‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 170 sur 373 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Dédicace

hèissance ceux, qui o en ^..v ~..~ -~

niais enfin cette4 hyperbole fait voir comb, la vertu et le mérite de Votre Bealituc étaient connus et avoués jusque dans le non parmi nos ennemis les plus prévenus non -seulement ce prince, mais beaucoi d'autres hérétiques qui se trouvaient alo pareillement à Rome, bien loin d'imagj

"™" un exemple si propre à confondre lopijj

* VoTa^ ^Sainteté le VaPe treteele hjur erreur, fl -^^

qnes°ponr l'élection qui allait avoir heu; disaient, comme en reprochant a 1 J au conclave le faux résultat des suur ces qu'ils croyaient prévoir , que sans' $»aer la voix de ces prêtres, on pou». X ta pape le cardinal Chigi s, 1 on f o lait choisir au gre d; *.ot-b pnUlj.1

1 Si cette confiance a jamais éié fondée , c'est aujourd'hui surtout grâce a Vol e Beaeulea, Très-SaintPère A exan dre VII £»

rait Ucmeuici a» s'expose au leurs sacrilèges plaisanteries , avait n

souverains de eu ^m/che Jant plu- £„■ comme3 le plus digne Autan celle soupçon de Qdltenc, contraria leurs vues, autant elle surpa

, n Files ont appris, par leur propre expérience, la

AH lit nrofond de Bossue!, que le mépris Tvlt er^parl* •uu.jeui delà rel«j,on « HZ moUc* ^[faiblir Wol« fe« «*"■.

sue contraria leurs vues, auidmt..c»-r es espérances des fidèles enfants de fcgj Ces espérances en vente, mesurées aueew de la prévision humaine, ne pouvaient

raîlrc grandes. Après deux ponlilicats qui pas le surnom , et sur celui des autres pon-

avaient rempli six lustres, il semblait que tifes distingués par leur sainteté et leurs

le premier mérite d'un candidat, ce serait éminentes vertus, parce que les luttes et les

ses cheveux blancs ; or la moitié du sacré combats contre le génie du mal sont la sphère

collège surpassait Voliv Sainteté en âge. Tous d'action où se signale l'héroïsme, où se

les autres avantages vous manquaient en- révèle la grandeur d'âme, et qu'un monar-

core : parmi les cardinaux les plus influents, que aussi sage et aussi prévoyant que Dieu

il n'y eu avait aucun, qui eût un intérêt plus ne ressuscite, par des voies nouvelles pour le

particulier de parenté, de dépendance ou de gouvernement de son royaume, un vice-roi

familiarité pour désire* votre exaltation; d'uncourage au-dessus des courages ordinal-'

mais ici, comme il arrive parmi des élec- res, quequand sa prescience lui fait voir dans

leurs intègres et purs de tout esprit de bri- le temps des besoins inaccoutumés. J'ajou-

gue, la vertu triompha, et fit voi. que quand tai, il est vrai , que si le pontificat de Votre

elle est sublime cl éclatante, elle n'a pas be- Sainteté me semblait devoir être laborieux ,

soin, dans celte lutte, de secours étrangers j'espérais bien toutefois que ce ne serait

pour s'assurer la viclwire. Dans c* conclave, le qu'à votre grande gloire, persuadé que le

plus nombreux de tous ceux que mentionne Maître souverainement sage ne destine pas

l'histoire , on remarqua une circonstance jusqu'à celle heure unique dans son espèce : au scrutin secret, toutes les voixse réunirent sur Votre Sainteté, en montrant 1<; droiture oui les dirigeait. Ainsi dans un cercle, les rayons, quelque innombrables qu'on les suppose, sont aulautdc lignes droites quj convergent toutes v< rs un même centre ; et l'on vit bien qu'aux vœux des électeurs s'i eut joints ceux de l'univers chrétien, tanl u.rent gran

plus aux défaites qu'au repos ses meilleurs capitaines, et mon espérance n'a point été déçue; depuis deux ans la suile des événements n'a fait que la réaliser tous les jours. Aussi bien dans le vaste empire spirituel de Voire Sainteté que dans cet autre moins étendu qu'elle gouverne en roi, partout les plus grands périls , partout des succès et des triomphes au-dessus de toute attente humaine. Vous concourez vous-même au bien

