‹ Histoire du Concile de Trente [microform]Chapitre 1 sur 38 · RUE DE LA MONNAIE · texte numérisé non relu

RUE DE LA MONNAIE

A (JENÈVE MÊME MAISON

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L auteur et l'éditeur, ayant rempli les formalités voulues, se réservent le droit de propriété et de traduction de cet ouvrage dans les États étrangers.

L'auteur de cette histoire y travaillait depuis quelque temps, lorsqu'il apprit par les journaux qu'on se préparait à célébrer, en 18A5, dans toutes les églises de la catholicité, le trois-centième anniversaire de l'ouverture du Concile de Trente.

^^ C^^^ l'étonna. Il avait peine à com-

^prendre un appel à des souvenirs si gros de tempêtes. Rome a trop d'intérêt "à diviniser les décrets de Trente, pour qu'elle puisse désirer d'en voir

S^étudier Thistoire. Aiî milieu du chaos que nous étions en train dl débrouiller, et qu'un premier coup d'œil nous avait montré si plein de choses aussi peu honorables pour l'autorité papale qu'em-

barrass'antes pour celle, du catholicisme en général, — il fautij-ipensions-nous, que l'Église ait etrang|mènt compté sur l'ignorance des uns et le

la

dévouement des autres, pour s'offrir, de gaieté de cœur, à une pareille épreuve.

L'épreuve, en effet, risquait d'être rjide. Un auteur populaire pouvait s'emparer du sujet. Son livre, qu'il n'aurait eu nulle peine à rendrépiquant sans sortir du vrai, pouvait avoir un retentissement immense. Le Concile de Trente devenait le sujet des conversations de l'Europe ; et ce n'est sûrement pas là ce qu'on avait voulu en ordonnant d'en rappeler la mémoire.

L'anniversaire est venu. Personne n'en a profité pour dire aux peuples ce que fut cette assemblée fameuse. L'Église, de son côté, avait fait, à ce qu'il parait, des. réflexions sérieuses. Nous. ne. savons si la fête a, été contremandée ; mais uous n'en avons; eu aucune uouvelle.. A Rpm,e,.en particulier, il n'en a pas été question. Ce fut le. jour de l'entrevue du pape Grégoire XVI avec, l'em-^ pereur dé Biissiei

Quoi qu'il en soit, nous avons poursuivi. Nous, livrons aujourd'hui ri^tçe oeuvre.

Nous ne dirons pas que, le besoin s'en faisait généralement sentir. L'assertion ne serait pas seulement ambitieuse, comme elle l'e^st toujours, mais fausse. Qui est-ce qui songe au Conpile de Trente ? Le public a bieu autre chose à faire ^^ en, véçit.<é., que, de fouiller les actes d'un, concile.

Mais, si ce besoin n'est, pas généralement senti» il l'est cependant de quelques personnes,;, il le.

vu

serait de beaucoup, pour peu qu'on leur en donnât l'idée, et qu'on leur olfrit^les moyens de le 'satisfaire, sans trop de peine. Magistrats, publicistës, catholiques nombreux, protestants de toute églKfe, 'totië ceux, enfin, que le 'catholicisme in- -^qtiièH;e et froisse, en religion, en politique, en morale, par ce réveil fiévreux auquel il nous fait assister,— tous, aujourd'hui, ont intérêt à savoir ce qù-il fut et ce qu'il 'fit dans l'assemblée où il s'est définitivement constitué.

Sar|)i et Pallâvicini, les deux seuls historiens du concile jusqu'à ce jour, sont peu lus et ne peuvent guère l'être. Profondément divers dans leurs qualités et leurs vues, ils ne se ressemblent que trop dans leurs défauts. Chez l'un comme chez l'autre, diffusion, sécheresse, nul plan, nulle philosophie, absence, enfin, de tout ce qu'on demande aujourd'hui à l'historien. Le livre de Sarpi n'est xju'une longue satire, mais sans vie, sans- sél, souvent inexacte et injuste; celui de Pallâvicini n'est qu'une longue et lourde apologie, plus exacte dans les détails, mais faible dans les déductions, puérile et fausse dans l'ensemble.

