Du Ferrier, qui restait encore à Venise
ne montra pas les mêmes sentiments. Â
peine fut-il informé de la conclusion di
concile, qu'il écrivit de cette ville une lettr
au roi (1) ; et comme les hommes ont coin
tume de chercher dans les événements subi
séquents, l'approbation de leurs actions e
de leurs conseils antérieurs, du Ferrier proi
fila de cette circonstance pour faire entendr>
que son absence et celle de son collègue, de
deux dernières sessions , avaient été très,
opportunes , en ce sens qu'ils n'avaient p:
porter préjudice aux franchises et aux pré
rogalives de l'Eglise et de la couronne d>
France : car il disait que dans la vingt-qua
trième session, aux chapitres cinquième
huitième et vingtième, on avait délermin
que les causes des évêques seraient instru
tes à Rome, cela , contrairement aux privi
léges du royaume, qui portaient, selon lu
que ces causes ne devaient pas être débat
tues au-delà des monts ; il ajoutait que lr
pensions avaient besoin d'être approuvée
comme si le roi ne pouvait les imposer da
la distribution des bénéfices. Dans la concl
sion, continuait-il, on a déclaré en plusieu
manières différentes, que cette dernière ré
nion était, non pas un concile nouveai
mais une continuation du concile, ce que 1
ambassadeurs de Sa Majesté avaient tou
jours contesté d'après leurs instructions ; e
outre, le pape est appelé ïévéque de VEgli
universelle (2) , titre qui lui fut toujours ri
fusé par ces mêmes ambassadeurs ; il Vf
beaucoup d'autres expressions qui, lorsqu'c
veut les rapprocher, amènent à dire qu'il e
au-dessus du concile, contre l'opinion de
Sorbonne et de tous les gallicans; opinic
que les députés de Sa Majesté avaient toi
jours défendue conjointement avec le card
nal de Lorraine, les évêques et les théol
porie naturellement a cent, ^m .........wv, na, ae lorraine, les eveques ei les meu
qu'afin de lui apprendre que, dans celte at- giens francais. On n'a pas tenu compte de
faire, nos sentiments sont entièrement con- prestation faite par le roi Henri, da formes à sa foi, à sa religion et a ses princi-
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pes de morale , et qu'ainsi il ne craignit pas de me rappeler, d'une manière toute paternelle, ce que selon lui j'aurais à faire. »
Tels étaient les sentiments du pieux Sebastien, roi de Portugal, à l'égard du concile et du souverain pontife.
La malignité humaine, qui se plaît toujours à augurer mal de la conduite des prm~
(1) Lelire de du Ferrier au roi, Venise, le 6 déce
(2) Nous renvoyons le lecteur au livre impnoij Rome , chez Cannelli , en l'année 1791 , inUWl Sancti Bcmardi abbalis Clarcvallensis doctrina de mani ponlificis juridiciione, in universam Ecclem udvcrsm noslri tèmporis scriptores vindicla.
{yotç cTAv.louic Zaccana.)
l'assemblée qui eut lieu sous Jules III ; les ambassadeurs n'avaient pu obtenir copie de cette protestation qui, disait-on, avait pour but de protéger les droits de l'Église gallicane. Enfin , pour tout réduire à quelques mots, Rome avait toujours augmenté ses avantages, tandis que, pour eux, ils n'avaient pas même obtenu la minime partie de leurs réclamations. Lorsque du Ferrier crut ses espérances détruites auprès de ce pape, il fit voir des sentiments bien différents de ceux qu'il avait manifestés à Gualtieri à l'époque où il espérait encore.
2. Dieu soit loué de l'imprudence de Soave sur cette matière I Tout en exposant ses propres raisons , tout en rapportant celles des autres , pour démontrer que les Pères de Trente avaient déclaré la supériorité des pontifes sur les conciles, il ne s'aperçoit pas que dans celte cause du plus haut intérêt, il
i se constitue l'ardent défenseur de ses enneimis : s'il en est ainsi , si le concile a réellement tenu un langage par lequel se trouvent confirmées les prérogatives du pape, comme tout catholique est obligé de recevoir le concile de Trente pour tout ce qui concerne la doctrine , tout catholique se trouve par là même dans l'obligation d'accorder au souverain pontife cette supériorité (1). Dès lors que Soave et les autres qui défendent le même sentiment, parlent de leur autorité privée , ils demeurent convaincus d'aller contre la droite raison , surtout après ce qu'ajoute ce même écrivain dans l'ouvrage jue je réfute; puisqu'alors on disputait de oart et d'autre entre catholiques, mais touours en regardant comme indubitable la loctrine de tous les conciles œcuméniques 'eçus des catholiques.
3. Il ne sera pas hors de propos de rapporter ici les oppositions que fit le parlement de Paris aux décrets du concile , les
ccusant d'usurper la puissance laïque, et de ioler celle de l'autorité royale. Sans perdre e temps en de vaines disputes, je me hâte de ecourir à un argument foudroyant , arme 'élite pour repousser de semblables accuations. Si cela est vrai, il faut qu'on supose les orateurs et les conseillers de tant de rinces frappés tous à la fois d'aveuglement; ar préalablement , avant que les décrets ussent été adoptes dans le concile , ils en vaient examiné les dispositions , et en /aient fait changer les moindres termes ni semblaient porter à leur maître quelque nbre de préjudice. L'Empereur lui-même a nu personnellement la même conduite, au oyen de sa correspondance soutenue avec s ambassadeurs qui , comme on a pu le 'ir dans notre ouvrage, lui communiquaient rie-champ tout ce qui se préparait; cc- .ndant, parmi ces orateurs, parmi ces coniillers, parmi ces princes , pas un ne s'op-
1) L'auteur de l'ouvrage cité : Délia nu M la délie •oluxioni , chap. m, § 5, an. 5, n° 225 et suiv., *> lient à l'aide d'arguments pleins de forte, que l'on ' 'ut ca'lholiquemenl douter delà primauté du pape ' le concile. ( y oie d'Antoine Zaccaria.)