es et extraordinaires les fêtes qu'on célébra de tous côlés, beaucoup par rapport à la tâche à o'Ite nouvelle dans loules les contrées, personnelle dont vous vous chargez, beau- Comme autrefois plusieurs villes delà Grèce coup plus encore relativement à vos forces, se disputaient la gloire d'avoir donné le jour yous rendant utile autant qu'il est en vous; au plus grand des poètes de l'antiquité; mais ce qui témoigne d'une plus grande ainsi tous les pays de la chrétienté voulaient vertu, parce qu'il faut plus d'efforts en cela être la patrie ciu nouveau souverain pontife, en le réclamant , non tous co.. e leur fils, mais comme leur père , et chacun encore particularisant pour soi le titre universel qu'il portait pour le bonheur le tous.

Les hérétiques eux-mêmes ai ns leurs

écrits publics, maigre le violent esprit de

I polémique qui les av;;it armés nuire les

précédentes élections du Vatic.m, n'osèrent

pas refuser des louanges à ce' i , parce

que leur malignité trop décou , . ne aurait nous avons vu de toutes parts la chrétienté

vei

pour vaincre l'amour-propre , on ne vous voit employer aucun de ces moyens qui vous procureraient, aux dépens du public, de bruyants applaudissements pour une activité dépensée à pure perte, et sans aucun profit, pour les affaires. Vous faites revivre en vous, sinon le litre, du moins la magnanimité de celui à qui la renommée donna le nom de Irès-grand pour avoir, en ne songeant qu'au salut commun , méprisé la renommée. Ainsi

ôlé tout crédit à toutes leurs autres calomnie. Ils n'en blâmèrent que la lenteur, comme si temporiser sagement dans l'acceptation d'un bien, c'était longtemps le i r; sans

se souvenir que Dieu lui-même, en ne produisant qu'après tous les autres l'être le iplus grand et le plus parfait qu'il ait mis sur li terre, a voulu nous apprendre que la lenteur, dans les œuvres importantes, n'est pas une preuve qu'elles soient moins le résultat de la volonté , mais au contraire le cachet plus exprès de celte même volonté, en témoignant qu'elles sont tout entières le fruit de la sagesse et de la maturité de la ►enséc, et qu'elles ne doivent rien à une irécipilalion aveugle.

3. Plusieurs espéraient de ce choix une profonde paix el le calme de l'Eglise : pour uni, au contraire, dès les premiers jours, •tant aux pii d , de Votre Sainteté, je lui dis |uc c'était, à mon sens, l'annonce et le prolostic de troubles extraordinaires; je me .Miilais sur lYvcmpli1 de Léon le Grand, de irégoire le Grand, de Grégoire Vil, lui aussi raud par ses actes, quoique n en portant

horriblement assaillie par les plus redoutables ennemis, mais ces attaques n'ont point laissé de ruines après elles, elles n'ont été que l'occasion de victoires inespérées et multipliées comme les périls. Rome s'est vue tout à coup en proie à une disette que rien n'avait fait prévoir; mais les pauvres n'ont point senti la famine, le fléau n'a pas pesé sur vos sujets, et l'abondance qui est survenue l'a bientôt fait oublier. Ici encore s'est déclarée une longue peste , mais sans faire de grands ravages parmi nous, sans que la mortalité s'élevât au-dessus du chiffre ordinaire dans les temps où aucune contagion ne se fait sentir, sans que le désastre d'une année chez nous fût équivalent à celui de trois journées, comme nous pouvions, pour ainsi dire, le voir de nos fenêtres, dans Na« pies , ville alors trop voisine de Rome pour lui communiquer sa contagion. Bien qu'aujourd'hui même Votre Sainteté voie encore quelque étincelle du mal, la Providence le permet plutôt pour exercer votre active vigilance que pour décimer et pour effrayer les populations. Or quiuoilque n'a pas clé

IliSTOME DU CONCILE 1>E THEME.

témoin des soins empressés et des efforts de Voire Sainteté pour attaquer, enchaîner, écraser celte hydre venimeuse à mi 14e 'têtes, et pour subvenir aux besoins de chacun, celui-là ne sait pas ce que c'est que la libéralité d'un roi et la sollicitude d'un père.

