‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 157 sur 373 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Retour de deux légats à Rome ; pourquoi tous n'y reviennent pas. — Confirmation du concile faite en consistoire par le pape; son zèle pour le faire observer dans son entier.

— Réfutation de ceque dit Soave à ce sujet.

— On assigne l'époque à partir de laquelle les statuts du concile commencent à être obligatoires. — Joie que cette confirmation répand parmi les catholiques; le roi de Portugal en félicite le souverain pontife, et en recommande l'entière observation dans tous ses Etats.

1. La nouvelle de la conclusion du conci'e apporta à la convalescence du pape un allé-

(1) Ceci eut lieu le 6 décembre 1563. On peut voir ces formules et ces signatures dans les actes authentiques du château Saint-Ange. Servanzio. dans sou journal, fait aussi le même récit.

gement inexprimable ; de telle sorte qu'il n'eût pas voulu pour beaucoup avoir été exempt d'une infirmité qui avait été l'occasion de tant de bien pour l'Eglise. Comme ses forces ne lui permettaient point encore de tenir un consistoire, il s'empressa, le 12 décembre, de réunir une congrégation consisloriale (1). Là,aprèsavoir informé le sacré collège de cet heureux succès, il décida que pour en rendre grâces à Dieu, on ferait, le 15

de ce même mois, une procession solennelle, Bubncompagno leur ait été opposé (1), ce depuis la basilique de Saint-Pierre jusqu'à est véritable; mais il ne suit point de là qi l'église de Sainte-Marie sur la Minerve; cette Buoncompagno ait été le seul de ce sent

i.'Soave raconte que les officiaux de cour romaine s'opposaient à la confirmalu du concile, par la raison qu'il renfermait ui foule de dispositions qui diminuaient lei autorité et leurs revenus ; il ajoute qi Hugues Buoncompagno, évêque de Vesti homme très-eslimédu pape, fut le seuld'e tre eux qui ouvrit un avis contraire.

Que quelques officiaux aient détourné pape d'une confirmation absolue , et qi

procession fut enricbie par lui de nombreuses indulgences.

2. Sur ces entrefaites tous ceux qui étaient venus à l'assemblée avaient quitté Trente, ainsi que les présidents (2). Mais aupara-

ment, puisque Paleotto, ainsi que plusieu des principaux qui avaient coopéré à cet grande œuvre, ne pouvaient nalurellcme en désirer la dissolution : En outre, 1 raisons incontestables en faveur de la coi

vant, ces derniers avaient distribué dix mille firmation pleine et entière étaient si évidei

écus d'or aux officiaux et aux évê<]tics pauvres pour les frais de leur retour. En même temps ils avaient fait connaître (3), tant aux ultramonlains qu'aux Italiens, diverses grâces que le pape leur avait accordées, d'après les demandes antérieures qu'ils en avaient "faites. Mais leurs remercîmenls s'adressèrent principalement aux théologiens, aux prélats et à l'orateur portugais, à qui ils avaient fait d'amples largesses de la part de Sa Sainteté , en récompense du grand zèle dont ils

tes, qu'elles devaient briller aux yeux < tous les officiaux aussi bien qu'à ceux ( Buoncompagno. Certaines oppositions fait* par quelques-uns d'entre eux, à cause d dommage que le concile occasionnait à 1 cour romaine, racontées et exagérées pf Soave, prouvent bien clairement la fausseï et la contradiction de ce qu'il avance 3 commencementdesonouvrage, où, s'efforçât de démontrer que le concile avait eu daii toutes ses parties une issue contraire à cel

avaient toujours été animés pour la défense qu'on attendait, il s'exprime en ces terme

du siège apostolique. Le souverain pontife lui-même voulut , par un bref, donner à l'ambassadeur cette marque de distinction et de bienveillance.

