CHAPITRE III
Explications du comte de Lune avec les légats sur le choix qu'il veut qu'on fasse d'un certain nombre de prélats par chaque nation , sur ses accusations contre eux auprès du pape, sur la réformation des princes séculiers. — Observations des légats au pape sur la suspension ou la conclusion du concile. — Nouvelles oppositions du comte de Lune. — Offres avantageuses des ambassadeurs vénitiens. — Sentiment des Pères pour l'absolution du patriarche Grimani.
1. Pendant que ces choses se traitaient à Rome, les ambassadeurs présentèrent aux légats différentes additions et modifications i désirées par plusieurs dans les réformes qu'il s'agissait de faire. L'énumération de ces divers projets ne pourrait être qu'ennuyeuse, à mon avis, le lecteur étant peu curieux de connaître ce nombre infini de choses proposées dans le concile, mais celles qui donnèrent lieu aux discussions les plus importantes. Le comte de Lune renouvela (1), iavec les plus vives instances, son ancienne demande que l'on choisît un certain nombre de Pères par chaque nation, pour dresser les canons et recueillir les suffrages. Les lcigats ne mirent pas moins d'ardeur à s'y opi poser, se retranchant derrière le rempart i qu'ils savaient le plus fort contre les impérieuses exigences des Espagnols , c'est-à-dire alléguant l'usage contraire observé dans tous les conciles, excepté ceux de Constance et de Bâle, observé même dans celui de Trente, sous Paul III et Jules III ; que si le Roi Catholique pressait qu'on déclarât ces trois convocations comme n'étant qu'un même concile, et celle d'à présent comme la conlinualion des précédentes, il ne convenait pas ijue l'ambassadeur de ce prince condamnât i tacitement une coutume si bien établie; que si l'on faisait ce qu'il demandait, on donnerait atteinte à tous les décrets publiés, non-seulement dans ces derniers temps, mais encore là ceux de la dernière convocation , comme n'étant pas légitimes, ce qui renverserait i toute l'autorité du concile ; que dans les décisions qui intéressent la société comme dans les disputes de l'école , il convient d'examiner d'avance toutes les conséquences qui découlent d'un principe universel, avant de consentir à l'admettre. Ils ajoutèrent que l'Italie n'était pas, comme l'Espagne ni la France , réunie sous l'autorité d'un seul sceptre, mais partagée entre plusieurs princes qui ne seraient pas suffisamment représentés si l'on ne députait qu'un petit nombre d'évêques italiens; que, comme les trois
(I) Leiircs des légal* au cardinal Borrbmée, 6 et 6 aoùi f 503.
quarts des membres du concile étaient sujets du roi d'Espagne , il ne devait pas paraitie étrange aux autres souverains de voir les évêques de Sa Majesté y obtenir plus de puissance que les leurs ; ainsi, puisque le concile était composé d'évêques italiens pour la majeure partie, les autres nations ne devaient pas trouver injuste que les Italiens y prévalussent, comme il arrive toujours dans les grandes réunions : d'autant plus que chaque membre avait le droit de proposer ses demandes et ses réclamations. Ces explications ne se passèrent pas sans paroles un peu vives de part et d'autre: le comte de Lune surtout s'échauffa beaucoup. Comme il affirmait que les envoyés de tous ies souverains et le cardinal de Lorraine luimême s'accordaient à demander la même chose , les légats qui craignaient qu'il ne dît vrai, non eu égard aux disposions présentes des ambassadeurs français, mais en tant que ceux-ci n'auraient pas osé s'écarter de leurs anciennes instructions comme n'ayant pas été révoquées; les légats, dis-je, se croyant contraints de recourir à l'ancre sacrée, répondirent sans hésiter que, plutôt que de souffrir une si funeste innovation , ils partiraient en rompant le concile.
2. Navagero, qui était alors indisposé, n'avait pu prendre part à cet entretien ; c'est pourquoi le comte l'alla trouver pour s'expliquer aussi avec lui. Il lui répéta ce qu'il avait déjà dit à ses collègues, et se plaignit de ce qu'on le regardait comme un homme qui cherchait à s'opposer à la conclusion du concile. Il pouvait, disait-il, prouver le contraire par une lettre reçue, depuis peu, du roi Philippe. On avait mandé à ce prince que la prolongation du concile pouvait mettre ses droits en péril; mais le roi s'en inquiétait peu, tant parce que celte crainte paraissait peu fondée, que parce que , à tout événement, son zèle pour le bien public l'emportait sur le soin de son propre avantage ; il était donc, suivant lui, de l'intérêt des représentants du roi de procurer la conclusion : ainsi il était bien éloigné d'en retarder le progrès, pourvu qu'en se. hâtant on fil beaucoup de besogne en peu de temps , sans omettre rien d'essentiel, car il devait et voulait toujours combattre de tout son pouvoir une dangereuse précipitation.
