‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 57 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME le · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME le

de les placer sut* la même ligiie et d'y ajouter Id même sanction. Les docteurs consultés ne s'entendaient pas. Ils renvoyèrent la question aux évêques, et les évêques s'entendaient encore moins. Singulier spectacle que celui d'un conseil dirigé d'en haut pour régler la foi , et qui, aptes avoir prononcé sur quatre points, ne sait pas même bien s'il a fait des décrets de foi ou de simples décrets disciplinaires !

On vit d'abord se dessiner deux partis, l'un qui voulait quatre anathèmes, l'autre qui dematidait qtl'ôn n'éti triît point. On objectait h ceux-ci que le concile aurait l'air de n* avoir point fait d'articles de foi , ou de ne s'être pas cru le pouvoir d'eii faire; à ceux-là, qu'il serait bien dur d'envelopper dans la inêtoe cOndafimatiOn un incrédule qui rejetterait la Bible et un savant qui rejetterait la Vulgate. Après de longs pourparlers , on prit un milieu, et voici ce qu'on décida.

Sur le premier point, anathème.— Anathème donc à qui en appellera de la Tradition à l'Écriture, de la révélation falsifiée, ou tout au moins falsifiable^ à la révélation restée intacte.

Sur le second point, anathème encore. —Anathème donc à qui niera la canonicité d*un des livres qui ont passé deux mille ans pour apocryphes, et que nul docteur, jusque-là, même parmi ceux qui les acceptaient, n'avait placés sur le même rang que les autres.

Sur le troisième et le quatrième point ( Vulgate et Interprétation des Écritures), simple défense; mais défense, comme nous l'avons vu, formelle, absolue. Que personne, sous aucun prétexte, ne rejette la Vulgate ; que personne ne s'avise d'interpréter l'Écriture <( contre le sens qu'a tenu et tient l'Église, ou. contre L'accord

unanime des Peines *; » cet accord unanime qui, soit dit CD passant, ne va guère au delà de l'existence de Dieu 2. Défense encore, ce qui était sage, d'employer les paroles de l'Écriture à des plaisanteries, à des sortilèges, à des flatteries envers les princes, etc. Défense, enfin, de rien publier sur la religion sans le consentement et l'approbation des évêques. Ceci, c'était la conséquence naturelle de tout le reste, mais avec empiétement sur les droits de l'autorité civile, car il était question d'amendes à infliger aux contrevenants. Aussi cet article ne fut-il jamais admis que dans les états du pape. Les gouvernements les plus éloignés de vouloir établir chez eux la liberté de la presse n'ont pas reconnu à l'Église le droit de les en empêcher.

Tout était donc prêt pour la session, et les légats, cependant, n'étaient pas sans crainte. La plupart des décisions prises n'avaient pas été unanimes. On avait eu des minorités inquiétantes, qui, même après le vote, n'avaient nullement eu l'air de croire que la voix de la majorité fût la voix de Dieu. L'évêque de Ghioggia, Na-

* Aut etiam contra unanimem consensum Patrum.

* Nous renvoyons, quant à ce dernier sujet, à récrit récent d*un prêtre sorti de l'Église romaine, M. Trivier, de Dijon. Il y a un curieux chapitre sur les perplexités de qui se mettrait sérieusement à chercher, dans les dettx cents volumes in-/i* de la collection des Pères, ce qu'il aura à croire sur quelque point que ce soit.

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