‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 210 sur 373 · I :| ''i lot pal mm ni jam convenernnt mnllas et · texte numérisé non relu

I :| ''i lot pal mm ni jam convenernnt mnllas et

incommoditaiea fieri posse viderelur : de ses- | ns auleni die prorogando ipiod in primU posin- ''iii, non esse in poustalc legatnrum id absqne pa-

II "S, quamobrem niliil certi a p*g lis po^se polli-

Instr. el mi s. p. 186, )

ALITES- JURIDIQUES 864

raisonnable auxdits Pères : et à la vérité, Sire, il me semble que nostre dict saint père a fort désagréable d'ouyr parler &c la prolongation dudit concile pour quelque cause que ce soit, etc » (De l Islc, umbas. à Rome, 28 déc. 1562).

474. « Cet article de résidence est réputé de grand préjudice au pape el à cette conr, et de grande efficace pour croistre la dignité et auclorité des évesques , lesquels prétendent (ainsi que l'on dict), par ce moyen, avoir la collation de tous les bénéfices de leur diocèse, et semble que le concile incline à leu faveur de plus en plus, par la diligence et contention des prélats d'Espagne. Tant que Sa Sainteté est quelquefois irritée de leurs clameurs : et présentement se trouve fort empesebée, à cause des doléances qu'ils ont faiot dernièrement de ce q 'ie les affaires dudit concile sont renvoiées et consultées par deçà, disant que c'est violer la liberté d'iceluy » (L'umbassad. du roy de France à Rome, 6 mat 1502).

475. « Si les François ne fussent venus iey, il y a grande présomption qu'on eust passé beaucoup de choses l'oit préjudiciables à la vérité el à l'antiquiléecclésiaslique. Monsieur, je vous supplie de me récrire, s'il vous plaist, si vous trouvez bon que le pape soit définy et appelle pastor universalis Ecclesiœ liabens plénum potestatem regendi el pascendi universalem Ecclesinm » (Claude de Saintes à Claude Despence, io juin 1563).

476. Dans sa lettre du 25 janvier 1562, Lânsac annonce que les Français ne permettront pas qu'il soit rien mis dans le canon de l'ordre, qui établisse la supériorité «lu pape sur le concile. (V. n° 829 et suiv.) Et dans sa lettre du 1" février à de llsle, ambassadeur du roi à Rome, il s'exprime ainsi : « 11 y a un canon pour établir l'an* tborilé de nostre sainct père le pape, dans lequel on avoit mis ces mots, habens plénum potestatem peucendi, regendi. et gubernandi universalem Ecclcsiam, qui sont paroles que ceux de nostre nation et beaucoup d'autres gens de bien ne peuvent approuver, parce que nos docteurs di enl que cela s'enlendroit que S.idite Sainctelé fusl supérieure du concile, qui e>t une dispute que nous voulons éviter autant que nous pourrons; mais nous ne voulons comporter qu'on détermine rien au préjudice de l'opinion de nos majeurs el de l'Eglise gallicane, ne contre la détermination des conciles de Basle et de Constance; el sont nosdils docteurs bien conlens que l'on luy baille lous les titres et qualitez que l'on voudra, jusques à dire vicarium Chi • isti, successorem Pétri habentem in Ecclesiu universali supremam potestatem, qui sont les litres que les anciens conciles ont donné à Sa Sainctelé, et par lesquels les hérésies de noslre temps peuvent eslre confutées. »

3° Les présioents avaient divisé le concile EN TROIS SECTIONS POUR MIEUX SEN EMPARER.

477. Ce grief est articulé dans le mémoire de Vargas publié par le Vassor. Celui-ci, dans.

DISCUSSION DES OBJECTIONS CONTRE LE CONCILE

sa préface, le rappelle comme un de ces faits qu'a ignorés Fra Paolo. Un fait de cette nature pouvait-il passer inaperçu? Du reste, Fra-Paolo ne l'a pas plus ignoré que les autres faits relevés en même temps par cet étonnant éditeur.

4-78. « Mais pour venir au fait du concile, dit Amelot dans sa version, Monte raconta l'ordre tenu dans le dernier concile de Latran, où il avoit assisté en qualité d'archevêque de Siponte. Il dit que ce concile aiant à traiter de la pragmatique-sanction , de l'extinction du schisme formé contre Jules II, et des moiens de rétablir la paix entre les princes chrétiens , fit trois députations de prélats, afin que chaque congrégation n'aiant qu'une afaire à manier, elle la digérât mieux : qu'après que les décrets étoient formés, l'on tenoit une congrégation générale où chacun clisoit son avis, sur quoi l'on réformoit ce qui ne plaisoit pas ; si bien que les sessions se passoient avec une entière concorde. Que comme ils avoient bien plus d'afaires que ce concile, les luthériens aiant remué ciel et terre pour renverser l'édiûce de la foi , i^faloit partager les matières et établir une congrégation pour chacune , nommer des gens pour former les décrets , dont chacun diroit son avis dans les congrégations générales, où les légats, pour laisser toute liberté, ne feroient que proposer, se contentant d'opiner dans les sessions. » (5 janvier 1546).

