‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 104 sur 151 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

core. Les gouvernements les plus catholiques sont les plus sévères pour leurs évêques et les plus ombrageux (kl côté de Rome. En France, un évêque publie tout ce qu'il veut ; il est soumis ensuite, et seulement pour ses actes ofl&ciels, k Tinoffensive juridiction du Conseil d*État. En Autriche, en Toscane, dans plusieurs autres états d'Allemagne ou d'Italie, il ne pourrait publier une ligne, ni comme évêque, ni simplement comme auteur, sans ravoir préalablement soumise aux censeurs du gouvernement. En France, les communications officielles du clergé avec le pape doivent passer par le ministre des cultes, mais rien n*empêche les évêques d'avoir inoffioiellement avec Rome autant de relations que bon leur sem» ble; dans les états que nous avons nommés, toute cor* respondance , même privée , est , sinon interdite , du moins activement surveillée. Quant à I4 réception des brefs du pape, ces gouvernements ne tiennent pas moins que d'aulres au droit d'en autoriser ou d'en empêcher la publication. On a beaucoup crié, tout récemment, cour tre le roi de Prusse, pour avoir interdit à ses sujets catholiques d'aller étudier la théologie à Rome ; et il n*a fait que ce dont plusieurs princes catholiques, même italiens , lui avaient donné l'exemple. Que diraient nos ullramontains de Paris si le gouvernement ft'ançais s'a*» visait d'ôler un saint du bréviaire? Le gouvernement autrichien en a ôté Grégoire VII. ^ Il va sans dire que nous n'approuvons pas également toutes les mesures citées ci-dessus. Nous n'aimons pas voir un évêque soumis, pour ses moindres actes, au joug humiliant de la police ; nous ne faisons que citer, et nous (lisons : Voilà OÙ en sont, en réalité, sous ces beaux dehors d'union et de soumission filiale, les relations de la catholicité avec

son chef; voilà la confiance que le pape inspire aux gouvernements qui usent le plus de son nom, d'un autre côté, dans tout ce qui sert leurs projets ou leur ae.

Paul m n'avait cependant rien négligé pour prévenir la menaçante démarche des prélats de l'empereur. Il était allé jusqu'à lui offrir de le proclamer roi d'Angleterre, et même de lui fournir des troupes pour conquérir ce royaume, censé vacant depuis l'excommunication de Henri VIIÏ ; mais il était par trop visible que le rusé vieillard se proposait, avant tout, de l'éloigner et de le distraire. Aussi l'empereur ne lui répondit-il qu'en envoyant à Rome le cardinal Madrucci, évêque de Trente, pour solliciter de nouveau le retour du concile dans cette ville. Le cardinal arrive à Rome. Le pape le reçoit très-bien, mais sans s'expliquer ; il lui permet seulement d'exposer en consistoire l'objet de sa mission. Le 9 décembre, en présence des cardinaux , Madrucci reproduit solennellement sa demande. C'est au nom de Dieu, dit-il, au nom de l'empereur, au nom de l'empire, au nom de tous les amis de la religion, qu'il supplie le pape de renvoyer à Trente les évêques de Rologne ; il demande aussi qu'on veuille bien décider si c'est aux cardinaux ou au concile qu'appartiendrait l'élection d'un nouveau pape, le siège venant à vaquer*. C'était rappeler assez clairement au

« Plusieurs de ces détails, niés par Pallavicini, nous ont paru suflSsamment prouvés par le témoignage d'autres auteui*s, notamment Rnynaldus, Sleidan et De Thou, d'accoi-d avec Sarpi.

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