‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 11 sur 138 · L1VR£ PREMIER · texte numérisé non relu

L1VR£ PREMIER

parmi tant de personnes à qui le concile de Trente n'est jamais apparu que comme une majestueuse et immense assemblée, il en est sûrement plus d'une à qui ces pre-* miers détaili^ feraient déjà soupçonner que l'imagination est entrée pour quelque chose dans ce ^'on leur en a dit. « Le concile de Trente, dit un de ses'apologistes *, se composa de tout ce qu'avaient de plus illustre r Allemagne, l'Italie, la France, l'Espagne, la Hongrie, IgL Bohême, l'Angleterre, l'Irlande, le Portugal, la Pologne, la Suède, la Belgique, la Moravie, l'IUyrie et la Grèce. » Nous verrons iigp tôt ce qui en fut. Quand l'tmagination va jusque-là, elle est bien près de mériter un autre nom.

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M puisque la question du nombre s'est trouvée sous notre plume, nous sera-t-U permis d'en aire un mot?

NoQii^n'irons pas jusqu'à prétendre qu'un concile ne ••puisse être appelé général s'il n'est composé, à la lettre, de tous les évêques de l'Église ; mais, de cette généralitélà à celle du concile de Trente, la distance allait être telle qu'on |NDurrait bien, sans chicane, se demander s'il n'y a donc riefi à en conclure. Nous ne pensons pas, 41 est vrai, qu'un^^ assemblée plus nombreiise eût voté bien différemment ; les décision» dogmatiques, en particulier, auraient probablement été les mêmes. Mais enfin, eussionsHQOus pour les résultai autant de sympathie que nous en avons peu, il y aurait toujours à voir si ces ré-

* Le p. Bîier,

SA HtSTOIRE DU CONCILE 9£ TRENTE

sultats peuvent être considérés comme légalement et loyaleoient obtenus.

Dans toutes les assemblées délibérantes, ia loi ou Tusage a fixé un miïiiiQum d'assistants. C'est Ja moitié, le tiers, tout au moins le quart du total des membres ; audessous/ on ne peut voter. Dans les conciles, quoiqu'il n'existe sur ce ppint aucune loi formelle, le bon sens dit assez qu'il ne saurait n'en exister aucune. Si vous convoquez cent personnes et qu'il ei^ vienne dix, vo pouvez bien encore, à la rigueur, laisser h l'assemblée nom quelle aurait pris siellg^e^t été au complet; mais il est clair que c'est une fiction. Or, à Trente, voici ce qui s'est passé.

Trois convocations ont eu lieu : la preqpère (1546) sous PaulHI, la seconde (1551) sous Jules III, la troisième (1562) sous Pie IV, - ;j

Dans celle-ci, le nombre des votants s'éleva, vers la fin, à deux cent cinquante. C'était beaucoup; mais ce n'était encore qu'une faible minorité. L'Ilalie seule comptait plus de deux cent cinquante évêques.

Ce nombre, relativement si peîit, était pourtant à peu près le quadruple de ce qu'il en était venu aux deux autres convocations. Le jour de l'ouverture, il n'y en avait que vingt-oinq. Plus tard, çpus en trouvons soixante, soixante-dix au plus, mais rarement réunis; dans plusieurs sessions même, ils sont au-dessous de cinquante. Ce fut pourtant dans cette période que se réglèrent les points fondamentaux. Écriture, Tradition, Péché originel. Grâce, Sacrements, etc. « Quelle folie, disait un jour Paul IV, dans un accès de mauvaise humeur et de franchise, que d'avoir envoyé une soixantaine d' évêques, des moins habiles, dans une petite ville ^e montagne, pour

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