Concilia etiam generalia obnoxia
sunt periculo errandi, tuin quia infaliibililas
iis nullibi promissa est : lum quia errasse
docet experienlia. Neoccsariense eniin sc-
cundas nuplias improbavil. Nicœnum pri —
■nu m sauxit rebaptizandos bœrelicos , et
irobibuit co<*<i-p«T^k>jQui iis, qui (ingulum
ibjecerunt. In posterioribus vero , Nicseno
secundo, Florenlino, Roinano, Lateraneusi,
fridcnlino imprimis, haud obscure spirilus
leceploris vim ex verbo Dei agnoscimus
57. « Posilo concilia erraro non posse , iemo tamen certiludine fidei persuaderi et hapofofiiicOui potest rem in concilio ita ul larralur, gestam esscet non aliter, cum naralio dceorum rébus gestis sit industrie mee humanae. » [Voy. n.56i.)
58. « Senlenlia episcoporum in concilio st judiciaiis, decisiva et obligatoria vel per ?, vel propler consensum plurium, vel prop- ■r auclorilalem papas décréta conciliaria mlirmanlis. Non per se, quia singuli ire i parles, imo cl errare possunt. Non propr consensum plurium, quia el illi , falcnlijs adversariis, errare possunt, uti palet ex )nciliis improbalis. Cumquc singuli ej isco-
errare possint, quidni etiam pluies concgali ? Sic aegrorum mullitudo in unuin •atta non minuit, sed auget morbum. Non 'opter confirmalionem papa?, tuin quia illa ■ncilio est exlrinsccact posterior scnlenliis 'iscoporum, quorum proinde naturam mure non po'cst: lum quia nec ipse habet .dicium &vTOY.paxof>t*m fidei : tum denique , 'lia apud ipsos pontificios nondum cerlimi 1 drfiuiiiim esl, conciliine an papœ judicio 'es chrislianorum nilatur.
59. « Nullus humanus judex tractarc et ju- ( ialiier decidorc potcsl causas propriai ,
sicut testa ri de se ipso nemo potest (Joan., V, 31). Alqui causa; fidei et morum omuiiim hominum sunt propriœ. quia inleresl omnium hominum credere verilati, et recta faccre. » (P. 31).
GO. 4°Jlrieu. — «Quand même nous reconnaîtrions le concile de Trente pour un concile légitime el pour le juge naturel des démêlés que nous avons avec l'Eglise romaine, serions-nous obligés de recevoir ses décisions et de nous y soumettre? Nullement; l'on n'est obligé de se soumettre aveuglément aux décisions d'un concile, que dans la supposition qu'il est infaillible, el qu'il n'a pu errer. Mais certes , sans examiner les fautes du concile de Trente en particulier, il est impossible que nous puissions nous persuader qu'un concile, c'esl-à-dire une assemblée, dans laquelle il n'y a aucun prophète, ni aucun homme inspiré du Saint- Esprit, soit incapable de faillir; et je ne sais pas s'il y a personne au monde qui puisse dire, de bonne foi, qu'il est dans ce sentiment.
61. «Ceux qui disent que le privilège d'infaillibilité esl attaché au concile , semblent avoir beaucoup plus de raison que ceux qui rattachent à la personne du pape. Car enfin les conciles sonl assurément les juges des controverses dans I Eglise : si donc il y a quelque juge infaillible dans l'Eglise, ce sont eux. Et de plus, il y a plus d'apparence qu les lumières de plusieurs têtes rassemblées sont plus pures, que celles qui se trouvent dans un seul homme. ..malgré ces apparences, qui sont favorables aux conciles,., l'opinion qui les fait infaillibles est peut-être la plus grande rêverie qui se puisse imaginer... Je voudrais donc bien qu'on fit réflexion de bonne foi, sur ce que les conciles généraux n'ont été en usage dans l'Eglise qu'après que les empereurs romains sonl devenus chrétiens... c'esl-à-dire que durant trois cents ans l'Eglise n'a paseu déjuge infaillible des controverses.... Qu'on nous dise un peu en qui résidait l'esprit d'infaillibilité dans ces trois premiers siècles , s'il est vrai que les conciles généraux en soient les dépositaires; puis que alors il n'y avait aucuns conciles généraux ? L'Eglise n'était donc pas infaillible dans ce temps- à.
62. « Peut-on ne pas remarquer que ces assemblées, qu'on appelle conciles généraux, ne se sont établies dans l'Eglise que par accident? C'est la conversion des empereurs qui les a failes... Il était très-possible que l'Eglise ne vît jamais de conciles généraux, el ce qu'elle en a vu, c'est purement par accident...
63. « Durant trois cents ans, a-t-on vu les évêques former le dessein de s'assembler de toutes les parlies du monde? Mais, au moins, lit-on quelque part qu'ils se soient plaint des difficultés qui les empêchaient de se pouvoir assembler en concile général ? S'il est vrai que ces assemblées soient les conducteurs infaillibles de l'Eglise, les Pères des Irois premiers siècles n'ont pu l'ignorer; s'ils l'ont su, c'était en eux une stupi dite prodigieuse de n'avoir pas fait tous leur»
DISCUSSION DES MOTIFS CONTRE LE CONCILE
efforts pour assemDier ces juges infaillibles, afin de terminer (ant tle différends qui déchiraient dès-lors les entrailles de l'Eglise : ou s'ils ont vu qu'il y avait une impossibilité absolue à convoquer ces assemblées , c'est une insensibilité inimaginable de ne s'en être pas plaint. Terlullien, dans son livre des prescriptions, indique tous les moyens qu'il avait conçus de convaincre les hérétiques. 11 est étonnant qu'il n'ait pas dit un seul mot de celle voie des conciles généraux si sûre, si courte et si infaillible. 11 est donc clair comme le jour, que les Pères n'ont jamais pensé à ces juges infaillibles des controverses. Ainsi je conclus, que pour peu que l'on ait de sincérité on sera contraint d'avouer que ce fut uniquement le zèle de Constantin, qui donna lieu à celte assemblée qu'on appelle le premier concile universel, et sur la forme de laquelle les autres ont été faites (1)... Je laisse à penser si ces assemblées formées par accident, comme il est clair, doivent être revêtues du privilège de l'infaillibilité...