4. Mais la solide et véritable gloire d'un prince et de tout homme doit avoir sa source dans des faits qui lui appartiennent en propre et dans lesquels la fortune n'ait point à réclamer de part. Aussi bien est-ce de ceuxlà seulement que la critique malveillante de l'hérésie ose demander compte aux pontifes. Or en considérant ainsi votre conduite, qui est-ce qui trouvera, je ne dis pas rien à reprendre, mais rien à désirer dans le pontificat de Votre Sainteté. Toute votre personne occupée ou aux exercices de la piété ou aux soins du gouvernement, si indifférente à toutes les distractions du plaisir, que la prévenance attentive de ses plus intimes familiers ne saurait deviner, parmi les objets sensibles, ce qui serait capable de l'intéresser ; le plaisir même le plus innocent, l'élude des lettres, si vivement et si persévéramment senti par Votre Sainteté, tant qu'elle s'appartint à elle-même, totalement sacrifié au soin de ses sujets ; une si grande modération dans les paroles et, par conséquent, dans l'âme, unie à un si haut degré de puissance, malgré la nature la plus vive, parmi les ennuis deiant d'audiences, les importunités de tant de requêtes, que jamais personne ne s'est aperçu que l'impatience pût avoir accès dans l'âme de Votre Sainteté; les chapelles pontificales, lorsqu'elle siège sur son trône, tenues avec une majesté, un ordre et un recueillement religieux qui en fait sur la terre la plus vive image qu'on puisse avoir du ciel ; le luxe, le faste, la hauteur, la somptuosité de la table, la licence, tout ce cortège odieux , mais trop ordinaire des grandes cours, banni de votre palais, et à sa place deux sœurs si tendrement aimées de votre sainte épouse, l'étude et la piété, accueillies dans le paiais pontifical. Vos parents soumis à la rude épreuve d'une année d'attente dans cette condition pénible et glorieuse qui, en les élevant au rang des princes, les laissait avec les seules ressources de leur fortune particulière, et les condamnait à une sorte d'exil dans leurs propres demeures ; puis, appelés à partager des travaux plutôt que des grandeurs ; les largesses proscrites , les revenus qui avaient coutume d'enrichir la famille des pontifes, expressément réservés à la chambre apostolique, c'est-à-dire au soulagement de vos sujets; et cependant vos proches, traités si modestement, obliiés à des services si assidus, récompensés avec tant d'économie , que Rome put voir qu'ils étaient venus près de vous bien plutôt pour alléger les charges de votre peuple que pour les aggraver. L'aîné de vos neveux, admis aux honneurs du sacré collège, non p;ir la seule prérogative du sang, quoiqu'elle paraisse une garantie naturelle et particulière digne de confiance, et qu'elle fût encore accompagnée, en lui. de la connaissance des

lettres , de l'expérience des voyages, de la maturilé de l'esprit, de l'intégrilé des mœurs ; mais avant, et pendant deux années d'un délai auparavant inusité, instruit dans les études, exercé dans l'art des discussions, consacré par l'ordre de la prêtrise, formé au secret, dressé aux affaires, avec l'expérience que donne la prélature, et dans toutes ces épreuves ayant réuni en sa faveur les suffrages unanimes du public, ce juge si terrible pour les personnages d'un haut rang, envers lesquels il esl toujours disposé à pousser la rigueur jusqu'à l'injustice. Les cinq cardinaux associés à sa promotion si dignes de ce choix et si dépourvus de ces appuis qui suppléent le mérite pour faire arriver aux honneurs, qu'aucune envie, ou contre l'auteur du choix ou contre les élus, n'osa ni blâmer le fait, ni calomnier l'intention. Non-seulement les grandes dignités, mais les simples prébendes ecclésiastiques, données en raison du mérite, et tant de diligence employée pour en juger, qu'on eût dit que Votre Sainteté ne s'attribuait que la responsabilité de l'examen, sans songer aux droits à la reconnaissance que lui donnait le bienfait ; l'intégrité dans les tribunaux, la discipline dans le clergé, la pompe du culte dans les temples, les convenances partout. Un frein imposé aux grands, mais sans mépris pour le rang ; des secours accordés aux pauvres, mais sans dilapidation du trésor; une magnificence qui, en honorant une reine qui avait dépouillé son front de ses diadèmes pour les déposer aux pieds du vicaire de Jésus-Christ, paraissait plutôt le triomphe de la religion que les pompes de la vanité; respect des lois soutenu par l'estime du prince, plutôt que sanctionné par l'or et le sang des coupables. Qui donc, s'il n'était appuyé sur les faits, oserait exposer au grand jour de la publicité cha- .cun de ces mérites particuliers, lorsque cela ne servirait qu'à faire voir la honle de ses mensonges?

