‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 30 sur 138 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

quoi bon récrire? Ne suffisait-il pas qu'on le suivît? » On débuta cependant par ne pas le suivre. Rien n'étant prêt pour la session, il fut proposé de la consacrer à lire et k accepter solennellement la confession de foi, dite symbole d'Athanase, qui fait partie du canon de la messe. « Plusieurs conciles, disait-on, en ont ainsi usé. C'était comme un bouclier dont ils s'armaient, avant de marcher à l'attaque des hérésies. » Plusieurs conciles, en effet, l'avaient mis en tête de leurs décrets; mais il était sans exemple qu'on y eût consacré une session, surtout après avoir eu deux mois pour préparer autre chose. Outre la singularité d'aller lire en grande pompe ce qu'on entendait tous les jours dans toutes les messes, plusieurs objectaient que ce symbole n'était pas attaqué par les protestants et ne fournissait nulle arme contre eux, si même, entre leurs mains, il ne risquait pas plutôt d'en être une contre l'Église. Et ceci avait sa gravité. Qu'un symbole admis à Nicée, maintenu sans additions, lu encore tous les jours dans toutes les églises de la catholicité, que ce symbole, disons-nous, ne renfermât rien ou presque rien de contraire aux doctrines protestantes, ne mentionnât rien ou presque rien de ce qu'ils avaient nié, c'était un fait singulièrement en leur faveur. — Mais ce qu'on objectait surtout, c'était qu'après avoir promis de mener de front la discipline et le dogme, on allât commencer par s'occuper du dogme

Comme toujours, les légats l'emportèrent. On rédigea un préambule où il était dit que les Pères, sentant l'immensité de leur tâche, éprouvaient le besoin de s'exhorter les uns les autres à prendre, selon la parole d'un apôtre, « le bouclier de la foi, le casque du salut et le

glaWe de Fe^ni » En c^Nftsé^ueace» îi» eroYmr^ m pottvoiMr meia iavre qiu^ de répéter w)t ^ 9ao4 ' eet a£N tiqu^ et v^[iérabte ay%bole « par lequel seul, quelque^ fois, des iafi4èles oat élé ceAvertis^ cks hènitiqH^s a^- ^bUs. )^ Putre f^i^foroonside e^ ^e w^CMMen^t, puisqiiie les U^étiques ^tiiels «'allaqijkaieat poioit l^fol de Nicéew. L» sessioa eut doue Ueu, et Vq«^ Ax^ la suÂvaDte am

Deux mois, c*était bien long. Beaucoup (Tévêques s*en plaignirent ; mais on leur répondit que plusieurs prélats étrangers étaient en route, et qu*îl convenait de les attendre. Effectivement, on parfait d'une douzaine d'évêques espagnols envoyés par l'empereur.

Le pape, de son côté, allait envoyer à peu près autant dltaliens. Nous verrons que l'Italie ne cessa Jamais d'hêtre en majorité dans l'assemblée, mais que jamais, non plus, le uombre de ses évoques n'y dépassa de beaucoup celui des évêques étrangers,. Comme un habile générât, qui sait au juste ce qu'il lui faut de soldats dans chaque affaire, Rome envoyait ou rappelait les siens selon les besoins du moment. Sûre de vaincre, elle ne voulait pas se dponer l'air d'écraser *•

< Totidena, verbis.

* Nous avons calculé, à cette occasion, le chiffre total des évoques ou abbés qui ont figuré à Trente. H* caft d*ea^poii* 450> don* 180 étrapg^es ett ^n^ ijbe^ens, soit %1 coime %%y oii^ a Qo^tr» %

Malgré eistte pité<^uli«M) et ^^oiq^Hl y «et lonjMM pami les I«ail^« ({uelqites hommêis iiidé{)endft)iti$, -^ ft fi'^t pa» de fail <i(i:fê )«« annsate^ dtt temps nou« )âi*(Mitrenl plus Aré^u^emmetit et plu$ ttHiv^ri^lteiâeBt allégaé, «oit contre le (ôoneite, mi <!ontre le ^pe. Au ttwrfndï^ éé!«fc> le$ évê«(i«e8 étrangers éicrivent à toute i'S^rope tpi'ik ne peuvent rïen^ qu'ils ne «ont ri^^ que les Ilâi^sont voté «dnmie un «eut homme ; au moindre «lécoiilente*^ ment ^contre le pape, les princes orient entonft plus ImluI qu'il est le maîtie, le seul maître, et que ses Italf^)^ écrasent lout.

Nous, que devons-nous en penser?

Eu droite ce ne pouvait être une objection. Le concile <^U ouvert % tous les évêques; Iohs^ dan« ta Mis <te convocation , y avaient été invité». N'y eût-il eu qu'un évêque contriè cent Itallems^ fussembiée éteit régulière^, ^t «es dédi^ioui, légales.

Kn fait, c'est autre chose. Si on était inji«te «nv^»f« les n^lients quand on tes accusait d'être toujours Italiens avant tout, il est cependant incontestable qu'ite venaient uvec des idées plus ou moins particulières à leur nation^ et dont le triomphe conatant, dans un concile général^ pouvait msément paraître contraire au but et h. l'essence même d'un tel concile^ L'indépendance dont quelques* uns firent preuve n'alla guère au-d^ des pivoiiers mois» Passé ce terme^ nous les vo^mm fermer ouvertement on parti. Réunions inUmes^ votation^ cimipsiCtes^ repro^ ches de trahison à qui ne suit pas le torrent, rien n'y manque. Au restée en accusant les Italiens, nous n'entendons pas disculper les autres. Chaque nation montrait assez que^ pour en foire autant, il ne lui manquai! que d'être en nombre: «r Nt complei pus les P^^ ^fà

sont à Trente, dit un des apologistes du concile * ; ne leur demandez pas de quel pays ils viennent : le pays d'un chrétien, c'est l'univers. » Belle parole, dont toute l'histoire du concile n'est qu'un perpétuel démenti ; et qui devons-nous en croire, ou celui qui vient, après trois siècles, nous peindre cette magnifique unité, ou les membres mêmes du concile, qui ne passaient pas un jour sans s'accuser mutuellement de la rompre ? Et ils avaient tous raison. Impossible d'être plus Français que ne l'étaient les Français, plus Allemands que ne l'étaient les Allemands, plus Italiens, pour en revenir à eux, que ne Tétaient les Italiens.

Pouvaient-ils ne pas l'être? Les luthériens, il est vrai, demandaient l'impossible , quand ils voulaient qu'on commençât par délier les évêques de tout serment envers le pape; mais le serment qu'avaient dû prêter beaucoup d' évêques italiens renfermait, même aux yeux des autres, des clauses incompatibles avec la liberté dont doit jouir tout membre d'une assemblée délibérante. (( Je m'engage à conserver, à défendre, à augmenter, à pousser en avant les droits, les honneurs, les privilèges et l'autorité de la sainte Église et de notre seigneur le pape ; à ne prendre part k aucune délibération, à aucun acte, à aucune tractation dans laquelle se machine, contre notredit seigneur ou ladite Église, quoi que ce soit de contraire ou de préjudiciable k leurs droits, à leurs honneurs, k leur position et k leur autorité *. »

> L*abbé Prompsault, aumônier des Quit^e-Vingts.

2 Jura, honores, privilégia et auctoritatem Sanctœ Rom. Eccle- Bie et domini nostri papse conservare, defendere, augere et proxnovere curabo. Neque ero in consilio, vel facto, ?el tractatu in quibus contra ipsum dominum nostrum ?el eamdem Rom. Eccle-

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