‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 135 sur 151 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

ne peut non plus entrer dans le ciel, lorsqu'on s'en est fermé l'entrée par un péché mortel, si le prêtre, à qui Jésus'-Christ en a confié les clefs, n'en ouvre la porte. Autrement, en effet, Tusage des clefs serait entièrement nul ; et si la porte peut s'ouvrir par un autre moyen, ce serait en vain que celui à qui le pouvoir des clefs a été donné interdirait l'entrée à qui que ce fût. » Voilà donc le pouvoir, non-seulement de délier, mais de lier. Impossible d'entrer si le prêtre n'ouvre ; impossible d'entrer s'il ferme... Ah! quelle abominable trahison que celle des Apôtres, si, sachant un pareil secret, ils ne l'ont pas écrit à toutes les pages de leur livre, et ont laissé périr tant de malheureux assez insensés pour .se figurer le ciel ouvert à quiconque croit, se repent et aime!

Nous ne nous arrêterons pas à montrer combien il faut s'écarter de ces premiers temps pour trouver quelques citations, quelques faits, qui commencent réellement à signifier quelque chose en faveur de la Pénitence romaine. Réellement, disons-nous ; car il est clair que nous ne saurions accepter à l'appui de la Confession proprement dite, obligatoire, nécessaire, sacramentelle, ce que les premiers Pères ont écrit d'une confession libre et irrégulière, d'un simple aveu fait au prêtre pour décharger sa conscience, demander des conseils, entendre de sa bouche les assurances de l'amour et de la miséricorde de Dieu. Cette confession-là, les protestants ne l'ont jamais attaquée. Luther, dans son catéchisme de 1530, la recommande expressément. Calvin, dans une lettre à FareH, se félicite de ce que

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le6 fidèles preno^nt Thabitude de veoir lui ouvrir leur âme avant de commumer. Aujourd'hui» û cette couUunâ n'est pas aussi générale qu'on pourrait le désiner, elle l'est cependant bien plus que les catholiques ne le croient, et elle le serait bien davantage, sans la peur des abus de la confession romaine. « Le pasteur^ dit un écrivain catholique S n'a pas le droit d'entrer dans I4 demeure de son pûroimien^ et de lui demander compta des larmes qu'il lui voit rendre. Il ne peut» smis crainte d'indiscrétion, interroger celui qui «ouffre, gémit, murmure ou blasphème. » 11 serait difficile d'être plus en contradiction avec les faits. Dans les pays protestants, c'est une chose inouïe et un scanda public qu'une porte qui se ferme au pasteur ; dans les pays c»* tholiques (ceux, cela va sans dire, où le clergé ne règne pas)^ en est-il de même? Que de défiance 1 Que d'alfrontS) souvent injustes, sans doute^ mais à peu près inconnus au clergé protestant! C'est tout sim^. L'ua se présente comme un ami, l'autre comme un maître. L'un dit qu'il peut fenmer le ciel; l'autre ne dit pas qu'il puisse l'ouvrir, msûs il vous adresse à Celui qm seul, quoi qu'on dise, en a véritablement les clefs.

Dira-t-on que l'Église a pu, pour le bien des âmes^ rendre obligatoire ce qu'elle s'était d'abord contentée de recommander ? — Cette opinion serait déjà peu d'^c^ cord avec celle qui fait remonter à Jésus-Christ l'insiitution et la nécessité du sacrement de Pénit^ice, opinion qui est pourtant celle du eonciie. Mais la questioa n'est pas 14. Il faudrait prouver, avant tout, si ce que l'Église a ordonné, au sixième siècle, est bie« ce qti'elle

1 Audin, Vie de Calvin,

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