5. lime reste encore à justifier la sincériié de mon intention en prouvant que je n'ai loué Votre Sainteté que pour rendre témoignage à la vérilé, sans songer à flatter la puissance. Mais pour cela je n'ai pas besoin de beaucoup d'arguments. Je n'ai qu'à ciler mes autres dédicaces qui ont fait connaître mes divers ouvrages, en énumérant les émi-1 nenles qualités de Votre Sainteté, lorsque le degré hiérarchique la tenait encore aussi loin du trône pontifical que son mérile l'en rapprochait déjà. Je ne pourrais parler plus i longuement là-dessus, sans que mon apologie parût de l'orgueil, en rappelant trop expressément le bonheur que j'eus de connaître dès ma première jeunesse vos divines vertus, de les aimer et de les vénérer avec les sentiments les plus tendres et les plus profonds dont mon cœur soit capable. Il fa"'f enfin ajouter à cela, non-seulemenl ce devoir de me prosterner à vos pieds que iiouî' impose voire dignité sur humaine et louiel divine, mais encore cette obligation inesli-J mub'e.djgned'un souvenir éternel, que vousl doiî lo-uu ma religieuse famille pour avoir.

LIVRK VINCI

par l'entremise de Votre Béatitude, et contre l'attente universelle, obtenu sa grâce et son rétablissement dans la sérénissime république vénitienne; bienfait au-dessus de tout ce que nous eussions pu, je ne dirai pas demander, mais désirer sous le patronage d'aucun prince de la terre ; bien que les témoignages si honorables des brefs par lesquels Votre Sainteté a daigné nous lo procurer, et la manière aussi glorieuse pour nous avec laquelle cet auguste sénat y a répondu tant en accordant qu'en effectuant la grâce, nous rendent, pour ainsi dire, les honneurs dont fut accompagnée la réhabilitation plus précieux que la réhabilitation même.

6. Pour tant de raisons qui inspirent à mon cœur à l'égard de Votre Sainteté un amour et une vénération au-dessus de tout objet mortel, et au-dessus de tout amour et de toute vénération dans un homme pour ce qui est mortel , je vous consacrerais volontiers ma vie entière ; mais puisque cela ne m'est permis, relativement à l'avenir, que comme un vœu sincère et vrai, je vous consacre au moins ma vie passée dans cet ouvrage, qui en renferme sinon la plus grande, du moins la meilleure partie, puisque la vie propre de l'homme se trouve dans l'exercice de la pensée. Tout ce qui appartient à cet ouvrage en propre, comme tout ce qui lient à son auteur, est dû à Votre Sainteté. La cause pour la défense de laquelle il a été écrit est la cause de Votre Sainteté, puisqu'il n'est qu'une apologie de celle foi, et de cette

chaire dont vous êtes le docteur infaillible et le pontife suprême. Je me souviendrai toujours que mon livre dans quelques-unes de ses parties a été honoré de vos regards, et que votre sage raison n'a pas dédaigne de me diriger dans sa composition ; je ne me suis pas plaint en perdant cet honneur et cel avantage quand ces regards et cette sagesse furent appelés à veiller et à méditer pour le bonheur de tout l'univers chrétien. Vos faveurs pour mon histoire changèrent alors de nature, mais elles ne cessèrent pas. Je trouvai un inestimable secours tant dans la pleine liberté qu'il plut à Votre Sainteté de m'accorder pour que je pusse voir et consulter à loisir les pièces les plus secrètes de ses archives, que par la communication d'autres documents qui, jusqu'alors mystérieusement conservés par leurs possesseurs, et présentés, à votre avènement au pontiGcat, comme l'unique offrande qui pût être agréée du nouveau prince, me furent confiés plus d'une fois par ses mains adorées.

7. Pour compléter l'œuvre que j'ai entreprise, je ne cesserai de prier la divine bonté que la longue et sainte vie de Votre Béatitude, ainsi que celle des dignes successeurs qu'aura formés son exemple, soit toujours au Vatican un livre vivant et une vivante apologie du souverain pontifical, capable, mieux que mon ouvrage et que toule autre plume, sinon de convertir, du moins de confondre ses ennemis.

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