CATALOGUE
DES ERREURS DE FAIT DONT SOAVE EST EVIDEMMENT CONVAINCU DANS OR VOLUME, D'APRES LE TEMOIGNAGE DES PIECES LES PLUS AUTHENTIQUES.
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1. « Pendant la maladie du pape, lo seigneur de l'Isle , orateur français à Rome , travailla pour que l'élection du successeur de Pie IV se fît par votes de nations , dans le concile de Trente, après qu'on aurait imposé des lois au futur pontife; ce qui causa à Pie IV une vive émolion. » Ceci ne fut conseillé que par le seigneur de Lansac , envoyé de Trente à la reine, comme on le voit par une lettre écrite dans ce temps-là. (Liv. XIX, th. 1.)
2. «Le cardinal de Lorraine travailla pour faire procéder par nation; il réunit (liez lui une assemblée de prélats français, où ils approuvèrent que la juridiction des évêques Hait d'institution divine. » Guallieri , évêque Je Viterbe , a reconnu la fausseté de ces Jeux assertions. (Ibid., ch. 4. )
3. « Ce cardinal parla avec une si artificieuse ambiguïté sur le décret de la résilence, que l'on ne put découvrir son opi-
nion. » Au contraire, les légats lui ayant donné en particulier communication de ce décret, il leur indiqua quelques changements , selon lui nécessaires , et le reçut ensuite dans l'assemblée générale , sous des conditions claires et favorables au pape. [Ibid. , ch. 7.)
k. « Pour laisser aux Français la faculté de parler librement contre l'autorité du pontife, il se dispensa d'assister à l'assemblée du 6 décembre, donnant pour excuse la nouvelle qu'on venait d'apprendre de la mort d'Antoine , roi de Navarre. » Mais outre qu'on n'a jamais dit qu'un pareil soupçon se fût présenté à l'esprit de personne, il n'y a pas même un seul évêi|ue qui , dans celte assemblée, eût rien dit de trop libre contre la puisance pontificale. [Ibid.)
5. « Les légats proposèrent au cardinal de Lorraine d'envoyer Guallieri à Rome, pour traiter sur les demandes des Français, et le
HISTOIRE DU COlNCILE DE TREN i E.
cardinal accepta la proposition. » Voici la vérité : les légats proposèrent Visconti; mais ensuite ce dernier , par d'autres circonstances, ne se trouvant plus à Trente quand on eut eu besoin de lui , ils adoptèrent Gualtieri,àrinstigationducardinal.(/&ùL,c/*. 11.)
6. « Les propositions des Français furent remises au pape, de la propre main de Gualtieri. » Cela est faux, puisqu'elles furent envoyées par un courrier qui partait alors. ( lbid. )
7. « Les Français, en présentant leurs requêtes, déclarèrent aux présidents que s'ils n'obtenaient pas du concile général ce qu'ils demandaient, ils sauraient bien le prendre par eux-mêmes dans un concile national. » Cependant il en est tout autrement ; car les orateurs déclarèrent de vive voix et par écrit , dans le préambule de leur demande même, que le roi s'en rapportait en tout au jugement du concile, à l'autorité suprême duquel il croyait que ces matières appartenaient, et le cardinal de Lorraine déclara aux-Jégats qu'il y en avait plusieurs qui lui avaient déplu, et qu'il les réfuterait en exposant son sentiment. (Ibid.)
8. « Il n'y eut d'envoyée de Rome qu'une seule formule du droit canon, sur l'institution des évéques. » Il y en eut trois , et celle que Soave rapporte est loin do la vérité. C'est ainsi qu'il se trompe grossièrement sur le builième canon, que l'on avait préparé relativement à la puissance pontificale. (Ibid., ch. 12.)
9. « Le duc de Savoie eut , pour ambassadeur au concile, l'évéque d'Asli. » Il eut, au contraire, pour ambassadeur Marc-Ânioine Bobba, évêque d'Aoste. (lbid.. ch. 15 et 16.)
10. « Le cardinal de Lorraine désapprouva hautement le pontife, comme s'il eût dépouillé le concile de toute sa liberté. » C'est, au contraire , ce cardinal qui pressa le pape de s'approcher de Trente , pour rétablir, par sa présence ou son voisinage , l'ordre et la paix dans le concile. (Ibid. , ch. 16.)
