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le troisième, enfin, pour recommander aux princes et aux éveiïues la prompte et rigoureuse observation des décrets.
Enfin, on passe h la lecture de ceux qui ont été publiés sous • Paul III et sous Jules III, mais on a soin de ne pas dire si c'est pour les confirmer, ou seulement pour constater, en les rappelant, l'identité du concile. Il importait beaucoup que ce point restât indécis. Décla-^ rer qu'on les confirmait, c'eût été donner gain de cause à ceux qui les avaient préçédeaiment attaqués comme n'étant pas définitifs ; déclarer qu'on les rappelait, mais sans les confirmer, vu qu'ils avaient déjà toute leur autorité, c'eût été mettre beaucoup de gens en demeure ou d'avouer qu'ils avaient jadis protesté à tort, pu de renouveler leurs protestations. De là la précaution de ne parler que d'une lecture *. Toujours, et jusqu'au dernier moment, toujours des compromis, des subterfuges, des questions éludées, des principes dissimulés sous des formes, parce qu'on n'ose pas ou qu'on ne veut pas remuer le fond. ^
Restait la votation finale, celle de la demande en confirmation. Quoiqu'on pût espérer, d'après ce qui's'était passé dans la dernière assemblée préparatoire, de n'avoir qu'un seul opposant, l'angoisse était grande ; on se sentait sur un terrain radicalement faux, où il était
« Vult sancta synodus ut illa nunc recitentur et legantur,
difficile qu'un seul bronchât sans en faire bronchèi* biéii d'autres. On comprenait qu'il ne faudrait pas un grand effort de; logique pour se demander ce que c'était donc qu'une infaillibiliti{âllânt chercher, auprès d'une autre ' infaillibilité, la confirmation de ses décrets. Nous l'avons dit : oU les décisions du concile avaient été nulles jusque-là, bien que l'assemblée eût toujours parlé et agi comme les :êfoyant valides ; ou elles avaient déjà leur force, toute leur force, car il n'y a pas de degrés dans l'infaillibilité, et que pouvait signifier, dans ce cas, la confirmation papale?
Ces objections, auxquelles on eut le bonheur de faire que personne ne s'arrêtât, allaient devenir plus saillantes que jamais par la manière dont la sanction du, papOrfut donnée.
Pie IV inclinait à l'accorder immédiatement ; mais, quelque insuffisantes que fussent les réformes ordonnées, il y en avait assez pour épouvanter sa cour, et rien ne l'avait plus choquée, en particulier, que de voir les cardinaux nommément compris dans quelques-uns dés décrets les plus sévères. Aussi, longtemps avant la dernière session, les principaux intéressés avaient pris leurs mesures. Quand les légats arrivèrent à Rome avec la demande en confirmation, le pape était déjà cu'conyenUj troublé, effrayé. Les sacrifices personnels,' il s'y étaii.résigné, et, d'ailleurs, une fois l'assemblée dissoute, il serait maître de les accomplir ou de n'en plus p'àrler; mais ces déclamations, ces doléances qui lui arrivaient de toutes parts, il faisait en vain ses efforts pour y fermer l'oreille. Au chagrin de mécontenter tant de gens se joignaient ses propres scrupules, ceux, du moins, qu'on avait eu l'art de lui inspirer sur ses devoirs et sa
position de pape. Était-il libre, en conscience, d'abandonner une portion quelconque de ce quei ses prédécesseurs avaient considéré comme les droits du Saint- Siège? De grands docteurs affirmaient que non; et comme il n'y avait pas d'abus tellement criants qu'on ne pût les montrer liés, de près ou de loin, aux prérogatives papales, il n'y avait pas de marmiton des cuisines du pape, comme disait l'ambassadeur Lansac, qui ne fût prêt h se réclamer de saint Pierre, fût-ce contre le pape même*. En est-il bien autrement aujourd'hui? Demandez à Pie IX. Il en sait plus que personne sur cet inextricable enchevêtrement d'intérêts, d'usages, d'abus, de prérogatives, de besoins réels ou factices, dont le trône pontifical a toujours été entouré. Du pape au dernier sacristain, tout le monde, à Rome, séV sent comme dans une de ces vieilles maisons qui ne manquent ni de beauté au dehors, ni de confort au dedans, mais dont on ne pourrait réparer un pan de mur sans être conduit à les reconstruire de fond en comble.
