‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 142 sur 151 · LIVRE VROISIÈIffi 30i · texte numérisé non relu

LIVRE VROISIÈIffi 30i

aa moins pwr un peu de cooscieoce et de piété. Ils n'iront pas jusqu'à vous dire en face qu'une foifi fd)sou« par le prêtre^ n'importe comment, ils se croient pur« d^ tout péché ; mais s'ils ne le disent pas, si même, k la rigueur, ils ne le pensent pas positivement^ cette lataie erreur n'en est pas moins la conséquence natui*elle, di* recte, et, il faut le dire, parfaitement logique, du «y«itème auquel on les a soumis. Qu'est-ce que la Confession dans les pays où n'a pas pénétré^ bon gré mal gré, un peu de vrai christianisme et un peu de bon sens ? Le paganiéane, avec ses prêtres impurs et ses expiations à bon marché, a-t-il jamais rien offert de plus inouï que le brigand qui va du confessionnal à l'embuscade, goûtant entre deux crimes tout le calme de la vertu ? Et pourquoi s'inquiéterdt-il ? Ses crimes passés, il en est absous ; qu'il prenne seulement garde de ne pas être tué avant d'avoir murmuré les quelques prières qu'on lui a imposées pour pénitence. Ses crimes futurs, il sait qu'il en sera quitte au même prix. De repentance, il n'en est pas question ; d'amendement , encore moins. Nous défiera-t-on de citer un livre, un prêtre, qui ait en* soigné cela? ïl est vrai ^ ce ne sont pas des choses qu'on écrive oujqu'on dise. Mais nous défierons, à notre tour, qu'on trouve un prêtre ou un livre assez habile pour réfuter ce brigand , pour lui ôter son affreuse sécurité, sans entamer profondément la Confession elle-même, le droit d'absoudre et tout ce qui s'ensuiU 11 n'est pas jusqu'au titre même de sacrement , donné à la pénitence, qui ne concoure à ces résultats d^orables. Quand te prêtre a dit : « Je te baptise, » l'enfant est baptisé. Quand il a dit , dans la Messe : « Ceci est mon corps, » l'hostie est changée , infailliblement changée en chair.

Quand il a dit : a Je t'absous, » — comment se ferait-il, si la pénitence est un sacrement, si ces paroles sont prononcées avec la même autorité que les autres, comment se ferait-il, disons-nous, qu'il n'y ait pas absolution ? Pour réfuter le brigand qui se croit absous, bien et dûment absous, — il faudrait commencer par lui avouer que l'absolution, en soi, ne signifie rien.

El que n'aurait-on pas à dire encore sur mille incour vénients de détails , sur mille erreurs plus ou moins graves, que Rome ne prêche pas toutes, il est vrai , et dont elle désavoue plusieurs, mais où l'on peut lui prouver qu'U n'y a, en fait comme en théorie, que des conséquences de sa doctrine ; — sur le mal qu'on fait à la piété en favorisant, par les peines imposées, l'idée que l'homme peut payer ses dettes envers la justice divine, tandis que le contraire est à la base de tous les enseignements du christianisme ; — sur la ridicule légèreté de ces peines, puisque ce ne sont, le plus souvent, que quelques prières à répéter; — sur le danger de transformer la prièpe en une tâche, tandis qu'elle nous est toujours présentée, dans l'Écriture, comme un privilège et un bonheur;— sur l'inconvénient, enfin, de concentrer dans ce cercle étroit et puéril tous les bons sentiments dont le pécheur peut ou pourrait être animé ! « Je me confessais souvent au docteur Staupitz, dit Luther, non d'afifaires charnelles, mais de ce qui fait le nœud de la question. Comme tous les autres confesseurs, il me répondait : Je ne comprends pas. » Lisez le Compendiutn, cet évangile des confesseurs, et dites s'il n'en est pas toujours de même. Parlez-leur de toutes sortes de souillures : ils vous confondront par leur science dans ces honteuses matières ; parlez-leur, comme

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