‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 202 sur 373 · Saint Marc (2) , rapportant le même · texte numérisé non relu

Saint Marc (2) , rapportant le même

(1) 12. Factum est aulein in i.'lis diob;:s exiit in monlem orare, et erat pe.rnocians in oratione Dei.

13. Et cum dies Inclus cs-ei, vceavit disdpnlos siiiiset elegil dtio.lecim ex ipsis ( <pios et apostolos noniinavit. i ( Saint Luc, VI. )

(2) « 15. El ascondens in monlem vocavil ad se quos voluit ipse : el vénérant ad eum.

i 14. Elfecit nlessenl duodecim cum illo : et ut mil ter et eos pnedicare

« 15. Et dédit illis potesiatem curandi infirnutates et ejiciendi dœmonia. » ( Saint Marc, III. )

fait, ajoute que son dessein était de les en- pris, comme nous le voyons par la compovoyer prêcher, et qu'il leur donna le pou- sition de tous les conciles œcuméniques devoir de guérir les infirmités et de chasser les puis le premier de Nicée , jusqu'à celui de démons. Trente. Il n'était pas permis du reste de les 329. Ne vous ai-je pas choisis vous douze, prendre ailleurs, puisque l'infaillibilité ne leur disait-il avant sa passion fi)*! Ce ri est saurait se trouver autre part, ainsi que nous

pas vous qui m'avez choisi, c'est moi, au con traire, qui vous ai choisis vous-mêmes. Je vous ai établis, pour que vous alliez et produisiez du fruit, et du fruit qui demeure ; pour que vous obteniez de mon Père tout ce que vous lui demanderez en mon nom.

330. Tout pouvoir (2) m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai confié : et voici que moi je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles.

331. De là vient que l'apôtre saint Paul, écrivant aux Corinthiens , leur explique (II, 12) comment , dans l'Eglise de Jésus- Christ , les obligations et les fonctions ne sont pas les mêmes pour tous , et dit aux Ephésiens (3) : Il a établi lui-même quclquesuns^apôtres, quelques-uns prophètes, d'autres évangélistes , d'autres pasteurs et docteurs , pour la consommation des saints, pour l'œuvre du ministère , dans l'édification du corps du

l'avons dit dans la section n.

333. Serait-il vrai, comme le prétend Vargas, que décent évéques assemblés quelque part que ce soit, vingt tout au plus fussent versés dans la théologie et capables de dresser une définition, que ce ne serait pas une raison suffisante pour donner voix décisive dans le concile a de simples théologiens , Jésus-Christ ayant promis d'être tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles, avec ses apôtres et leurs successeurs, et non pas avec les docteurs , les théologiens et les autres ecclésiastiques, qui ne sont pas pasteurs. La prudence, en ce cas, pourrait tout au plus exiger que les évéques peu instruits s'adjoignissent, en qualité de conseillers, des théologiens éclairés et habiles. C'est ce qu'avaient fait les Pères qui composaient le concile de Trente, quoiqu'ils fussent généralement eux-mêmes des hommes d'un grand mérite.

334. Car quelque multipliés et quelque déplorables qu'eussent été les abus dans la

Christ, jusqu'à ce que nous nous rencontrions nomination aux évêchés, il n'y avait nulle part tous en l'unité de la foi et de la connaissance autant de lumière et autant de sagesse parmi du Fils de Dieu, en l'homme parfait, en la les prêtres de l'Eglise catholique que dans mesure de l'âge de la plénitude du Christ , de le corps épiscopal ; de sorte que nulle faculté sorte que dès à présent nous ne soyons plus de théologie, en Europe n'aurait fourni proportionnellement autant d'ecclésiastiques, d'un mérite avoué, qu'on en trouvait alors parmi les évéques.