Les difficultés furent levées. Voyons comment.
Voici d'abord le cardinal Da Mula, qui, dans une commission nommée pour examiner la chose, vote pour la confirmation, mais en disant :
Qu'on devait être bien heureux de se voir au bout de tant de fatigues, d'inquiétudes, de dépenses, et ne pas s'exposer à y retomber pour s'en tirer peut-être beaucoup plus mal ;
Qu'un refus de confirmation pourrait conduire les uns à considérer le concile comme n'en ayant pas be-
* Le nombre des charges vénales s'était encore accru depuis Léon X. Il y en avait plus de trois mille.
soin, les autres à le considérer comme non-avenu, et à y suppléer par des conciles nationaux ;
Qu'en prenant un milieu , comme le conseillaient beaucoup de gens, c'est-à-dire en triant les décrets de fq^^poip" les approuver sans délai, sauf à statuer plus tard 'sîir les autres, on ne ferait que reculer l'embarras, et s'amasser, pour l'avenir, toutes sortes de dangers;
Que si, selon d'autres conseils, on les approuvait en bloc avec certaines, modifications de détail, ce serait exposer l'autorité pontificale aux contestations les plus délicates;
Qu'il n'y avait donc pas à hésiter entre quelques désagréments, dont il serait d'ailleurs facile d'atténuer la portée, et les orages de tout genre qu'un refus si peu attendii attirerait infailliblement sur le Saint-Siège.
Après Da Mula, voici l'évêque de Vieste, Hugues Buoncompagno, cardinal plus tard, mais déjà un des oracles du pape, qui résume la position avec encore plus de franchise.
Il se demande d'abord pourquoi les décrets de Trente, même confirmés par le pape, auraient plus d'autorité que tant d'autres, dont le pape est resté l'arbitre suprême. La valeur des lois, selon lui, et non-seulement leur valeur active, mais leur] sens, dépendent nécessairement de celui qui gouverne. Rien ne l'empêche d'opposer l'usage aux lois, la nécessité du moment aux n.éces^sités générales prévues dans le décret. Dira-t-on que les adversaires du Saint-Siège auront, dans ce nouveau code, un arsenal toujours ouvert ? Mais rien de plus facile que de le leur fermer. Quand la règle de saint François, pleine d'ambiguités, menaça d'exciter la guerre entre les interprètes, que fit Nicolas III? Il II. dli*
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en défendit l'interprétation par tout autre que lui-méSie ou ses délégués. Ainsi fera-t-on sagement pour les décrets du concile. Confirmez-les ; mais en établissant que personne n'aura le droit ni ne devra même avoir la pensée de les interpréter. . ■ * ' r
Cette idée plut à Pie IV. C'était pourtant chose inouïe, même dans les annales du despotisme papal. Défendre de gloser sur d'anciennes lois plus ou moins obscures, passe encore ; mais publier, en même temps que le code, la défense d'en étudier le sens, c'était le dernier pas possible dans l'asservissement de la conscience et de la pensée.
Il fut fait, ce pas que nous traiterions de fable, si une bulle solennelle * n'était pas là pour en faire foi. a En vertu de l'autorité apostolique, défense à tous, soit ecclésiastiques, de quelque rang qu'ils puissent être, soit laïques, de quelque autorité qu'ils soient revêtus, aux premiers, sous peine d'interdiction, aux seconds, sous peine d'excommunication, défense, en Un mot, à qui que ce soit, de faire sur les décrets du concile ni commentairesy ni gloses, ni annotations, ni scolieSj ni interprétations quelconques 2. )>
Après cela, allez reprocher au catholicisme de vous avoir ôté le droit d'interpréter la Bible ! Ce qu'il a mis
1 26 janvier 1564. -
2 « ... Ullos commentarios, glossâs, annotationes, scholia, ullumve omninb interpretationis genus super ipsius concîlii decretis quocumque modo edere. u — Le pape évoque ensuite à lui toutes les difiBcultés qui pourront s'élever. Une commission permanente, connue sous le nom de Congrégation du concile, fut instituée à cet effet et elle subsiste encore. Ses décisions ont été plusieurs fois recueillies et publiées. Il y en a de très curieuses, soit comme amplification des dogmes de Trente, soit comme amoindrissement des décrets défavorables au pape.
