LIVRE DEUXIÈME i
ment, pQw rester dans notre suje^, q^e si ces gr4n4§ hommes éfs^ient ou p^raissaiep| catjioliques sur diverç poiots, }1 y en ^vftU certainement un sur lequel ils Té-? taient peu et sUnqiiiétaient peu de Je paraître ; prêtait la lecture môme du livre qu'ils aimaient et admirwenl t^pt. Était-il bien catholique, Pascal, lorsque, cqntrair rement Ji tant de décisions papales, il disait ! : a Maho met s'est établi en défendant de lire, et Jés^s-Christ eq Q^-donnant de lire? » Ce livre qu'on proscrit, les hommes de Port-Royeil n'en parlaient pas autrement que les a% ciens Pères, pas autren^ent que Luther. \\s voulaient le voir entre les mains de tout le monde ; il ne leur a manqué, en vérité, que de fonder une société biblique, Qe l|i l^ versipu de Siacy ; de là pes hardies paroles , cout damnées h Rome en 1713* : « Il çsl "utile et uéçessaire §n tout teu^ps, en tûUt lieu , et à toute espèce de per-i sonnes, de lire FÉcriture sainte. » Comment les jansénistes entendaient concilier cette idée avec le décret de Trente, rrr c'est ce que nous n'essayerons pas d'ei^pHquer ; en tout cas , ce serait encore plus facile que de comprendre comment Clément \l osait appeler « fausse§, captieuses, scandaleuses, impies, blasphématoires..., etc., 3 )) des assertions qu'pn lui eut montrées mot à mot dans les écrits de vingt Pères. Mais il est consolant de yoir renouer par de pareils homuies, cpï\i cin^ quante ans apr^s que le concile l'eut brisép, cette longue chaîne de témoignages en fayeur d^ \^ Sible laissée ^ tous et lue par tous. C'est que, fiu risque d'être incogséquents, ils mettaient la vérité avant l'Église ; et uûlrfi
» Pensées, art 12.
s BuHe Unigenitus.
concile, au contraire, — nous le verrons presque toujours mettant TÉglise avant la vérité. L'Église, le maintien de l'Église, voilà, dans toutes les discussions et dans tous les décrets, l'idée fixe, Vultima ratio de presque tous les évoques. « Y a-t-il un Dieu? » disait une grande dame du siècle passé h un jeune abbé libertin. « Certainement, dit celui-ci, puisque je suis abbé. » — Cet argument, qui n'était là qu'un impie quolibet, vous le retrouvez, plus grave, au fond de toutes les décisions romaines. La Tradition sera-t-elle égale aux Écritures?
— Certainement, puisque l'Église s'y appuie également. Les livres apocryphes seront-ils canoniques ? — Certainement, puisque l'Église les emploie comme tels. La Vulgate sera-t-elle le seul texte officiel et inattaquable?
— Certainement, puisque de nouvelles traductions pourraient ébranler l'Église et inquiéter ses docteurs. La libre interprétation des Saints-Livres sera-t-elle interdite? — Certainement, car c'est de là que la Réforme est née. Et il n'y a guère plus de vingt ans qu'un cardinal disait encore naïvement à Lamennais : « Avec votre liberté, que deviendrait l'inquisition? » Toujours le même système. « Cela est, donc cela doit être. L'inquisition existe ; donc ce qui lui serait contraire ne doit pas exister. » Toujours le lit de Procuste ; à cela près que celui-ci, en coupant les jambes aux gens, ne cherchait pas à leur persuader qu'il ne leur fît aucun tort, tandis qu'aujourd'hui le catholicisme, partout où il n'est pas le maître, fait sonner plus haut que personne les droits de la conscience et de la raison. A l'entendre, il est prêt à reconnaître et à sanctionner toutes les libertés conquises, depuis trois siècles , dans les états les plus libres. Mais, quand il le voudrait, — ce que contredit