Promissis dives quilibet esse potesl
.o Hoi Catholique, le souverain ponlife et un ;rand nombre de princes avaient, il esl vrai, nontré beaucoup de zèle pour les intérêts le la France; mais c'était des Pères que le oi, la reine et tout le royaume attendaient es principaux et les plus puissants secours.
des inconvenantes risées. Il répondit aux légats que, s'ils ne pouvaient se débarrasser de cet importun par quelques moyens plus couverts qu'il leur indiquait, ils eussent à le chasser publiquement, comme (2) scandaleux (t comme inditjnc de siéger dans cette assemblée. M;.is les légats (3), voyant qu'ils devaient être eux-mêmes les exécuteurs de cet ordre, commencèrent à comprendre qu'il est plus difficile d'agir que de parler. Leur première indignation se calma, et ils crurent qu'il leur était plus avantageux d'être accusés d'une excessive tolérance, que de laisser apercevoir dans leur conduite la plus légère ombre de violence. Us détournèrent donc le pape des moyens extrêmes qu'ils venaient de lui conseiller. Il ne paraissait pas trop possible, écrivaient-ils, d'appliquer les différents genres de peines proposés par Sa Sainteté, et comme on n'en trouvait pas d'autres, ils jugeaient plus convenable de se renfermer dans les bornes d'une réprimande pacifique
(1) Leilre vies légats au cardinal Borromée, 11 lévrier 1505.
(2) Leilre du cardinal Borromée aux légats, 20 le • vner 1503.
(ô) Leilre des légais au cardinal Borromée , l,r mars 1503.
Ijjg HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. 160
Une autre raison pour laquelle ils adoptèrent qu'avaient remplis le cardinal de Trente, son re parti fut peut-être que leur indignation oncle, et le cardinalPacneco, sous le pontis'était non-seulement refroidie, mais encore ficat de Paul, et quand, sans même remonqu'elle s'était déchargée. Ils croyaient avoir ter jusque-là, il se mettait en parallèle avec assez puni le coupable en le dégradant dans le cardinal de Lorraine, qui avait actuellel'opinion du souverain pontife, et il leur sem- ment une si large part aux affaires. Mais blait que l'empressement de celui-ci à ré- tandis que le cardinal Madrucci ne faisait primer l'audace de l'évêque, avait aussi suf- que gémir à voix basse, comme un homme fisamment vengé leur dignité méprisée : ce qui s'efforce de comprimer quelque secrète qui prouve qu'ilest très-difficile aux hommes, douleur, le prélat français s'échappait , à la lorsqu'ils s'agit d'infliger des châtiments, de moindre occasion , en plaintes bruyantes, ne pas confondre un légitime courroux avec comme quelqu'un que l'indignation soulève. un zèle légitime. Ce dernier toutefois s'efforçait de ne pas dépasser les bornes de la modestie. 11 exagé- CHAP1TRE III. rait, il est vrai , le déshonneur qui retombait sur lui, mais il affectait de ne pas tant Visconli,à son retour de Rome, trouve le s»en émouvoir pour lui-même que pour le cardinal de Lorraine et le cardinal Ma- bjen public. Il était profondément affligé de drucci mécontents. — Le cardinal de Lor- vojr qUe quelques Italiens, tout en paraisrame va visiter l'Empereur à Inspruck. — sant embrasser avec ardeur la défense du Instructions du pape relatives à la conli- papej ne faisaient au fond que nuire à ses nuation du concile, à la liberté , à son véritables intérêts. ( Ce reproche, comme voyage de Bologne , à la conduite passée Visconti le sut de Pellevé, s'adressait surtout des légats et à la coucurrence des orateurs. a l'archevêque d'Otrante, qui,eneffetd'après
