LIVRE PfUXlËME
mais rien n'obligeait d'y mêler des décrets de dogme. Sophisme, assurément, mais l'empereur était derrière. Après beaucoup de détours, les légats furent obligés de laisser voir encore une fois le fond de leurs instructions : ils déclarèrent la volonté du pape, mais en offrant de lui en écrire de nouvew,
On accepta, et, en attendant la réponse, on s'occupa de quelques règlements intérieurs. On arrêta qu'il y aurait trois sortes de oangrégations : les unes, où l'on entendrait les théologiens sur le dogme; les autres, où les docteurs en droit c^non discuteraient les questions de discipline ; les autres, enfin, o^ les évêques se^lfi seraient adwis, et où se Rédigeraient les décrets,
Cela fait, le p^pe ne se pressant ps^s de répondre, mi reprit un point important ^ui avait plusieurs fois été touché dans les travaux de la quatrième session, savoir l'enseignement religieux, et, en particulier, la prédication.
La question était épineuse. Ne l'étaient- elles pas toutes? Nous n'en trouverons presque aucune où Rome n'eût ^ tenir la balance entre des ambitions et des intérêts opposés, mais également nécessaire^ k l'existence et à la consolidation de son empire.
Ds^s le cas actuel, e'étaie^t, d*uû côté, les éxèquen, de l'autre, les moines; les évêques, charge en droit de tout ce qui avait vappcffi h l'iustruition religieiise; les moines , chargés en fait et depuis plus de trois siècles des prédications et des çatécbismes. Les évêques ne der mandaient pas qu'on les leur ôtât, mais voulaient redevenir maîtres de les leur confier. Les ordres religieux ne relevant que du pape, l'autorité épiscopale avait constamment à souffrir des empiétements de ces ti^Qmmea
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qui pouvaient s'*implanter, de par le- pape , au imHea d*un diocèse, prêchant, confessant, s* emparât de l'esprit et du cœur des peuples. C*était comme un second réseau jeté par-dessus celui de la hiérarchie, et daos lequel la hiérarchie elle-même était enveloppée. « Les moines, disait Luther, ce sont les.meillejuid oiseleurs du pape. » Et comme Henri VIII , danS les premiers comr mencements de sa réforme, paraissait disposé k les conserver : (( C'est comme s'il n'avait rien fait, dit J'anCiea moine. Il tourmente le corps de la papauté, mais il en conserve l'âme. » Et c'était en effet pour les évêques un perpétuel sujet de déplaisirs, de luttes, de dégoûts. Ce fut donc avec beaucoup de vivacité qu*on s'éleva, dans le concile , contre les prétentions et les intrigues des moines ; mais la défense ne fut pas moins vive que l'attaque. Comme il y avait, parmi les théologiens, des représentants de tous les Ordres, ils parlèrent, ils écrivirent, et l'épiscopat fut forcé d'entendre de dures vérités. Ils prouvèrent que, s'ils s'étaient emparés âJ^ chaires, c'était qu'ils les avaient trouvées vides, vu que les évêques et les curés avaient totalement abandonné la prédication ; ils montrèrent que les bulles papales, en vertu desquelles ils enseignaient et prêchaient, n'avaient été généralement octroyées qu'en vue de besoins positifs, incontestables. Les papes, il est vrai, avaient souvent laissé voir qu'ils ne demandaient pas mieux, et que le désir d'instruire les peuples n'était ni leur seul ni même leur principal motif * ; mais les moines , au
*■ Voir saint Bernard, De cotisideraiione. Ailleurs, il s*élëve avec force contre rindépcndance des moines. « O liberté plus servile que Tesclavage l Je ne veux point d*une liberté qui m'impose le joug avilissant de Torgueil ! n