Quel que soit le prétexte sous lequel
cques Naclanteou Nacchianli se soit retiré
Trente, et le molif qu'il eut de ne pas res-
• plus long-temps, il est certain qu'il n'as-
tait pas à la cinquième session el aux
ivanles. Mais on le voit reparaître sous
••les III, à la treizième session, et sous
IV, à la reprise et continuation du con-
iî.
i)48. « Dans la congrégation du 1" décem-
1' 1562, Melchior Avosmédian, évesque de
tadix, parlant sur l'endroit du dernier ca-
t », où il est dil que les évesques apellés par
1 pape sont vrais et légitimes, dit que cete
Pression ne lui plaisoil pas, y ayant des
ésques, non apellés ni confirmés par le
P»e, qui ne laissoient pas d'eslre de vrais
eégiiimes prélats, témoins les quatre suf-
fiçans de Sallzbourg, qui sont ordonnés par
c archevesque et ne se font point confir-
I0, par le pape. Mais Simonelta l'inlerrom-
Ip disant que Sallzbourg et quelques autres
Ipaats lenoient ce privilège du pape. Là
|d< us F. Thomas Casel, évesque de Cava,
let e patriarche de Venise crièrent tout à
Ici3 qu'il le faloit chasser comme un schis-
IjJ'ique; et Gilles Falcctle , évesque de
|C; rie, cria encore : Hors d'ici, schismali-
ll1 (2). D'où il s'éleva une grande rumeur
■ei e les prélats, qui se mirent à murmurer
Nous aurions besoin de voir le texte original de >onse du pape, pour croire à la menace que lui
« ici Fn-Paolo.
1 D'autres crièrent : Analhème! anathème! qu'il
}'1;>rùlé, c'est un hérétique ( Pallav., lib. xix ,
H" 5). Note tJ'Ainelot.
mule son chagrin, dit en présence de plusieurs prélats romains que l'on avoit poussé l'insolence à l'excès ; que Guadix n'avoit point parlé mal à propos; que si ce prélat eust esté François, il en eust apellê pour lui à un concile plus libre ; et que si l'on ne laissoit la liberté de parler, les François ne manqueroient pas de se retirer pour aler tenir un concile national en France. En éfet l'on reconnut si bien que cet évesque n'avoit point mal parlé, que l'on corigea le canon en y metant : Episcopos qui auctoritate romani ponlificis assumuntur, au lieu de : Vocatos a pontifice romano (p. 617).
549. « Ensuite Manloue se plaignit du bruit arrivé le jour précédent, déclarant que si les Pères ne parloienl à l'avenir avec le respect dû aux légats, qui représentoienl le pape; aux cardinaux el aux ambassadeur-;, qui représentoienl les princes, et d'une manière convenable à leur caractère, ses collègues et lui sorliroient de la congrégation, pour ne pas voir un si grand désordre.... Cava nonseulement ne voulut point demander excuse de son emportement, mais non pas même écouter l'avertissement de Manloue, bien qu'il fut général, disant que si l'on ostoit les causes, les él'ets cesseroient aussitôt; que si Guadix l'eut ofensé lui seul, il l'eut soufert par charité chrétienne; mais que, comme la charité veut que l'on soufre les injures que l'on reçoit en particulier, elle exige au contraire un vif ressentiment de celles qui sont faites à Jésus-Christ, dont la majeslé est ofensée quand on alaque l'autorité de son vicaire : de sorte qu'il avoit bien et 1res bJen parlé. Ce qu'il confirma par d'autres paroles semblables aux premières, lesquelles tous les Pères taxèrent d'insolence et de témérité » (p. 618). .550. S'il y eut, ce jour-là, dans la congrégation des évéques une séance orageuse, ce n'est pas certes qu'on y manquât de liberté, mais bien plutôt parce qu'il y en avait trop ; car la licence est un abus de la liberté et non pas un effet de la servitude.
551. Selon son habitude, Fra Paolo altère les faits ei se mel en contradiction avec luimême ; il donne à entendre que Thomas Casel, évêque de Cava, et le patriarche de Venise crièrent tout à coup qu'il fallait chasser comme schismalique l'évéque de Cadix. Quelques lignes plus bas, il nous apprend qu'il y avait eu discussion entre l'évéque de Cava et celui de Cadix, et que c'est dans ta chaleur de la dispute, et après une provocation, que le premier s'était oublié au point de donner lieu aux légats de faire une remontrance générale.