luirjînême à là placide la Bible, ses décrets, son Côndle par excellence, ce qu'il a élaboré, calculé, pesé, pendant dix-huit années, — voilà qu'il ne s'en croît pas encore hissez sûr pour l'abandonner à la conscience et à la raison des fidèles. Il le publie, ce code, mais avec une défense qui, strictement observée, équivaudrait à l'interdiction de le lire, car il est clair que vous ne pouvez l'ouvrir, pas plus que la Bible, sans risquer d'en interpréter quelque endroit autrement que le pape, et, conséqueminent, d'être excommunié. Oh ! oui, Rousseau était un excellent catholique lorsqu'il disait : « L'homme qui pense est un animal dépravé ! »
'XXXÏ
Eh bien, enfants et apologistes de Rome, voilà sous quel joug vous êtes. Il est vrai que beaucoup ne s'en doutent guère, dans les'pays, du moins, où l'Église n'a pas le pouvoir en main. Ceux qui, sans avoir rompu avec elle, rompraient évidemment au premier effort pour les asservir, — elle les laisse tranquilles. Ceux qui lui appartiennent à demi, — elle n'a garde de leur im-^ poser à croire ou à faire au delà de ce que comportent la foi et le dévouement de chacun. Ceux qui se croient *tout à elle, qui l'exaltent, la défendent,-^ceux-là, il n'est pas d'avances, pas de facilités, pas de flatteries qu'elle ne leur prodigue. Dites un mot ^ écrivez uiie phrase qui ait l'air d'une apologie de l'Église, et quand cette phrase, quand ce mot ne porterait que sur ce qti'il y a de plus accessoire, la beauté d'une cathédrale, là ma-
UOh HISTOIRE DO CONCILE DE TRENTE
jesté d'une grand' messe, la poésie des cloches, — vous voilà un de ces hommes de foi, dont le nombre; si, on en croit certains livres, va croissant tous les jours. Hélas ! oui, il faut l'avouer, le nombre en va croissant ; heureusement qu'on peut.les voir de près, et, quand on les a vus de près, on est bientôt rassuré. Ces prétendus hommes de foi, demandez-leur s'ils croient à l'autorité de -rÉglise ; posez-leur des cas où il s'agisse, non de parler, mais de se soumettre et d'obéir, — et vous verrez s'ils sont bien différents de ceux qui avouent ne pas y croire. Demandez-leur ce qu'ils pensent de l'infaillibilité du pape. Les uns, sans hésiter, la nieront, et vous leur montrerez que c'est cependant aujourd'hui un dogme, non-seulement à Rome et dans les chaires des jésuites, mais chez la presque universalité des évêques de tous pays ; vous leur dii-ez que le concile de Trente, s'il n'a osé l'enseigner en termes formels, l'a formellement supposée lorsqu'il a soumis ses décrets au jugement de Pie IV *. Les autres prétendront l'admettre ;
* N'oublions pas non plus sous quelle forme l'approbation fut accordée. Autant on s'était donné de peine pour éluder, jusque-là, la question de l'autorité respective des conciles et des papes, autant Pie IV est îjardi à la trancher en sa faveur. « Après mûre délibération, dit-il dans sa bulle, ayant reconnu que tous ces décrets sont catholiques, utiles et salutaires au peuple chrétien, nous les confirmons, ordonnant quîils soient reçus et observés. » Ainsi, ces décrets qu'il confirme, il ne les a pas seulement reconnus utiles et salutaires, mais catholiques ; il les a donc jugés, sou-* verainement jugés, au point de vue de la foi, comme au point de vue disciplinaire. II prononce, mais après mûre délibération. Il accorde... Nous sommes donc en droit de supposer le cas où il aurait refusé, et de nous demander ce qu'il serait advenu, dans ce cas, de l'autorité du concile. Si cette difficulté n'en est pas une pour ceux qui admettent franchement l'omnipotence du pape
et VOUS n'aurez, comme pour l'autorité de l'Église, qu'à les faire entrer dans quelques détails pour leur prouver qu'ils ne l'admettent pas. Essayeront-ils de distinguer entre l'infaillibilité en dogme et la faillibilité en discipline? Vous pouvez encore leur prouver, non -seulement, comme nous l'avons fait*, que cette distinction n'a jamais été admise à Rome, mais qu'il existe une foule derdécrets tellement mélangés de discipline et de dogme, que vous les défiez d'y opérer ce triage.
