Cependant les théologiens continuaient
• toujours à tenir (2) leurs assemblées. Ils se
trouvèrent d'accordsur tout, excepté sur les
deux points que nous allons indiquer. D'a-
ibord il s'agissait de savoir si toute espèce de
mariage entre chrétiens est un sacrement,
ou si on ne peut donner ce nom qu'à celui
iqui a été béni par le prêtre. Presque tous les
suffrages s'étaient réunis en faveur de la
ipremière opinion. La seconde, qui était celle
de Guillaume de Paris, était défendue par
iSimon Vigor, dont nous avons parlé plus
haut, et par quelques autres théologiens.
Mais ceux-ci, comme il arrive d'ordinaire,
(\) Le 29 janvier 1o6r».
(2) Lettre de Foscnrari a» cardinal Morone, 15 février: autre lettre de l'archevêque de '//ira indiquée
plus 11 "U
dinal y arrivât ; et c'est à peine s'il avait pu, l'ayant rencontré en chemin , l'entretenir pendant quelques instants. Commendon rendit compte de ses négociations aux lég;.ts (6), et ceux-ci exigèrent qu'il leur donnât cette relation par écrit afin de l'envoyer, comme ils firent, au cardinal Borromée. Commendon n'obéit qu'avec peine, parce qu'il croyait ne devoir donner que des sujets de crainte, et que ses prévisions, en cela, s'écartaient de celles du nonce Dclfini, dont la réputation, comme homme d'Etat, était déjà établie, et qui connaissait à fond la cour de Ferdinand et le caractère de l'Empereur lui-même. Du reste, comme les légats avaient voulu que
(1) On petil encore bien moins le nier maintenant, si l'on adhère à la doctrine enseignée |>ar la bulle dont nous citerons le passage suivant : « Item rogali » synotfi ad polestatem civilem, ut e numéro inipedimentorum toi l acognationem spiritualem, alque illutl quod dicitur publics honeslatis quorum origo reperilur in colleci:<>ne Jusliniani, tum ni rcstringal imlicdinienlum al'linilatis ei oogmilionis < x mr.u unique iicita auHHicita conjunclione provenienlis ad ffirartum gradin» juMa civilem cornputaiionem perlmeam l;iti>ralem el obliquain, ila lamen ut spos mdla relinqualiir dispensatiouis oblinend.e. Quatenus civili potestali jus ailrilmit sive abolendi, sive restringendi impedimenta Eccles.hr auctorilate constituai vel comprobaln : item qua parte supponil Ecclcsiam per potestatein eivilem spoliari pose jure suo dispensandi super impedimenlis ab ipsa constituas vel roinprohatis : liberlalis ac poteslutis Ecclesiae suoversiva, Tridenlino contraria, ex Inrrelicali supra dainnun principio profecla.... > (Note d'Antoine Zaccuriu.)
(2) Lettre de Visconli au cardinal Borromée.... février 1.'>I>5.
(3) [Mario, 17.
(1) Lettres de Slrozzi au duc de Florence, el de Fo^carari au cardinal Morone, 18 février 1563.
(•')) Relation do Commendon.
(<i) Lettre des légats au cardinal Borromée , 18 e.) 19 février lo03.
