LIVRE DEUXIÈME 17S
mais rien n'obligeait d'y mêler des décrets de çlogn^e. Spphisçae, assurément, mais Ferapereiir était derrière. Après beaucoup de détours, les légats furent objig^s dej Ifiisser voir encore une fois le fond de leurs instructions : ils déclarèrent la volpnté du pape, mais ^ji offr^ipt dç lui ei^ écrire de nouveau.
On accepta, et, en attendant la réponse, oi^ s'occupa de quelques règlements intérieurs. On arrêta qu'il y aurait trois sortes de çpngrégations : les i^nes, ou l'on entendrait les théologiens sur le dogme ; les autres, où les docteurs en droit canoi^ discuteraient les questions de disciplipe ; les ai^tres, enfin, où les évêques seuls seraient sfdmis, pt où se rédigeraiept les décret^.
Cela fait, le pape ne se pressant pas de répondre, on reprit un point important qui avait plusieurs fois ét^ touché dan^ les travaux de 1^ quatrième session, sayoir l'enseignement religieux, et, en particulier, la prédication.
La question était épineuse. Ne l'étaient- eljes pas toutes? Nqus n'en tropyerons presque aucune où Roipe n'eût à tenir la balance entre des ambitions et des intérêts opposés, mais égalepient nécessaires à l'existence et h la consolidation de son empire.
Daqs le Çç^s î^ctuel, c'étaient, d'un côté, les évêqueg^ de l'autre, les moipes; les évêques, chargés en droit i^e tout ce qui avait rappqrt h l'instruction religieuse ; les moines , chargés ep fait et depuis plus de trois siècles des prédications et des catéchismes. Les évêques ne demandaient pas qu'on les leur ôtât, mais voulaient redevenir maîtres de les leur confier. Les ordres religieux ne relevant que du pape, l'autorité épiscopale avait constamment à souffrir dès empiétements de ces hommes
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qui pouvaient s'implanter, de par le pape , au milieu d*un diocèse, préchant, confessant, s* emparant de l'esprit et du cœur des peuples. C'était comme un second réseau jeté par-dessus celui de la hiérarchie, et dans lequel Ja hiérarchie elle-même était enveloppée. « Les moines, disait Luther, ce sont les meilleurs oiseleurs du pape. » Et comme Henri VIH , dans les premiers commencements de sa réforme, paraissait disposé à les conserver : « C'est comme s'il n'avait rien fait, dit l'ancien moine. Il tourmente le corps de la papauté, mais il en conserve l'âme. » Et c'était en effet pour les évêques un perpétuel sujet de déplaisirs, de luttes, de dégoûts. Ce fut donc avec beaucoup de vivacité qu'on s'éleva, dans le concile , contre les prétentions et les intrigues des moines ; mais la défense ne fut pas moins vive que l'attaque. Comme il y avait, parmi les théologiens, des représentants de tous les Ordres, ils parlèrent, ils écrivirent, et l'épiscopat fut forcé d'entendre de dures vérités. Ils prouvèrent que, s'ils s'étaient emparés des chaires, c'était qu'ils les avaient trouvées vides, vu que les évêques et les curés, avaient totalement abandonné la prédication ; ils montrèrent que les bulles papales, en vertu desquelles ils enseignaient et prêchaient, n'avaient été généralement octroyées qu'en vue de besoins positifs, incontestables. Les papes, il est vrai, avaient souvent laissé voir qu'ils ne demandaient pas mieux, et que le désir d'instruire les peuples n'était ni leur seul ni même leur principal motif ^; mais les moines, au
* Voir saint Bernard, De consideratione. Ailleurs, il s'élève avec force contre rindépcndance des moines. « O liberté plus servilc que l'esclavage ! Je ne veux point d'une liberté qui m'impose le Joug avilissant de l'orgueil ! »