‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 60 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

D'abord, pas un évêque allemand n'était à Trente, et l'on ne pouvait douter que leur absence ne tînt à des ordres secrets. Les procureurs de T archevêque de Mayence n'étaient restés que quelques semaines ; Tévêque d'Augsbourg en avait envoyé un, mais c'était un Savoyard. On avait préparé pour la session du 8 avril une sommation très-sévère aux évêques absents, particulièrement à ceux (( que Ton voyait des fenêtres de Trente, » dit Pallavicini, c'est-à-dire aux Allemands, dont plusieurs n'étaient, en effet, qu'à quelques lieues du concile; mais l'empereur s'en était offensé, et le décret, quoique voté, avait dû. être omis. Charles-Quint se ménageait donc évidemment la possibilité de ne pas reconnaître le concile, et il n'y avait pas plus à compter sur ses prélats que sur lui.

Ce fut bien pis quand on le vit continuer à traiter en archevêque et en prince ce même électeur de Cologne que le pape avait cité à Rome, puis excommunié. La sentence n'était cependant rien moins que secrète. Elle avait été solennellement publiée à Rome, et dans les termes les plus forts. Les sujets du prince-archevêque étaient déliés du serment de fidélité; ses droits et son titre étaient donnés à son coadjuteur, Adolphe de Schawenbourg. C'eût été à l'empereur d'exécuter l'arrêt; mais Hermann, quoique luthérien ou presque luthérien, lui était resté fidèle, et il ne voulait pas le forcer d'aller ..grossir les rangs de la confédération protestante. Paul III eut beau demander et presser, l'empereur resta sourd. Ce fut Hermann qui céda, mais sans paraître obéir ; il quitta Cologne et se démit, comme de son plein gré. Du reste, nous n'approuvons pas ce que disaient les protestants d'Allemagne, que le pape, un concile

étant assemblé, ne pouvait condamner personne sur des points non encore votés paf le coqçije. Le pape était incontestablement dans so.p droit; et nous avops vu avec peine, soit dit en passant, que l^^ pljipart des prêtres convertis de nos jours au protestantisn^e se soient livrés à des récrimii^ations de ce genre. ^Is avouent qu'ils n'étaient plus catholiques, et ils crient au despotisme parce qu'on les a destitués. Les évêques n'ont fait que leur devoir. Péclarez la guerre à l'Église, i\ la Uonne heure ; mais que ce soient des combats, nqn des chicanes.

XIY

La cinquième session avait été fixée au 17 juin. Il s'agissait de s'y préparer.

Alors recommencèrent les disputes sur le choix des sujets. Les légats avaient ordre >ie faire en sorte qu'on s'occupât du Péché Qriginel ; l'ambassadeur de Charles- Quint S soutenu de quelques évêques qu'on appelait les Allemaîids, bien qu'ils fussent tous Espagnols ou Italiens 2, insistait de nouveau pour qu'on s'en tînt aux sujets de réformation. Quant à l'arrêté pris de mener de front les deux choses, ces prélats faisaient o})server qu'en le sollicitant ils avaient surtout eu pour but d'empêcher qu'on ne s'en tînt aux questions de foi ; point de sessions, par conséquent, sans décrets disciplinaires,

* François de Tolède, qui venait de succéder à Diego de Men-, doza.

' Des États de rempereu^ en Italie,

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