‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 113 sur 373 · Toutes ces variations ne doivent être · texte numérisé non relu

Toutes ces variations ne doivent être

attribuées qu'à celles des Français euxmêmes. Les Espagnols en avaient pris ombrage, comme si les Français attentifs seulement au bien de leur pays et à leurs intérêts personnels, voulaient porter le saint-père à interrompre le bien public commencé. Ainsi le comte, s'opposant à la prompte conclusion, qui lui semblait précipitée, et que le pape regardait comme le seul moyen de met-

que vers le milieu du mois d'août, par lai raison que s'il parlait plus tôt les grandes! chaleurs de Rome, par leur contraste avec lai froide température de Trente, lui seraient fuf nestes ; d'ailleurs, il désirait voir auparavanl les choses prendre une tournuro telle qu'il pût porter à Sa Sainleté des nouvelles cer-l laines du progrès d'un bien si utile à l'Eglisf et à la France en particulier, lmmédiatemenl après cette réponse (3) il envoya à Romf Gualtieri, sans pourtant lui remettre de let

tre fin aux différends et de préserver l'Eglise très de créance (4) parce que l'esprit pén

trant mais soupçonneux du cardinal, se serj vait de son entremise, mais sans lui domn sa confiance. Seulement il lui permit de re diger un mémoire des choses qu'il lui aval

de tout péril, commença à faire naître des longueurs par ses oppositions et ses défiances à l'égard de la cour de Rome. Dans la suite, il est vrai, le cardinal (1) fil honneur aux Français de leur changement, en l'attribuant a de nouveaux ordres de la reinerégente qui désirait la fin du concile et leur prompt retour ; l'explication la plus naturelle de tout ceci, c'est que, d'un côlé, du Ferrier espérait obtenir par ses services les

(1) Lettre de Visconli au cardinal Borromée, du 22 juillet 1503.

(1) C'est ce qui résulte des lettres déjà citées Gualtieri, eu date des 17, 18 et 19 juillet, et aussi l'instruction du cardinal de Lorraine au même.

(2) Celte leltrc est datée du 24 juillet 1505.

(5) Voir la lettre des légats au cardinal Borroniél du 22 juillet 1563.

(4) Lettre de Yisconti au cardinal Borromée, 22 juillet 1503.

communiquées de vive voix , comme fit de son côlé le cardinal Morone.

5. Ces instriiclions portaient (I) (jne Je cardinal de Lorraine attendait les réponses de la cour de France et de Sa Majesté Impériale au sujet de l'expédient proposé par lui au pape; il recevrait ces répons, s précisément à l'époque fixée pour son voyage ; il avait chargé Lansac de bien disposer le roi là-dessus, quand même l'Empereur refuser il son consentement. Mais la France était alors dans un lel étal de trouble et de confusion, qu'on ne pouvait prévoir sûr 'ment la réponse; sou intenlion était d'aller à Rome les mains planes, c'est-à-dire avec la certitude du consentement de tous les princes; il en avait écrit au Roi Catholique lui-même une lettre trèsprcssanle sur l'effet de laquelle il comptait, mais il n'était pas certain d'en recevoir de réponse avant son départ. Quel que fût l'événement, il était résolu de retourner en France où il était rappelé par tous les catholiques, et il n'attendrait pas pour se mettre en roule que l'hiver vînt le surprendre à Trente; tous les prélats français seraient contraints de faire la même chose. Il ne cessait de songer aux moyens de tirer honorablement Sa Sain-

. lelé des peines et des embarras qu'on lui avait créés, surtout depuis qu'il savait que, Jans l'affaire de la réformation, elle allait plus loin même qu'on ne désirait. Il espérait unener les Espagnols au parti le plus raisonnable. Mais ncaum ins il avait deux choies à demander à Sa Saiulelé : la première, l'être réellement et de se montrer satisfaite, e reposant sur le zèle empressé du cardinal iloronc et sur le sien ; la seconde, de dissimuler sa volonté de terminer bientôt le conile. Le cardinal de Lorraine chargeait cnore son envoyé de faire le plus grand éloge •les légats, et surtout de Morone et de Nava- ;ero ; de faire espérer que la session pourail se tenir avant le jour prescrit ; d'exposer on désir qu'on déclarai nuls pour l'avenir es mariages clandestins; d'assurer le pape e son dévouement et de, celui de tons les relais français au maintien ù'é l'autorité onlificale dont ils confessaient que la leur ■épendait , ajoutant que celle déclaration tait le principal but du voyage de Guallieri, arce qu'il prévoyait les efforts de loules ortes que plusieurs feraient pour le noircir uprès de Sa Sainteté. Enfin il disait que si, ans un écrit adressé à Morone, sur les exédients proposés, il avait requis l'assentiîent du Roi Catholique, il ne le regardait ependant pas comme chose essentielle'.