. tout ce que je lis sur son compte dans les 1. Les légats avaient plus besoin d em- mémoires contemporains , manqua de moplçyer leurs soins a apaiser les grands qu a dération dans ses paroles et dans ses actions, châtier les petits. Visconti, a son retour de et donna piusieurs fois des preuves d'un zè- Rome, avait trouve le cardinal de Lorraine ïe trop peu circonspect.) Souvent aussi le (1) et le cardinal Madrucci mécontents. Le carditial parlait delà haute idée que l'on premier s'affligeait, parce qu il croyait avoir avait de sa puissance et des services qu'il perdu une partie de sa gloire dans des ne- rendait au pape ; mais il le faisait par négociations dont il espérait retirer beaucoup nière de récit> et non comme Un homme qui d'honneur. 11 ne pouvait dissimuler son hu- se prodigue à lui-même un ridicule encens, meur chagrine, en voyant que ni les canons u racontait que les huguenots demandaient qu'il avait dresses sur institution des evê- un concile national, et qu'ils l'y avaient inques, ni son décret sur la résidence, n étaient vilé dans ,a pensée, manifestée par eux,qu'on approuves, et que même ses efforts,™ lieu réussirait ainsi à mettre finaux désastres de calmer 1 agitation générale, n avaient de la guerre et à calmer l'agitation des esfait qu'exciter une tempête plus violente. prits . mais qu>iX n'avait point voulu se Mais il ne s en tint pas la ; et commençant rendre à cette invitation, alléguant qu'il ne dès lors a parler le langage des mécontents, lui 6tait pas permis d'assister a une assemil dit que dorénavant il ne voulait plus ac- blée particulière , tandis qu'un concile œcucepter aucun emploi public, et qu il se bor- ménique était ouvert dans la chrétienté. 11 nerait a ses devoirs ae simple part.cul.er; disait aussi qu>on avait orle plainte conlre que cependant il ne laisserait pas de se rendre lui en France, parce qu'il ne s'était pas utile aux légats quand il le pourrait, s unis- montré assez ferme dans plusieurs circons sant au reste des Pères pour ramener la tances, et en particulier parce qu'il n'avait paixausein de 1 assemblée. Le card.nalMa- pas fait tout ce qui dépendait de lui pour drucci éprouvait bien aussi quelque peine ; quM1 fût déclaré que la résidence est de prémais cette peine ne lui venait pas du peu de cepte divin. En parlant des préparatifs de succès du décréta la rédaction duquel il avait son voyage d'Inspruck et des futures négopris part: car ce prélat savait bien que le ciati0ns avec l'Empereur, il affirmait que le cardinal de Lorraine, son collègue était re- seuim0yen de terminer promptement et heugarde comme 1 ouvrier principal, et que sur reuSement le concile était d'accorder quelle ?eJai,,1'?saélt °u !a l0#uanP ou ,c flame« que chose aux princes , et qu'ainsi ils se Il lui semblait, et c etait-la la cause de son liendraient pour satisfaits. Le cardinal avait chagrin, que les présidents, au lieu de le déjà manifesté sa pensée à cet égard, au soutrailer comme un personnage de naissance verain ponlife l'entremise de Gualtieri. illustre, faisaient peu de cas de sa personne j, étail surtout d<avis .Qn se rendîl au dé et le laissaient languir dans la fonle des sir de Leurs Majestés pour l'usage du caévêques ordinaires. En effet il n était près- Iicc. El> bien qUeJGuallieri lui eût (1) rcpréque jamais initie aux négociations impor- senlé Je touJ ,es Francais ne partageaient tantes , et son autorité ne dépassait guère as son sentiment, et que même il était comcelle des simples prélats. Son intervention battu ,e chef ecclésiastique de la princiau concile lui paraissait trop peu glorieuse, le vi,,e du royaUme , c'est-à-dire par l'arquand il la comparait aux rôles brillants chevéque de Paris , le cardinal soutenait
(t) Lettres de Visconti au cardinal Borromée, 3, 11 (1) Lettre d<Gualticri au cardinal Borromée, !7d<$<
et 15 février 1563. çembre 1563.
qu'à moins de faire cette concession, il était impossible d'avoir la paix avec les Impériaux et les Français , dût le concile se prolonger encore deux années. Or , d'un autre côté, il donnait avis de son départ dans le cas où l'on ne serait pas en mesure de Gnir pour la Pentecôte.
