‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 158 sur 373 · Prsuadé que la diversité des opinions · texte numérisé non relu

Prsuadé que la diversité des opinions

l'ambitieuse subtilité des esprits font sou-

înt que les commentaires, à force de tour-

enter et de dénaturer le texte , servent

oins à en expliquer qu'à en obscurcir le

ns; prévoyant, en outre, que les décrets

<!) Lelire ilu cardinal B.uroniée aux légats, 2 dé-

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-] L(;iirc do cardinal Borrônée aux légats, \ dé- 1 nbre.

Midemain du jour de la clôture, il I landa de nouveau (2) qu'il ne pouvait

'du concile, interprétés par des hommes dont les sentiments, les passions et les intérêts sont entièrement opposés, se verraient presque frappés de stérilité, et répandraient la confusion dans l'Eglise au lieu d'y ramener l'ordre et le calme , le souverain pontife défendit, par la même bulle, d'en donner aucune explication ; il se réserva de dissiper les doutes à mesure qu'ils se présenteraient, selon que le concile lui-même l'avait statué.

IV. Viennent ensuite les incertitudes sur le temps à partir duquel les décrets commençaient à être obligatoires. Sur ce point, le pape, voulant faire disparaître toute ambiguïté , tant pour le for intérieur que pour le for extérieur, promulgua, au mois de juillet suivant, une bulle où il déclara expressément sa volonté. Quoique les décrets aient été observés à Rome dès le principe, considérant que le droit voulait qu'il s'écoulât toujours quelque espace de temps avant qu'une loi pût obliger; en outre, ayant à cœur de faire sortir ces décrets bien corrects des presses romaines , il ordonnait qu'ils ne commenceraient à être obligatoires que le premier jour de mai. Le 2 août, il signa une troisième bulle par laquelle il établit huit cardinaux pour veiller à la pleine exécution du concile, leur donnant à cet effet l'autorité nécessaire.

15. Avant que ces derniers actes de la puissance pontificale aient été accomplis et connus dans les pays éloignés; que ce soit le résultat d'un grand désir, car souvent un grand désir enfante la crainte, ou que ce soit l'œuvre de l'envie qui, dans l'impatience de blâmer, n'attend pas que tes entreprises soient terminées pour lancer contre elles ses satyres , le bruit s'était répandu que le pape s'obstinait à ne pas vouloir confirmer le concile, à cause du délrimeut qui en résulterait pour sa cour et son trésor. La nouvelle qui le démentit apporta aux chrétiens une consolation indicible ; mais il me suffira de rapporter ici une lettre que lui écrivit le très-religieux Sébastien, roi de Portugal. Le souverain pontife avait déjà envoyé , par l'intermédiaire de l'ambassadeur portugais, le recueil imprimé des statuts du concile, au cardinal Henri, oncle du roi , à qui il succéda dans la suite (1); celui-ci lui répondit par des louanges sur son zèle pour l'achèvement et la confirmation de ce même concile, et il finissait en disant que ce qui devait mettre le comble à l'allégresse générale, c'était l'arrivée de la bulle si vivement attendue, et des lettres de Sa Sainteté qui en recommandassent l'exécution. Peu de temps après, ces lettres furent envoyées au roi qui fil celte réponse (2) : « Je ne pense pas que ni nos pères, ni nous, ayons jamais vu luire un jour plus heureux, pour le monde chrétien, que celui où Votre Sainteté, en confirmant tous les décrets du saint concile de

(I) Lettre du cardinal Henri, infanl du Portugal, le premier jour <!<■ juillet 15 i

(-2) Le i octobre 1564. Celle lellic se uouve dans les archives du Vatican.

Trente, a donné du haut de son trône apos* lolique'un signal de salut qui ramène l'espérance dans les cœurs. Auprès des hommes pieux et zélés pour le bien de l'Eglise, il suffisait de ce décret où vous avez bien voulu confirmer, par votre imposante autorité, les canons de ce très-saint concile ; mais auprès des gens ardents et obstinés , tant que des lettres publiques ne l'eurent pas fait connaître à l'univers, la dignité et la réputation du siège apostolique étaient en grand péril, sans pour cela que la fermeté du concile reçût quelque atteinte ; c'est qu'il y en avait plusieurs qui donnaient des interprétations bien éloignées de ce qui est arrivé, aux delais circonspects de Votre Sainteté, à la religieuse prudence et au mûr examen dont usa votre illustre sénat, au sujet de la publication de la bulle. Maintenant qu'il n'est personne qui n'avoue que les lettres pontificales ont dissipé toutes les ombres , levé toutes les incertitudes, chacun pense à changer de vie , chacun comprend qu'il doit embrasser d'autres mœurs et marcher dans une autre voie ; déjà la sévérité de la discipline se rétablit; déjà les solides études refleurissent ; le soin des âmes n'est plus abandonné au hasard ; on rend à l'Eglise sa ' splendeur, aux prêtres et aux ministres du ciel l'honneur qui leur est dû; les pasteurs s'acquittent de leurs devoirs; on recherche quelles sont les obligations d'un grand nombre de bénéficiers, et l'on remet en usage l'exercice de leurs anciennes fonctions. Pressé par tant de motifs, nous rendons de publiques actions de grâces à la bonté divine qui a donné au chef de l'Eglise une âme si pieuse ; nous en rendons pareillement a Votre Sainteté, dont la constance infatigable a conduit à sa fin une œuvre aussi salutaire. Pour ce qui me regarde dans le maintien de la dignité du concile et de l'autorité du saint-siége , je montrerai à mes sujets, et même à ceux qui ne sont pas sous ma domination , que nous n'avons rien tant à cœur que de rétablir l'Eglise dans sa splendeur primitive, et de faire en sorte que tous les décrets du saint concile, aussi bien ceux qui regardent la foi que ceux qui ont trait a la discipline, soient observés avec l'intégrité la plus inviolable. Voilà ce que nous avons signifié, sur-le-champ, à tous les prélats de notre obéissance; nous avons, en outre, recommandé diligemment au cardinal Henri, notre oncle, légat de Sa Sainteté, d'en surveiller l'exécution avec le plus grand soin, moins dans le but d'exciter son zèle qui le porte naturellement à cette surveillance.

ces et des prélats, est cause que leurs actions, même celles qui sont obligatoires,, dès lors qu'elles ont une heureuse fin, sont admirées et préconisées à l'égal des actions héroïques.

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