335. Vargas ajoute que le pape avait beaucoup de pensionnaires parmi les évéques.

Fra-Paolo va lui répondre. « Comme il n'y avait pas moyen de retenir les prélats qui s'ennuyaient de perdre leur temps, particulièrement ceux qui manquaient d'argent, et comme tels ne se payaient pas de raisons, les légats résolurent de donner , sur le compte du pape, quarante ducats par tête aux évéques d'Acci , de Bertinoro et de Chiozza, qui se plaignaient plus haut que les autres. Et pour empêcher que ce don ne fît naître des prétentions pour l'avenir, ils déclarèrent que c'était une gratification volontaire, et non point une pension. Puis ils mandèrent au pape ce qu'ils avaient fait, etj lui représentèrent qu'il leur fallait absolument un plus grand secours, et que du reste il ne devait rien donner sous le nom de pension, de peur que l'on ne crût que les Pèresl étaient aux gages du pape : et que les pro-l lestants ne refusassent encore de se soumet-l tre au concile , sous couleur qu'il serail| composé de gens obligés au pape. »

336, « Le pape donna un bref par où i', exemptait tous les évéques du concile dt paiement des décimes, et leur accordait lou.'[ les fruits et les émoluments qu'ils pouvaien retirer étant dans leurs diocèses. Il envoy; encore 2,000 écus aux légats pour en assis-l ter les prélats pauvres, avec ordre de ne s'cij point cacher, d'autant que l'on n'en pouvai

des enfants flottants , et que nous ne soyons pas emportés par la tromperie et la malice des hommes, à tout vent de doctrine, vers la circonvention de l'erreur.

332. Jésus-Christ a donc établi lui-même un ministère évangélique, un corps de pasteurs, afin de conserver l'unité de foi et de prévenir les divagations de Terreur. C'est là que sa doctrine a été déposée , c'est là qu'il faut prendre les membres des conciles œcuméniques, c'est là qu'on les a toujours

(1) « 71. Nonne ego vos duodecim elegi? » (Saint Jean, VI. )

i 16. Non vos me elegistis : sed ego elegi vos , et postii vos ut eatis, et fruelum afferatis : et frucius vesier maneat : est quodeumque petierilis pairem in nomine nieo, det vobis. » (Saint Jean. XV. )

(2) 18. Et accedens Jésus locutus est eis, dicens : data est milii omnis polestasin cœlo et iu terra.

c 19. Eunles ergo docete omnes génies : haptizan-tes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti.

i 20. Docentes eos servare omnia quiecumque mandavi vobis : et ecce vobiscum sum omnibus diebus, usque ad consummalionem sœculi. > ( Saint Matthieu. XXVIII. )

(3) « 11. Etipse dédit quosdam quidem apostolos, quosdam autem prophetas, alios vero evangelistas, alio» autem paslores et doctores.

f 12. Ad consummalionem sanclorum in opus niinisterii, in œdifieationem corporis Chrisli :

i 13 Donec occuramus omnes in unitalem fidei, elagniiionis Filii Deiv in virum perfeclum, iu mensuram setatis plenitudinis Chrisli :

« 14. Ut jam non simus parvuli fluctuantes, et circninferamur omni venlo doclrinœ in nequitia hominuni, in aslulia ad circumventioncm erroris.» (Saint Paul, aux Ephés. IV.)

SECT. V DES FORMALITES JURIDIQUES

rien dire, sinon que le chef avait soin de soulager ses membres.»

337. Le pape donnait donc, à la sollicitation de ses légats, des secours et non pas des pensions. Il les donnait ostensiblement aGn que l'on sût bien qui étaient ceux qui les recevaient, et pour quel motif on les leur accordait. Un seul évêque ou deux au plus étaient pensionnaires de la cour de Rome, c'étaient Olaus Magnus etRobert-Venance- "Waucop ; le premier, archevêque titulaire d'Upsal, et le second, archevêque d'Armagh.

338. Olaus Magnus était frère de ce Jean Magnus, archevêque d'Upsal, primatdeSuède et légat du saint-siége, que Gustave Wasa envoya à Dantzick vers la fin d'octobre 1526 pour y attendre comme ambassadeur des ordres et des dépêches qu'il ne reçut jamais. Olaus, nommé et sacré archevêque d'Upsal en 15'*4 après la mort de son frère, recueillit en même temps la jouissance d'une faible pension que le collège des cardinaux faisait à celui-ci (1).

339. Robert-Venance-Waucop , irlandais, docteur en théologie de la Faculté de Paris, était, comme Olaus Magnus, titulaire d'un des plus beaux et des plus riches sièges de la chrétienté. Le pape à qui appartenait la nomination et l'institution canonique du siège d'Armagh l'avait nommé et institué après la mort du légitime titulaire, et au moment où Henri V11I mettait un intrus à la même place.

