LIVRE TROISIÈME
TAllemagne, il y aperçut de faibles dehors de religion < que les victoires et les édits de Tempereur y avaient introduits à grand'peine ; mais il trouva les esprits plus hérétiques que jamais, au point que les messes étaient célébrées sans assistants. A peine voyait-on quelqu'un réclamer auprès des nonce» Tusage de leurs pouvoirs, ou les recevoir poliment comme de coutume. » A quoi l'historien ajoute naïvement : a II était visible que tous les efforts seraient inutiles, si on ne les appuyait par les armes, » Les protestants ne fournirent donc aux nonces à peu près aucune occasion de rouvrir le bercail à des brebis égarées. On avait fait pourtant la porte assez large, Les moines défroqués n'avaient, pour rentrer en grâce, qu'à porter leur ancien habit sous leurs habits séculiers ; et quant à ceux qui s'étaient mariés, le pape, sans les absoudre par une mesure générale, offrait de statuer individuellement sur chacun d*eux avec le plus d'indulgence possible.
Mal reçus par les protestants, les nonces ne l'étaient guère mieux par les catholiques. L'ambiguité de leur mission, l'inutilité patente des résultats, l'animosité entretenue par le maintien de la translation à Bologne, tout contribuait à les faire voir de mauvais œil, et l'empereur, sans rompre avec eux, ne se souciait plus de leur donner rien à faire. Après un séjour de six mois dans diverses villes d'Allemagne, ils parlèrent de s'en ialler. Charles-Quint demanda alors qu'ils déléguassent aux évêques une partie de leurs pouvoirs. Après de longs pourparlers, on rédigea une espèce de décret, moitié Impérial, moitié papal, où la bulle fut insérée sans mo-
t De catholicisme.
dification, mais accompagnée de règlements auxquels elle était censée donner la sanction de la cour de Rome.
C'était vers la fin de 15i9. Il y avait donc près de trois ans que le concile dormait. Quelques évêques espagnols étaient encore à Trente ; quelques italiens à Bologne. Protestations permanentes pour et contre la translation.
Elle aiTiva enfin, cette mort qui faisait depuis si longtemps le sujet des conversations et des vœux de l'Europe. Après un pontificat de quinze ans, Paul expira le 10 novembre, regretté des Romains, qu'il avait su s'attacher, admiré des hommes d'État, qui le reconnaissaient pour leur maître, mais chargé d'un bien lourd fardeau aux yeux de la religion et de l'histoire. Dieu le frappa ^ar où il avait le plus péché. Après avoir foulé aux pieds toutes les lois et toutes les convenances pour charger d'or et d'honneurs des enfants nés à sa honte, ce fut en apprenant la trahison de son petit-fils Octave, secrètement d'accord avec l'empereur, qu'il se sentit défaillir. En moins de trois jours, il était mort. Eut-il, à ses derniers moments, quelques réveils de conscience et de piété sérieuse ? Les premières lueurs de l'éternité lui firent-elles enfin apercevoir sous son vrai jour cette longue suite de nises avec les forts, de violences avec les faibles, de mensonges aux hommes et à Dieu? Peutêtre ; peut-être aussi, et ce n'est que trop probable, peut-être persista-t-il jusqu'au bout ï m se rien repro*