Les infidélités des subalternes sont une source decalamités pour les grands. Yisconti s'aperçut bientôt que le cardinal de Lorraine avait eu communication de différentes lettres écrites, contre lui, au cardinal JBorromée, par quelques membres du concile. Le prélat français n'ignorait pas non plus que certaines instructions secrètes étaient venues de Rome aux légats : il avait appris, en particulier, qu'on les autorisait à consentir au changement de ces deux mots , l'Eglise universelle ; mais cette dernière nouvelle (1) fut comme celle que le bruit du tonnerre donne de la foudre, c'est-à-dire qu'elle l'informa d'une chose qui avait été, mais qui n'était déjàplus.En effet le souverain pontife, éclairé ou enhardi par la réponse courageuse de ses légats, avait dès lors refusé de leur envoyer le bref qu'ils demandaient comme une éclatante justification de leur conduite. Il avait révoqué ses instructions antérieures, et il voulait maintenant que, si on traitait de l'autorité pontificale, on n'enparlât niaveemoins de force, ni avec moins de précision que n'avaient fait le concile de Florence, les conciles et les Pères plusanciens,etquenefaisaient encore quelques-unsdes hérétiqueseux-mêmes, puisque l'électeur de Brandebourg, en écrivant au pape, lui avait plusieurs fois accordé les litres qui conviennent à son autorité sur toute l'Eglise. Le souverain pontife allait jusqu'à dire qu'il maintiendrait, au péril de sa vie, des prérogatives pour la défense desquelles un grand nombre de saints avaient combatlu non-seulement par leurs écrits , mais même par l'effusion de leur sang. Il désirait toutefois, ajoutait-il, que, conformément à la pensée qu'il avait plusieurs fuis manifestée, on laissât de côté les deux articles de la juridiction épiscopale et de la juridiction pontificale. Ces nouvelles instructions satisfaisaient pleinement les représentants du saint-siége, et Soave n'est point lans la vérité quand il dit que la nouvelle résolution du pape se trouvait en opposition îvec leurs sentiments.
2. D'autre part, Visconti sut, par le cardinal de Lorraine, que les Français n'étaient Joint disposés à souscrire aux expressions
itées plus haut, et qui étaient favorables à autorité pontificale. Le concile de Florence Vêlait pour eux d'aucune valeur, puisqu'il tvait été célébré concurremment et en opposition avec le concile de Bâle, et que ce derîier était préconisé par l'université de Paris.
3. L'évêque de Vintimille, en arrivant au oncile, ne dut pas non plus très-bien augu- ■er d'abord des dispositions du nouvel en-
oyé espagnol. Martin Gastelu avait, à Trente,
( I ) Deux lettres du cardinal Horromée, 10 el 1 i féner. Réponse des légats au cardinal, 18 lév. 1503.
plus d'autorité que Pagnano. On savait qu'il était envoyé immédiatement par le roi, et plutôt dans le but d'informer Sa Majesté Catholique, que d'assister le comte de Lune, dont la venue paraissait de jour en jour plus éloignée et plus incertaine. Donc Gastelu, comme il arrive d'abord à ceux qui ne sont pas encore instruits par l'expérience, partagea, dans le principe, les sentiments dont étaient animés la plupart de ses concitoyens : il répéta, après eux, que le concile ne jouissait pas d'une libertéenlière, à cause des menées des Italiens ; comme si les Espagnols et les Français eussent été exempts de ce dernier reproche, et comme si la cabale n'était pas plutôt l'indice que l'entrave de la liberté, la force de la raison ou la séduction des prières étant également impuissantes à gagner le secours d'une parole qu'on enchaîne. Il portait aux nues l'archevêque de Grenade, disant que le roi avait une si haute idée de son mérite, qu'il était prêt à l'élever à l'archevêché de Tolède, si ce siège venait à vaquer. Mais Pagnano commença bientôt à lui inspirer d'autres sentiments. Au reste, parmi les Espagnols, on comptait encore un certain nombre de docteurs distingués qui étaient comme autant de canaux au moyen desquels des eaux plus douces et plus pures se répandaient dans le royaume catholique ; et, parmi ces hommes d'élite, on peut citer en particulier Gaspard Cardillo de Villalpanda , procureur de l'évêque d'Avila au concile.