552. Ces choses se rencontrent si souvent dans Fra-Paolo, que, malgré le désir de trouver en faute le concile de Trente, les protestants auraient dû les apercevoir, et nena»
DISCUSSION DES OBJECTIONS CONTRE LE CONCILE
admettre comme incontestables les asser- ques recouvrassent la collation de tous le!
tions d'un historien qui so joue de son lec- bénéfices de leurs diocèses. » Ne serait-ct
teur avec aussi peu de pudeur qu'il se joue point là le motif véritable du refus qu'il
de l'Eglise, et qui ne se soucie pas plus d'être éprouva de la part des officiers de la coui
vrai que de paraître bon chrétien. romaine? dans tous les cas il ne faut pas
553. C'est sans doute pour semer plus d'in- confondre le pape avec les officiers de sa
térêt sur ce récit que Jurieu fait donner un soufflet à lVvêque de Cadix et lui fait arracher la barbe par l'évêque de Cava, qui était l'un des commissaires du concile, ainsi qu'on le voit par les lettres de Visconli (t. Il, p. 87).
554. L'évêque de Cava était un de ces cinq ou six brouillons que le pape entretenait, selon lui, pour rompre en visière à tout le inonde. On voit, par la manière dont il fut traité en cette circonstance, comment les légats et le concile supportaient son humeur pétulante, et le cas qu'il faut faire de ce que rapporte ailleurs Fra-Paolo de ces mêmes individus.
555. « Il y avoit à Trente, di-il, une bande d'évêques pensionaires du pape (V. n" 337), lesquels dépendoient tous de Simoneto, comme de celui à qui Sa Sainteté conduit principalement son secret. Ce légat, personage d'un esprit fin et pénétrant, les employoit chacun selon leur propre caractère. Dans ce nombre, il y en avoit quelques-uns qui mêloient la hardiesse avec la plaisanterie, et ces esprits lui servoient, dans les congrégations, à interrompre et déferrer ceux qui parloient de choses qui lui déplaisoicnt : ce qu'ils faisoient, soit en agaçant les gens, ou en les tournant en ridicule par quelque raillerie fine, à quoi ils s'enlendoient admirablement, mais toujours sans s'émouvoir et sans se commelre. Les bons services qu'ils rendirent au pape et à Simonete méritent bien que je les fasse connaître. C'étoient les évéques de Cava et de Capo d'Islria, Pompée Zambeccari, évêque de Sulmone, et Barlhélemi Sirigo, évêque de Castellanelc (p. 510).
556. « Cava, dit Amclot dans une noie, p. 582, Capo distria, Sulmona et Castellanela, qui étoient paies des légats pour ridiculizer les ultramontains. Aussi les apelloiton les quatre boutons du concile. »
557. L'évêque de Ségovie s'appelait Martin Ayala et non pas Perezius. Le pape ne défendit pas d'examiner la cause qu'il avait à Rome. Mais la Rôle ne voulut pas l'examiner, et l'un des auditeurs de cette cour dit à son procureur que cet évêque était suspect d'hérésie : « ce qui mit en rumeur, dit Fra-Paolo , non-seulement les Espagnols , mais encore tous les Ultramontains, qui se plaignirent que la cour de Rome forgeoit des calomnies contre ceux qui n'adhéroient pas à toutes ses volontés. » (p. 658.)
558. C'est en 1563 que cela se passait à Rome. Or, l'année précédente, ainsi que nous l'apprend Fra-Paolo lui-même, « l'évêque de Ségovie avoit refusé d'admèlre à un bénéfice de son diocèse un prêtre pourvu par le pape ( p. 592 ), ajoutant , selon que quelqu'un le dit à Visconli (Lettre, ^octobre ) , qu'il n'appartenoit point au pape de pourvoir aux bénéfices de son église , et qu'il feroit on sorte que les évé-
cour, ainsi que le font continuellement les protestants.
559. Fra Paolo ne parle nulle part de l'a« poslrophe qu'aurait reçue l'évêque d'Orense, ce qui donne lieu de présumer qu'elle s'adressait à un autre ou qu'elle n'était pas de nature à être relevée. Quant à l'évêque d'AlisIe, nous avouerons humblement que nous ne le connaissons pas. C'est la seule raison pour laquelle nous ne faisons aucune réflexion sur le fait qui le concerne.