340. Ces deux vénérables prélats n'étaient donc rien moins que des évèques postiches, cemme le donne à entendre Heidegger. S'ils étaient pauvres, les protestants devraient savoir pourquoi et garder le silence. On n'eut pas besoin de les envoyer au concile; ils y étaient convoqués comme tous les autres, et ne pouvaient aucunement se dispenser d'y assister.

341. Comment qualifier la conduite de Fra- Paolo qui, connaissant les règles canoniques, )t ne pouvant ignorer l'histoire de son temps, lit en parlant d'eux :

« Ces quarante-trois personnes constiuaientle concile général. Des archevêques,

(1) Vobis D. Bindo de Allovitis et sociis pectiniarum icti sacri collegii generalibus depositariis de volunile eorumdein reverendissimorum l). meorum cardilalium qui milii ita mandaverunt : Per présentes oramillimus et mandamns ni de dictis pecuniis solalis reverendo in Chrislo patri D. Joanni Magno oiho, archiepiscopo Upsalensi ducatos auri de calera quindecim, quos sic solulos in compulis veslris Imiltemus. Dat. Romœ in palalio aposlolico die vi ;cenibris 1341.

« lia mandaverunt mihi omnes reverendissimi doini Enei Joan. Petr. card. S. Clenienlis cameraus.

( Signé ) Jo. Franc. Binus. »

liane quoque liberalcm el necessariam provisioii). ejusdem arcliiepiscopî fraier et snecessor Olaus >salensis sive Romae sive in generalibus conciliis ridenli et Bonnnix) celebralis pennanens, bilari naiione al) codent sacro collcgio consecultis est, D'il inferius in vita ejusdem Olai oslcndclur. » 'JUttoria métropolitaine ecclc&iw U psalensis in refais edœ et Gothiœ. )

deux ne l'étaient q ue pour la forme, n'ayant jamais vu les églises, dont le titre purement honorifique leur avait été conféré parle pape. L'un était Olaus Magnus avec qualité d'archevêqued'UpsalenGolhie,et l'autre Robert- Venant, écossais, archevêque d'Armagh en Hibernie, lequel ayant la vue extrêmement courte, avait le mérite de courir la poste mieux qu'homme du monde. Vivant àRome, depuis quelques années, des aumônes du pape, ils furent envoyés à Trente pour faire nombre et se tenir à la disposition des légats (1). »

342. 11 y a, dans ce récit, une mauvaise foi moins excusable, à notre avis, que ne le sont les niaises plaisanteries et l'ignorance de Gentillet qui, non-seulementprend, comme lui, le prénom de l'archevêque d'Armagh pour son nom de famille, mais qui s'imagine de plus qu'Olaus est un nom propre , que l'Irlande est située presque sous le pôle arctique; que la Suède était un pays barbare où la foi n'avait pas encore été prêchée; et qu'on est aveugle dès l'instant où l'on a la vue basse.

343. Un écrivain aussi versé que Gentillet dans la connaissance de la géographie et de l'histoire pouvait, sans compromettre sa réputation, croire que les contrées orientales n'existaient pas, que les noms des villes ou bourgades de ces pays étaient des termes de magie, que les nommes qui en venaient étaient des fantômes, et que le récit qu'on faisait de leurs mœurs et de leurs usages étaient des contes bons tout au plus pour endormir les enfants. Ici sa bonne foi avait pour garant Fra-Paolo, qui trouve des absurdités dans le rapport que le cardinal da Mula adressa au concile relativement à la visite, à la profession de foi et aux déclarations du patriarche nestorien Abdisu ou Hebed-Jesu (2).

344. Heidegger, enchérissant sur l'un et sur l'autre de ces deux adversaires intrépides du concile de Trente, nous dit sérieusement que l'apparition de ce patriarche est un de ces tours ordinaires à la cour de Rome, lorsqu'elle a besoin d'étayer sa puissance ou

(1) Quesle quarantatre persone conslituivano il concilio générale. Degli arcivescovi , doi erano porlativi, mai vecluli délie cbiese , dellequali havenano il tilolo,solo per causa d'honoré daio gli dal p-m tifice : uuo era , Olao Magno, con nome d'arrivés» covo Upsalen^e in Golia; et l'aliro, Roberio Venantio Scozzese, arcivescovo d'Armanaco in llibernia : il quale huomo di brevissima vista era commendato di quesla virtu , di corer alla posta meglio d'huomo dcl mondo. Quesli doi, sostemali in Roma qualcbe anni per limosina del papa furono mandait a Trcnto per crcsccre il numéro el dépendre da' legati. > (Fra- Paolo, edit. de Genève, IG60 , p. 1 i i.)