Et que parlons-nous de papes, de bulles papales? Le concile lui-même, cet infaillible résumé du dogme romain, — vous avez cent moyens de prouver à ces genslà qu'ils n'y croient, au fond, pas davantage. Et ici, vous pouvez hardiment ne pas borner vos expériences aux hommes décidément supérieurs par l'instruction ou le talent. Tous ceux que vous pourrez amener à raisonner, à se rendre un peu compte de ce qu'ils croient, — vous leur montrerez, dans le concile, des choses qu'ils ne croient pas, qu'ils ne croiront jamais ; vous leur arracherez ainsi l'aveu, direct ou indirect, n'importe, qu'Us ne sont pas catholiques ; et, dans ces mêmes décrets de -Trente sous lesquels ils vous croient depuis longtemps écrasé, — à leur tour ces croyants pourront compter sur leurs doigts sous le coup de combien de condamnations et d'anathèmes ils ont été jusqu'ici, ils sont encore, ils seront toute leur vie.
et sa supériorité sur les conciles, c'est un rude embarras pour ceux qui la nient. Partout et sous toutes les formes vous retrouvez ce grand problème qui sufiSrait pour bouleverser l'Église de Rome, n'était l'immense intérêt que tous ont à le laisser sommeiller.
* Tome I*', liv. I, xxi.
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Le calholicisme, nous dit-on, est'un' et invariable. Nous l'avons nié. Les querelles qui agitèrent le concile, les intrigues auxquelles il fallut avoir recours pour écarter ou trancher tant de questions importantes, les preuves que nous avons euesdé la nouveaiité et de l'origine humaine de tant d'articles de foi, — tout nous autoriserait h nier encore, en terminant, comme nous l'avons tant de fois fait dans le cours de cettrijustoire, et cette unité et cette invariabilité. Mais ici, non ; acceptons-les. Le catholicisme est un; soit. Le catholicisme est invariable ; soit. Dans le point de vue que nous venons d'indiquer, ses adversaires n'en%eront que -plus forts contre lui. Si le catholicisme est un, il n'y a qu'un moyen d'être catholique : c'est d'avoir une égale foi à tout ce qu'il enseigne ; c'est d'être prêt à dire oui et amen, non-seulement aux quatre ou cinq dogmes principaux qui caractérisent, m gros, la foi romaine, mais à tous les dogmes secondaires que Rome en a tirés, à tous les développements qu'elle leur a donnés. Grâce à l'infaillibilité, tout se tient ; c'est un gigantesque arceau dont vous ne pouvez ôter une pierre, fût-ce la moindre, sans que le tout ne s'écroule. Formulés en vertu de la même autorité, tous les enseignements de Rome ont un droit égal à votre absolue soumission. Vous ne pouvez douter d'un seul satis douter, par là même, de l'autorité qui enjoint d'y croire ; vous ne pouvez en rejeter un seul sans renverser tout l'édifice de l'infaillibilité, car si l'Église a pu errer sur un point, même imperceptible, il n'y a plus de raison pour qu'elle n'ait pas erré sur d'autres. Niez-le, cet imperceptible ppinfr, et vous n'êtes plus catholique, puisquç vous abandonnez, en fait, le principe sans lequel votre Église n'est rien de
plus qu'une quelconque des fractions de la Réforme.
