lis avaient pris et quelquefois on leur
lussent pas que d'aller à la messe et de faire avait donné pour conseillers des théologiens extérieurement tout ce que font les catholiques, ce n'est que pour la forme et par crainte. »
21. La vente des biens ecclésiastiques était léjà arrêtée en France. C'est le même am- Mtssadeur qui nous l'apprend (1). On voit •Jans la correspondance de l'évéque de Vinimille avec le cardinal Borromée (2), que , empereur Charles-Quint avait demandé aux théologiens d'Alcala et de Salainanque, si on louvail la faire licitement; que le roi Phiippe leur soumit la même question et qu'ils .épondirent négativement à l'un et à Taure.
1 (1) ( Quant» alla risoluziùne fallu di vender
'béni lemporali delli chiese de' quali e giandiasima opia ,
clie iroveranni)
largaïuenle
coinpialori , et
%rà cosa di grande ajulo cl sullevainenlo, che per ,ô li placera il parère de' leologi che tengono le piiie caihedre d'Alcala e di Sa la ma m a : afl'erniando l\\ cli'essi non coitsigliaranno mai cosa elic poies-e wrlare più an minimo pregiudicio alla cliie^a, si cole anche (eccio quando V iniperadore Cario Qninto ii ricercô net parlicolarc deii' aUenazione de' l'eudi oclebiasiici.c' lia poi ricercalo il re t'ilippo, quali gli •sposero libcratnenlc, (lie nui si poievano alionare )n buona conscienza. > ( Relat. des Ambass. Venit., i, p. 408 )
(•2) Les leiires de l'évéque de Vintimille ont été puiées à Amsterdam sous le litre : Lettres, anecdotes mémoires historiques du nonce Visconli , cardinal éconisé et ministre secret de Pie IV et de ses crénluis au Concile de Trente, doni plusieurs intrigua ouïes se trouvent dam ces relations, mises au jour, en ilien et en français par il, Aymon, ci-devant prélat éuloyal cl jurisconsulte gradué à la cour de Rome, visées en deux parties.
Si ce litre bizarre pouvait laisser quelques doutes
i' l'esprit de celle publication, on verrait dans la
tre circulaire de l'éditeur, qu'elle a éié faite pour
couvrir les intrigues in unes d'une assemblée ou
fourbe dominait sous le nom sacré du Suint-Esprit ,
machinait secrètement la ruine des proleslans.
N'ius les avons lues avec, assez d'attention. Nous
1 avons riea trouvé qui puisse servir à de pareils
x i«S. Celte correspondance se compose pour le
>d des projets conçus ou arrêtés par les Pères du
ncile, des bruits qui circulaient à ce sujet, des
nver>ations que l'auteur avait eues avec ceux dont
parle ou à leur sujet et de se-; propres reflexions.
un d'èire utile aux adversaires du eoncile, elie peut
cciiituuc fournir de» arme» pour les combattre.
plus érudils que savants, plus diserts que profonds, qui n'étaient pas toujours suffisamment versés dans la science de la religion et connais aient encore moins le monde, avec lequel ils n'avaient eu que fort peu de rapports.
25. Ils étaient environnés d'émissaires secreis charges d'épier leur conduite, d'influencer leur vote et d'arracher des concessions à leur conscience.
26. On les obligeait de se réunir ch z l'ambassadeur de leur nation, afin de di ter avec lui et les h mines de lois qu'il avait amenés, les matières qui devaient être tées au concile. « Et à relie cause, mat
à ses prélats le roi de France, toutes et quantesfois que le lit sictir de Lansac vous requerra de vous assembler, soit à son logis ou ailleu.s, pour adviser aux choses qui s'offriront et seront en termes, ou qu'il aura à proposer audit concile ou négocier en ticulier, vous ne faillirez de le faire, et de vous comporter en tout cl partout si s ment, prudemment et unanimement, toutes duretez, obstinations, ions oubliées et
postposc tout interest particulier : et to:it ainsi que vous serez eogneus d'une nation , subjets d'un mesme pri t roy
très-chrestien, vous vous trouviez tous concurreirs ctaccordans à une mesme bonne et saine opinion, n'ayans rien devant les yeux et en la bouche que ce qui servira à l'honneur et exaltation du nom de Dieu , et pour apporter la pacification des troubles qui sont pour le jourdhuy en nostre religion, selon
(1) Restami a dir brevemente Ire allri niczzi c»n i quali sono augnmentàti l'eresie in Francia. L'une, e siato il ponere nei vescovali e abbazie , negli oftizii et carrichi important!, persone delta nuova religii
L'altro -il lasci.ir iinpuniii lulli gli er-
e delilti coiuniessi pelle cita e nelie.
