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peut-être elle eût été réalisable dans le principe; mais que les ambassadeurs étant actuellement en possession de se présenter à l'assemblée, quand ils le trouvaient bon, il était difficile de leur imposer une loi qui entravait cette liberté. D'ailleurs, pour faire accepter cette décision , il eût fallu en déguiser les véritables motifs ; car les Français étaient sourds à une proposition , quelle qu'elle fût, dès-lors qu'elle laissait apercevoir qu'on mettait en doute les prérogatives de leur nation.
7. Les légats avaient donné à Commendon des instructions spéciales (1) à ce sujet, le chargeant de dire au comte que tous leurs efforts n'avaient pu amener les Français à se rendre aux vœux manifestés par lui à Lancelotti ; qu'ainsi il avait à prendre conseil de lui-même, touchant le parti auquel il s'arrêterait ; que peut-être sa présence suffirait pour aplanir ces obstacles ; mais qu'il en . resterait toujours d'autres plus insurmontables, savoir ceux qui avaient rapport au?: cérémonies de l'Eglise, comme l'ordre dans . lequel les ambassadeurs recevaient la paix I et l'encens , l'ordre des entrées et des sor-
mettaient d'autant plus de chaleur à soutenir leur sentiment que leur petit nombre faisait regarder à chacun cette cause comme étant la sienne propre, et que la difficulté le la défense la leur faisait envisager comme plus honorable.
L'autre question controversée consistait à savoir s'il était à propos d'annuler à l'avenir les mariages clandestins. Personne, jusquelà, ne niait que l'Eglise pût le faire (1). Et Soave se trompe en attribuant une négation de cette sorte au doyen de Paris, et en racontant qu'il s'éleva entre lui et Salmeron un grave démêlé à ce sujet. Non-seulement le discours du doyen, discours reproduit très au long dans les Actes, ne présente pas un seul mot qui puisse appuyer cette accusalion ; mais l'évêque de Modène, qui était présent, rapporte précisément le contraire dans ses lettres au cardinal Moronc.
2. Vers ce temps-là, l'empereur manda au cardinal Madrucci (2) de se rendre en toute hâle à Inspruck. Le cardinal partit (3) le 17 février. Le même jour Commendon rentrait à Trente (i). 11 n'avait point traité avec le cardinal de Lorraine (5) à la tour, puis-
ses, circonstances où la prééminence devait qu'il était sorti d'Inspruck avant que le ca
nécessairement apparaître dans tout l'éclat , de son triomphe.
On raconte d'un Grec qu'il persuada à une mère de livrer son fils à la mort; peut-être i son éloquence n'eût-elle pas également réussi i à persuader à un grand de céder le pas à un concurrent. On sait que dans cette dernière lutte, celle de l'honneur, les rivaux comptent souvent pour rien de s'exposer eux-mêmes au danger de perdre la vie.