479. Amelot ajoute, dans une note marginale, que si les légats s'abstenaient d'opiner dans ces congrégations , c'était pour n'être point contredits : l'expédient n'était pas mauvais. Pourquoi ne pas ajouter que c'était aussi un moyen détourné d'influencer les opinions et de les diriger, ces hommeslà étant tellement adroils qu'ils n'agissaient jamais plus efficacement au détriment de la liberté que lorsqu'ils restaient dans une complète inaction ?

480. En rapportant que, dans la vue de laisser à la discussion plus de liberté, les légats s'étaient imposé l'obligation de n'opiner que dans les sessions publiques : Fra- Paolo a rendu là un bien mauvais service à ses amis ; car si les légats n'opinaient même pas, si les discussions étaient entre les théologiens du concile et les évêques, il en résulte nécessairement que les déterminalions prises dans les congrégations particulières étaient complètement libres, plus libres même qu'on n'était en droit de l'exiger. Or, comme dans les sessions publiques on ne faisait rien autre chose que décréter solennellement ce qui avait été arrêté dans ces sortes de congrégations, il suit de là que toutes les déclamations renfermées dans le mémoire de Vargas, dans la correspondance des ambassadeurs et les ouvrages des protestants, portent à faux ou bien sont méchamment calomnieuses : ne l'oublions pas.

481. Ces congrégations constituaient, à proprement parler, la partie délibérante du concile. Elles étaient de trois espèces différentes : l'une, composée uniquement des théologiens auxquels se joignaient les cano-

nistes quand il s'agissait de réformation, discutait en présence des légats les matières qui devaient être décrétées par le concile; les évêques pouvaient y assister, mais seulement comme simples auditeurs; l'autre, composée des prélats, s'occupait à former les décrets; la troisième, qui prenait le nom de congrégation générale, se composait des prélats et des théologiens; elle arrêtait à la pluralité des voix ce qui devait être solennellement décrété dans la session ( Fra- Paolo, 1. h).

482. Puisqu'on prétend que ces congrégations ne se réunissaient que pour la forme, qu'elles n'avaient pas la liberté de rien examiner,rien discuter, rien décider, citonsquelquej extraits de ces correspondances qui nous on! déjà fourni plusieurs renseignements utiles

483. « Quant à l'autre point (la modération des lois positives), nous voyons la pluspart des Pères et théologiens plus durs e sévères à maintenir toutes choses à leui entier, sans en rien relascher, qu'à condon ner quelque chose à la nécessité du temps qui nous ostoit une grande partie de l'espérance que nous avions eue. » (Lansac à l reine, 18 mars 1562).

484. « Sire, les disputes sur le mariag s'en vont finies dedans deux ou trois jours qui ont esté grandes, fort diverses et aucu1 nés fort doctes : Dieu, s'il luy plaist, nou' enseignera quelle résolution nous y devron prendre. » (Le cardinal de Lorraine, 18 mai 1562).

485. « Les derniers avis sont du vingtiesm du passé, touchant un des articles propose depuis la dernière session , lequel a est longuement délibéré et opiné en congréga tion de tous les prélats : a sçavoir si la rési dence des évesques en leur église est droict divin : l'affirmative a esté approuvé par une grande partie de ladite congrég tion. Après cette délibération messieurs légats ont de rechef consulté avec lesdi prélats : et plusieurs ont requis que de c< article il se face un décret en la prochain session : les autres, partie ont esté d'opinio contraire, partie se sont remis à la volon de noslre sainct père. Je n'en puis recueil information plus ample par le mesme desdi avis.» (Lumbassad. du roi de France à Rom 5 mai 1562.)

486. « Vous advisant , Sire, que depu hier les docteurs en théologie , qui sont i< au nombre de quatre-vingt-sept ou hui( tous Italiens et Espagnols , réservé trois ( quatre Allemans, ont commencé à disput l'article de la communion du Saint-Sacn ment soubs les deux espèces, et continu ront jusques à ce que tou6 en ayenl dit le advis : puis les évesques en opineront (Lansac au roi, 11 juin 1562).