Ce serait donc, si nous pouvions forcer les hommes à être conséquents, ce serait aujourd'hui chose facile que d'ébranler et dfrrenverseï le catholicisme. Parmi toutes les objections dont nous avons semé ces deux volumes, s'il en est une, une seule de fondée, c'est, en réalité, comme si elles l'étaient toutes. Que les Pères de Trente se soiei3t|trompés une fois ou cent fois, peu importe : les voilà faillibles. Qu'un catholique nous accorde un point ou cent points, peu importe : il a avoué qu'il ne croit pas à l'infaillibilité de son Église. Il a examiné, il a choisi... Il est donc protestant, car il admet le principe fondamental du protestantisme. S'il s'arrête là, s'il continue à se croire ou à se dire enfant de l'Église de Rome, c'est qu'il n'ose, ou qu'il ne sait pas, ou qu'il ne veut p?is arrivei' aux conséquences.
Mais ceux qui, par crainte, n'osent pas, ou, par ignorance, ne savent pas, ou, par indifférence, ne veulent .p?is, — hélas I... n'est-ce pas à peu près la totalité? Ne nous faisons donc aucune illusion sur le résultat de nos efforts. Il y a vingt ans qu'on nous parlait de la ruine du catholicisme comme d'une chose toute simple, iné^ vitable, prochaine ; on aurait volontiers fixé l'année. Sans doute, il tombera ; nous croirions faire injure à la Bible et à la raison si nous nous surprenions pensant que la victoire ne leur restera pas. Il tombera. . . mais quand ? S'il a peu foi en l'Évangile, puisqu'il le foule aux pieds en tant de choses S peu foi même à plusieurs de ses
* « Je donnerais mes deux mains pour croire en Jésus-Christ aussi fermement que le pape n'y croit pas. »
Luther. Tischreden.
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propres dogmes, comme nous l'ayons surabondamment prouvé, — il a foi en lui-même, en son unité, jvj|§ie pu fausse, en son organisation puissante, en son empira sur les masses, et, avec cela, on va loin. Certes, nous, les avons assez souvent montrés désespérant 'dè^ leui" œuvre, ces hommes qu'il avait réunis, iî y ;> trois /siècles, pour fixer et coordonner sa foi. Eh bien, siMbus avions raconté en détail la fin de leur dernière assemblée, il nous aurait fallu les peindre unis, joyeux, se serrant la main, s' embrassant avec des larmes de surprise et de bonheur. Du sein de ces tâtonijiements, ,de ces querelles, de ces crises de tout genre,- étâitjjeiifin
sorti quelque chose qu'on pouiTait -donner poùr;(dâi-'^" nité... On n'en voulait pas davantage. Celui qurôH- allait le plus redouté, l'ancien chef de l'opposition, jejçarr dinal de Lorraine, rédigea, entonna luirinêirfe jesSacclamations par lesquelles se termina la séance. i^uhâut de sa citadelle recrépie, Rome recommençait à.regarder ses ennemis en face, et les derniers mots duïoncile furent : « Anathèmè! anathème! » * .
Mais, grâce à Dieu, cette citadelle élevée à Trente n'est formidable que pour qui la voit de loin et d'en bas ; c'est de près et de haut que nous avons tâché de la voir et de la montrer. A côté de laimontagne de Trente, il y a la triple montagne de l'Écriture, de l'histoire et de la raison. C'est là que nous avons essayé de conduire nos lectem^s. Nous montions... l'autre s'abaissait; et nous n'étions pas au sommet que mous plongions en plein dans les remparts dont Rome'â chargé la sienne. On se rappelle ce que nous avons alors aperçu d'incohérence dans le plan, de vices dans les détails, de fragilité dans les fondements des plus hautes tours. Ce
n'était pas sans effort et sans chagrin, qu'on veuille bien le croire^ que nous regardions si souvent et si obstinément la terre plutôt que le ciel; il nous en coûtait, et beaucoup, déplier aux âpres contours de la polémique ces doctrines de paix, d'amour, de vie, que Dieu nous a appelé à publier, dans un tout autre langage, du haut de la chaire évangélique. Mais, — nous l'en prenons à témoin, — jamais la haine de l'erreui' ne s'est changée sous notre plume, jamais dans notre cœur, surtout, en la haine de ceux qui la professent; et si nous avons réussi à inspirer nos sentiments, comme nous espérons avoir justifié nos idées, ce ne sera pas en criant, comme les Pères de Trente : « Anathème! anathème ! » — mais en demandant à Dieu d'éclairer, de toucher, de pardonner, de bénir, que nos lecteurs fermeront ce livre.