560. Nous avons vu dans le paragraphe précédent qu'il n'y avait pas de pensionnaires du pape à Trente. Serait-il vrai que les prélats, secourus par ses libéralités, se fussent engagés ou se crussent engagés à n'avoir d'autre volonté que la sienne Nous n'avons aucune raison de le penser (1). Ces! gratuitement aussi qu'on suppose qu'il y avait des promesses faites et des engagements pris envers ceux qui défendaient l'autoriU! du saint-siége avec le plus profond dévouement. Le fait serait-il prouvé que nous aurions quelques raisons de ne pas le condam ner avec trop de sévérité, attendu que le ro d'Espagne usait positivement de cet expé dient pour stimuler le zèle de ses prélats (2 et que les moyens de défense qui sont im posés par l'attaque laissent à la charge d celle-ci ce qu'ils peuvent avoir d'odieux.
9° LES PRÉSIDENTS N'ADMETTAIENT , DANS LE CONGRÉGATIONS PARTICULIÈRES , QUE CEU QU'ILS AVAIENT CHOISIS EUX-MÊMES. - Il NOMMAIENT LES COMMISSIONS.
561. Il n'y avait pas d'autres congrégfi tions que celles que nous avons fait conna tre d'après Fra-Paolo. Tous les théologie! étaient admis , sans exception, dans cel qui était chargée de discuter les articli proposés. Tous les Pères étaient reçus ég; lement dans celle qui préparait les articl et formait les décrets.
562. En faisant cette objection, on a voul dire, sans doute, que les présidents choisi! saient eux-mêmes les membres des commif
(1) Nous avons lu, nous ne savons plus dans mj liisiorien.quol'undes papes sous lesquels It; concile ' Trente fut célébré, éloit si mécontent des évé'i italiens qu'il secourait, qu'il disoii que tous les é'J ques lui étoieul contraires, et qu'il nourrissoi" Treuie une armée d'ennemis.
(2) Le même comte, selon ce qu'on vient de ml dire, s'entretient soigneusement avec tous les piéj vassaux du rai d'Espigne ou qui ont des liéuéli dans ses Etais, en les exhortant , de la part <l<'| Majesté, à être unis pour le service de Dieu, et saint-siége, leur disant, qu'il a ordre de lui don| spécialement avis de leur procédé, et que Sa Maj'i tiendra un registre particulier de ceux qui se c porteront selon son désir, qui n'aboutit pas n«l moins à leur faire dire aucune chose qui soit cof leur conscience. (Visconli, 15 avril 1565.)
SECT. V. DES FORMALI IT.S JIRUUQUKS.
sions particulières qui étaient quelquefois établies. Mais cela n'est pas vrai. Les commissions particulières n'étaient nommées par les présidents du concile que lorsque les Pères les chargeaient eux-mêmes de ce soin (1).
10° LES PRÉSIDENTS FAISAIENT FAIRE OU SOUF- FRAIENT QUV.N FIT DES EXTRAITS INFIDÈLES DE LA DOCTRINE DES PROTESTANTS, ET QU'ON ALTÉRÂT LES ACTES DU CONCILE.
563. Si on avait osé faire des extraits infidèles de la doctrine des protestants, les évêques et les théologiens qui avaient lu leurs livres, se seraient récriés vivement contre l'auteur d'un travail semblable. Ils l'auraient humilié et couvert de confusion en démontrant publiquement son ignorance ou sa mauvaise foi; et dans le cas où personne n'aurait réclamé contre une pareille
infidélité , tout inconcevable quelle aurait élé. il serait arrivé infailliblement que les décrets portés en vue de la doctrine des protestants ne l'auraient pas atteinte. 11 suffirait d'en lire les considérants ou d'en examiner la teneur pour s'apercevoir qu'ils auraient élé faits d'après une fausse appréciation de la doctrine que l'on avait le dessein de combattre.
564. L'accusation d'avoir altéré les actes lu concile ou d'avoir pu les altérer, est peul- Ure plus extravagante encore, attendu que es actes étaient à l'instant même de leur édaciion publiés et remis entre les mains le tous ceux qui avaient concouru à l'acompljssement des choses qui s'y trouvaient elalées. Nous allons exposer du re^le, dans ouïe sa gravité, le fait qui l'a motivée.