4. Mais l'Empereur, qui venait de se rapprocher de Trente, attirait, par-dessus tout, l'attention générale. Le cardinal de Lorraine (1) avait déjà dit aux légats que la reine lui avait recommandé, avant son départ, d'aller yisilerSaMajesté Impériale, et ils'élaitengagé à ne pas être plus de douze jours absent. Depuis, il ajouta que l'Empereur lui-même lui avait fait écrire par l'évêque des cinq églises, pour le presser de se rendre à Inspruck, parce qu'il voulait traiteravec lui de choses très-importantes. Pourtant Seldius, ministre principal de Ferdinand (2), s'enlretenant, là-dessus, avecCommendon,nia que cctleinvitalion eût été faite au cardinal. Quoi qu'il en soit, les légats, pensant que peut-être le prince avait informé le prélat français des divers objets de la mission de Commendon auprès de lui, feignirent de prendre les devants et Grent entrer Son Eminence dans le secret de cette affaire ; puis ils mandèrent le tout à Commendon, afin qu'il agît en conséquence avec le cardinal, à son arrivée.
Lorsque celui-ci eut été informé par les légats , il se contenta (3) de dire que partout où il se trouverait il ferait son devoir. Peutêtre pressentait-il qu'il avait besoin de n'employer que des termes vagues et généraux , afiu de se ménager une plus entière liberté
(1) Lettres des légats au cardinal Borromée, 8 et 11 février 1563.
(2) Relation de Commendon.
(ô) Letue des légais au cardinal Borrointfe, 11 février 1503.
dans ses négociations; peut-élre aussi vou- sujet par les présidents, et que, pour toute lait-il seulement donner de l'importance à la cette affaire, on envoyait aussi à Trente
démarche qu!il allait entreprendre , en se posant dans l'attitude solennelle que prennent volontiers tous les hommes puissants. Il se mit en roule le 12 février (1), après midi. 11 avait voulu entendre, le matin, Simon Vigor, célèbre théologien français, qui justifia pleinement la haute idée que l'on avait conçue de ses talents. Le cardinal emmena avec lui , pour lui servir de corlége et aussi pour le seconder dans ses opérations, l'élite des évoques et des docteurs de sa nation (2). 5. A peine le cardinal était-il parti de Trente, que l'évcque (3) de Noie y rentra. Ce prélat , comme nous l'avons dit, avait été envoyé par le cardinal de Mantoue au souverain pontife , pour le remercier de ce qu'il
quelques observations , sur lesquelles ils étaient invités à dire leur avis, aûn qu'on pût, après y avoir mûrement réfléchi , leur donner une réponse positive; que le pape voulait laisser au concile un pouvoir trèsétendu, et en particulier, lui permettre d'abolir l'empêchement de mariage provenant du lien de consanguinité au quatrième degré ; que la prorogation lui avait causé une peine extrême; que cependant, après en avoir examiné les motifs, il l'avait approuvée en tant qu'elle lui paraissait prudente; mais qu'il n'approuvait pas de même qu'on eût délégué le cardinal de Lorraine et le cardinal Madrucci , pour revoir le décret de la résidence , en leur abandonnant le choix des
avait donné la pourpre au jeune Gonzague , théologiens qui devaient composer le resté
neveu du légat. Les présidents surent, par l'évêque de Noie et par une lettre qui leur arriva à cette époque, que le souverain pontife ne voulait ni la translation, ni la dissolution du concile, de quoi ils ressentirent une joie extrême; qu'il ne se rendrait pas à Bologne, avant d'avoir été averti par eux de l'opportunité des circonstances; qu'il donnerail tous ses soins à la réforme, dont ils le priaient si instamment de s'occuper; qu'en examinant les demandes des Français , on avait tenu compte des notes écrites à ce
(1) Diario, 12; lettres de Foscarari au cardinal Morone, et de l'archevêque de Zara au cardinal Corna™, 15 février 1563.
