Jurieu, à qui on ne supposerait pas
toujours autant de jugement, s'est aperçu
ensuitechancelierde France, et enfin, quand qu'i'/ n'y avait pas de lieu au monde qui pût
il eut embrassé l'état ecclésiastique, archevêque de Sens, cardinal et légal du saintsiége. C est lui qui fonda, en Auvergne, les collèges de Billon et de Mauriac, et à Paris celui de Clermont. Il faut convenir que , vu son ignorance et sa stupidité, il avait là une singulière manie.
320. Les calvinistes et avec eux Henri Eslienne avaient déjà accusé son père d ignorance. Le roi d'Angleterre, disent-ils, ayant écrit à celui de France : mitto tibi duodecim molossos (je vous envoie douze chiens molosses), le cardinal du Prat pria François Ier de lui donner un des douze mulets dont on venait de lui faire présent ; et sur la réponse que c'étaient des dogues, il s'excusa en disant qu'il avait cru entendre lire duodecim muletos. Théodore de Bèze, à qui l'on attribue celte mauvaise plaisanterie, lui fit de plus l'épitaphe suivante : Antonio Pratensi cahreilario Galliarum, inter obesos obettssimc. Âmplissimus vir hic jacet. Jouant sur son obésité, qui du reste était telle, qu'on fui obligé, dit-on, d'échancrer sa table pour donner place à son ventre.
321. La véritable raison pour laquelle le père et le fils étaient des ignorants, des idiots et des hommes plus soucieux de leurs plaisirs que de la religion, c'est que l'un et l'autre résistèrent de toute leur force au débordement des nouvelles doctrines. « Or ce du Prat, dit Robert Estienne, en parlant du père, pvoit été le premier qui avoil déféré au parlement la cognoissance des hérésies, d'autant qu'il disoit qu'il y a du blasphème meslé parmi. Ce fut luy aussi qui donna les premières commissions pour faire mourir ceux qui contredisoyenl à la religion romaine, estant ennuyé des longues procédures tenues au
tenir une telle assemblée, et qu'il serait impossible qu'on y pût délibérer. (Voy. n. 190.) Nous sommes complètement de son avis sur ce point; et au lieu d'en conclure avec lui qu'un concile œcuménique est impossible , nous concluons simplement qu'un concile œcuménique ne doit pas être ouvert à autant de personnes, puisqu'il n'est pas permis de les y recevoir toutes. Mais, dira-l-ou , vous ne pouvez en fermer l'entrée à aucune d'elles. C'est ce que nous allons voir. (Voy. n. 163 et 164.)
325. Les protestants, obligés de se passer de pasteurs légitimes , puisque la chaîne apostolique venait se briser à l'entrée de leurs temples, ne s'arrêtèrent pas pour si peu. Ils enseignèrent que la conscience était le seul juge de la vérité évangélique, et que chacun devait, pour ce qui concerne la foi, ne s'en rapporter qu'à lui-même. D'où il résulterait, non-seulement qu'on peut, mais encore qu'on doit se passer de pasteurs, ces hommes-là étant inutiles, et remplissant une mission qui ne se concilie nullement avec le principe de libre examen et de libre croyance.
326. La religion chrétienne étant ainsi comprise, il n'y aurait plus d'apôtres, plus de docteurs, plus de pasteurs, plus de ministres delà parole sainte; il ne resterait que de simples croyants , qui auraient chacun leur foi , leur symbole, entre lesquels il ne serait même pas possible d'établir les liens d'une unité parfaite. Un concile œcuménique, dans une pareille supposition, devrait nécessairement se composer de tous ceux qui font profession de croire à l'Evangile, quels que soient leur rang, leur profession, leur sexe, leur âge, sans autre exception
procès de Berquin. » Le fils eut la sottise de que celle des enfants qui tiennent encore au confier aux jésuites, plutôt qu'aux admira- jupon de leur mère, et des aliénés dont l'état leurs de Calvin et de Bèze, les trois collèges serait dûment constaté. Mais est-ce ainsi qu'il ouvrait de ses deniers à la jeunesse, que Jésus-Christ a organisé son Eglise? Peut-on en effet montrer plus de stupidité 1 327. Or il arriva en ces jours-là, dit saint
et n'est-il pas impossible d'avoir de bonnes Luc (1) , qu'il alla à ta montagne prier. Il mœurs quand on fait des choses pareilles? passa lanuit à prier Dieu, et lorsque le jour
322. Les objections sérieuses que l'on fait contre la constitution du concile de Trente regardent la qualité de ses membres, leur dépendance par rapport au souverain pontife ou leur nombre.
323. On dit d'abord, ainsi que nous l'avons déjà vu dans la section 2", et comme l'articulent ici du Moulin, du Ranchin et Heidegger, qu'un concile œcuménique doit être composé des hommes doctes ou pieux de toutes les classes de la société. C'est de cette manière que fut composée, en 1792, la Convention, où, selon la remarque d'un malicieux écrivain, on voyait figurer «des comtes, des curés, des marquis, des bouchers, des
fut venu,- il appela ses disciples, parmi lesquels il en choisit douze auxquels il donna aussi le nom d'apôtres.