‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 24 sur 138 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

dispogitipns individuelles, pour que Dieu,ajui seul yoit les cœurs, ait dirigé lui-même les décisions de Igi njaigrité?

Personne n*^n fit la remarque, L'exhortation fut ex- .trémepîent louée, et elle le méritait, Nous aurons çà et là plus d'un ei^emple de ces retours passagers ^u bon sens et à l'Évangile. Retours involontaires, illogiques..; Que voulez-vous? Quand on part de principes fpx, ce n'est qu'en raisonnant niai qu'on a quelque chance d'être raisonnable.

L'évêque de Bitonte, dans son sermon, avait raisonné beaucoup miei^, })8|acoup plus logiquement, du moins. ((*Le îuonipot estyenu, av^it-il dit,* il faut que Pieu parlq, . et il piarler^, )) Puis , comme les légats, il ^vaif exhorté tous le§ éyêques h se repentir, à s'humilier. « Mais, ayait-il ^ijouté^ quand vous resteriez dans l'imr pénit^ce , n'allez pag yous imaginer qu'il dépendît de vous de fermer par là la bouche h Pieu. Bon gré, mal gré , le SaintrEsprit saura bien ouvrir la vôtre et s'en seryir. » En d'autres termes ; Si vos cœurs sont purs, tant mieux ; s'ils ne le spnt pag, la voix du concile n'en sera pas moins la voix de Dieu. — C'était absurde. Disons mieux : c'était impie. Était-ce anti-catholique? Au contraire. Écoutez Pallavicini : (c Si on ne peut attendre l'illumination du Saint-]Çsprit que dans un conpile d'hommes sanctiflés intérieurement, cette sainteté étant invisible et incertaine, leur autorité et leurs décisions demeurent pareillement incertaines *. » Le sermon dis CoFnelio Musso n'était donc, .aprè§ tout, que l'expression francise du système en yertu duquel on allait fi$er

* L. V, ch. xvm. . __ •

et commander la foi. — On en fut pourtant généralement choqué.

On ne le fut pas moins des idées ultramoritaines que Fauteur y avait semées, avec accompagnement de cmceux et de bizarreries de tout genre. A Rome même, on lui sut assez mauvais gré de cette lourde et intempestive franchise. Dans une apostrophe aux montagnes des environs de Trente, il invitait les rochers, les bois, les torrents, à faire entendre à l'univers que tout devait se soumettre au concile; faute de quoi, ajoutait-il, «on pourra dire avec raison que la lumière du pape est venue dans le monde * , et que le monde a préféré les ténèbres à la lumière. » C'était avouer nettement, et, de plus, ridiculement, qu'on entendait n'avoir à Trente qu'une commission consultative, un astre opaque éclairé des rayons de Rome. Pallavicini ne voit pas, dit-il, pourquoi l'on s'est tant indigné de cette expression , lumen papa. Ne sait-on pas que papœ, en latin, est tout simplement une exclamation signifiant hélas ? Quoi de plus naturel, dès-lors, que d'avoir dit : « La lumière, hélas I... est venue dans le monde, et le monde..., etc.? — Que nos lecteurs prononcent sur la justesse de cet éclaircissement. Dussent-ils l'accepter, il n'en restera pas moins, et Pallavicini l'avoue , un détestable jeu de ■ mots. Il y en avait bien d'autres. « Ouvrir les portes du concile, c'est ouvrir les portes du ciel, d'où doit descendre l'eau vive qui remplira la terre de la science du Seigneur. » Jésus-Christ y assistera. Comment refuserait-il cette faveur à saint Vigile, le vigilant patron de cette ville bénie? Ailleurs, grand éloge du pape, de

* Lumen papae venit in munduin.

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