‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 54 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

institution ayant pour but de la déposer, si possible, dans toutes les maisons de l'univers ?

En 182/», à l'occasion du jubilé annoncé pour 1825, nouvel assaut au livre dont Luther s'était appuyé pour dire, juste trois cents ans avant cette époque : « Nous savons. Dieu merci, que ceux qui croient à l'Evangile ont, à toute heure, un jubilé ^ » — « Plusieurs de nos prédécesseurs, dit Léon XII, ont fait des lois pour détourner ce fléau (les sociétés bibliques). De notre temps. Pie VII, d'heureuse mémoire, a envoyé deux brefs... Dans ces brefs, on trouve des témoignages tirés, soit de la sainte Écriture, soit de la Tradition, pour montrer combien cette invention subtile est nuisible à la foi et à la morale. » Ces témoignages « tirés de la Tradition, de L'Écriture ^ » — nous n'avons pas besoin, après tout ce qui précède, de dire à quels sophismes, à quels abus d'idées et de mots il avait fallu recourir pour les trouver. Le pape ne les reproduit pas. « Et nous aussi, poursuit-il, pour nous acquitter de notre devoir apostolique, nous vous exhortons à éloigner vos troupeaux de ces pâturages mortels. » Pâturages mortels ! La Bible I Et s'il le dit, c'est en vertu « de son devoir apostolique!,., » papes 1 à défaut de la pudeur des idées, il faudrait au moins conserver celle des mots, et ne pas affronter, de gaieté de cœur, des contrastes aussi scandaleusement écrasants.

Grégoire XVI entra aussi dans la lice*. Plus modérée dans les termes , la bulle est encore plus injuste dans ses attaques , encore plus sévère dans ses dispositions. Les protestants y sont formellement accusés

A Sur la bulle du Jubilé, 1525.

s Mai 1844.

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d'altéter Id Bible j le pape se refuse positivement à croire qu'ils puissent avoir une autre intention que celle de bouleverser l'Église et de perdre les âmes; c'est dans cette bulle , enfin , que se trouve l'étrange falsification dont nous avotis parlé. Puis : « A vous donc, dit-il aux évoques, h vous d'ôter des mains des fidèles Id Bible traduite en langue vulgaire, » c'est-à-dire, en définitive, « à vous de leur ôter la Bible, » fcar on ne voit pas quelle différence il y a entre une Bible française pour qui parle français, et une Bible Idtifië pour qui sait le latin.

Dira-t-ott, en effet, que la connaissance du latin suppose uit certain degré d'instruction , grâce auquel M Bible est moihs dangereuse? Écoutons Alexandre Vil*. « A moins que, dans toutes leurs pensées... ceux qui s'appliquent aux lettres n'adhèrent imnludblement à toutes les décisions du Saint-Siège... — plus l'esprit a de pétiétration et de forée, plus il est entraîné hors du tf ai chemin. » Mais qUi risqUe le plus de ne pas « adhérer immuablement aux décisions du Saint-Siège, « si ce n'est ceux mêmes à qui dn sera forcé, puisqu'ils sont instruits, de ne pas refuser ce qu'où tefuse au vulgaire? C'est dotic à eux que devrait tout particulièreinent ë* appliquer la loi. Si Rome osait être conséquente, ils y seraient les pi-einiers désignés.

Et qu'on ne nous réponde pas en citant ceux que de hautes lumières n*ont pas empêchés d'être et de rester catholiques, tout en lisant, en étudiant la Bible. Notis avons déjà vu ce qu'il faUt penser de leur prétendue soumission aux décrets de leur Église; notons seule-

* Lettre à Taniversité de Lourain, 1665.

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