‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 90 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

ont rompu avec elle, soyons bien avertis que ce n'est pas par tolérance. Le concile a dit anathème à qui croi^ rait qu'on ne doit pas les punir.

Restait un point qui n'avait encore jamais été définitivement résolu. L'évéque est-il seul apte à administrer la Confirmation 7

L'usage de l'Église était depuis très-longtemps favorable à cette idée; mais les docteurs auraient aimé dire pourquoi, et ce n'était pas facile. Il est impossible, en effet, d'en donner une autre raison que l'usage même. Le Catéchisme, qui ne recule jamais, croit en avoir trouvé une. « l'Écriture sainte nous apprend, dit-il, que l'évéque seul peut confirmer. Nous lisons dans les Actes que ceux (le Samarte ayant reçu l'Évangile, Piei-re et Jean prièrent pour eux afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit,,, n'ayant encore été que baptises. » Où est l'Évêque là-dedans? — demandera-t-on ; et l'on pourrait tout aussi bien demander : Où est l'onction ? Où est la Confirmation? Car ce fait ressemble singulièrement à tous ceux où il est question du Saint-Esprit conféré par les apôtres.— Attendez. « Celui, poursuit le Catéchisme Romain, qui avait baptisé les chrétiens de Samarie , Philippe , n'était que diacre. On voit donc, d'après ce récit, qu'il n'avait pas eu le pouvoir de les confirmer. » Ce qu'on y voit, c'est que les apôtres seuls conféraient le Saint-Esprit ; mais que ce soit là la Confirmation, c'est ce que nul au monde n'aurait l'idée d'y voir, s'il ne l'avait préala-

blement entendu dire. Puis, hqm pense-t-on? Si m fait prwv^it quelque cliQse, U prouverait, «n effet, qu'un diacre ne peut pas confirmer ; p?4>uvcrftit4l qu'un prétre ne le puisse pas non plus?

Quant aux motifs logiques, on en manquait complètement. La Confirmation u'eit ni aussi importante que le Baptême, puisqu'elle n'est pas réputée indispensable au salut, ni aussi grave que la Cène, puisqu'on ne saurait rien imaginer de plus grand que l'acte de créer, m quelque sorte, le corps diviû du Sauveur. Bidonc un «iMple prêtre peut administrer ces deux dernier» sacrements, pourquoi pas l'autre aussi ?»- Avec les détails historiques que nous avons donnés ci^fdessus, on le compreadrait asses bien. Quand la Confirmation était ce que nous avons dit, il était naturel que le premier pasteur du lieu, l'évéque, présidât la cérémonie ; quand on y joignit une onction , il était naturel encore qu'on lui en laissai l'honneur ; mais rien ne prouve que ce fût un droit exclusif, ni, encore moins, que la main d'un évêque fût réputée nécessaire à la validité spirituelle du sacrement. Dans l'Église grecque, les simples prêtres ont toujours eu le droit d^ confirmer. Nous pourrions renvoyer, en . outre, h ce que nous aurons plus tard h dire sur l'im^ possibilité de trouver, dans les premiers temps, aucune différence appréciable entre les évoques et les simples pasteur«.

La majorité du concile se montrait cependant ^rtée h trancher déflnitivômetit la question en faveur des é^éques ; mais comme on allégua quelques exemples de prêtres ayant confirmé par commission papale, il faltel s'en tenir k dire que « l'évéque est le ttiiolstre ontinmfe de la Confirmation. »

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