LIVRE PREMIER
faux. L'infeiWbtItté ne répond pa» aux objectif»» ; «)f« n'existe, est fait, que pour qvà reiUMiiee à oJfKJecter. »
Discuterofis-iious en détail, apré<$ cela, les textes que rÉghse romaine apporte k f a|^i de son inlailUbiKfeéî ((Elle est, dit-elle, selo» saint Paulf, ta eolonne et Tap^ pui de kl vérité. »^(( Les portes de Fenfer, a dit Jésy»- Cfarist ki-mèfiie , ne prévaudrcml jamais eoatre eltei » Et n'est^ee p«^ encore Jésas^Cteist qui a proaiK» à saint IHenre de^ prier pour )ui, a/Sft (/lie ^ /ig^ï fte ^/o^
B y aurût beavc^Mip à dh'e sur le seos nèi&e de ees âéchiratioii&; ta dernière^ qui s^nNe la pkt» forte , est peut-être la plu» faiUe, car le mék foi, dass tes diseurs de Jésnsr-Cbhst, signifie géaératemeDt confiance , fiée** lité, dévoo^noBt, et non paft croyance à t^ em tête do^es. Ce sens est néme particutièresient elaiv ea cel endroit * , où il s'agit du reotenent de saint Pierre.
N' eussions-nous rien à objecter sur les; citations elles-mêmes, nous feriicms encore observer que c'est uae question où des passages scriptui'aires ne proovei^ , à jmiori^ pas plus que les ra^onoements. Sî Jésiis-Cbrist a dit à ses apd^s qu'il sérail avec eux |asqii'^ la i» des siècles, il a dit aussi> que partout où deiuc ou tr^ personnes seraient asseuil^es en son nom, il serait au milieu d'elle». S'il a promis le Sai»t*£sprit à ITÉglise, il a dit aussi, par la bouche d'un, de ses apôtre» : « Die» accorde le SakMhEsprit à ceux qui le lui d^nanésut. » Que répondrea»«yous à un bomme (^, s^mparant de ce dernier passage, prétendra être infailliblement daos )» vrai? Lui objectere^vous q»'â a demandé le Saint-Esprit, meé» qull ne peul pas aftvmer Favoir obtenu 7 La promesseest formel^le, poarra4-iliyott8 répondre : uDieu
< S. Luc, XXII, 32.
l'accorde à qui le demande, » et Jésus-Christ a dit, d'ailleurs : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. »— Encore une fois, par l'Écriture, que répondrez-vous à cet homme? On vous citera plus de passives en faveur de l'infaillibilité individuelle que vous n'en citez en faveur de celle de l'Église. Si les premiers ne peuvent être pris à la lettre, s'ils sont évidemment figurés, les autres peuvent l'être aussi. Donc, pour prouver qu'ils ne le sont pas , que Dieu a promis k l'Église de ne la laisser jamais errer, il faut toujours en revenir à prouver qu'elle n'a pas erré.
Que peut valoir, enfin, dans cette question, un appel quelconque à l'Écriture? Nous la citer, c'est supposer précisément le contraire de ce qu'on veut établir ; c'est nous appeler à exercer le droit qu'on nous refuse. Nous devons renier, dit-on, notre jugement individuel; à l'Église seule appartient le droit d'interpréter la Bible... Et voilà qu'on débute par nous la donner à interpréter. Si les passages allégués nous paraissent insuffisants, allégués k tort, que fera-t-on? S'ils nous paraissent concluants, si l'Église , heureuse de nous voir entrer dans son sens, nous dit que nous avons bien jugé , — arrive alors une conclusion toute simple : c'est que, si nous avons bien jugé une fois , nous ne pouvons pas nous croire incapables de juger bien une autre fois.
Ainsi , toute démonstration de l'infaillibilité est , en soi, un cercle vicieux. L'infaillibilité s'impose, mais ne se démontre pas.
Nous pouvons donc demander d'abord si l'autorité romaine, si une autorité quelconque, dans le sens romain de ce mot, peut être autre chose qu'un mot, un malentendu, une illusion.