487. « Vous advisant que hier on ache d'opiner sur la communion sub utraque : quoy toutesfois je ne voy point encores résolution pource que le concile est pai en trois ou quatre opinions : les uns, ju ques au nombre de cinquante des plus sç vants, sont d'advis de la concession simpl

SECT. V. DES FORMALITES JURIDIQUES

menl, selon qu'il a esté requis par l'empereur et le duc de Bavière : les autres, du nombre desquels sont presque tous les Espagnols, sont absolument à la négative : et les autres veulent qu'on envoyé des légats es païs pour lesquels on fait telles poursuites, pour informer s'il est convenable de faire ladite concession et avec quelles conditions : je pense que nos prélats viendront bien encores à temps pour en dire leur opi- videtur, illustrissime reformatione. Car il me

491. «Je croiy que les prélats qui ont opiné devant moy, ont tous déclaré que l'ordre des cardinaux n'a pas besoin désire réformé, à cause du respect qu'ils leur portent. Mais, pour moy, je déclare au contraire, que c'est ce mesme respect qui me porte à soutenir maintenant, que les très-illustres cardinaux ont besoin d'une très-illustre réforme: illustrissimi cardinales indigent , ut mihi quidem

. nion. » (Lansac, à l'ambass. de Rome, 7 sept. 1562).

4-88. « Car, cejourd'huy depuis disner, à la congrégation l'on a proposé des articles ! de réformalion où il y a beaucoup de contradictions et diversité d'opinions, et ne sçay si ,demain au matin ils se pourront accorder : outre cela, il faut encore vroir les articles delà doctrine de la messe, qui ont esté réformez selon les annulations des Pères, et ne s'il y aura rien à contredire et réformer. » ( Lansac à fambuss. de France à Home, 14 sept. 1562.)

489. « Car, comme vos ambassadeurs vous escrivent, il se treuve maintenant tant de difGcultez es matières que nous commençons à mettre sur le bureau, et qui appartiennent à la réformation de l'Eglise, qu'en-

semble que la vénération dont je les honor:% seroit plus humaine que divine , et plus en apparence qu'en vérité, si je ne souhaitois que leur conduite et leur réputation fust aussi pure et inviolable que leur dignité est éminente. Comme ils sont des fontaines dont les autres doivent boire, ils doivent d'autant plus prendre garde qu'il n'en sorte que des eaux très-pures, et la première chose que je souhaiterois qu'ils daignassent changer euxmesmes, est la manière dont ils traitent aujourd'huy les évesques.

492. « Il ajouta , que l'autorité épiscopale avoit esté comme anéantie , depuis que l'on avoit introduit ce nouvel ordre des cardinaux, qui esloit inconnu à l'ancienne Eglise: qu'ils avoient toujours esté mis au rang des

Ire tant de Pères qui ont à dire leur opinion, autres prestres et des diacres, et que ce n'es

il est malaisé qu'il n'y ait delà longueur: toitquedepuisle dixièmesiècle qu'ils avoient

joinct que s'il y en a de trop libres, il n'y a commencé de s'élever au-dessus de leur état,

point de faute de bon nombre de gens de mais qu'ils n'avoient pas osé tout d'un coup

bien pour les retenir. Et voyant que ce concile prend tous les jours courage de bien faire, les difGcultez qui se présentent ne m'ostent point l'espoir de quelque bonne et heureuse fin : à quoy nous besongnons tous les jours estans ensemble cinq bonnes heures » ( Le cardinal de Lorraine au roi, 16 décembre 1562),

490. « Nous craignons que n'ayons grand trouble sur le premier poinct de la prochaine session, qui est de promotione episcoporum pour autant que les princes et les évesques faits par eux veulent faire approuver leurs nominations et condamner les

se comparer aux évesques : qu'ils les avoient encore reconnus pour leurs supérieurs jusqu'au douzième siècle; et qu'alors ils s'estoient tellement élevez au dessus d'eux , qu'ils les fouloient maintenant aux pieds, et les tenoient dans leurs palais au rang de leurs serviteurs : qu'il n'y avoit point d'espérance de pouvoir apporter une véritable réformation à l'Eglise, jusqu'à ce que les évesques fussent rétablis dans l'autorité qui leur est due : qu'il ne regardoit en cela que l'ordre de Dieu, dont saint Paul dit que c'est luy-mesme qui a placé chaque membre dans le corps de Jésus-Christ, qui est son église,

élections; et le pape prétend non-seulement le selon le rang qui luy est propre : et qu'enfin

droict de confirmation, mais de toute disposi- considérant ce que les évesques et les cardi-

tion de tous bénéfices. Cela a esté débatu desia naux estoient autrefois , et ce qu'ils esloient

par plus de six semaines en la congrégation aujourd'huy, il ne pouvoit pas ne point dire

des évesques et n'avons esté que neuf ou dix en gémissant devant Dieu, et en se plaignant

