SECTION II
Est-il vrai que les conciles œcuméniques ne soient pas infaillibles quand ils décident des questions dogmatiques?
42. L'infaillibilité du concile de Trente et de tous les conciles en général est niée par Calvin, dans son Institution de la religion chrétienne, liv IV, eh. 9, par les Etats protestants d'Allemagne, par Heidegger cl par
Jurieu.
ALLÉGATIONS
43. 1° Calvin*. — « Le pape et tous les évoques de sa bande n'ont autre raison de remuer et renverser tout à leur poste, sans avoir égard à la parole de Dieu, sinon qu'ils ont le liire de pasteurs, lit pour cette mesme raison ils veulent persuader qu'ils ne peuvent êlre destituez de la lumière de vérité, que '.e Saint-Esprit réside en eux, mesme que l'Eglise vil et meurt avec eux : comme s'il n'y avoil plus nul jugement de Dieu, pour chastier le monde d'une mesme punition dont il a usé envers le peuple ancien : assavoir
(Yinyl-quuirc J
DISCUSSION DES MOÎIFS,CONTRE LE CONCILE
de frapper d'aveuglement et stupidité les pasteurs?
44. « Par cela mesme il est facile à répondre à l'autre poinct, touchant les conciles généraux. On ne peut nier que les Juifs n'aient eu vraye Eglise du temps des prophètes. Si lors il se fustlenu un concile général, quelle apparence d'Eglise y eusl-on cogneue? Nous oyons ce que nostre Seigneur leur dénonce, non point à un ou deux, mais à tous ensemble. C'est que les preslrcs seront étourdis, et les prophètes seront esfonnez. Item,
poinl l'examen que j'ay dit. Je voudroye bien qu'on gardast bien ce qu'enseigne saint Augustin au troisième livre contre Maximin : car, pour clorre la bouche à cest hérétique qui débattoit touchant les décrets des conciles, je ne dois pas, dit-il, mettre en avanl le concile de Nicée : et lu ne me dois pas aussi alléguer celui d'Arimine, comme pour osier la liberté de juger : car lu n'y es pas sujet, ni moi au second. Que la chose soil déballue par bonne cognoissance de cause et par raison, et que le tout soit fondé en l'autorité de
la loy périra des prophètes et le conseil des l'escriture, laquelle est commune à toutes les
anciens. Item, la nuict vous sera au lieu de deux parties. ...
vision et les ténèbres au lieu de révélation: 47. « Les Romanisques tendent à aulre
car le soleil sera caché pour les prophètes, fin, en voulant que les conciles ayent puis-
et le jour scraobscurcy. Je vous prie, s'ils se sancesouverained'interpreslerl'Escrilurc, et
fussent tous assemblez en un, quel esprit eust présidé en leur compagnie? De cela nous en avons un bel exemple et notable au concile qu'assembla Achat). 11 y avoit là qualre cents prophètes : mais pour ce qu'ils n'esloient là venus à aulre fin, sinon pour flatter ce meschant roy et infidèle, Satan est eiwoyé de Dieu pourestre un esprit menteur en la bouche de tous. Ainsi la vérité est là condamnée d'un commun accord , Michée, fiilèle serviteur de Dieu, réprouvé comme hérétique, battu et mis en prison. Autant en fut-il fait à Jérémie : autant en est-il advenu aux aulres prophètes.
45. « Mais un seul exemple nous suffira pour tous, d'autant qu'il est notable entre les autres. Au concile qu'assemblèrent les sacrificateurs et pharisiens , en Jérusalem, contre Jésus-Christ, qu'y peut-on reprendre quant à l'apparence extérieure? Car s'il n'y eust eu lors égliseen Jérusalem, jamais nostre Seigneur Jésus n'eust assisté aux sacrifices ni aulres cérémonies. La convocation se fait solennellement, le grand prestre y préside, tout le clergé s'y trouve : toutesfois Jésus- Christ y est condamné et sa doctrine mise au bas. Cet acte-là nous monstre que l'Eglise n'est poinl enclose en ce concile : mais il ne faut point craindre, diront-ils, que cela nous puisse advenir. Mais qui est-ce qui nous en fera foi? ... Pourtant il ne faut nullement concéder que l'Eglise consiste en l'assemblée des prélats lesquels Dieu n'a jamais promis devoir être bons à tousiours : mais au contraire a prononcé qu'ils seront quelquefois Christi non parum hac ratione obscurarelu| mauvais. Or quand il nous adverlit d'un paulalim.