11. « Plusieurs éyéques, peu favorables au saint-siége, ne voulaient pas reconnaître, dans le pape, une autorité égale à celle de Jésus-Christ comme homme, pendant le cours de sa vie mortelle; mais ils lui en attribuaient une semblable à celle de saint Pierre : ce qui ne contenta point les partisans de Rome, car ils craignaient qu'on ne voulût forcer le pontife à mener la vie pauvre et obscure du saint apôtre. »Mais, au contraire, l'objet de la discussion concernant la parité d'autorité consista en ce que le parti le plus favorable à Rome voulait que le pontife fût assimilé à saint Pierre dans l'autorité du gouvernement, et que l'autre ne le voulait pas, donnant pour raison que l'autorité croit en raison delà sainteté; et qu'ainsi entendue elle peut aller jusqu'à porter à écrire des livres canoniques : ce que pouvait faire saint Pierre, et ce que ne peut point le pape, (lbid.)
12. « Le doyen de Paris disait que l'Eglise n'avait pas le pouvoir d'annuler les mariages clandestins ; et ce sentiment fut l'occasion de grandes contestations entre lui et
Salmeron. » L'évéque de Modène, dans une lettre écrite au cardinal Moronc, montre clairement que celte assertion est dénuée de fondement. (Liv. XX, ch. k.)
13. « Les articles sur lesquels les théologiens tinrent conseil, à Inspruck, à l'instigation de Ferdinand, étaient au no nbre de dixsept. » Ils étaient au nombre de douze seulement. (Ibid.)
\k. « La demande que fit le cardinal Hosius de se retirer de Trente pour retourner à son diocèse, en Pologne, arriva à Rome dans le temps où elle pouvait influer dans les décisions du pape, relatives à l'envoi de nouveau?, rats au concile. » Cette requête arriva pi lours jours après, comme on le démontre d^ns le liv. XX, ch. 6.
15. « Le at Simonetta, après la mort du cardinal < intoue, mu par le désir de demeurer premier président, et objectant la faiblesse d'Hosius, quoique celui-ci lui fût supérieur en dignité, détourna le pape, comme d'une chose périlleuse, de rien changer dans le concile.» Au contraire, dans une lettre du cardinal Borromée à ces deux cardinaux, on lit que le pape, se rendant à leur demande, avait nommé deux légats pour succéder aux cardinaux Gonzague et Altcmps.
16. « La correspondance par lettres, entre le pape et l'Empereur, n'était qu'une succession continuelle de difficultés et d'attaques réciproques. » Toutes ces assertions sont controuvées, et l'on voit la teneur véritable de ces lettres dans le liv. XX, ch. 8.
17. « Camille Olive, arrivé à Mantoue pour accompagner le corps de son seigneur, y fut travaillé par l'inquisition, sous un autre prétexte, mais dont le véritable était le ressentiment qui, après s'être attaqué au cardinal, à cause de ses oppositions passées sur la résidence, voulait se venger du maître dans le serviteur.» Néanmoins Olivo, après la mort du cardinal de Mantoue, fut maintenu dans toutes les charges qu'il exerçait du vivant de son patron, et, après la venue du légat Morone, on lui assigna une pension permanente de quarante écus par mois, pour le dédommager de ses fatigues actuelles, en le recommandant fortement au pape pour le récompenser, par d'autres faveurs, de ce qu'il avait mérité par le passé. (Ibid., ch. 9.)
18. « On reçut à Trente, le vingtième jour , d'avril, la nouvelle de la paix faite en France avec les huguenots. » Toutes les histoires du) concile, pendant trois semaines auparavant, sont remplies de ce fait nouveau, (lbid. A ch. 12.)
19. « Le cardinal Morone, dans ses entre-l tiens avec Ferdinand, lui fit voir qu'il ne pouvait espérer aucun avantage du concile.» Ce qui est démontré faux dans le liv. XX, ch. 15.
20. « Ce cardinal traita, à Inspruck, des choses les plus secrètes avec l'Empcrcurl et le roi des Romains, fils de l'Empereur. »| Le roi des Romains restait alors loin d'Inspruck, de manière que jamais ni lui ni le légat ne négocièrent ensemble. (Ibid.)