Sarpi est à l'index ; Pallâvicini devrait y être. Ses naïvetés, ses raisonnements bizarres, en disent souvent plus que les attaques de celui qu'il > croit réfuter. Après avoir lu le premier, qui blâme tout, on craint d'être trop sévère; après avoir lu le second, qui approuve tout, on est rassuré. La

faiblesse de la défense atteste assez haut celle de la cause. On sent qu'on ne sera que juste. >

Nous espérons l'avoir été. Les prétentions du Concile de Trente et de ses hardis héritiers nous autorisaient à peser ses droits. Quand donc les pèseront-ils aussi, ceux qu'on a façonnés à lui obéir? Colosse aux pieds d'argile, — ceux qu'il tient sous ses pieds pourraient mieux encoïe Vquc! nous révéler sa fragilité et travailler à sa ruine. ;„

Nous n'ajoutons ni ne changeons rien à ces lignes, préface de noire première édition, en 1847. Tout a marché, mais de manière à leur donner toujours plus d'actualité.

Mai 1854. „

SOHMAIRE

I. Introduction. — Premiers vœux. — Saint Bernard et Luther. — Réveil. — II. Antipathies. — Léon X. — Illusion. — Encore vingt-quatre ans. — III. Adrien VI. — Sa théorie des indulgences. — Projets de réformes. — Projets d'extermination. —

, IV. La papauté en Allemagne. ~ Aveux du pape. — Les cent griefs. — V. Clément VII et la diète de Nurenherg. — Contrediète. — VI. Charles-Quint et François I". — Bataille de Pavie. — Deux lettres. — Les Colonna. — Le trône et la tiare. — Vil. Le connétable de Bourbon. — Le sac de Rome. — Hypocrisie. — Réconciliation. — VIIL Entrevue à Bologne. — La confession d'Augsbourg. — Christ et Bélial. — Le ciel ne. tombera pas.— IX. La ligue de Smalcalde. — Les Turcs. — Genève. -r- X. Paul III. — Encore dix ans. — Les fils du pape. — Négociations. — Difficultés. — Mautoue. — Vicence. — Trente. — La guerre se rallumé. — S'apaise. — Le concile va s'ouvrir. — XI. Résumé.

XII. L'arrivée.— -Trois ans d'indulgence. — Scrupules. — Quatre cents places et point d'évôques. — Parluritint montes. — L'ima- ; ; gination du P. Biner. — XIII.»Simp]e arithmétique.— Un aveu ; ,Jknoter. — Les conciles œcuméniques." — XIV. Les représenv'tànts de l'Église. — Jérusalem et Trente.

XV. Diplomatie. — XVI. Les protestants avaieat-ils promis obéis-

sance ? — Toute époque a son idée fixe. — Frayeurs de Luther.

— Ce qu'il voulait réellement. — Cercle vicieux. — Où en. était le dogme de l'infaillibilité — XVII. Affaires de Cologne. — O^i avait tort? — Complications. — A quoi a tenu le concile.

XVIII. Les procureurs. — L'infaillibilité par délégation.-*^ XIX. Charles-Quint et l'hérésie. — Offres du pape.— XX. Le prêtreroi. — Les mœurs des papes. — Nouveaux scandales. — XXI. D'heureuse mémoire. — L'infaillibilité papale. — XXIf. Quelques questions. — La papauté à Rome.

XXIII. On s'impatiente.— XXIV. Le 13 décembre 15/55. — ^Tâclie effrayante.— Ce qu'était, jusque-là, le catholicisme.—- Bpssuet et saint Augustin. — Le progrès en religion;."-— XXV. Lés' inconséquences raisonnables et la logique absurde.

XXVI. Un décret sage. — Au nom de qui le publier? — Papie ef concile. — XXVII. Prœsidenlibus legatis. — Les renards. ^- Deuxiëme session. — Protestations. — A-t-on réussi à sauver les apparences ? — XXVIU. On ne sait par où commencer. — Indécisions et frayeurs. — « Jour de combat! jour glorieux! n* Mélange dangereux. — XXIX. Ce que pourront penser les esprits faibles. — La reine des vertus. — Credo. — Troisième, session. — XXX. Un habile général. — Les italiens à Trente.

— Leur serment. — Le consentement de l'Église.

XXXI. Luther est mort. — Fermez, fermez la Bible ! — XXXII. Nous, ouvrons-la. — La question de l'autorité. — On en exagère là portée. — Qu'est-ce que l'autorité en religion ? — Que peutelle être? — Dilemme. — Ce qu'est, au fond, la soumission des gens qui pensent. — Qu'est-ce que l'autorité sans la force? — Dieu a pu. Dieu a dû. Qu'en savez-vo us? --.XXXIII. Trois buts. Régler la foi, — conserver la foi, — maintenir l'unité.

Bégler la foi. — Ce que cela suppose, — et à quoi cela conduit.

Conserver la foi. — A-t-on réussi? — VariatigHs. — Un fardeau éternel. - * W'S;

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