leur envoyé se laissât diriger par les con- nisius ne fût à peu près le seul qui offrit de
seils du nonce, Commendon n'avait point telles garanties. La cour avait une haute es-
rempli l'objet principal de sa mission, qui time pour le cardinal de Lorraine et l'allen-
était de prier l'Empereur qu'il trouvât bon dait avec une extrême impatience Or le
que dans ce qui louchait le chef de l'Eglise, cardinal poursuivait avec chaleur l'œuvre de
la réforme fût opérée par le pape lui-même la réforme, et il y avait toute apparence que
et non par le concile. Le nonce avait cru l'Empereur et lui, se trouvant bientôt de
qu'il n'était pas nécessaire d'insister sur ce même avis, se promettraient une assistance
point, et ainsi Commendon, n'ayant pu enta- mutuelle pour la réalisation de leurs désirs,
mer les questions spéciales, n'avait reçu que Quelqu'un (et Commendon voulait peut-être
des réponses générales et indécises. L'em- parler du nonce) opposait aux instances des
pereur s'était seulement plaint à lui de ce ministres impériaux, relativement à la ré-
cm'il n'y avait qu'un seul secrétaire au forme, que son exécution rencontrerait des
concile ; ce dont les légats, après les récla- obstacles partout et principalement en Alle-
malions réitérées du cardinal deLorraine (1), ma gne
avaient déjà écrit au cardinal Borromée, mais sans aucun résultat, parce que le pape voulait maintenir l'usage établi, et qu'il craignait que la demande d'une dérogation à cet usage ne cachât quelque dessein dangereux
A cela les ministres faisaient trois réponses. Je citerai textuellement la première, sans en rien retrancher par modestie, sans y rien ajouter par complaisance : Les jésuites ont montrjé en Allemagne ce qu'on peut en effet
3. La relation écrite par Commendon por- espérer de ce pays; puisque, sans autres sciait en substance ce qui suit : Les sentiments cours que leur vie exemplaire, leurs prédica-i chrétiens de l'Empereur étaient tels, que par- tions et leurs écoles, ils y ont soutenu et y tagés entre tous les chefs ecclésiastiques et soutiennent encore la religion catholique. Et séculiers de l'Allemagne, ils eussent suffi il n'est pas douteux que si on établissait un pour faire rentrer les diverses provinces de plus grand nombre de collèges et d'écoles, on ce pays dans l'unité de la foi catholique, en verrait bientôt sortir une foule d'ouvriers Néanmoins on pouvait se méfier des inten- zélés qui produiraient des fruits incroyables; tions de Ferdinand et soupçonner sa con- mais il faut se mettre à l'œuvre. duite future envers le concile et le siège La seconde réponse était que tous les malapostolique ; car il semblait s'être laissé in- heurs de l'Eglise ayant été occasionnés par limement persuader que le concile et le pape les fautes de ses ministres , et qu'une grande manquaient à ce qu'ils devaient faire relative- abondance de grâces devenant nécessaire ment à la réforme, et que parlant il lui con- pour la réparation , ces grâces extraordinaivenait de les presser, en sa qualité de fils res ne pouvaient être obtenues de Dieu, si
îné et de défenseur de l'Eglise. 11 avait même les ecclésiastiques ne commençaient par se
ai
écrit en ce sens peu de temps auparavant a ses orateurs. Quelques-uns pensaient que Sa Majesté ne réclamerait pas du concile des décrets relatifs aux affaires particulières du pape, parce que l'empereur et Seldius em-
corriger et par faire pénitence, quels que fussent d'ailleurs les efforts des autres chrétiens.
La troisième réponse consistait à dire qu'il est toujours utile de se réformer; qu'ainsi
brassaient l'opinion de ceux qui affirment que chacun avait à opérer celte réforme en parle pape est supérieur au concile. Mais les dis- ticulier, en supposant même qu'elle ne dût cours de l'Empereur n'étaient pas de nature pas produire d'autres résultats, à laisser croire que tel fût en effet son sen- Commendon, après avoir exprimé ses pentiment. Ferdinand lui avait parlé en secret sées sur l'Empereur et la cour, ajoutait qu'à du roi des Romains, et il pensait, d'après ces son dép;irl le nonce Delfini l'avait chargé entretiens particuliers, que l'Empereur vou- de rassurer les légats et de soutenir leurs lait que son fils aîné lui-même ne fût pas espérances. 11 remplirait, disait-il , les deexempt de la réforme. On se préparait à te- voirs de sa charge avec tout le soin et toute nir à Inspruck une assemblée de théologiens, la vigilance possibles, en sorte qu'aucun Or une réunion semblable devait inspirer des débordement ne pourrait survenir que les craintes, parce que si ce petit nombre d'hom- digues n'eussent été préparées d'avance poui mes venait à approuver certaines mesures l'arrêter.