Navagero, pour l'obliger à se justifier plutôt par d'utiles services que par des discours stériles, répondit qu'en effet il avait entendu courir sur lui ces bruits fâcheux dont il s'était profondément affligé; qu'il éprouvait un vif contentement de ces nouvelles protestations du comte, et qu'il espérait que les effets qui suivraient porteraient sa joie au comble.
3. Ils parlèrent ensuite de la réformation des princes laïques , dont les articles avaient été remis aux ambassadeurs par les présidents du concile. Le comte avoua qu'il n'avait pas voulu aborder celle matière dans son écrit, mais qu'il lui semblait convenable que l'on mît d'abord la dernière main aux autres matières: mieux préparées et si abondantes,
elles suffiraient pour occuper les Pères, bientôt après, le pape, changeant d'avis, se tandis que les ambassadeurs s'informeraient, contenta d'envoyer copie de la première réauprès de leurs souverains et des principaux daclion (1), afin que ses légats y puisassent ministres, des usages et des coutumes de des secours pour s'en servir de vive voix, chaque royaume. car ce qui cfst dit ainsi est moins sujet à être
Navagero répliqua qu'il n'était pas expé- cenSuré et se supporte plus facilement que dient de séparer les deux reformations, que ce qui est confié au papier; dans ce dernier l'une serait très-imparf aile sans l'autre (t) et ne ferait pas disparaître les graves :,bus p ir lesquels les évéques se plaignaient d,c voir leur autorité paralysée. Le cardinal Morone avait dit aussi qu'il ne fallait pas qu en réformant les ecclésiastiques et en ne faisant rien pour les séculiers, on donnât lieu de penser aux peuples que les premier.-; seuls avaient besoin de réforme , et que les autres étaient irréprochables.
4. L'ambassadeur se plaignit encore de ce que, dans la dernière session, quoique toutes les nations eussent témoigné h' désir qu'on déclarât sur quel droit était fondée l'institution des évéques, oit n'avait rien voulu décider; qu'au contraire, on avait été prêt d'écouter les Italiens et les Espagnols sur les prérogatives de la pui -sauce pontificale, sans l'opposition des Français. Navagero répondit que rien ne inarquait mieux l'amour des président;, du concile pour la paix, puisque l'opposition d'une seule nation beaucoup moins nombreuse en suffrages que les au-
cas, on semble en effet agir d'une manière plus délibérée et donner à ce que l'on fait un plus grand caractère de permanence. A l'exemple du pape, les légats s'adoucirent aussi, et comme les conseils les plus modérés sont toujours ceux qui réussissent le mieux, ils sacrifièrent leur ressentiment particulier à l'intérêt général. Ainsi, passant sur leurs offenses personnelles, ils représentèrent, le plus doucement possible, les griefs du saintpère contre lui montrèrent qu'ils avaient la meilleure opinion du zèle de l'ambassadeur ; et témoignant également que le jape était plein d'une ardeur qui n'avait point besoin d'exhortations, ils l'assurèrent que, pour leur part, ils étaient dans les mêmes disposition, s'occupant jour et nuit des moyens les plus simples et les plus expéditifs de conduire les Pères au terme de tant de fatigues. C'était dans celte vue, ajoutaient-ils, qu'ils réunissaient de si fréquentes congrégations , et qu'ils se livraient à mille autres soins pénibles ; on commettait une grande injustice à
très, les avait arrêtés et empêchés de passer leur égard, en disant qu'ils employaient des
moyens illicites pour attirer les autres dans leur sentiment particulier; tout le monde savait que dans les congrégations ils s'abstenaient de donner leur avis, et leur unique vœu était de voir toutes les difficultés s'aplanir et le concile se terminer à la satisfactionde chacun.
6. Le comte leur répartit qu'il n'avait jamais rien attendu que d'honorable de personnes aussi sages; mais il ne dissimulait pas qu'il avait entendu grandement murmurer sur les assemblées particulières qu'ils tenaient cbez eux, où l'on voyait jusqu'à vingt évêques italiens, pendant qu'il n'y avait que deux espagnols et autant de Français. LcS légats répondirent à cette plainte que comme il était de leur devoir d'éloigner les difficultés et d'apai-er les disputes, ils ne pouvaient le faire sans le secours et le conseil de ceux qu'ils croyaient les plus propres à procurer l'union ; que quand il serait vrai que les Italiens se fussent trouvés chez eux en plus grand nombre que les autres, cela ne devail pas paraître extraordinaire, puisque le concile était composé de cent cinquante Italiens pendant qu'il n'y en avait tout au plus qu<| soixante-dix (Tes autres nations -, mais qui s'il voulait examiner les choses déplus presf il connaîtrait qu'il se trouvait à leurs asseml blées beaucoup plus d'évêques des autres payf qu'il ne pensait, puisque, outre les deux cari dinaux de Lorraine et Madrucci, ils y avaient encore invité les ambassadeurs ecclésiastil ques de l'Empereur et du roi de Pologne qu] y assistaient effectivement , comme il aurai
outre et de finir une chose si avantageuse a l'autorité du souverain pontife; qu'en la supprimant, il ne paraissait pas juste de faire une déclaration sur le pouvoir des évêques, puisqu'on devait commencer par le chef; qu'ainsi il n'y avait aucune raison de se plaindre qu'on n'eût rien défini là-dessus, contre le sentiment et les vœux des Espagnols.
