LIVRE PREMIER Ui
les inspirations du Saint-Esprit*. » Il ne s'agissait encore, il est vrai, que d'affaires humaines ; un souverain a bien le droit d'envoyer des notes confidentielles k ses ministres. Mais, dans les cours, c'est chose reçue et tout le monde le sait ; ici, les évêques n'en savaient rien. Il y avait 4onc tromperie à leur laisser croire que tout était mis sous leurs yeux. Nous verrons bientôt si les affaires politiques eurent seules le triste honneiu* des dépêches doubles, des notes secrètes ou en chiffres.
Nous ne nous arrêterons pas aux contestations qui surgirent, dans le courant d'avril, au sujet des rangs et des préséances. Nous n'en ferons pas un crime au concile; ce n'était pas la faute dés évêques, ni cte pape, si l'ambassadeur de Charles-Quint les forçait de réglementer sur ces matières. Pourtant , prenons-en note. Plus l'histoire du concile ressemblera à celle d'une assemblée tout humaine, mieux nous oserons demander en quoi c'était l'œuvre dfe Dieu.
Cependant la diète venait de s'assembler à Worms. L'empereur ne savait encore s'il marcherait contre les Turcs ou contre les protestants.
On commença par faire signifier à ces derniers la convocation du concile. C'était pour leur rappeler deux choses : l'une, qu'ils avaient les premiers parlé d'un concile ; l'autre, que la trêve allait finir, puisque c'était,
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aux t^Jimea du décret, jmqti^au prochain caneile, qu'on leur avait accordé tolérance et paix. Sur ce dernier point, l'avertissement était de trop. Ils ne pouvaient douter que Tempereur, h qui le pape écrivait lettres sur lettres, ne fût en effet prêt h les attaquer dès qu'il cesserait d'être inquiet du côté des Turcs.
Sur l'autre point, il y avait longtemps que leur pensée était connue. C'était se jouer d'eux que de leur dire : (( Vous avez voulu un concile ; le voilà. Vous avez promis de vous soumettre ; 6oumette«-vous. » Il était évident qu'en demandant un concile, en promettant de lui obéir, Luther n'avait jamais entendu ni pu entendre un concile tenu par le pape, composé d'évêques soumis au pape, manifestement assemblé, enfin, non pour examiner, mais pour condamner. Pourtant, *— qui le croirait? — * ce reproche d'incôpsêquence et de mauvaise foi qu'on adressait alors^aux protestants , lorsqu'ils déclaraient récuser d'avance les décisions de Trente , nous l'avons entendu renouveler de nos jours. On a prétendu que, puisqu'ifs avaient sollicité ce concile, c'est un manque de foi que de persister à le repousser.
Ils pourraient répondre, d'abord, que ce ne sont pas ^ des choses où les engagements des pères puissent lier les enfants. Puis, leurs pères eux-tnôtoes, est-il bien vrai de dire qu'ils eussent promis d'obéir? Pouvaientils sérieusement le promettre ? On peut s'engager à faire ^ non k aoire. Est-il loyal de supposer que des hommes profondément ennemis ée telle ou telle doctrine se soient engagés à l'admettre, dès qu'un concile l'aurait de nouveau décrétée?
De nouveau, disons-nous; car une des meilleures preuves qu'on ne pouvait avoir promis d'obéir à un con-