proposées par le conseil des ministres, et k. Le souverain pontife n'était pas sani que Ton jugeait utiles à l'Allemagne, l'Em- inquiétude sur l'entrevue du cardinal d< pereur se croirait en sûreté de conscience, et Lorraine avec l'Empereur. C'est pourquoi i ainsi le voyage des sorbonistes à Inspruck pressa (1) vivement, par des lettres particu ne promettait pas de très-heureux résultats, lières, le cardinal de Mantoue d'aller lui- On devait regarder comme un bonheur que même trouver Ferdinand, soit en qualité di parmi les théologiens convoqués se trouvât délégué spécial, titre qu'il lui conférait ex- Pierre Canisius , de la compagnie de Jésus, pressément par un bref apostolique, soi homme (c'est Commendon qui parle ainsi) comme premier légat du concile, soit simple d'une science et d'une vertu singulières, et ment comme parent de l'Empereur , à qui i grand défenseur de l'autorité pontificale ; mais semblerait ne rendre qu'une visite de bienon pouvait craindre en même temps que Ca-
(1) Lettres du cardinal Borromée au cardinal d
(i) Lettre du cardinal Borromée aux légats, 10 fé- Mantoue, et quelques lignes écrites de la main d
vrier 1563. l)aPe> 10 el 13 fevner-
séance motivée par le rapprochement de Sa Inspruck durant le séjour que fit le cardinal
Majesté. Le pape pensait que le cardinal de de Lorraine dans cette ville. Les premières
Manlouc, autant par l'autorité extrinsèque places étaient occupées par Canisius Fré-
qu'il tirait de sa naissance et de sa parenté, déric Stasile et le confesseur de la reine des
que par celle, plus réelle, que lui donnaient Romains. L'évêque des cinq églises assistait
sa science, son zèle et sa vertu, pourrait mieux que tout autre repousser les assauts qui seraient livrés à Ferdinand contre le siège apostolique et le concile. El pour l'engager d'une manière plus énergique à accepter cette commission, le pape avait employé un des moyens qui lui étaient le plus ordinaires en semblable circonstance; c'est-àdire que, non content de lui faire écrire plusieurs fois à ce sujet par le cardinal Rorromée, il avait ajouté à ces lettres des invitations écrites de sa propre main, lui témoignant la haute estime qu'il avait pour sa personne, et la joie qu'il ressentirait si Son Emincnce voulait correspondre à ses vœux ; mais le cardinal ne se rendit point, soit qu'il crût, à cause de sa dignité, ne pouvoir comparaître sur un théâtre aussi éclatant sans traîner à sa suite l'ennui d'un nombreux cortège; soit plutôt que, se sentant épuisé par ses longues fatigues et entendant, pour ainsi dire, au dedans de lui-même le secret avertissement de sa mort prochaine, il craignît de ne plus avoir assez de forces pour entreprendre cette démarche. El, peut-être pour montrer qu'il n'était pas retenu paï-
en qualité de président. L'assemblée fut consultée sur plusieurs articles, et comme Graziani était lié avec Canisius, et qu'il l'aida même à écrire ses réponses, souvent trèsprolixes, selon la manière des Allemands, ce secrétaire fit savoir à son maître que ces avis lui semblaient suggérés par la religion la plus éclairée. 11 lui en envoya même un sommaire succinct, puisant pour cela dans les notes qu'il avait recueillies et dans les souvenirs qu'il avait pu, en conserver. Nous reproduirons ici celle courte notice. Quelquefois les articles proposés par ï'Empercui ne seront point accompagnés des réponses de Canisius, parce que ces réponses demeurèrent inconnues à Graziani. Les articles sur lesquels Canisius fut consulté étaient donc :
6. Si l'Empereur devait faire tout ce qui dépendait de lui pour que le concile se continuât, ou bien s'il devait permettre qu'il fût dissous ou suspendu. Canisius répondait qu'il était de l'intérêt de l'Empereur, et qu'il importait à sa gloire de favoriser de toute son influence la continuation de l'œuvre sainte
En cas que l'on se déterminât pour le pre-
f, i — ■■ r— ■»-«.»•« p... ^» n« y»«' <■ v"- ae ucici minai pour le nre-
1 amour du repos ou par quelque autre motif mier de ces deux partis, comment fallait-il
,d intérêt particulier il rétracta le conseil agir pour faire opérer la continuation?
