‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 96 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME 26Î · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME 26Î

h cardinal Pacheco, leur président, présenta un niémoite où ils demandaient :

Avant tout, et comme premier fondement à toute vraie réforme dans ces matières , que la résid^ce Mt déclarée de droit divin ;

Que les cardinaux qui avaient plusieurs évéchés fussent immédiatement forcés d'opter^ et de n'en gàrdef qu'un ;

Qu'on révoquât toutes les dispenses dont la néciessité ne serait pas suffisamment démontrée;

Que l'union des bénéfices fût abolie-;

Que la pluralité en fût restfeiiité aux cas de nécessité évidente ;

Et autres dispositions analogues. En tout^ mte ârti* des, éléments d'un code complet sûr la iflftlière.

C'était fort bien entendu ; mais il était clôir qu'à moins de se déclarer au-dessus du pape , on ne pouvait prétendre à décréter tout cela. Et cependant , les légatë craignaient tellement toute discussion directe sur l'âtitorité respective des deux pouvoirs, qu'ils n'osèrent attaquer ni faire attaquer cet écrit comme attentatoire k celle du pape. Ce qui les effrayait surtout, ce n'était pas tant la hardiesse des articles que le fait même d'assemblées tenues sans leur aveu , en dehors de leur influence. Vingt évéquedl Encore dix ou doufce, et c'étâil la majorité.

Les légats se hâtètefat donc d'envoyef l'écrit à Rome, Le pape n'osa pôs mieux qu'eux le rejeter comme attentatoire à ses droits. La plupaf I des auteurs! éf ateat Espagnols ; on sentait Charles-Quîflt derrière eux. Le pape nomma doiic unie commission, et^ doiitrairemeifl au préavis du cardinal del Monte, cette commlHêiôn

conseilla de céder sur quelques points ; bien entendu que ce ne serait jamais sur les principes, et qu'on garderait les moyens de retenir d'une main ce qu'on aurait lâché de l'autre. Chacune des onze demandes fut donc l'objet d'une réponse plus ou moins favorable, plus ou moins évasive ; encore le pape ne jugea-t-il pas à propos de faire communiquer à l'assemblée le travail de la commission. 11 l'envoya aux légats, leur mandant qu'il s'en remettait à eux pour ne rien céder, si c'était possible, ou pour accorder, dans ces limites, ce qu'il leur paraîtrait impossible de refuser. C'est une justice à rendre à Paul III qu'au milieu de tous ses efforts pour maintenir ses privilèges, il les envisageait, en théorie, avec plus de raison et de sang-froid que n'avaient fait beaucoup d'autres papes. Il les défendait moins comme droits mystiquement inhérents à la papauté, que comme droits acquis, consacrés par le temps et par l'usage, et il avait peu de goût pour les délirants sophismes dont d'autres étayaient l'omnipotence pontificale.

11 avait donc permis de faire quelques concessions. Cervini, le second légat, voulait qu'on usât de la permission ; Del Monte, plus franc ou plus habile, s'y opposa. Pourvu que les votations fussent, en définitive, telles qu'il les désirait , peu lui importait qu'une minorité imposante se fût dessinée dans les débats. Songeaitil déjà à la tiare? Nous l'ignorons ; mais il se disait sûrement que le concile finirait, tandis que la papauté ne finirait pas ; que les désagréments, par conséquent, seraient courts, et les avantages, durables. En tout cas, la suite montra qu'il avait pris le bon chemin. Tel nous le voyons cardinal à Trente, tel nous le retrouverons pape h Rome. . ^

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