64. « Je voudrais bien qu'on me pût faire comprendre pourquoi l'Eglise gallicane ne saurait être infaillible, quand elle composerait ses assemblées de mille théologiens, ce quelle pourrait faire aisément; et comment elle le devient quand elle se joint aux Allemands, aux Italiens et aux Espagnols ? C'est un mystère que l'en ne comprend
pas.
65. « Pour établir ce privilège de l'infaillibilité des conciles , il faudrait produire de bons titres ; ou tout au moins il faudrait en prouver la possession par une suite d'exemples sans interruption. Pour ce qui est dos titres d'établissement, on les doit tirer de l'Ecriture sainte...
GG. '( Ces messieurs nous feraient donc grand plaisir de nous faire voir, par l'histoire . l'infaillibilité de ces assemblées, qu'il leur plaît d'appeler des conciles généraux. Ils nous produiront peut-être cinq ou six conciles dont les décisions sont respectées de tout le monde chrétien. Mais que diraient-ils si on leur en produisait deux fois autant dont les décisions sont rejelées par la plus grande partie des chrétiens? Ii serait à souhaiter qu'ils nous donnassent des caractères bien certains pour distinguer les vrais conciles des faux : car nous voyons que ceux qui ont établi l'erreur, sont tout semblables pour les choses externes à ceux qui ont confirmé la vérité. Quelle différence y a-t-il entre le très-saint concile de Nicée, qui condamna l'Arianisme , et celui de Tyr et de Jérusalem, qui fut célébré dix ans après, l'an 335, et condamna saint Aihanase avec l'a doctrine de l'Eglise? Ce fut le saint empereur Constantin qui assembla ce second concile aussi bien que le premier : il était universel, car Eusèbe nous assure qu'il élait convoqué de toutes les parties de
({) Jurieu ne pense pas au concile de Jérusalem. Il ne se doute peut être même pas, qu'avant le confite œcuménique de Nicée, il y avait déjà eu un nom • hr« considérable de conciles particuliers.
l'empire, de l'Afrique, de l'Asie, de l'Europe et de l'Egypte... Que diront-ils du concile d'Anliochc, qui se tint l'an 340 ou 341 dans la cause de saint Aihanase?... Pourquoi ce concile n'élait-il pas général? n'at-il pas été convoqué, comme les précédents, de toutes les provinces de l'empire romain? Bellarmin le reconnaît pour général (t. II, 1. 1, c. 6, de Concjliis)... Que dira-t-on du concile de Sardique, qui fut célébré l'an 341, le quatrième général dans la cause d'Arius? Il s'y trouva trois cent soixante et seize évêques... Au moins, il y avait trois cents évêques orthodoxes qui étaient venus de toutes parts. Le saint confesseur Osius> évêque de Cordoue, y présidait; saint Aihanase y fut rétabli dans son siège, et la confession du concile de Nicée y fut expliquée d'une manière conforme à la vérité. Et néanmoins, ce concile n'a pu avoir l'honncurde passer pour légitime. Saint Augustin l'a formellement rejeté; il n'est pas compté entre les six premiers. Tout l'honneur que lui fait Bellarmin, c'est qu'il le mei au nombre de ceux qui sont en parlie rejetés, en partie approuvés. Si les anciens avaient cru que les conciles généraux sont infaillibles, je ne vois pas de raison pourquoi ils auraient rejeté celui-ci qui avait toutes les marques d'universalité. Le cinquième concile général dans la cause d'Arius fut celui de Milan, qui se tint environ l'an 354... Peut-on voir un concile plus célèbre que celui de Rimini en Italie? Il y avait six cents évêques, quatre cents de l'Orient, deux cents de l'Occident... Voilà déjà cinq conciles généraux qui ont erré dans une même affaire.
G7. « Dans la cause d'Eutychès, qui confondait les deux natures de Jésus-Christ, l'ofi assembla deux conciles universels. Le premier fut convoqué dans la ville d'EphèseJ l'an 449, par Théodose le Jeune, prince catholique s'il y en eut jamais. Tous les pafriarches s'y trouvèrent : Juvénal , patriarche de Jérusalem, Dioscore d'Alexandrie , Domnus d'Anlioche, Flavien de Conslantinople, ctl Léon, évêque de Rome, par ses légals. Il nel manquait rien à ce concile pour le rendre!
légitime et général c'est pourtant un dé— I
testablc concile.
68. « Toutes ces considérations nous font! voir que , quand le concile de Trente pour-l rail êlre regardé comme un concile général,! cela ne nous obligerait pas à le croire in-l faillible, ni à nous soumellrc à ses déci-| sions. » (Réfl. hist. p. 16 el sxiiv.)
RÉPONSES
69. Au risque d'être mis par Jurieu ai| nombre de ceux qui manquent complètement de sincérité el de b nne foi , ou de\ plus grands rêveurs qui puisseiit êlre imal ginés, nous soutenons que les conciles œcul méniques ont, en matière de foi , le pouvoir de décider avec une autorité infaillible, <l nous essaierons de le démontrer; mais aul paravant, faisons quelques distinctions prel près à empêcher qu'on ne confonde les unil avec les autres des choses qui diffèrent cf