‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 13 sur 151 · LIVRE PHEMIJSR · texte numérisé non relu

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y décider de tant de choses ! » Il est vrai qtie cette folies selon lui, consistait à n'avoir pas simplement laissé Taffaire aux mains des habiles gens dont^ ajoutait-il, « Rome est pleine ; » mais si sa conclusion n'est {nas la nôtre, son exclamation sur les soixante n'en est pas moins bonne à enregistrer.

Bien de moins clair, du reste, que le» distinctions p» lesquelles Rome arrive à doter ou k dépouiller les conciles du titre fastueux d'œcuraéniques*, selon qu'il hii convient ou non d'en accepter les décrets* Quelle diffé^• rence légale nous montrera-t-on entre le concile de Nicée, condamnant l'arianisme, et le concile de Tyr, dix ans après, condamnant la fol de l^icée? Celui de Tyr, dites-vous, ne fut composé que des ennemis d'Atbanase. Un arien vous répondra qu'il n'y avait non phis dans l'autre que des ennemis d' Arius *. — Mais, à Nicée, il y avait des délégués du pape 5 à Tyr, il n'y en avait point. — Il n'y en avait point non phis à Constantinople^ en 381. Ce concile est pourtant admis comme œcuménique, bien qu'il n'y eût qu'un évêque latin contre cent quarante-neuf grecs. A Ificée, il y en avait eu Irois contre trois cent quinze; à Chalcédoine, il y en eut encore trois contre trois cent cinquante. La plupart des conciles œcuméniques l'ont été, numériquement et géographiquement, beaucoup moins que plusieurs dé ceux auxquels on dénie ce titre *. « I1& le sont devenus, dit-

* UnîveTsetâ, assemWés de toute ta (être habitée^ ce qui, dans fe système rottmin, em^rfe Finfaillibilitér

* On voudra bien se rappeler que nous sommes ici dans ftBflr question de droit, de formes, et que nous n'avons à nous prononcer, pour le moment, ni pour ni contre aucun dogme.

* Voir Jumn, Réflexions sur tes conciles.

on, par le seul fait d'avoir été universellement approuvés. )) C'est déjà un jeu de mots : une assemblée particulière ne devient pas une assemblée générale par cela seul qu'on en à généralement reçu les décisions ; tout au plus dira-t-on qu'elle y équivaut. Puis , dans cette ' théorie, a-t-on bien pensé où l'on va ? Si le nombre et la nationalité des assistants ne prouvent rien, si quatre cents évêques , venus de toutes les parties de l'Église, peuvent ne former qu'un concile particulier et faillible, tandis qu'un autre, avec quarante, peut devenir œcuménique, infaillible,— que sont-ils donc, l'un et l'autre, au moment où ils prennent leurs décisions ? Rien. Leur autorité dépend du jugement postérieur de l'Église. Jusqu'à ce que l'Église ait prononcé , au moins par son silence, sur tous les points réglés dans l'assemblée, ni les fidèles , ni l'assemblée elle-même , ne savent s'ils peuvent , en conscience , admettre ce qui vient d'être décidé. De cette manière donc, vous échappez à l'objection tirée du petit nombre des évêques, et, ne fussentils que dix , le concile peut être œcuménique ; mais ce n'est qu'en nous accordant que toute assemblée de ce genre, se composât-elle de mille évêques, n'a, en soi, nulle autorité. Ce n'est qu'une commission consultative. Ses jugements sont réformables. L'infaillibilité lui vient d'ailleurs.

« Le concile de Trente, dit un auteur *, est-il infaillible par lui-même, ou par l'acceptation subséquente de l'Église? Nous pouvons regarder cette question comme inutile. » Oui, en fait, au bout de trois siècles. Mais nous sommes ici en 15 /( 5. Nous assistons aux dé-

> L'abbé Boycr, directeur du séminaire Salnt-Sulpico.

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