3. Peu de temps après, deux des légats, Morone et Simonelta, arrivèrent à Borne

Le concile, craint et évité par la cour romainl parce qu'il lui semblait un moyen efficace po\ modérer sapuissance excessive qui, faible d'i bord, ensuite accrue insensiblement, ne col naissait plus déjà ni bornes, ni limites, élab\ et consolida tellement cette puissance dans 1

pour Navagero, il avait fait de vives instan- contrées qui luireslèrent soumises, que iami

ti.\ „n ...1:1 1..: fAt :„ j„ „>„., -„» ■• * . • • . • • • • • i-

ces (4) afin qu'il lui fût permis de s'en retourner de suite à son église de Vérone, depuis longtemps privée de sa présence, et qui en ce moment surtout avait besoin de ses secours à cause du dangereux voisinage de l'Allemagne, infectée par l'hérésie. Hosius, embrasé du même zèle, postula avec plus d'empressement encore la faculté de se remettre en roule pour la Pologne ; et déjà , persuadé que sa présence y serait plus nécessaire qu'à Trente, il avait fait par écrit plusieurs réclamations pendant la tenue du concile. Le pontife se rendit enfin aux pieux désirs de ces deux prélats, et leur permit de sacrifier à l'intérêt de l'Eglise la satisfaction qu'ils auraient resssentie lorsqu'arrivés à Borne, ils auraient fait leur entrée au Vatican avec une gloire plus brillante et plus méritée que celle des anciens triomphateurs qu'on traînait au Capitole ; mais le triomphe le plus éclatant et le plus durable, c'est le triomphe d'un nom illustre ; l'absence de la personne n'y met point d'obstacle, quelquefois même elle ne fait que le rehausser.

(1) Actes consisloriaux du 17 décembre.

(2) Le Journal.

(3) Tout cela se trouve dans deux lettres du card. Borroméc aux légats, en date du 4 déc. 1565.

(4) Ces détails se trouvent dans deux réponses du card. Borroméc à Navagero, en date du 1er et du 4 décembre.

elle ne fut ni si grande, ni jamais si 6 l'en cl racinée. Mais la parole ayant été destin! par la nature à exprimer la vérité, les mef teurs ont besoin de trop d'artifices pour voiler longtemps.

5. Il continue ainsi : Le pape penchait pol cette confirmation , mais les plaintes de\ cour et le sentiment unanime de ses cardinal le jetaient dans la perplexité; c'est pourqi une congrégation fut rassemblée pour en libérer; et en rapportant leurs avis , Soél s'exprime de manièreàfairecroirequ'on éll en suspens, etque la décision était incertaif 11 en est tout autrement; le souverain pcl tife, encore convalescent, réunit de nouvef le 30 décembre (2) une congrégation cons totiale, où il prononça en latin le discol qu'on va lire (3) : « Ce jour, ô mes frèrf apporte vraiment une vie nouvelle et réclal des mœurs nouvelles. Grâce à l'autoritéf concile de Trente, la discipline, corronif au delà de toute mesure, vient d'être coil gée ; des règlements ont été faits surf obligations des ecclésiastiques , afin ceux qui embrassent un tel état , comprl

(1) Vie manuscrite de Grégoire XII, composé! Jean -Pierre Maffei.

(2) Actes consisloriaux du 30 déc. 1565.

(3) Parmi les commentaires de Magalolti et les actes consistoriaux.

nent, o après ces décrois si évidemment in- peut-être ceux qui ne connaissent pas les

spires d'en haut, qu'il est de leur devoir de dispositions de notre cœur, ou qui interpré-

se conduire conformément à ce qui y est con- tent toutes choses d'une manière défavora-

lenu. Rendons-en de nouvelles actions de ble. »

grâces à Dieu , qui a donné à un con- 6. Le saint-père parla ensuite de chan-

cile si célèbre la fin la plus heureuse ger les légats dans les provinces, et d'aller

comme la plus désirable. Donnons en- en personne visiter l'Etat ecclésiastique ;

>uile des louanges à la piété chrétienne de après quoi il revint aux dispositions du con-

l'empereur Ferdinand, et à l'affection parti- cile. En vertu de ses décrets, il intima à

hulière qu'il nous a témoignée, car c'est sous tous les évèques l'ordre de se rendre au

ion égide protectrice que ce concile a conser- lieu de leur résidence , et voulut que s'il y

|'é libres et intactes sa majesté imposante et avait quelques cardinaux qui eussent re-

on irréfragable autorité. Nous ne saurions nonce à leurs églises en s'en réservant les

efuser aux autres rois et aux autres prin- revenus et l'administration, le tout fût remis

es catholiques la part qui leur est due dans à l'évèque ainsi que les revenus, en qualité

liotre reconnaissance et nos éloges. Il nous de portion congrue. Il donna des louanges à

[ st bien doux de louer également nos légats, l'établissement des séminaires comme dé-

I ont la vigilance, la prudence, la fermeté et crété d'après une inspiration divine, disant

