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qu'il se tienne dans ses états. Il veut bien que les protestants y soient entendus, mais à condition que les évoques, selon l'usage, aient seuls le droit de voter. Bref, il est facile de voir que, lui accordât-on toutes ces demandes, ce ne sera jamais qu'à la dernière extrémité qu'il accordera son consentement et sa coopération.
L'etnpereur s'impatiente. En même temps, les Turcs font de rapides progrès. Encore quelques jours, et ils sont à Yienne. Charles-Quint a besoin de toutes les forces de l'Allemagne, et les protestatits refusent leë leurs si on ne révoque Fédit d'Augsbourg. Il cède. Le pape réclame en vain ; la liberté de consciente est accordée il l'Allemagne, mais, dit le décret, « jusqu'au concile, m La convocation en sera faite dans six mois; l'Ouverture, dans un an. Aussi, à peiné vainqueur des TUrcs, Charles retourne en Italie. Nouvelles conférences avec le pape ; nouvelles tergiversations. On se quitte à peu près brouillés.
Alors, retour du pape à l'alliance française. L'Allemagne et la France étant en paix, Clément pouvait, sans rompre ostensiblement avec l'empereur, s'unir étroitement avec le roi. Les négociations avancent; Catherine de Médicis, sa nièce, épousera Henri, second fils de François P' ; le roi, de son côté, s'emploiera auprès des Allemands pour qu'ils renoncent au concile, ou consentent à le laisser convoquer en Italie. Il essaie, mais il les trouve intraitables. A force de sollicitations, on leur c^rrache la promesse d'agréer un concile tenu hors d'Allemagne, pourvu que ce ne soit pas en Italie.
Où sera-ce donc! À Genève, disent les négociateurs français. Le pape se demande si son dlMé se moque, d'aller lui parler d'une ville où le catholicisme ne tient
plus qu'à un fil. Peu après, Clément VII tombe malade, -et la défection de l'Angleterre empoisonne ses derniers jours. Il meurt sans regrets, dit-il ; il a fait son devoir en s'opposant au divorce de Henri VIII. Gela se peut ; les historiens catholiques l'en ont assez loué. On oublie seulement qu'avant de condamner ce fameux divorce, il s'y était longtemps montré plus ou moins favorable, avançant, reculant, s'engageant ou tergiversant, et l'œil fixé, en somme, bien plus sur Gharles-Quint, dont il redoutait la colère, que sur ces règles canoniques dont les papes faisaient ce qu'ils voulaient. L'acte même du divorce fut une fois dressé. Pallavicini le nie ; mais Guicciardini l'affirme, et Burnet le prouve par des pièces* qui supposent clairement ou l'existence du bref, ou la promesse formelle de le publier.
Le successeur de Clément VII, Paul III, avait été cardinal sous six papes; personne n'étadt plus profondément versé que lui dans les secrets de la politique romaine. Il comprit que la résistance était, pour le moment, un moyen usé ; aussi, à peine sur le trône, il commença à parler du concile comme du seul remède aux maux du temps. Il en faisait son affaire ; il allait'au devant de tous les vœux.
* Lettres de Henri VIII et de Wolsey. Burnet, Collection ofre» cords. Voir aussi Herbert, Fie de Henri VIII, Ranke, Histoire de la Papauté^ et le 5* yolume de VHi$toire de la déformation^ par H. Merle.
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Dix apnées devaient cependant s'écouler eacore eotre les paires et les faits. Il eal vrai qu'on ne tarda pas IT voir. ce ^'il fallait attodre d'un tel pape. Au milieu des plans de réforme qu'il se plaisait k dérouler, et pour l'exécution desquels il ne demandait pas mieux, llisait-il, que de s'appuyer sur un concile, d^ jeunes gens, Pvn de seize ans, l'autre de quatorze à peine, furent créés cardinaux, et ces jeunes gens étaient... ses enfants *.
Malgré ce scandale, — ou peut-être à cause de ce scandale et pour tâcher d'en amoindrir l'éclat,— il déclara (janvier 1535) que la bulle de convocation allait paraître. Verferio va partir pour .l'Allemagne. Il verra tous les princes, tous les hommei' influents; les catholiques, pour qu'ils ne n'opposent pas à uo concile tenu en Italie; les protestants, pour qu'ils s'engagent à en recevoir les décrets ; Luther, Luther surtout, pour qu'il ne s'y oppos^pas. Quelle idée se faisaient-ils donc, nous ne dirons pas de la c(mscience, mais du simple respect humain^ ces hommes qui s'imaginaient qu'après diSrhuit ans de guerre Luther pourrait encore n'être pas inaccessible à leurs séductions? Vergerio ne le vit qu'une fois, très-brièvement, selon les *uns, très-longuement, selon les autres. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne gagna rien, et que, quelques années après, ce « grand mignon du pape, » comme dit un chroniqueur, passa lui-même à la>Réforme. Quant aux princes, les catholiques furent unanimes à dire qu'ils ne voulaient pas d'un
' A Alexandre Farnèse et Goi-Ascagne Sforce, ses petits-fils, issus Tun de son fils Louis Farnèse, et l'autre de sa fille CoDstance. Ses folies de jeunesse avaient été telles, que sa mère avait dû le faire enfermer au ch&teaa Saint-Ange.
26 HISTOIRE DtJ CONCILE DE TRENTE
concile tenu en Italie ; les protestants, qu'ils n^e voulaient ni en Italie, ni ailleurs, si le pape de^ia^t en être le chef.