6. Le mémoire du cardinal Morone con- ;nait en substance qu'il fallait que le pape onscnlît à traiter dorénavant le cardinal de orraine comme un cinquième légal, leur rdonnant de l'associer à toutes leurs deliérations, car ils connaissaient son rîévoueicrit au pape et son autorité dans le concile; ue déjà ce litre avait été réclamé pour lui

Rome ; que Morone avait gagné les deux

ambassadeurs impériaux ecclésiastiques , mais surtout Drascowilz; qu'il y avait de grandes difficultés au sujet de la collation des bénéfices, les évèques demandant qu'à cause des nouvelles obligations qui leur étaient imposées dans la nomination aux bénéfices à charge d'âmes, le pape se relâchât en leur faveur d'une partie de ses droits sur les canonicals, et encore que la plupart d'entre eux ne voulaient pas que, pour ces sortes de bénéfices, il fûl'né.essairc de recevoir des bulles de Rome. Là-dessus divers expédients étaient proposés, et entre, autres celui qui fut offert en troisième lieu par le pape, comme nous l'avons dit. Guallieri avait à rendre un témoignage favorable ûc-s services dont on était redevable au zèle de Ruoncompagno et de Paîeollo; il y avait à espérer qu'on reviendrait sur les abus dont les prinaes séculiers se rendaient coi, . et cela -ans crainte de rupture et avec espoir d'un bon ré ultat;on se proposait, aussitôt après le a départ des Français, de renouveler, en faveur de l'autorité pontificale, la déclaration du concile de Florence ; on pensait à envoyer un évèque en Espagne, au nom du concile, pour se plaindre de la lenteur des évèques espagnols et pour prier le roi de vouloir bien coopérer à la prompte conclusion; quanta Morone, il ne pouvait restera Trente pendant 1 hiver qui s'approchait, si le concile n'était pas alors terminé ; lé pape ferait bien de tenir prêts un certain nombre d'évéques pour les envoyer à Trente, dans le cas où ceux d'au delà des monts pousseraient trop loin leurs exigences. C'est ce que les deux instructions contenaient de principal.

7. Guallieri arriva à Rome ail commencement d'août, et en exécution des conseils qu'il était chargé de transmettre de la part du premier légal, le cardinal Rorromée écrivit la lettre suivante (1), destinée à devenir publique : Sa Sainteté est tellement satisfaite (hs s'etvices èmxiunU rendus à FÈfflisé pur le cardinal de Lorraine, en cette sainte entrep'fis'é, que ne pouvant autrement en témoigner sa jote pour le moment, elle a voulu ijue j'écrivisse à Vos très-illustres Srigneuries de continuer ce qu'elles ont commencé, et de né rien faire dans le concile sans la participotio:'. du cardinal, lui communiquant toute chose, grande ou petite, en toute sincérité et confiance, en un mot d'en agir avec lui comme s'il était légat. S'il est encore d'autres moyens (te ptouvt r trti cardinal l'affection que lui porte Sa Sainteté et le désir quelle a de reconnaître ses services par toutes sortes de bons offices , que 1rs légats les mettent en œuvre avec toutes les marquas d'une sincère bténteillàrtce , persuadés qu'ils ne saurait rien faire de plus agréable à Sa Sainteté.

8. Mais, pour que l'honneur et les témoignages d'estime rendus à l'un ne semb!

pas lourner au mépris et au dédain de l'autre, on écrivit le même jour une seconde lettre également deslinée à devenir publique.

(1) Les deuv n.cinoircs se trouvent parmi ceux de ualiien.