II constance n'ont jamais été en défaut dans qu'il voulait se hâter d'en donner le premier Iîs temps et les circonstances les plus dilfi- l'exemple. Pour que toute l'affaire du conmIos, dès qu'il s'agissait de soutenir la di- cile fût conduite avec sagesse et fermeté, il Imité du siège apostolique. Enfin nous ai- adjoignit comme aides aux légats, les car- I ions à proclamer et nous approuvons la dinaux Cicala , Vitelli et Borromée , chargés Inintc et intrépide liberté des autres Pères d'aviser aux moyens de lui procurer la plus lui n'épargnèrent rien pour proscrire les hé- valide confirmation et la plus entière exéculîsies et les mauvaises mœurs. Nous leur lion. Il assura que son plus grand désir

prons encore une grande obligation pour la était de baser le concile de Trente sur l'au-

bndescendance et la modération avec la- torilé pontificale, de telle sorte que ses actes

pelle ils se sont comportés envers nous , et ses décrets demeureraient inébranlables

lorsqu'ils rédigeaient leurs dispositions dis- et ne pourraient être transgressés ni par le

plinaires : car certainement s'il nous eût crédit, ni par la puissance; que si par ha-

u de prendre sur nous ce soin, au lieu de sard , comme le comportent les choses hu-

bus en rapporter entièrement à eux, nous mairies , il advenait qu'en quelque cas spé-

irions usé d'un peu plus de rigueur. En cial il parût utile et raisonnable de s'éloigner

•nséquence, nous voulons fermement que de la teneur du concile, les cardinaux ne

ibservalion des décrets du saint concile pourraient jamais le faire que d'après ses

"sse passer dans les mœurs le genre de dis- ordres.

hpline qu'on a adopté : afin que, si quel- 7. Après cela, ayant passé en revue d'au-

bies-uns ont conçu de nous une mauvaise très matières, il conclut ainsi -.Comme l'ori-

linion, ils déposent une telle erreur : car, (fine de tous ces maux vient de ce que certains

♦ nos jours il y a un grand nombre d'es- hommes très-méchants ont obtenu la dignité ils, qui, sans que nous sachions comment, épiscopale, on devra, dans la suite, prendre maginent que, sous le rapport de la réfor- toutes les précautions pour n'élever à ce poste alion dos abus, nous serons les premiers à éminent que des sujets qui en soient dignes. iser la barrière élevée par le concile. Rien En conséquence il commit trois généraux

in de là, nous corrigerons plutôt par nos d'ordre pour s'informer avec le cardinal rap-

ins, quand il en sera besoin, la modération porteur, de la vie, des mœurs et de la doctrine

' l'extrême réserve des Pères; nous y sup- de ceux que l'on devait élire , afin qu'ils fus-

;éerons comme à une chose réservée à notre sent propres, soit par leurs discours, soit par

peinent, tant nous sommes éloignés d'en leurs exemples, à donner à leurs troupeaux

uloir annuler ou mitiger un seul article ! une nourriture salutaire , et que les insignes

itus voulons que le cardinal Morone, homme d'un étal si saint ne fassent plus souillées,

Mn excellent conseil et d'un grand courage, comme elles l'avaient été quelquefois par le

• i a déployé une rare habileté dans les af- passé ; mais qu'au contraire ces hommes choi- Ircs du concile, donl il fut président, veille sis pussent rehausser par l'éclat de leurs ver- 'entivement à ce que rien d'étranger ou de tus et la beauté de leur esprit la splendeur de «ntraire à ses décisions ne se fasse? en con- l'épiscopat. Telles furent les pensées qu'exfloiro, ni ne soit lente en particulier par prima Pie IV dans le premier discours qu'il '«ministres Nous lui adjoignons, pour par- tint aux cardinaux après le concile. Rer celte fonction, le cardinal Simonetta, 8. On remarque clairement ici une calomîi collègue, dont l'intelligence et la fidélité, nie de Soavc ; car après avoir dit que le pape ( il a mises constammenlà défendre le saint- commanda à tous les évèques de se rendre sJîc, sont dovenues célèbres dans la légation au lieu de leur résidence, passant sous si-

* Trente, afin qu'on employant dans la da- lence que ni les cardinaux ni son neveu 1 iç des hommes doués d'une telle sagacité même ne furent exceptés , cet auteur ajoute fd'une telle pénétration, on ne nous impute qu'il ne fil d'autre diligence pour obviera !■> ce que, vu nos nombreuses oecupations, la violation des décrets, que de déléguer les 'us pourrions accorder inconsidérément; cardinaux Moronc cl Simonetta, afin de c 'cession qui offenserait et scandaliserait prendre garde qu'on ue prît , dans le sacre

collège, quelques mesures contraires à ce qui avait été décidé à Trente; remède qui, selon lui , était connu pour peu efficace , puisque de toutes les dispositions qui sont p7'ises à Home , la centième partie ne s'expédie pas en consistoire. Un homme qui ose ainsi altérer les faits ne lient guère , sans doule , à gagner l'approbation ou même la confiance de ses lecteurs.