11 terzo e statu il favore la gra-
e levar i buoni.
rori, luniiilli, chiese dagli ugon ni
zia c'han seni| re avulo quei lali appresso il re di ! varia e i più grandi délia coite; onde e nato clie gli ambiziosi d< sîderando d'e ser posti in qualche grade onorato e dresser avuli in considerazion*, si son» dechianti di qwella nova setta; e inassunanienie moHï piebili, il quai e s npifl lia (lato lanlo scandai», e stai» di lanto ma] llerigine quaoto a peua »i poireubfl ( ll&Uil, fki ambaêi. vénil., t. u, p. 74.)
WbCUSSlON DES MOTIFS.
que vous l'entendrez plus particulièrement dudit sieur de Lansac el de nos autres ambassadeurs que nous vous prions de croire de tout ce qu'ils vous diront de noslre part, comme vous feriez nostre propre personne. » (Avril, 1562.)
27. Les évêques d'Espagne et d'Allemagne avaient reçu des ordres semblables.
28. Or ces ambassadeurs, publicistes habiles, mais théologiens médiocres, n'apercevaient dans les questions religieuses soulevées par les protestants qu'une affaire de réforme. La foi était à leur avis ce qu'il y avait de moins compromis en Europe. C'était la dernière chose dont le concile eût à s'occuper. Il fallait avant tout et par-dessus tout procéder à la réforme des abus, non pas de ceux qui venaient de l'autorité temporelle : ceux-là devaient être considérés comme lois de l'Etal, il fallait les respecter; les seuls à retrancher étaient ceux qui procédaient de la cour de Rome, de la conduite du clergé, et en particulier, de sa trop grande opulence.
29. L'ambassadeur de Franc;' avait reçu emlre exprès d'agir en ce sens et de s'entendre pour cela avec celui de l'Empereur: «Et pour ce que l'Empereur a déclaré à noslre ambassadeur résident près sa personne, qu'il désirait singulièrement que nos ambassadeurs communiquassent el conférassent avec les siens, lorsqu'ils seront au concile; aûn que d'un commua accord ils tiennent la main qu'il se fasse une bonne et roide rél'ormalion de la discipline et des mœurs, qu'il estime, comme nous, être un des premiers et principaux points pour recueilir le fruict dudit concile : el pour le second, que nos évesques ne veuillent opiniaslrement retenir les choses qui sont de droit positif, et non divin, lesquelles sans offense de la conscience se peuvent laisser el changer, pour plus aisément s'accorder avec ceux qui se sont séparés de nous et de nostre Eglise : Sa Majesté louant en cela infiniment l'intention dudit Empereur comme très-saincte et raisonnable, et s'asseurant qu'elle ne procède que d'un zèle qu'il a droict et ardeur au bien de la religion, veut que ses ambassadeurs offrent quand ils seront arrivez au lieu dudit concile, de s'assembler et conférer avec ceux de l'Empereur toutes et quanles fois qu'il en sera besoin, pour d'un commun accord proposer et poursuivre toutes choses qu'ils cognoislront utiles et nécessaires pour la ^formation de la discipline et des mœurs ; et fassent en sorte que nos prélats s'accommodurts et s'accordans avec ceux de l'Empereur, ne cherchent que l'advancement de l'honneur de Dieu, et embrassent la dite réformation de tout leur cœur : ne s'arrestans à reretenir les choses positives si obstinément, qu'ils fussent pourempescherparleurdureté, l'accord et réunion au corps de l'Eglise, de ceux qui s'en sont tenus séparez et distraits jusques à présent. Et d'autant qu'il servira bien à ce mesme effect, que les Pères ne condamnent précipitemment les opinions desdits séparez, parce qu'au lieu de les ramener avec nous par douceur e4 persuasives
raisons et remonstrances, ce seroit par telle précipitées condemnations les désespère entièrement : lesdits ambassadeurs insiste ront que toutes censures et condamnation se remettent jusques à la fin du concile, afii que toutes choses bien meurement digérées conférées et débattues, et ouïs tous ceux qu voudront comparaistre, l'on ne puisse dir que l'on ait rien fait en cela légèrement. (Instructions données à l'ambassadeur di France, avril 1562. Voyez encore num. 459 460.)