(1) Lettre du cardinal Borrtimée ;nix Iégnts, du

4 août t50ô.

dans laquelle les plus grands éloges étaient l'examiner mûrement) que l'Empereur n'ap-

donnés au cardinal Madrucci et où les légats prouvait point la conclusion du concile ; dans

recevaient ordre de lui donner la confiance la cette supposition, il lui serait facile d'ame-

plus entière etlamieux méritée. Mais cette let- ner à son sentiment le roi son neveu; si

tre n'était pourtant ni aussi honorable niaussi l'Empereur se prononçait pour la suspen-

flatteuse que la première. Le pape n'approu- sion , Sa Sainteté, après toutes les peines

vait pas que le concile envoyât un exprès en qu'elle s'était données en vain, prendrait ce

Espagne (1), mais il recommanda à tous ceux parti pour sortir d'embarras. Mais à -la suite

des autres nations de se tenir unis, et surtout que Ion accordât pleine satisfaction aux Français. Il mandait que, malgré son désir impatient de voir et d'embrasser le cardinal

de cette lettre, écrite au nom du cardinal Borromée, le pape, revenant sur une concession qu'il ne faisait qu'à regret, ajouta de sa propre main : Bien qu'il soit plus honorable et de Lorraine, il ne pouvait oublier combien plus utile à l'Eglise de finir le concile, ce qu'il sa présence était utile au concile jusqu'à la faut surtout avoir en vue, sans avoir égard à future session ; qu'ainsi les légats fissent va- personne; il faut écarter tous les délais, afin loir cette raison auprès de lui, selon l'op- de prévenir tous les obstacles qui ne manqueportunité, en sorte qu'il vît que leur oppo- raient pas de surgir si l'on différait encore, silion ne venait que de leur estime pour sa puisque les délais ont toujours été funestes; personne et de la confiance qu'ils avaient ainsi faites toutes vos diligences. Pour ce qui dans son appui; mais qu'on le laissât libre est de la réformation, nous nous en remettons dans son choix. Ensuite le pontife lui fit entièrement à vous, et nous vous donnons

écrire directement par le cardinal Borromée (2), puis lui écrivit lui-même de sa propre^main (3), le remerciant affectueusement de ses bons offices et lui proposant de diffé-

pleins pouvoirs là-dessus, afin que vienne vous empêche de conduire le concile à une heureuse fin, pour la gloire de Dieu et de sa sainte Eglise. Nous avons été sur le point de vous

rer son voyage jusqu'à la fin du concile. Mais dépêcher un exprès , mais nous pensons que

le cardinal, bien qu'il goûtât les raisons cette lettre suffira. Nous y avons ajouté ces

d'une telle proposition, n'en montra pas lignes de notre main , encore que le reste soit

moins la volonté de partir au plus lard à la de notre neveu le cardinal Borromée. fin de la prochaine session, d'autant plus 10. Le pape avait encore fait dire (1) à

qu'il avait dès lettres de la reine régente qui Morone que, s'il fallait accorder au comte que

approuvaient ce voyage; ajoutons qu'il avait la matière des indulgences serait longue-l

hâte de retourner en France, comme Morone ment examinée, on laissât à chacun, tant!

le marquait dans une, lettre en chiffres au théologien que prélat , la faculté de dire cel

cardinal Borromée (4). qu'il lui plairait au sujet des croisades ,1

9. Mais revenons aux instructions du sou- pourvu qu'il ne parût pas que ni les légats!

verain pontife. Si les autres évêques, disaitil, sont unanimes pour le progrès et la conclusion du concile, ou les Espagnols, éclairés de Dieu, reviendront au sentiment commun, ou du moins ils n'auront pas le courage de s'y montrer opposés, dans la crainte d'être condamnés par l'opinion générale. Dans tous les cas il commandait d'avancer toujours, sans se laisser détourner par rien ; de hâter,

ni la cour de Rome y eussent donné occasion. Et comme le comte avait écrit au papel et à Avila pour se disculper, mais en char f géant extrêmement les légats, Pie IV fit re-[ mettre à ceux-ci les deux lettres (2) ave<| un bref pour le comte, les mettant ainsf à même de se défendre puissamment con| tre lui.

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