9. Pour ce qui regarde l'absolue confirmation du concile, à laquelle, comme il veut nous le faire voir, résistèrent tous les ofticiaux de la cour, à l'exception de Buoncompagno, quel rôle auraient joué les souverains pontifes exposés à tous les yeux, si après avoir réuni cette vénérable assemblée aux vives instances de toute la chrétienté pour obtenir une réforme si désirée , ils eussent refusé d'accepter ce qu'elle avait statué sous la présidence et la direclion de leurs légats? Naurait-ce pas été donner, comme au son de la trompette, le signal de la convocation des synodes nationaux qu'on abhorrait et qu'on menaçait de réunir au dçlà de monts? En outre , comment le pape aurait-il pu le faire accepter par les autres princes, à moins de plusieurs exceptions arbitraires, dont lui-même, en rejetant certaines parties, aurait le premier donné l'exemple?

10. Le pape poursuivit activement celte affaire. Dans le consistoire du 26 janvier (i), après avoir fait encore un éioge très-pompeux de ses légats ainsi que de la piété et de la prudence des Pères, il reçut la requête solennelle qui lui fut présentée au nom de tous pour la confirmation du concile; puis, ayant demandé, suivant l'usage, les avis des cardinaux, il l'approuva d'après le vœu général et le confirma par une bulle que tous signèrent. C'est à ce sujet que le cardinal Borroaiée écrivit (2) à deux nonces d'Espagne les paroles suivantes : « Dans un consistoire tenu le 26, Sa Sainteté a confirmé, avec le consentement du sacré collège, tous les décrets du concile, sans exception. Il a parlé avec tant d'éloquence et d'onction de leur exécution , que si sa bonne volonté était secondée parles princes séculiers et surtout par Sa Majesté Catholique, on pourrait espérer d'en voir bientôt les heureux effets qu'on en attend pour la paix et le salut de la chrétienté. Maintenant les décrets du concile s'impriment ici avec grand soin, afin qu'ils puissent être envoyés très-corrects dans toutes les provinces. Sa Sainteté est dans la disposition de dépêcher en même temps un exprès à tous les princes, pour les exhorter el les presser instamment de faire observer ces nouveaux décrets.

d'activité à son exécution, et de commencer < en montrer l'exemple. »

11. Soave suppose sottement une opposition qui aurait été faite ici. Le pontife, dit-il confirmait ce dont il ne connaissait pas la te neur , comme on le voit par Vacte consistarial (ce sont ses propres paroles); il riavai vu que le décret qui avait pour but de deman der la confirmation. Il imagine celte objeclioi pour imaginer également une réponse qu portait, selon lui, que rien ne se faisait ; Trente avant que le pape en eût délibéré Faisons-lui maintenant l'honneur de nom arrêter un instant pour examiner ces deuî assertions. Si ce qu'il dit en dernier lieu étai véritable, ce ne serait une mesure ni injuste ni nouvelle, comme nous l'avons démonln plusieurs fois; car on agit de la même manière dans les célèbres conciles de Latran,d< Lyon, de Vienne et de Florence, où les pontifes assistèrent et présidèrent en personne Mais c'est une fausseté d'en dire autant dr concile de Trente ; non-seulement le pap< avait ordonné à ses légats de procéder san lui en rendre compte auparavant , mais i les réprimandait même lorsqu'ils se compor1 talent autrement, ce que nous avons fait voi par ses propres lettres el une foule d'autre preuves; ajoutez à cela qu'il se fit, et dans le congrégations qui précédaient immédiate ment les sessions, et pendant les session mêmes, un grand nombre de décrets contrai res à l'attente de Rome et des légats. 11 es vrai, Nicolas du Pont, ambassadeur véni tien, homme peu favorable au souverai pontife, qui lui en fit même quelquefois di vives réprimandes, comme nous l'avons nous même rapporté, et comme Soave l'avoue ui peu, affirme, dans sa longue relation, qui les opérations du concile ne furent pas entiè rement libres ; ce qui est faux , ainsi qui nous l'avons démontré dans le cours de celt histoire, mais il reconnaît que, dans ces der niers temps, la liberté y a été pleine et entière; et il est évident que ce fut aussi dan les cinq derniers mois que furent rédigés le: plus importants et les plus nombreux règle ments, et même que quelques-uns des pré cédents furent annulés ou corrigés. Le der nier jour, tous les décrets furent relus e confirmés à l'unanimité ; ainsi, quand menu les actes d'un concile ne pourraient être va lides sans une liberté absolue et illimitée celte liberté, on la trouverait encore ici.