Trançais, qui ayent demandé que les élec- à l'Eglise de l'Eglise mesme: Ab initio non

lions fussent remises; voyans que n'y pouvions parvenir, et que cependant on renversoit l'ordonnance de toute l'ancienne Eglise, nous avons requis qu'on ne fist expresse mention des nominations des roys, ny des élections , ny de la confirmation du pape ; mais qu'on ordonnast en quelque sorte, que les évesques fussent promeus, qu'ils fussent examinez in capitulo vacantis ecclesiœ a metropolitano et comprovincialibus episcopis, tins doctis adhibitis. Les Espagnols ne le veulent pas , et pensent estre impossible qu'ils ayent jamais un mauvais roy, les Italiens consentent avec eux facilement et aucuns François, qui ont des neveux ou autres parens protonolaires qui seroient excluz des éveschez» (Cl. deSainctes àCl. Despense, 18 iuill. 1563}.

fuit sic » (Vie de Barthélémy des Martyrs, par Godeau).

493. Les théologiens abusèrent de la latitude qu'on leur avait laissée. Les Pères s'en plaignirent dans une congrégation générale qui eut lieu après la treizième session ; et pour empêcher pareil inconvénient de se reproduire, comme pour mettre de l'ordre dans les discussions, on joignit aux questions sur l'extréme-onction qui leur furent soumises les trois décrets suivants que nous tirons de Fra-Paolo :

494. 1° « Que les théologiens prouvassent leurs avis par la Sainte Ecriture, par les traditions apostoliques, par les conciles et les constitutions des papes, par le témoignage des Pères et par le consentement de l'Eglise Catholique, sans s'arrêter à des questions inu-

B-7 DISCUSSION DES OîiJ ECTIONS

liies, ni aux chicanes de l'école, et sans s'étendre trop en paroles.

495 2° « Que les téologiens envoies par le pape parlassent les premiers; ceux de 'Empereur les seconds ; ceux de Louvain, envo es par la reine de Hongrie , les troisièmes ; ceux des trois électeurs, les quatrième» ; les clercs séculiers ensuite, selon leur ancienneté, et puis enfin les réguliers, selon la prééminence de leurs ordres.

496. 3° « Que les congrégations se tinssent deux fois le jour , le malin depuis huit heures jusques à onze ; et l'après dinee, depuis deux jusques à cinq.

497 Rapprochez ce règlement et les ex traits qui précèdent, des inculpations que nous avons vues, et expliquez-nous, s. vous Te pouvez, comment elles ont pu trouver du crédit parmi les personnes sérieuses, au point de faire dire à Jurieu que la servitude du concile était d'une si grande notonete, qu'il faudrait une hardiesse inconcevable Sour la révoquer en doute, et, a Yargas, ou à son éditeur, que les questions étaient examinées et décidées en cachette.

> Les présidents n'admirent a examiner,

DISCUTER ET PREPARER LES QUESTIONS, QUE LES^ ÉVÊQUES OU DES THÉOLOGIENS CATHO- LIQUES.

498 II Y eut trois raisons fort bonnes pour ne pas admettre les théologiens protestants dans les congrégations. La première, cest qu'ils refusèrent d'abord de venir au conçue fooy. section 8),eUorsque, par complaisance ou Par crainte, quelques-uns d'entre eux se déterminèrent à y paraître, ce fut pour élever les prétentions ridicules que les Liais nrotestanls avaient arrêtées et que nous avons déjà examinées dans la section quatrième. La seconde, c'est qu'Us ue ^disputaient pas de bonne foi. On le vit dans les différents colloques qui eurent heu tant en Allemagne qu'en France. On le vit a 1 rente, lo -qu'ils y parurent. Nous le voyons dans e "allégations diverses qui passent sous nos yeux. La troisième, c'est que l'examen d une doctrine nouvelle, contraire a 1 enseignement de Jésus-Christ, a, de tout temps appartenu à cette Eglise, et ne peut appartenir qu'à elle. Elle le fait par ses eveques a qui le dépôt de la science a été confie, a qui les lumières de l'Esprit-Saint sont promises. Parmi eux, il n'y a pas de choix a faire e f F "lise n'en a jamais fait, quand il a été question d'assembler un concile œcuménique. Ils furent tous convoques a Trente. Nous renvoyons à la bulle de Paul III ceux qui auraient quelques doutes a cet égard.

5- Les présidents , pour obtenir une MAJO- RÉ DONT ILS AVAIENT BESOIN , ATTENDI- RENT QUE LE PAPE EUT CRÉÉ DE NOUVEAUX ÉYÊCHÉS ET FAIT D'UN SEUL COUP QUARANTE ÉVÈQUES QU'IL EXPÉDIA DE SUITE AU CON- CILE.

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