5. Les légats continuaient à se réunir chez le cardinal Morone, où les cardinaux de- Lorraine et Madrucci étaient appelés (2); et là on examinait les remarques que les ambassadeurs avaient faites sur les articles de la réformation, pour les réduire dans une forme qui ne fût sujette à aucune dispute. Mais ayant reçu une copie des lettres que le comte de Lune avait écrites contre eux au souverain pontife et à l'ambassadeur d'Avila, dans lesquelles ils étaient accusés de capter les suffrages au moyen de prières , de menaces et de promesses , ils résolurent d'abord de lui parler sévèrement, lui remettant Le bref pontifical pour lui ôler toute réplique. Ce bref, expédié de Rome, était sans doute fort de raisons, mais par cela même , il pouvait quelque peu froisser l'amour-propre dans la conjoncture délicate où l'on se trouvait ;
(t) En effet les deux puissances se doivent un muluel secours, comme le démontre l'auteur de l'ouvrage imprimé à Rome par Zenipel , 1794-, sous ce titre : La scoperla dé1 viri nemici délia sovranitàsc dicenti regalisti, pag. 174 el suiv.
( Note d'Antoine Zaccaria. )
(2) Lettres des légats a.u cardinal Borromée, des 11, 12 et 16 a t*;! , et de Visconti au même du 10 août
( I) Ce bref lut envoyé au nonce Crivelli, le 4 aoûl on le trouve parmi les mémoires de Gualtieri.
pu faire lui-même s'il était ecclésiastique, ce qu'ils auraient souhaité, afin qu'il pût voir comme les choses s'y passaient et la fin qu'on s'y proposait. Le simple exposé de cet enîrelien prouve s'il y avait lieu au reproche, qu'au rapport de Soavc, le comte fit en secret au* légats de s'être contredits euxmêmes, en commençant par justifier la préférence qu'ils donnaient aux Italiens, et en finissant par avouer qu'ils ne faisaient pas i lins de cas des autres nations. La convers ition se termina par de grandes honnêtetés rie part et d'autre. Le comte promit de s'employer pour faire expédier les affaires prornplcment, et d'exhorter les prélats de sa nation à approuver tout ce qui serait décidé avec sagesse et modération.
7. Les légats en informant le saint -père du es de cet entretien , lui parlèrent en
nie temps de l'article de la suspension du oncile qu'il leur avait insinué , mais qui ivail été rejeté ; ils lui exposèrent qu'il n'y ivait que des raisons politiques qui pouvaient engager les princes à désirer cette suspension ; qu'en effet , ni l'Empereur, ni e roid;1 France , ne paraissaient disposés à aire la guerre aux hérétiques , ce dont ils îe pourraient se dispenser aussitôt la fin du •oncile où ces hérétiques auraient été contînmes, car, puisque c'était sur leurs instaures qu'on l'avait convoqué , c'était à eux i en procurer la pleine exécution. D'après ela, si le meilleur parti à prendre, c'est-âlire la conclusion , devenait impossible , il allait, afin d'éviter le pire des remèdes, |ui était l'ajournement, accepter la suspenion comme le moindre mal, pourvu louleois que les princes la demandassent euxnémes , et que le saint-père n'y fût ni ne >arût y être pour rien ; mais qu'au contraire »n vît clairement que Sa Sainteté n'avait •oint >aissé de faire tout ce qui dépendait elle pour procurer la fin du concile. .Mais, lientôt après , il ne fut plus question de susicnsion , et l'on vit comme on devait comper sur les belles protestations de l'ambassaeur espagnol.
8. Les légats reçurent de Rome de nouvcles lettres (1), par lesquelles le saint-père ejelait absolument la suspension , et leur rdonnait d'agir de la manière qu'ils jugeaient le plus agréable à Dieu. 11 mandait de louveau qu'il ne voulait plus s 'occuper des rlicles de réformalion qu'on lui avait sounis; mais il renvoyait tout à leur jugement t à celui du concile , leur ordonnant de lécider avec la majorité, sans avoir égard mx opposants.