(2) < La prosieslatione dcl Poriogbese sueglio gli animi a considerare diverse assordita, cite erano in quclla narralione, c fu eccilato qualcbe susurro, etc. )

Amelot de la Houssaie traduit ainsi : i La protestation du Portugais réveilla les esprits , pour considérer les absurdités de cette narration. D'où il s'éleva quelque murmure. » Le récit de Fra-Paolo ne perd rien, comme on voit, en passant par la boucbcdccet habile traducteur.

DISCUSSION DES OBJECTIONS CONTRE LE CONCILE

de fortifier son crédit. Pourquoi cet homme ration, et envoya le même ordre à tous les habile a-t-il dédaigné de nous faire connaî- gouverneurs des villes du royaume. Le pape

tre les autres. Il nous semble que son livre, dans lequel il y a tant de choses étonnantes, n'aurait rien perdu à contenir la révélation de ces fourberies papistiques qu'il avait découvertes le premier, et que personne depuis n'a eu l'adresse de retrouver. Les protestants doivent lui savoir mauvais gré de cette réserve et être affligés surtout qu'il ne soit pas venu au monde quelques années plus lard. Rcnaudot aurait eu en lui un terrible adversaire.

3'i5. Les évêques italiens assistèrent en plus grand nombre que ceux des autres contrées de la terre au concile de Trente. Cela devait être. Les protestants veulent encore que ce soit une rouerie de la cour de Rome. Ne leur dites pas que la bulle de convocation avait été adressée à tous les évêques catholiques, qu'elle les obligeait tous à venir au concile ou de faire connaître les empêchements qui les retenaient dans leur diocèse; qu'elle invitait tous les princes chrétiens à s'y rendre pareillement; que des légats spéciaux leur avaient été envoyés pour les déterminer à faciliter la réunion des évêques et à favoriser le concile autant qu'ils le pouvaient ; que les princes protestants avaient été invités comme les autres; que le pape avait levé tous les obstacles qu'il était en son pouvoir de lever, applani toutes les difficultés qui étaient sous sa main... ils vous répondraient que le pape n'agissait pas de bon cœur, et que d'ailleurs il n'y eut que quarante-trois Pères à la seconde session du concile. Avec des hommes qui raisonnent ainsi, le mieux serait de garder le silence. Essayons, toutefois, de répondre en peu de mots.

3A6. Peu nous importe que le pape ait mis de l'empressement ou de la répugnance à convoquer le concile de Trente. 11 le convoqua, il fit tout ce qu'il dépendait de lui pour y attirer les prélats catholiques du monde chrétien; on ne peut sur ce point lui adresser aucun reproche.

347. Mais les évêques ne se rendirent pas aux injonctions qui leur étaient faites. Nous le savons et nous vous dirons pourquoi. Ecoutez d'abord Fra-Paolo, c'est Amelol de la Houssaiequi va le faire parler : « Quand on vit en Italie que c'était tout de bo-i que l'on allait tenir ie concile, les évêques pensèrent à leur voyage. Le vice-roi de Naples ne jugeant pas à propos que tous ceux du royaume qui sont au nombre de plus de cent y allassent, voulait y en envoyer seulement quatre à son choix avec procuration de tous les autres. A quoi le grand chapelain du royaume lespressantde consentir, plusieurs répondirent qu'ils y voulaient aller en personne, selon leur obligation, et que s'ils ne le pouvaient pas faire, ils constitueraient chacun leur procureur particulier, ainsi qu'il était de raison, et non point un pour tous. Le vice-roi se fâcha et ordonna au chapelain de les convoquer de nouveau et de leur commander de sa part de donner leur procu-

fit une bulle où il défendait absolument de comparaître par procureur au concile. »

3i8. « Dès le mois de novembre 1537, le roi d'Angleterre avait publié un manifeste contre la convocation du concile, disant :

Que n'y ayant point d'espérance d'en

avoir un vrai, il fallait que chaque prince réformât la religion (liez lui. » (P. 78.)