' 565. « Dans la vingt-cinquième session qui it la dernière du concile de Trente, et qui tint le vendredi 3 de décembre 1563, le ?crétaire s'étanl avancé au milieu de l'asîmblée demanda aux Pères s'il leur plaisait u'on mil fin au concile, et que le président les légats, au nom de tous les Pères, deandassent au pape la confirmation de tous s décrets qui y avaient élé faits, tant sous •n pontifical, que sous ceux de Paul ill et 'Jules III. Les actes du concile que nous ons aujourd'hui portent que les évêques pondirent que cela leur plaisait ainsi, sans ire mention d'aucune opposition ; mais ceux "i ont été publiés par Raynaldi, dans ses Ailles ecclésiastiques, disent que l'archcvêe de Grenade déclara qu'il conseillait bien a conclusion du concile, mais non à la •mande de la confirmation. El ceux qui fujnl imprimés à Paris, en 1564, chez M. Jean icé, à la montagne de saint Hilaire, aussi n que la iraduction française de Genlien Ifvet, imprimée dans la 'même année à *'ms, par Jehan Foigny, portent qu'il y en Irois qui ne demandèrent pas la confir-
I) On recueillit ensuile les voix pour choisir les
esrpii doivent former les canons du sacrement de
[™ iage, ci on en convint aussi de la même façon ,
aucune dispute , chacun ayant consenti qu'il»
Wtiriit (Mus n:,| Ï'J 1563.)
!• s seigneurs icg;iis. (Tiscouli, 21
malton.Ces variétés répandent quelque soupçon sur la fidélité des actes de ce concile, qu'on a insérés dans nos éditions des Con-f cikv. » (Ilîst. de la récept. du conc. de Trente, t. I, p. 1.)
566. Le fait aurait quelque gravité, si le concile avait été dans l'usage de mentionner le nombre des voix qui s'étaient opposées à l'adoption de ses décisions, ou si l'unanimité des votes avait été requise pour décider légitimement ; mais il n'en était pas ainsi, on tenait pour adopté les articles de réformalion quand ils avaient réuni la majorité des suffrages , et ceux de doctrine quand ils avaient réuni la presque totalité. Or, les articles ainsi adoptés étaient signés par tous les Pères indistinctement. On ne s'écarta qu'une seule fois de cette pratique, ce fut dans la session où fut arrêtée la translation du roncile à Bologne.
567. Les notaires du concile firent donc en celte circonstance ce qu'il avait élé convenu de faire habituellement. Genlien Hervet assista comme théologien à la conclusion du concile de Trente; c'est peut-être sur son manuscrit que fut faite l'édition latine de Paris. Dans tous les cas il ne faut y voir, ainsi que dans la traduction de ce docteur, qu'une remarque particulière, faite probablement avec quelque dessein, mais qui ne doit nullement donner lieu de suspecter les actes authentiques du concile, qui ont dû être et ont toujours élé en effet tels que nous les avons aujourd'hui ; on le voit par l'édition de Rome (1).
11° LES PRÉSIDENTS NE LAISSAIENT EN UN MOT AUCUNE ESPÈCE DE LIBERTÉ AU CONCILE, LE DIRIGEANT A LEUR GRÉ, ARRÊTANT D'AVANCE LES DÉCISIONS QU'IL DEVAIT PRENDRE, ET FAISANT RÉVOQUER SANS FAÇON A ROME CELLES QUI NE LEUR CONVENAIENT PAS.
568. Fra-Paolo dit de son côté que « les Pères, et surtout les prélats espagnols, so plaignoient réciproquement, dans leurs entretiens particuliers, du pape et de sa cour : du premier, parce qu'il lenoit en servitude le concile à qui il devoit laisser la liberté entière de traiter et déterminer toutes les questions, sans s'en mêler nullement: au lieu que rien ne s'y proposoil, que ce qu'il plaisoit aux légats, ou plutôt au pape, dont ils ne faisoienl qu'exécuter les volontés. Jusquelà même que lorsque l'on voioit un nombre d'évêques du même avis sur une matière, on leur oloit la liberté de parler; que le concile qui devoit êlre libre et exempt de toute prévention, concurrence et intervention de puissance étrangère, recevoil la loi pour les points qu'il devoit traiter; et, après les avoir décidés, étoit sujet à la censure et aux limitations de la cour de Rome. » (pag. 490.)