parattraitque le château de Gumminen fut restauré . car en 1334 la communauté de Fribourg le vendit à un de ses bourgeois. Recueil diplomai., II. p. 139.
* Ch. de jniUet 1330, dans le Recueil diplom,, II, 104.
* Voyez p. 194, note 2.