De tout cela, Paul se fût volontiers laissé aller à conclure qu'il n'y fallait plus songer ; mais il fut forcé de passer outre. Un concile, répétait l'empereur, un con-, cile!.,. et je me charge de l'exécution des décrets. Il consentait, d'ailleurs, malgré les princes, à ce qu'on s'assemblât en Ilalie. Il rfy avait donc plus aucun prétexte pour refuser ou différer. Paul se soumit. Il désigna la ville de Mantoue, et Touverture fut fixée au 7 mai de l'année suivante (1537).
La bulle de convocation avait à peine puru, qu'on vit qu'elle n'aboutirait à rien. D'Allemagne, de France, d'Angleterre, d'Italie méme^ surgissaient des protestations. Il n'y eut pas jusqu'au dUc de Mantoue, dont Paul s'était cru si Sûr, qui n'élevât mille diffioiltés sur la faveur qu'on avait prétendu faire à sa ville. Paul, alors, désigna Vicence. C'était un sacrifice, car cette ville était aux Vénitiens, souvent ennemis de la cour de Rome; aussi le pape s'autorisa-t-il de ce changement pourTeculer d'un an J' ouverture de l'assemblée. Il la fixa au !«' mai 1538. *
Le l"mai 1538, ses légats * étaient à Vicence. Ils attendaient les évoques ; aucun ne vint. Ceux d'Italie, Paul n'aurait eu qu'un mot à dire pour en envoyer une foule ; mais il se sentait tenu d'attendre qu'il y en eût au moins quelques autres. Les légats attendirent près de trois mois. Personne; toujours personne. Il commençait à devenir évident que l'empereur lui-même ne voulait
* Campegiii, Simonetta et Aleander.
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plus ce concile, car il avait en Espagne et en Autriche assez d'évéques quSl n'eût tenu qu'à lui d'y envoyer. Le pape rappela donc ses légats, mais sans retirer la convocation. Il fixa ('ouverture au mois d'avril 1539; puis dans une derrière Iw^lle, l'époijjie en fut ipdéfoiiment ajournée.
Nous n'entrerops pas dans le détail des négociations de toute ^ëce qui r^i^plirent les ^iiées 1538 >, 1539, 1540. U nouis' faudrait revoir^ sous des forines presque identiques, tout t§ qu'on a vu jusqu'ici. Marnes répugnances, même^ obstacle^, piêmes oscillations. Nous gênons à ne rien omettre d'essentiel, mais nullement à tout dire. Ces préliminaires du concile occupent tout un
"'livre dan^ Sarpi, et trois dans Pallavicini.
% . Ce fut en 1541, dagsune nouvelle entrevue du pape avec l'empereur, qu'on parla pour la première %is de la vi)l^ qui allait enfin être choisie. Située au cœur du Tyrol, Trente offrait l'fivantage d'être une de^ vjUes les plus centrales de l'Europe. Elle n'était ni ^sse^ ita~ tienne pour que les Allemands refusassent de s*y rendre, ni assez allemande pour que le pape désespérât d'y rester le înaître de l'assemblée s. Il la trouvait ^pulement bien loin de Rome ; nais, après tant de quereUes, i] devait s'estimoj; heureux qu'on s'en contentât. D'ailleurs,
< Ce fut eo 1538 que pa^ ut le fapieux Consfh'um dç emendaudâ Bcclesiâ^ adressé à Paul III par la Commission qu'il avait chargée de lui faire un rapport sur les désordres de l'Église. Neasy renvoyons ceux de nos lecteu» qui crdcaient Toir de il'^xi^^atioo fêiana ce que no^ airons dit ou dirons de ces dé3ord;:es. Il e^t ^gué des noms les plus respectables du temps, Contarini, Sadolet, Gîberto, Aleander, etc. ^^
^ Trente dépendait de TEiâpire, mais Tévèque «n avait le gouv^rnemettt. **• . •' .•
le temps pressait. La diète vgnait d'arrêter encore, à Ratisbonne, qu'il fallait absolument en finir, et qu'à «défaut d'un concile général, on en assemblerait un en . Allemagne. La bulle de convocation parut donc au commencement de 1542, etTouverture y étaj|^fixée au 1" novembre.
Sur ces entrefaites, la guerre se ralj^me entre Pcmpereur et la France. On veut né^paoins pouçmivre. Le pape envoie ses légats; l'empereur, un ambassadeur et quelques évêques. Après sept ib0|b^- d'attente, personne ne venant, on se sépare, et tout est rompu de* nouveau.
A qui b faute? A François P', .dfsait-on, puisque c'est lui qui a déchiré la trêve! François se vengeait sar les protestants; il tenait à moalrcr que, s'il avaU rompu le coacile, il n'en était pas moins catholique pour cela. A force de bûchers, il eut bientôt recongUs l'amitié du pape, très-disposé, du reste, à ne pas trop s'irriter de tout ce qui contribuerait à reculer la grande affaire. D'ailleurs, Charles-Quint venait de s'unir avec Henri VIII, l'excommunié, l'hérétique, l'ennemi personnel du pape ; la diète de Spire venait de faire un édit d'une tolérance effrayante, qui semblait jdicté. par les protestants. Le pape réclame, pr^ss^i) menace... L'empereur se tait, et va son train.
Enfin, Charles et François font la paix. Un des articles du traité (24 déc^nbre 1544) porte qu'ils vont travailler en commun à faire assembler le concile. Paul les prévient. Une nouvelle bulle est puWiée ; ce sera pour le 15 mars. Alors, c'est' l'empereur qui se fâche. Il trouve étrange qu'on ne l'ait pas consulté avant de fixer l'époque ; m^s comme iM9h^ HpAvoir dire que