sans appel : car ils abusent de cette couverture pour appeller interprétation de l'Ecriture, tout ce quiaeslé déterminé en un concile. Touchant du purgatoire, de l'intercession des saints, de la confession secrète, et de toules telles fariboles, ou n'en trouvera poinl une seule syllabe en l'Ecriture. » (Inst. de lu Rel chr., /. IV, c. 9. )
48. 2" Etats protestants d'Allemagne. — « Hoc lumen veritalis, quod ipse fons lucis et inlclligentiœ Filius Dei Dominus noster Jésus Chrislus prœbet in verbo suo, per prophclas el aposlolos Iradito, fallere nos nulla ratione potesl.
49. « Al hominum tradilioncs, concilia, synodi , congregationes et harum décréta prefeclo mullipliciler labi, errare, decipi, falli possunt, el multis modis a verbo Dei m verilate in omnem parlcm discedere. lilqur exemplis summorum quorumdam et praecipuœ auctoritatis conciliorum, ex hisloriù Ecclesiœ demonslrari non difficuîler polest quorum pleraque décréta impia , el cuul verbo Dei pugnanlia, abipsa tandem Ecclef sia rejecta sunt el conriemnata.
56. « In nicaena synodo damnati sunt mil lites, qui fidem christianam simul professj postea rediissent al militiam etiam legilif inam. Quod decretum manifeste contra ri uni est sentenliae Joannis Baptisla?, quœdemil lilibus cxlat Lucse capite tertio. El coder! in concilio facti sunt canones , pœnitenlul qui dicuntur, ex quibus postea multum suf perslitionis irrepsit in Ecclcsiam,ut merituil
danger, il le fait pour nous rendre plus sa ges et mieux advisez.
46. «Quoi donc? dira quelcun : les résolutions des conciles n'auronl-elles nulle autorité? Je responds que si, car je ne dispute point qu'il faille rejetter tous les conciles, et rescinder les actes de tous, ou canceller depuis un bout jusquesà l'autre... je voudroye qu'on poisast diligemment en quel temps il a esté tenu, pour quelle cause et à quelle fin, et quelles gens y ont assisté : puis après qu'on examinast à la reiglc de l'escriture le poinct dont il est question, et que le tout se fist en sorte que la détermination du concile eust son poids, et qu'elle fust comme un advertlssemcnt: loulesfois qu'elle n'empeschast
51. « Chalcedonensc concilium habiluil circiler anno Domini 452, recle quidem danl navitEulychen;sedinvicem,tetroerrore,m| nachis et monialibus virginibus conjugl usum interdixil: unde postea mullaexlileruf mala et incommoda in Ecclesia.etc. » (P.53I
52. 3° Heidegger. — « Judicium autel prifitorium est solius Christi, ab iis qui coij cilio adsunt in Scriptura inquirendum, ex ea, velulex tabulis mandati pronuntial dum ; a fidelibus vero per judicium discret! nis ampleclendum. Haque sentenlia eoncl liaris, quoad conscienliœ forum, est suasioif non coaetionis , judiciumque adeo non pi torium , sed ministeriale, quale est œcoil mi vel dispensatoris in domo aliqua pi]
SECT. II INFAILLIBILITE DES CONC. OEC
sentis domini
53. « ls polesl ferre judieiariam principalem cl praetoriam sentenliam, qui imperat conscientiai, et fidem ipsam lcgibus obligare potcsl. Hoc aulcm non est hominum, uli patct ex I Cor., IV, 12; VII, 13; H Cor. I, h ; Coll. I, 2i ; Gai. V, 1 ; 1 Pet., V, 1. Sed solius Christi, cujus infinila est scientia et polenlia.
hk. « Judicium decisivum fid. i esse Scripturae solius, ipsamet abunde testalur Deut., XVII, H; Isai , VIII, 20; XLII, 3, k; PsaL, XCIV, 14 , 15 ; Dan., VII, 10 ; cum Apoc, XX, 12 ; Il Corr., IV ; Hcbr., IV, 12. Neque aliud hic requirilur, quain ul singuli habeant bonam eonscienliam se crcdere quod ad salutem revelalum esl , faccre quod faciendum. Al verbum Di i soluin, hoc judiciali sententia conscienliae manifestât.