9. Cependant le corne de Lune fit signiier aux légats que, s'ils continuaient à leur des assemblées particulières, il convoquerait aussi chez lui tous les prélats, tant espagnols qu'italiens, sujets desonsouve-
ain, avec défense de se trouver à ces asemblées. Mais plus cette menace parut hosdc, moins elle inspira de crainte, comme
(l) Voir les lettres du cardinal Borromée aux lé- »U, il août, et des lésais au cardinal Borromée ' (jùi 1563,
il arrive souveni , par le peu de vraisemblance qu'elle serait mise à exécution ; car une pareille témérité eût amené la rupture du concile , contre la volonté expresse du Roi Catholique. En outre, c'était se contredire que de se plaindre du petit nombre d'Espagnols qui étaient admis dans ces assemblées , lorsqu'on défendait en même temps à toi s les sujets du roi d'Espagne d'en faire parti; . Les légats répondirent avec modération , (t continuèrent de faire, comme auparavant.
Seulement (1) pour ne pas irriter le comte, ni le porter à quelque éclat fâcheux , ils transportèrent ces réunions particulières dans la maison des prélats, et n'y assistèrent plus en personne, ayant soin de se faire rendre compte de ce qui s'y passait.
10. Les ambassadeurs vénitiens leur causèrent une vive satisfaction (2) en venant, de la part de leur ténat , les engager fortement à presser !a fin du concile et leur offrir leur appui et celui de leurs prélats , ajoutant que leur république le voulait ainsi par zèle pour le bien public et aussi par affection pour le souverain ponlife. Il faut croire que Soave n'était pas fort charme de lire tous ces détails dans le recueil de Visconti , et ailleurs encore, puisqu'il a jugé à propos de les passer sous silence. Les ambassadeurs dont nous parlons avaient remporté dans le concile , vers ces jours-là , un avantage signalé. On avait remis (3> à vingt-cinq juges, ainsi qu'on l'a dit , L'affaire du patriarche Grimani , dont Morone avait rendu le témoignage le plus favorable et le plus bienveillant. Du nombre de ces vingt-cinq juges était Martin de Cordoue , dominicain , évèque de Torlose ; comme il était sur le point de partir pour Milan , où il était attendu par le duc deSessa, son neveu, les ambassadeurs vénitiens pressèrent les Pères de donner leur avis avant son départ. Les légats y consentirent et laissèrent la congrégation générale fixée au 13 août pour celte congrégation particulière , qui dura sept heures , et à laquelle tous les juges se trouvèrent , excepté l'évêque de Prenzlow , qui était malade. Tous convinrent unanimement que la lettre écrite par Grimani à son grand vicaire d'Udine , plusieurs années auparaa ant, sur certaines propositions avancées par un prédicateur au su/et de la prédestination , et sur laquelle lettre était fondée toute l'accusation , ne contenait aucune expression qui méritât d'être censurée, cl qu'il n'y avait rien qu'on ne trouvât dans saint Augustin , dans saint Prospcr , dans saint Bernard, dans saint Thomas , et dans beaucoup d'autres docteurs ; que estait le sentiment de tous les théologiens auxquels on avait communiqué cette affaire. Il n'y eut que Gucrrero, archevêque de Grenade, et Ajala , évêque de Ségovie , qui se servirent de qucl-
(1) Lettre des légats au cardinal Borromée, 25 avril 1503.
(-2) Lettre des légats au cardinal Borromée, 19 août
(5) Lettres des légats au cardinal Borromée, du 1 i août, et de Vi-conti, des 14 et 16 aoûl 1563.
que restriction, on disant qu'ils convenaient de cet avis , mais qu'ils n'élaient pas con- (enls de ce qu'on n'avait pas examiné plus mûrement l'affaire , ni produit les opinions des théologiens de Rome. Quelques-uns di-
les canons et les décrets dans une congrégation générale après quatorze autres particulières, on recueillit enfin les suffrages, le 31 de juillet (1), et l'on disputa beaucoup sui les mariages clandestins , si l'on devait les
rent que, dans cette lettre , la théologie scho- déclarer nuls ou valides (2). Et quoique Fra-
lastique n'était pas bien traitée ; mais que le patriarche , dans son apologie , avait réparé cette faute. Les légats prièrent les juges de donner leurs avis en peu de mots, par écrit, pour observer la forme du jugement , et les Vénitiens dépêchèrent un courrier au sénat pour l'informer du succès de l'affaire. Les légats en écrivirent aussi au pape (1) , qui leur répondit (2) de suivre les règles de la justice. C'est pourquoi , dans le mois suivant, la sentence fut rendue, comme on verra ; mais tout ceci se termina à la manière d'une opération douloureuse faite sur un malade qui souffre depuis longtemps de la pierre, et qui, après différents essais, se réjouit de s'en voir extraire une grosse, sans se douter qu'on lui en laisse encore d'autres qui rendront ses souffrances incurables.
Mais revenons aux grandes questions qui se déballaient au sein même du concile.