LIVRE T^OlSlInVi; 9^i
a\) fjlxûifi^ pour ua peu de coodcience et c|e piété. lU nuiront pas jusqu'à vous dire en face qu'une foi& ^^i>m par le prfetrç, n'importe comment, ils se croient purs de tout péché ; mais s'ils ne le disent pas» $i même, h la rigueur» ils ne le pensent pas positivement» cette fatale erreur n'en est pas moins la conséquence naturelle, direct^ et, il faut le dire, parfaitement logique, du système auquel on les a soumis. Qu'est-ce que la Confession d^ns les pays où n'a pas pénétré, bon gré mal gré» -un peu de vrai christianisme et un peu de bon sens ? Le paganisme, avec ses prêtres impurs et sea expiations à bon tnarché, a-t-il jamais rien offert de plus inouï que lebrtgand qui va du confessionnal à l'embuscade, goûtant entre deux crimes tout le cabue de la vertu? Et pourquoi s'inquiéterait-il? Ses crimes passés, il en est absous ; qu'il prenne seulement garde de ne pas être tué avant d'avoir murmuré les quelques prières qu'on lui a imposées pour pénitence. Ses crimes futurs, il sait qu'il en sera quitte au même prix. De repentance, il n'en est pas question; d'amendement, encore moins. Nous défiera-t-on de citer un livre, un prêtre, qui ait enseigné cela? Il est vrai ; ce ne sont pas des choses qu'on écrive ou qu'on dise. Mais nous défierons, h notre tour, qu'on trouve un prêtre ou un livre assez habile pour réfuter ce brigand , pour lui ôter son alTreuse sécurité» sans entamer profondément la GonfesMon elle-même, le droit d'absoudre et tout ce qui s'ensuit^ 11 n'est pas jusqu'au titre même de sacrement , donné à la pénitence» qui ne concoure à ces résultats déplorables. Quand le prêtre a dit : « Je te baptise» )) l'enfant est baptisé. Quand il a dit » dans la Messe : a Ceci est mon corps, u rhostie est changée , infailliblement cbani^ée en chair.
Quand il a dit : « Je t'absous, » — « comment se ferait-il, si la pénitence est un sacrement, si ces paroles sont prononcées avec la même autorité que les autres, comment se ferait-il, disons-nous, quMl n'y ait pas absolution ? Pour réfuter le brigand qui se croit absous, bien et dûment absous, — il faudrait commencer par lui avouer que l'absolution, en soi, ne signifie rien.
Et que n'aurait-on pas à dire encore sur mille inconvénients de détails, sur mille erreurs plus ou moins graves, que Rome ne prêche pas toutes, il est vrai , et dont elle désavoue plusieurs , mais où l'on peut lui prouver qu'il n'y a, en fait comme en théorie, que des conséquences de sa doctrine ; — sur le mal qu'on fait à la piété en favorisant, par les peines imposées, l'idée que rhomrae peut payer ses dettes envers la justice divine, tandis que le contraire est à la base de tous les enseignements du christianisme ; — sur la ridicule légèreté de ces peines, puisque ce ne sont, le plus souvent, que quelques prières à répéter; — sur le danger de transformer la prière en une tâche, tandis qu'elle nous est toujours présentée, dans TÉcriture, comme un privilège et un bonheur; — sur l'inconvénient, enfin, de concentrer dans ce cercle étroit et puéril tous les bons sentiments dont le pécheur peut ou pourrait être animé ! « Je me confessais souvent au docteur Staupitz, dit Luther, non d'affaires charnelles, mais de ce qui fait le nœud de la question. Comme tous les autres confesseurs, il me répondait : Je ne comprends pas. » Lisez le Compendium, cet évangile des confesseurs, et dites s'il n'en est pas toujours de même. Parlez-leur de toutes sortes de souillures : ils vous confondront par leur science dans ces honteuses matières ; parlez-leur, comme