30. Pendant que les souverains élaien ainsi ligués pour obtenir ce que la Franci appelait une bonne el raide ré formation de U discipline et des mœurs, et poussaient les cho ses vivement, le souverain pontife dont l'au lorité, la juridiction, la puissance, les droit étaient ébranlés, croyait que dans l'état oi étaient les esprits, il serait plus prudeat d< laisser à lui seul le soin de supprimer le abus, pour que le concile n'eût à s'occupe que du dogme. 11 ne pouvait du reste demeu rer dans l'inaction: il faisait travailler de soi côté pour la défense de son siège et de ses pré rogalives, et en même temps pour l'intérêt gé néral de la religion. De là une lutte sourde engagéeau milieu des intrigues les plus com pliquées, et soutenue avec beaucoup d'ardeu par les légats du saint-siége, lesambassadeui des puissances temporelles, et tous les évt| ques.
31 . Quelques subalternes scandalisés d'uni conduile dont ils ne comprenaient pas la ml cessilé, parce qu'ils ne connaissaient pas hl obstacles que la cour de Rome était obligé! de lever sans bruit, ne faisant pas attentic| que toutes ces précautions humaines que bons sens commande quelquefois de prendil et que la religion ne condamne pas loujourj avaient ordinairement pour but des lois <| discipline, partie purement matérielle dl concile; blessés peut-être parce qu'on il les consultait pas, ou bien parce que aprl les avoir consultés on faisait les choses ail trement qu'ils ne les avaient conçues, écl<| taienl en murmures, blâmaient, censuraiej ouvertement la conduite du pape et de si légats. L'ambassadeur de France et les lui ques attachés aux autres ambassades fui saient de l'esprit et exerçaient leur humef caustique, aux dépens du concile, qu' avaient le chagrin de ne pouvoir ni domine] ni diriger.
32. Les lettres, les rapports, les mémoirl de tous ces hommes-là portent Pempreirl du mécontentement et du dépit. Leur accol der trop de confiance, quand il s'agit el laits, c'est s'exposer à tomber dans l'erreol adopter leur manière d'envisager les chosij c'est les défigurer.
33. Nous nous apercevrons aussi que pol rencontrer des nullités dans le concile Trente, les théologiens prolestants et les I risconsultcs laïques l'ont assimilé aux tril'j naux ordinaires et ont voulu le soumet| aux règles de la procédure civile.
« Or pour toucher une partie des plus gnalées nullités de ce concile, dit Genlill
iï
RECT. II. INFAILLIBILITE DES C0NC. ŒC.
nous présupposerons pour maxime vérilablc, que, s'il est requis et nécessaire (connue i! l'csl) d'observer la forme de justice en la décision des moindres affaires, qui ne concernent que l'intérêt de quelques particuliers et les choses mondaines, à plus forte raison la doit-on observer aux affaires qui concernent toute la chrétienté, l'honneur de Dieu et le salut des âmes. Comme le témoigne saint Ambroise, parlant des juges qui, sous prétexte de miséricorde, abusent de leur charge et absolvent les coupables : En l'Eglise, dit-il, oit l'on doit grandement user de miséricorde, l'on doit aussi fort exactement observer la forme de la justice. »
3V. Saint Ambroise. a raison, mais Gentillet est dans l'erreur. Un concile œcuménique ne ressemble en rien à une officialité diocésaine. C'est une cour suprême qui juge en '.dernier ressort et dont Ls arrêts sont sans nppel. C'est une puissance qui explique, interprèle les lois divines cl en détermine l'application; qui abroge, réforme ou refait les lois ecclésiastiques, dont l'origine n'est pas apostolique.
