LIVRE PR£MI£R
Maintenant donc, ouvrons-la, cette Bible, et que nos yeux ne s'en écartent pas, nous qui venons, après trois siècles, raconter les travaux de cette assemblée fameuse qui a tant fait pour la fermer. Si c'est par l'histoire et par la raison que nous ébranlerons l'autorité du concile de Trente, ce n'est que par la Bible que nous pouvons espérer de l'abattre.
Ici se terminerait ce premier livre. Le concile va commencer ; des questions d'un tout autre genre se présenteront à nous. C'est à dessein que nous avons réuni dans cette première partie , au risque d'en affaiblir l'intérêt, toutes les objections préliminaires se rapportant k la convocation et à la composition de l'assemblée, k ses relations avec le pape et avec les souverains , k sa position, en un mot, et k son rôle dans l'Église. Mais il est une autre question qui les domine toutes, et par laquelle nous ne pouvons nous dispenser de clore cette première série d'aperçus. Cette question, c'est celle de l'autorité.
Disons franchement, dès l'entrée, qu'il y a un peu d'exagération , si ce n'est beaucoup, dans l'importance qu'on lui donne. Une chose nous frappe dans les prédications et les écrits du catholicisme actuel : c'est le soin avec lequel il évite les discussions de détail, les controverses positivement dogmatiques. Prêcher l'autorité, l'Église , puis supposer admis tout ce que l'Église enseigne, voilk la marche k peu près invariable des grandi^
it HISTOIRE DU COUrCII^B DE TRENTE
prédicateurs du jour *. Ces milliers d'hommes qu'ils réussissent quelquefois, dans les grandes villes, à faire communier, croyez-vous qu'ils leur aient prouvé la transsubstantiation ? Nullement. Après de longs discours sur l'autorité de l'Église, ils ne leur ont pas même dit : « Elle enseigne la transsubstantiation; donc vous devez y croire. » Ce vûhs é^tez latorait tout perdu. Ils «sentent que la plus petite objectitm de détail dont 11$ oe {seraient pas pleinewent victorieux ôterait suf-le-cliattîp toute valeur, toute force, aux principes qu'ils ont si Id^orieusement po^és. En vain aurez-vovs amené les ^^s à (fire comme vous qu'il faut une autorité, qu'il y en a une, et que c'est celle de l'Église : s'il se trouve , dans ce que vous leur enseignerez en son nom, un seul point qu'ils ne puissent décidément pas admettre, c'est comme ^ vous n'aviez rien fait.
Voilà dans quel sens nous disions qu'on exagère aujourd'hui l'importance de la question d'autorité» On part de ridée que c*est tout, et, en bonne logique , ce n'est rien. Quand nous débuterions ici j>ar confesser que nous n'avons pas un mot à répondre, en théorie, à tel ou tel livre où ce système est éloquemment exposé,— un doc* teur catholique n'en serait pas moins tenu , sous peine de nous rendre d'une main la victoire emportée de l'autre, de répondre à tout ce que nous objecterons plus tard , en détail, contre les décisions de Trente. Qu'il soit alor« battu sur un seul point, et nous aurons le droit de lui dire : « Votre autorité s'est trompée ; ce que vous nous avez dit de son infaillibilité est donc nécessairemeni
* G*Mt «ofifti géaéralemeat celle de Wigem&n daas ses Confé* rences, « Cette seule démonstration, dit-il, suffît pour rendre inatptaquabltes tous hs points sur Itesqutls on nous a atcttsês <fefr«f . »