‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 91 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

tes titres de toutes les unionsdatant de naolfis de qua* rante ans. Celles qui auront été frauduleusement obte* nues, il les déclarera nulles ; celles dont les motifs lui paraîtront insuffisants, il les déclarera obtenues par fraude, et la nullité s'ensuivra. Aittsi, Tévéque n'a rien à y voir : c'est un délégué du pape qui, en son nom, vérifie un acte émané de lui. Cet acte est-il abusif, mauvais! Le pape est censé n'y ètie pour rien ; ce qui n^empéche pas que, malgré le jugement de Pévôque, et tout en continuant k n'être pqur rien dans ee que l^acte contient de mauvais el d^alimif ^ il peut le renouvelep et le maintenir. « Lhmion 8€(ra nulle, dit te ^icvet, à maù^a que le pape n'en jugé 0utremem t. » -^ Il restait dMic, en tout et partout, arlntiie saprèai». Et noa-seulem^^t S pouvait casser tout ce que femenl les év^éques, maift on pouvait prévois que tes év;éque& 9% souei^went peu d^entamep la lutte ^t d^ s'ériger es ^iges du juge 9&xverain.

Aussi, quoique la perspective de cette vérifie^tio» pap tes évèques puisse avois in^iré parfois ptus ou rnoms de retenue, il n'est presque aucun de ces abus qu'on* ne retrouve, comme nous l'avo^ déjà dit, longtemps appès le concite ; o'^est dire que, s'ibyont enfin disparu, nous ne pouvons guère e» toise honneur ni à t'assemblée quî les condamna, ni aux évéques à qui on en remettait la poursuite, ni k l'autorité supième qm e» restait te prin- (ûpate source. 0h a déjà vu ce que £ut la résidence au dix-^s^tiè«ie et au dib^-buiëème siècle. Toua ces sMéa de cour dont l'esprit, le^ gatentariee, et souvent aussi Hn^ crédulité, jouèrent un si gsandvèka sous Louia X¥, o^é-^

' Nfti aliter à sede apostolicà decIftmUHïi foewt

taient les abbés cominendataîres. Le cardinal Mazarin avait quarante abbayes. L'infâme cardinal Dubois avait, outre 1 archevêché de Cambrai, où il ne mit jamais les pieds, plus d'un million et demi de revenu en divers bénéfices. Le dernier abbé de Saint-Denis fut un bâtard de Louis XIV; il avait trois ans quand son père lui fit conférer cette dignité. Jusqu'à la fin du siècle passé, partout nous voyons des prélats dévorer ce qui eût suffi à l'entretien de deux ou trois cents prêtres ; partout nous voyons, en même temps, des prêtres , des curés , dans la plus profonde misère; presque partout aussi, au mépris d'un autre canon, nous voyons les édifices sacrés, monuments de la piété des pères, tomber en ruines entre les mains des enfants. Beaucoup de cathédrales ont moins souffert du vandalisme jacobin que de la longue incurie des évêques. « Ceci est à moi ou à l'Église, » disait Henri IV, quand il voyait quelque édifice délabré. Évêques, abbés, bénéficiers de tout genre, tous ne songeaient qu'à faire de l'argent. Des exceptions, il y en avait sans doute ; mais combien? Toute la masse était dans cette voie; tous semblaient penser, comme Louis XV: « Ceci durera bien autant que moi ! » La révolution est venue. Elle a rendu à l'Église le même service qu'aux états. Elle a fait maison nette des abus; elle a 6té au catholicisme ces biens qui le déconsidéraient et le tuaient. Elle l'a forcé de se reconstituer, au moins en partie, sur des bases mieux en harmonie avec les nouvelles idées et les anciens vœux des peuples. Il n'y a qu'un pays où rien n'ait encore changé, où l'État et l'Église s'imposent mutuellement le maintien de tous les abus, de loules les Lyrannies, de tous les désordres d'autrefoiÇ; — et ce pays, c'est Rome. *

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