(2) D'après les Actes, Vigor dit que le mariage, en tant que contrat, est indissoluble, et que, comme sacrement, il a quelque chose de plus, attendu qu'il confère la grâce , ce qui se fait au moyen de la bénédiction du prêtre. Il ajouta que les (ils de famille, qui contractent clandestinement, pèchent; mais que leur mariage est valide. M. Antoine Cochier, docteur parisien , dit que le consentement des parents n'est pas nécessaire., mais seulement expédient et de convenance. Il n'était pas à propos, selon lui, que l'Eglise rendît ces mariages nuls et les personnes illégitimes, fiés lors que l'acte est valide. Antoine Leitano, Portugais, avouait que l'Eglise reconnaît la validilé des mariages clandestins; mais il soutenait que, comme ils sont un lien pour les consciences, il était urgent de les faire disparaître. Le 13, Diego Payva, Portugais, parla ainsi : < Les luthériens disent que les mariages ne diffèrent point des autres conirals. Si cela était vrai, comme les contrats ordinaires peuvent être annulés par un consentement mutuel, le mariage pourrait aussi se dissoudre de la même manière, ce qui est faux. Donc il y a dans le imiriage quelque chose de divin par quoi il est indissoluble. il fit observer, avec saint Augustin, qu'aux secondes noces on ne répète pas la bénédiction , parce qu'elle subsiste toujours. Il montra ensuite qu'il est au pouvoir de l'église d'invalider les mariages clandestins, et que coaime les lois civiles peuvent défendre ces mariages pour le bien temporel des Etats, de même et à plus forte raison l'Eglise peut les défendre pour le bien spirituel. Celte défense, ajoutait-il, ne contrarie en rien l'essence du mariage, soit qu'on l'envisage seulement comme acte naturel, ou comme contrat civil, soit qu'on le considère comme sacrement.
(Noie d'Antoine Zaccaria.)
(3) Il rapportait de la part du pape et du cardinal Borroméc, des lettres pour le cardinal de Mantoue et jioiir les légats.
de la commission. Celait , disait-il , une atteinte portée à l'autorité des légats, et cette abnégation volontaire de leur puissance pouvait être d'un funeste exemple pour l'avenir. En outre, les présidents s'étaient placés par là dans une sorte de dépendance et de sujétion qui ne convenait pas à leur caractère et à leur charge. En effet, ils avaient été réduits à la nécessité ou de marcher à la suite des deux prélats, en acceptant leur décision, ou de les offenser (et la chose arriva ainsi), en réprouvant ce qui avait été arrêté par eus. Mais les légats s'excusèrent, en disant que tout expédient autre que celui-là aurait été sujet à des inconvénients plus graves ; car, ou les membres qu'on aurait eboisis eussent été égaux en nombre pour l'une et pour l'autre opinion , et alors c'était engager une mêlée plutôt que préparer un accord; ou on eût favorisé dans le choix un parli au détriment de l'autre, et on donnait lieu à des plaintes et à des réclamations. Au contraire, en chargeant les deux cardinaux de celte affaire, il semblait qu'on eût pris la mesure la plus prudente et celle qui promettait de plus heureux résultats. Le cardinal de Lorraine, en exposant son sentiment, avait déjà dit qu'il ne jugeait pas à propos que l'on définît que la résidence est de précepte divin. Quant au cardinal Madrucci, on connaissait assez la droiture de son jugement et la pureté de ses intentions. Cependant les légats promettaient au pape que la chose ne se renouvellerait pas, d'autant plus que le cardinal, découragé par le peu de succès de ses travaux, refusait d'avance tout emploi de cette nature, en cas qu'on voulût encore recourir à lui dans la suite.
6. Le souverain pontife disait aussi qu'afin de faire cesser les concurrences (ce dont i avait manifesté dans plusieurs de ses letlres un extrême désir, parce qu'il espérait retirer de grands fruits des négociations du comte de Lune) , on pouvait arrêter que les ambassadeurs n'interviendraient dans les actes publics du concile qu'autant qu'ils y seraient appelés, et qu'on ne ferait jamais un appel simultané à deux concurrents. Celle mesure avait été précédemment proposée par l'orateur portugais. Les légats répondirent que