3A9. « Le dernier octobre... il (le pape) envoya à Trente I'ordred'ouvrir le concile... A celte nouvelle, Jes évêques furent d'aulant plus joyeux qu'auparavant ils craignaient fort de rester longtemps à Trente sans rien faire. Mais peu après étant venu des lettres du roi de France qui rappelait les siens, et fut un nouvel embarras... Le cardinal de Trente et les prélats espagnols et italiens criaient qu'il ne fallait point les laisser aller. Enfin l'on en vint à cet accord que le seul évêque de Rennes retournerait pour informer le roi, et que les deux autres resteraient. Ce que le roi approuva fort ensuite. » (P. 119.)

350. Le 1er septembre 1551, « Jacques] Amiot, abbé de Bellosane, ministre de France; présenta aussi ses lettres de créance au lé-j| gat, et pria qu'elles fussent lues... On 1 donc cette lettre datée du 13 août, qui portail en substance : qu'il (le roi) avait jugé propos, conformément à la révérence de s ancêtres envers l'Eglise, de déclarer aux P res les raisons qui empêchaient d'envoy aucun évêque à l'assemblée convoquée pa, le pape Jules, sous le nom de concile p blic. »

351 . Wicquefort, dans son traitéde l'amba sadeur et de ses fonctions, nous apprend son côté que, lorsque Pie IV voulut invitera concile le czar, alors grand-duc de Moscovi Sigismond Auguste, roi de Pologne, quoiqi très-calholique, ne voulut pas permettre ; légat Jean Ganobiode passer parla Lithu; nie, parce que, d'après une coutume établ de toute ancienneté, on ne permettait jama aux ambassadeurs des autres princes, n< pas même à ceux de l'Empereur, de pass par la Lilhuanie pour se rendre dans la Mt covie.

352. Gustave Wasa avait introduit le 1 théranisme dans ses états , et contraint toi les évêques de l'embrasser. L'cmpora Charles-Quint n'envoya au concile que quf ques évêques choisis. Ceux d'Allemagne <| étaient en même temps princes séculiers pouvaient disposer de leur personne, <| vaient, par prudence, ne pas quitter h, diocèse dans un moment où les novale| travaillaient très-activement à les leur lever. Ceux de la Suisse étaient dans une sition pareille. Telles furent en grande p| tie les raisons qui ne permirent pas i prélats de se rendre à Trente.

353. La préspnee de ceux qui étaient sents aurait-elle été nécessaire pour léjl mer le concile œcuménique ? Non. 11 suffi de leur consentement, et ils le donnaf

SECT. V. DES FORMALITES JURIDIQUES

tons de bon cœur ; de telle sorte que les quarante-trois Pères, avec leurs vingt théologiens , dont Fra-Paolo a jugé convenable de no tenir aucun compte , bien qu'ils eussent voix consultative, représentaient véritablealement l'Eglise universelle. Nous ajoutons lu'ils la représentaient aussi suffisamment, :ar il y en avait des diverses contrées de 11alie et de l'Allemagne*, il y en avait de France, d'Espagne, d'Angleterre, de Suède nème , c'est-à-dire de tous les étals chréiens.

35A. Si dans le nombre des évoques pré— ents , les évèques italiens se trouvaient in majorité, c'est un fait naturel dont on ne louvait rien conclure contre la légitimité du oncile, puisqu'il n'existe pas de loi qui déermine le nombre de Pères que chaque 'alion doit fournir, et que d'ailleurs ies coudéralioirs humaines et les intérêts privés isparaissenl quand il s'agit de la foi. 1 355. Les évêques italiens appartenaient à ?s états différents. Ils apportaient au coule, comme ceux des autres provinces cai cliques , un désir sincère de rendre bornage à la vérité. Nous le verrons dans i irticle suivant. Leur volonté était parfaim nt libre et indépendante. Ils pouvaient

suivre sans entraves, malgré le serment l* fidélité piété au saint— siège et au pape, le Uur de leur sacre. Nous le montrerons, lorslie nous discuterons les motifs de récusabi- \h que les protestants ont allégués contre *r, Pères de Trente.

