‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 143 sur 151 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Luther à Staupitz , qui était pourtant un brave homme, de votre âme , de ses besoins , de sa soif de vie et de grâce... «Je ne comprends pas, » diront-ils. S*ils vous comprenaient, seraient-ils romains? Et s'il y en a qui vous comprendraient, — car il y en a, grâce à Dieu, — demandez-leur, à ceux-là, s'ils se croient sérieusement le pouvoir d'ouvrir et de fermer le ciel.

Que s'il nous fallait maintenant , à l'appui de tout cela, quelques aveux du genre de ceux que nous attendrions de ces derniers prêtres, savez-vous où nous irions les chercher?

Ce serait d'abord dans Bossuet * : <( C'est Jésus-Christ, dit-il , c'est ce pontife invisible qui absout intérieurement le pénitent , pendant que le prêtre exerce le ministère extérieur. » — Et si ce pontife invisible, qui lit dans le cœur du pénitent, y voit tout autre chose que ce que le prêtre croit y voir, absoudra-t-il également ? Vous n'oseriez l'affirmer. Cela revient donc à dire que le pénitent n'est jamais sûr de l'absolution reçue, et que, pour croire à ce pardon, il faut qu'il se sente animé des dispositions qui le méritent. Ainsi , ou il y croira en aveugle, ou il n'y croira réellement pas du tout.

A qui nous adresserons-nous ensuite? A un pape, à Innocent III*. «Comme l'Église, dit-il, peut quelquefois errer en ce qui concerne les personnes, il peut se faire ' que tel qui sera délié aux yeux de l'Église soit lié devant Dieu, et que celui que l'Église aura lié soit délié quand il paraîtra devant celui qui sait toutes choses. »

* Exposition t u.

> ÉpUre II.

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En disons-nons davantage?. Et s'il en est ainsi, que si^ gnlfle l'absolution ?

Enfin, c'est jusque sur une des bannières de Rome, sur celle que Luther saisit et déchira la première, que nous lisons encore la condamnation implicite de ce système. Voici quelle était la formule des indulgences en 1617 : « Que Notre Seigneur Jésus-Christ ait pitié de toi et t* absolve par les mérites de sa très sainte passion ! Et moi, en vertu de la puissance apostolique qui m'a été confiée, je l'absons de... etc. » — Si la première phrase signifie quelque chose, que signifie la seconde? S'il vous faut commencer par me renvoyer h. Jésus-Christ , qu'ai-je besoin de vous? Qui m'empêchera d'y aller moi-même ? Que pouvez-vous me garantir ?

En résumé , quelques résultats heureux peuvent , dans les affaires humaines, faire passer sur beaucoup d'inconvénients ; mais quand il s'agit de choses où la religion est en jeu , où les inconvénients vont droit à saper des principes fondamentaux, — approuver, tolérer, quelque bonne foi qu'on y mette, c'est se ranger à l'odieux principe que la fin justifie les moyens.

L'Extrême-Onclioa', dontvon s'occupa ensuite, ne* présente pas les mêmes dangers. Elle a, il faut le rfecon* naître, tout l'extérieur d'un sacrement , et , ce qui est grave, un apôtre en parle. — Que devons-nous donc en penser?

D'abord , si un apôtre en parle . les aufres n'en par-

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