‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 150 sur 151 · LIVRE TROISIÈME U · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME U

faire voter la suspension. Une grande majorité s' étant déclarée pour cette mesure, on tint, le 28 avril, une session où le concile fut déclaré suspendu pour deux ans, et pour plus longtemps s'il le fallait. On ajouta qu'en attendant tous les décrets déjà faits seraient religieusement observés; mais cet article, probablement inséré sans réflexion, car les nonces ne pouvaient avoir eu la pensée d'offenser le pape, fut vu de très-mauvais œil à Rome. Les derniers décrets n'avaient pas encore reçu la sanction papale ; ordonner de les observer, c'était dire qu'ils n'en avaient pas besoin. Et ce qui rendait l'omission encore plus saillante, c'était que l'intervention du pape, oubliée dans cet endroit, était mentionnée, un peu plus haut, dans l'article de la reprise future du concile. On semblait donc la croire nécessaire à la légitimité de l'assemblée, mais superflue quant à la validité des décrets. Sans le vouloir, on avait été gallican.

Maurice avait su vaincre ; il ne sut pas ou ne voulut pas retirer de sa victoire tous les avantages qu'elle paraissait lui offrir. Peut-être lui répugnait-il de réduire à l'extrémité celui à qui il avait dû sa grandeur; d'ailleurs, pour redresser toutes les iniquités impériales, il aurait fallu commencer par rendre l'électorat à celui qui en avait été dépouillé cinq ans auparavant. Ce fut le salut de Charles-Quint. Plus on l'avait vu grand, plus sa chute avait produit de stupeur. Abandonné par plu-

itiO HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE

sieurs de ses alliés, faiblement défendu par oe qui kâ restak d'amis, notamment par son &^e et par mn neveu, étourdi lui-^oième d'une si prcHuple catastrophe, il n'hé8ita:pas à s'humilier devant son vassal. Il demanda la paix, et, moins de quatre mois af»rës les premières hostilités, eUe était conclue'. La liberté de conscience était rendue à TAUemaçne, et Vlmerim, qui n'avak servi qu'à créer des positions fausses pour tout le monde, était aboli. Getle liberté de conscience n'enti^alnait oe-r pendant pas, pour l'empereur, l'obUgation de tolérer le protestantisme dans ses états ; il ne s'engageait qu'à laisser les princes libres de faire à cet égard, iQhaeua chez soi, €e que bon leur semblerait.

Après avcûr fait décréter la suspen^oa du Goncik, le pape avait d'abord songé à accorder qudque c^apensa^ tion à ceux qui s'en moDtraient peines. Il avait donc nommé une commission, chargée de lui soumettre tes projets de réforme intérieure dont le concile n'avait pas eu le temps de s'occuper. Cette nouvelle fut froidement accueillie. On ne doutait pas que les réformes décrétées par le pape ne fussent mieux exécutées que celles du concile, et, sous ce rapport, on ne perdait rien ; mais on doutait qu'il en décrétât aucune, et on ne voulait pafi se réjouir avant de les avoir vues. N'avait*il paSy au commencement de son règne, nommé dé}à une cornmission? Qu'^n était-il résulté? -^^ Il parut poortoit, cette fois, y mettre beaucoup d'intéréU II la composa des plus éminents personnages ; il tint aussi à ce qu'die fM nombreuse. C'était, disait-il, afin qu'elle eût le plus d^autorité possible, et empéoh&t de regretter le concile ;

* Paix de P^issawr, «oût 1552.

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