12. Si je reprends maintenant l'objectioi que Soave dit avoir été faite aux moyen employés par Pie IV, pour la confirmatioi du concile, je ne saurais dire s'il y a là plu de sottise ou plus de méchanceté. Dans que

acte du consistoire vit-on jamais , ainsi qu i Cependant celle résolution n est point encore ,e supp0SCj que le pontife £avait (u que le de

crel ayant pour but de demander la confirma

définitivement arrêtée. Dans ces conjonctures Sa Sainteté prend toutes ses précautions pour que ce qui émane de la cour romaine soit conçu sous la meilleure forme possible, afin de donner plus d'énergie à la réforme, plus

(1) Actes consisioriaux.

(2) Le premier lévrier 1564.

tion? Soave fait ici un paralogisme qui vau drait au dernier des étudiants en logique le dérisions et les plaisanteries de tous ses con disciples; il argumente, comme dit l'écok du sens négatif au sens général. Comme! l'on disait ; On ne voit pas dans l'Ancien Te tament que Dieu soit en trois personnes

Ll VUE Y INGT-QU ATRIEME.

donc on y voit que Dieu nest pas en trois personnes. Notre proposition est absolument la même : on ne voit pas dans l'acte consislorial si peu étendu, que le souverain pontife ait lu les décrets du concile : donc, conclut Soave au nom d'un autre, on y voit qu'il ne les a pas lus. Celle conclusion, je l'avoue 1 Ne suffisait-il pas que le pape , dans le discours que nous avons rapporté et qu'il fit , au consistoire quatre semaines auparavant, eût démontré qu'il les avait vus et mûre- , nient examinés? Mais il y a plu* ; dans cet acte même, on trouve le contraire de ce que So:ivc veut y faire voir : le saint-père assure en avoir délibéré longtemps avec ses cardinaux. Or, je le demande, qu'y a-t-il de commun entre des décrets sur lesquels on a longtemps délibéré, et des décrets que l'on confirme sans en connaître la teneur? En outre, on lit dans ce même acte qu'il fut décidé qu'on promulguerait une bulle à ce sujet; celte bulle, comme nous l'avons dit, fut effectivement promulguée sous la date du même ijour, souscrite par les mêmes cardinaux, et ensuite livrée à l'impression. Le souverain iponlife y parle ainsi : Comme nous avons reconnu l 'orthodoxie de tous ces décrets, et leur Utilité pour le peuple chrétien ; pour la plus grande gloire du Dieu tout-puissant , du consentement de nos frères, et par l'autorité apostolique, nous les avons aujourd'hui, dans un consistoire secret, confirmés tous en génr- •al et chacun en particulier. Et, en effet, n'éait-il pas notoire que le pape , aussi bien due toutes les personnes qui connaissaient a langue latine, avait reçu successivement es décrets des sessions? Si quelqu'un me demande pourquoi on fit dans le consistoire jne mention spéciale du décret rédigé par les ^èrei pour postuler la confirmation du concile , il n'a qu'à considérer quelle était l'importance d'un décret, où l'assemblée reconnaissait le besoin de l'autorité pontificale >our valider ses décisions. C'est pour cela |ue quand les légats envoyèrent de Trente à tome un modèle de l'acte de confirmation (1) Iressé par le cardinal Simonelta, il fut ré- •ondu que Sa Sainteté s'y prêterait voloniers dès que le concile lui aurait présenté ne requête à ce sujet. Comme il était bruit ue le cardinal de Lorraine voulait partir le

leur

(2) qu'il ne pouvait cn-

oyer la confirmation avant la dissolution

u concile, que cependant il le confirmerait

ussitôl qu'il en aurait reçu la demande au-

icnliqne; c'est ce qu'il fit dans la suite par

1 bulle dont nous avons parlé.

Page 1