LIVRE DEUXIÈME i
15^6, quoiqu'un certaip nombre çle points pjinisspnt pxés, pe n'était ej^ppre, pn réalité, qu'un grîind fleuve PÙ nageaient les éléments An terra^p fut^ir. Qu'un geuj g'arrêt^t, pe fût-ce qii'îin brin d'herbe, et tout ét^it fait. Mais ce hrin d'Wrbp, QÙ le prendre? A qupi accrocher, qu'on nous p^rdopne ce mot, l'idée de l'égalité de I?i Tradition et de l'Écriture ? Car c'était nécessairement par là qu'il fajjait commencer, et, tant que ce point aurait flotté, on n'aurajt jamfiis eu qu'une île flottante. A qupi? Le çoncilp ne l'a pas jJit, et il aurait été bien en peine de le dire. Il a supposé la chose admise, démontrée, incontestable... La génération contemporaine a dputé et s'est tue; la suivante a cru..... Mais la questipn, l'éterpelle question, p'est de savoir si un homipe de sens peut sérieusement admettre, sur la foi du concile, ce que les présidents mêmps du conc|le n'admetta^iepl; qu'en tfeml^lant et tout pâles de leur audace.
Cependant, pialgré la proclam^^tion solennelle qu'pq en av^fit faite h Trente, le pape venait d'prdonner la puhlicatipn des décrets ppmme si elle eût été encore h faire, et que, sans son coppours, elle ne signifiât riep.
Nous avops dit a^illeurs combien cet^e posi^ipp était fausse. Nous savons; fait observe? que, quoi qu'pp fasse pour éluder la question, elle présente, si npus nous transportons à l'époque de la tenue du copcile, des difficultés insolubles. Ce (ju'on redoutai^ }g plyp, c'était
d'être amené à s'expliquer. Le pape eût tremblé à l'idée de provoquer des manifestations comme celles de Bâle et de Constance, où on avait déclaré pouvoir se passer de la sanction pontificale ; le concile, de son côté, ne se souciait ni de rompre avec le pape, car l'Église avait plus que jamais besoin d'un chef, ni de se soumettre ostensiblement à ce chef, car c'eût été renoncer à toute influence hors d'Italie. De là le compromis tacite qui allait unir Rome et Trente. Les gens qui, au fond, s'entendent le moins, sont souvent ceux qui s'entendent le mieux en apparence. Un ami avec qui vous êtes généralement d'accord, vous ne craignez pas de le quereller sur quelques points ; une personne dont vous vous sentez séparé par des dissentiments profonds, vous évitez de toucher à ce qui pourrait lui déplaire, et rien n'empêche, à l'extérieur, qu'on ne vous croie amis intimes. Pour plus de précaution, le pape ordonna aux légats de lui communiquer, avant la votation définitive, tous les projets de décrets, ou, pour mieux dire, tous les amendements discutés dans l'assemblée, car les projets eux-mêmes devaient venir de Rome. Les légats, autant que possible, ne laisseraient voter qu'après que le pape aurait répondu ; ce serait à eux d'empêcher qu'on votât rien de contraire à ses vues, et, de cette manière, tout conflit serait évité. Bien entendu, d'ailleurs, que l'arrangement resterait secret, et que les décrets seraient censés ne partir pour Rome qu'après la session dans laquelle on les aurait promulgués. Dût-on ne sauver que les apparences, c'était beaucoup, c'était tout.
ÎMiais il y avait aussi des choses dans lesquelles on ne pouvait plus les sauver. L'empereur restait à l'écart. Son silence, ses paroles, tout était affront pour le pape.