qu il avait donne d abord d envoyer à Ins- Etait-il permis d'atteindre ce résultat na'r
. pruck le légat Hosius, disant que le séjour les menaces? On répondait qu'on ne devait
| que Commendon avait fait auprès de l'Empe- pas avoir recours aux menaces mais au'il
reur rendait tout autre message superflu. fallait d'abord tenter toutes les voies pacifi-
son entrée ques ; et, en supposant qu'il ne restât plus
à Inspruck le 16 février (1), et il sortit de cette ville le 22 du même mois, le lendemain
1 de l'arrivée du cardinal Madrucci. Lo prélat français fut environné, à la cour, des honneurs les plus assidus, et la magnificence de
iSa réception surpassa tout ce qu'on avait coutume de faire en pareille circonstance.
,Ces démonstrations inusitées furent remarquées non-seulement par les gens oisifs, qui cherchent dans la nouveauté un aliment à leurs entretiens , mais par tout ce qu'il y avait alors d'hommes publics à Inspruck. |Ces derniers , accoutumés à sonder les mystères politiques, ne pouvaient rester indifférents en présence d'un si pompeux appareil, parce que , selon l'ingénieuse comparaison d'Antoinc-Maric Graziani (2), alors (Secrétaire de Commendon et depuis historien célèbre, l'écorce des arbres fait quelquefois connaître la moelle qui se cache au fond de leurs entrailles.
L'assemblée des théologiens se tint (3) à
(I) Trois lettres d'À Moine-Marie Graziani écrites 1 1nspruck a Commendon, 16, 19 et il lévrier.
{-!.) Lettres de Graziani à Commendon. Ce secréaire était reste à Inspruck après le départ de son
liai I I •' .
(3) Lettres de Graziani déjà indiquées. Deux lettres wJevequcdeModencàMoronc, 18 et 22 février.
que des mesures extrêmes, qu'on devai sérieusement examiner, avant de les employer, si au lieu de produire un bien, elles n'entraîneraient pas plutôt à leur suite les plus funestes résultats; parce qu'un pareil exemple donné par Sa -Majesté pourrait déterminer plusieurs princes à assembler des conciles nationaux, et à se jeter dans le schisme par là même qu'ils se placeraient en dehors de l'autorité du souverain pontife.
Si le pouvoir de proposer était un pouvoir spécialement et exclusivement réservé aux légats, ou bien s'il fallait l'envisager comme un droit commun aux évéques et aux orateurs. On répondait que ce pouvoir et ce droit n'appartenaient qu'aux légats, qui ont autant d'autorité qu'il plaît au pape de leur en accorder, puisque le pape est en possession d'assembler, de diriger et de confirmer les conciles. A la fin de cet article on demandait si les légats, fermant à 1 Empereur la porte du concile, qui devait être ouverte à tons ne mériteraient pas d'être réprimés dans leurs prétentions. Je ne lis pas de réponse à celte question.
Ce qu'il fallait Jaire, si le secrétaire du concile, qui était seul dans sa charge, ne réunissait pas les conditions qui devaient lui donner
droit à la confiance des différentes nations. S£ V SC°nl1 0U Card,nal *>ww«e. 22 fé • On répondait qu'il fallait s'entendre là-des.
'us »v'cc les légats, et que si ceux-ci, ayan/ Conc. be Trente III. ,Sixj J
connaissance du m il, refusaient d'y apporter remède, on pourrait avoir recours au pape. Si on devait demander à ce que les Pères fussent partagés en deux classes, Vune qui traiterait de la doctrine, Vautre qui s'occuperait de la réforme. L'opinion de Canisius ne se trouve pas à la suite de cet article.