f 35G. Selon la remarque d'un auteur ft anus, que Spanheim n'avait probablement Is consulté, Claude d'Espence aurait assisté « concile de Trente , si ce concile avait été «Hatinué à Bologne. Ce docteur dit en effet, (ns son Commentaire sur l'Epîlre de saint lui à Tito, pag. i2, que les évèques d'Italie, niant ou surpassant en nombre ceux des îtres nations, imposaient leur volonté aux ciciles œcuméniques. Une assertion pareille € d'autant plus étrange dans sa bouche, ç il avait eu occasion de se convaincre par i-méme du contraire. Les évêques italiens, à concert avec les légats et quelques autres F'iats formant les deux tiers et plus de l'ashblée, avaient voté la translation du con- C; à Bologne, et s'étaient rendus dans cette ) e ou il |( s \it. Les Espagnols restèrent à fcnte. Qu'en arriva-t-il? Les Pères de Bogue furent obligés de revenir sur leurs

57. Il serait moins prudent encore de se " aux protestants. Les Etals de la confes- S|i d'Ausbourg se plaignirent d'avoir été e lui par le pape du concile, auquel il les ? il formellement invités, mais dans lequel

I était pas eu son pouvoir de leur donner

II délibérative. Gentillet assure qu'il y I it des laïques parmi les Pères de Nicéc et ["ne de jeunes gens. Du Moulin, qui n'est J/Jais en peine d'affirmer, prétend qu'il en a

[ de même dans tous les autres conciles Piméniques, et se dispense d'en fournir lu P'uve, parce que, selon lui, le fait est nope. Aptes ..voir parlé de la convocation et

de la composition des assemblées politiques chez les Juifs, et de la promesse faite à la nouvelle loi d'avoir les rois pour nourriciers et les reines pour nourrices , d'où il résulte évidemment que ce sont les rois et les reines qui doivent tenir les conciles œcuméniques; après avoir dit que tous les fidèles ont voix délibérative au concile, par la raison que tous sont juges de la foi, proposition dont nous attendons la preuve, Heidegger rapporte qu'au concile de Jérusalem, les simples fidèles opinèrent tout comme les prêtres et les apôtres, que les envoyés de l'Empereur, les sénateurs et les praticiens eurent voix délibérative au concilede Chalcédoine, de même que les prêtres bohémiens à celui de Baie (1). Or, tout le contraire se voit expressément dans les actes de ces divers conciles, auxquels nous renvoyons pour abréger.

358. Le mémoire de Vargas réunit sur un même point la calomnie et l'absurde, lorsqu'il donne à entendre que les notaires du concile pouvaient altérer ce qui était dit, délibéré ou arrêté.

350. Les officiers, ou, pour parler plus convenablement, les commis et employés du concile étaient des hommes salariés , du moins pour la plupart. C'était à ceux qui les payaient que revenait le droit de les nommer. Si le concile avait cru l'avoir, ou s'il y avait attaché quelque importance , il l'aurait exercé lui-même, ou bien l'aurait solennellement cédé aux légats. Dansions les cas, comme ces sortes de pci'sonncs étaient étrangères aux délibérations , du moins en raison de leurs fonctions, il n'y a pas lieu de discuter sérieusement si l'illégalité de leur nomination rendrait l'assemblée nulle et deviendrait une fin de non-recevoir. Passons à la direction du concile.

§ ô. Direction du concile.

360. Tous les adversaires du concile de Trente ont crié contre l'asservissement dans lequel il était tenu par les légats du pape, et contre les moyens dont on se servait pour le dominer. Nous citerons , comme résumant toutes les objections, toutes les réclamations et incriminations faites à ce sujet : lu Les Etats protestants d'Allemagne; 2" Flaccius, dans la préface des Actes du concile de Trente; 3° les ambassadeurs de France, dont la correspondance se trouve dans un recueil publié d'abord sous le litre de Jnstructiohs et missives des roys tris-chrcsliens de France et deleurs ambassadeurs, et autres pièces concernant le concile de Trente, prises sur les originaux (1G08), et réimprimées depuis avec des augumentations , par Dupuy ; k° Genlill l ; 5° Du Moulin ; 6° Heidegger; 7° Jurieu ; 8" La Vassor et Vargas; 0" Spanheim; 10" Bayle, dans sa Critique générale de l'histoire calvinisme.

ALLEGATIONS

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