35. Dès que les Pères d'un concile œcuménique, régulièrement constitué, ont prononcé, tous leurs décrets sont valables et jnt force de loi ou de chose jugée On ne lent les soumettre à aucune fin de non-receoir; parce qu'ils ont été fails avec celte plé- 'liludc de puissance ei d'autorité qui apparient à une assemblée législalhe investie du Pouvoir souverain.
3u\ D'ailleurs ce n'est pas par voie de sinililude, ou par interprétation, que l'on doit lablir des cas de nullité. On ne peut alléguer 'ue ceux qui ont été prévus par le législaour, encore faut-il les laisser tels qu'ils sont t là où ils se trouvent, si on veut les alléuer utilement.
37. Nous dirons en outre que les vices de irme ne changent rien au fond. L'irrégulailé de la procédure suppose l'ignorance ou 'i mauvaise foi du juge : c'est pour celle rai- >n que la loi veut qu'elle soit une présompon favorable à la parlie lésée, et lui donne 1 droit d'arriver à un nouveau jugement.
:U il" même qu'à la suite d'une procédure gulièremcnt faite, du moins aux yeux des >mnie*, il peut survenir, et malheureuseenl il survient quelquefois, une sentence juste ; de même aussi, à la suile d'une proilurc irrégulière, il peut survenir nne sennce juste dont le condamné a le droit d'apfler, mais que les autres tribunaux ne tangeront pas.
38. Par conséquent, lors même que les •;sions du concile de Trente seraient > cri — 1 dément entachées d'un défaut île forme, k incisions n'en devraient pas moins être ; piises au dogme ou au droit ecelesiaslij \ jusqu'à ce que leur fausseté ou leur 1 pportunilé fût établie par une dcmonslra- 1 i spéciale. Mais, <!ii du Perron dans son bief discours sur quelques points concernant Uiolice dr l'Eglise et de l'Etat, et particulièr lent sur la réception du concile de Trente: « e concile de Trente et celui de Florence,
Coï'C DB TttEXTE 111.
qui n'en approche en rien, sont les seuls dans lesquels il ne se soit trouvé quelque défaut, soit en la forme, soit en la matière. »
39. Du Perron faisait celte remarque en IClo. Depuis lors la doctrine du conçue de Trente a été constamment l'objet de l'é-- Iode des catholique- qui, aujourd'hui encore, n'en enseignent p:;s d'autre. Les protestants ont dû l'étudier aussi, puisqu'ils n'ont pas cessé de la combattre et de la rejeter. Aucune erreur cependant n'a élé démontrée.
De .sorte que ses décisions dogmatiques, données à un^ époque où les moyens de s'instruire étaient moins communs qu'ils ne le s>nt aujourd'hui, au milieu des contestalions soulevées par les novateurs et contrairement à leurs assertions, par des hommes qu'ils accusaient hautement (fignoranre, restent encore maintenant et plus que jamais, la doctrine de l'Eglise de Jésus-Christ à tous les siècles, l'enseignement pur de la \ érité catholique.
40. Il serait bien étonnant que des hommes assez habiles, s'il n'y a ici que de l'habilité, pour donner des décisions sur tous les points du dogme chrétien, des décisions inattaquables, des décisions dans lesquelles on aurait même de la peine à découvrir quelques-unes de ces erreurs de fail, de ces fausses appréciations doul les arrêts d'aucun tribunal n'ont élé et ne seront j robablemcnt jamais exempts., eussent eu la maladresse do compromettre par défaut de forme ce qu'ils établissaient si bien au fond; surloul étant déjà prévenus que ce seraient les vices do forme que les protestants feraient valoir pour éluder la sentence de réprobation qui allait tomber sur eux.
'il. Nous allons voir, du reste, ce qu'il faut penser d > ces nullités dont on a fait tant de bruil , et quelle esl la valeur réelle de ces lins de non-recevoir qu'on oppose à la publication et à l'exécution des décrets du concile de Trente.