Si on devait tenir fortement à la réforme du pape et de la cour romaine; ou s'il fallait céder sur ce point, de peur que le souverain pontife et tous ceux qui seraient V objet de cette réforme n'éprouvassent trop de répugnance à s'y soumettre et ne voulussent par suite dissoudre le concile. La réponse à celte question manque encore dans l'écrit de Graziani.
Si on devait reformer l'ordre ecclésiastique, et en quoi. On répondait seulement à la première partie de la question, et on disait expressément que celte réforme était nécessaire cl qu'elle devait s'étendre à tous les ordres; mais on ajoutait que la même chose devait être exécutée par les princes laïques qui opprimaient la liberté et violaient la sainteté de l'Eglise.
S'il était à propos de faire de nouvelles instances pour la communion sous les deux espèces, pour le mariage des prêtres et poulie libre usage de la chair, sans distinction de jours. Canisius disait que ces instances lui semblaient tout à fait inutiles.
Quels moyens y avait-il à employer pour déterminer les évêques d'Allemagne à se rendre au concile ? Canisius pensait que l'Empereur devait prier le souverain pontife d'ordonner formellement à ces évêques, sous peine de privation, d'aller à Trente. Il proposait de leur envoyer uu prélat choisi par
7. Graziani rapportait qu'à l'article où il était question de la réforme de Rome en général, et en particulier du trop grand nombre des cardinaux et de la facilité que l'on avait à obtenir les dispenses, Canisius avait d'abord répondu qu'il fallait prier le souverain pontife de permettre qu'on le réformât ; mais que lui-même, Graziani , lui ayant fait observer que cette formule paraissait offensante et injuste en ce qu'elle donnait à entendre que le pape est soumis à une puissance supérieure, le théologien avait écrit, à la place de sa première réponse, qu'il fallait prier le souverain pontife de se réformer lui-même et de réformer la cour romaine. Graziani concluait en disant que Canisius, que l'on pouvait cependant regarder comme un saint personnage, désirait, lui aussi, qu'une réforme fût opérée à Rome relativement à plusieurs choses répréhensibles ; que son écrit portait la double empreinte d'une piété profonde et d'une éminenlc sagesse, et qu'il méritait sans aucun doute d'obtenir l'approbation de l'Empereur ; que si on en croyait la voix publique plutôt que les dénégations modestes de Canisius, les Français usaient de tous les moyens pour entraîner ce grand homme dans leur parti, mais que sa probité répondait de sa constance.
8. Les articles précédents furent altérés plus tard, et le nombre en fut porté jusqu'à douze, selon que nous Talions exposer aux yeux de nos lecteurs. Soave en ajoute cinq autres, imaginés vers ce temps-là par la fraude ennemie, et promulgués par la renommée qui sert assez souvent d'auxiliaire aux
le pape avec un orateur de Sa Majesté, le plus perfides calomnies. Ces faux articles
premier, pour leur intimer l'ordre du chef de l'Eglise, le second, pour les contraindre en vertu de l'autorité impériale. C'étaitchose indigne, ajoutait le théologien, que par crainte des hérétiques on négligeât les intérêts de toute la chrétienté dans des circonstances aussi opportunes et dans une aussi pressante nécessité.
S'il était avantageux que l'Empereur se rendit en personne au concile. On répondait que c'était le moyen le plus court de terminer les différends qui existaient alors entre les prélats, et de prévenir ceux qui pourraient s'élever dans la suite ; que Sa Majesté, s'abouchanl, à Mantoue ou à Rologne, avec le souverain pontife, pourrait traiter avec lui de la réforme qu'on demandait dans le chef et dans les membres ; et que l'Empereur ne pouvait trouver une plus telle occasion d'acquérir devant Dieu et devant les hommes les mérites et la solide gloire du grand Constantin.
Ce qu'on devait faire relativement à la résidence épiscopale et aux matières déterminées par les saints canons. Cet article est sans réponse. ,
Si l'on devait permettre que les légats proposassent selon l'ordre qui leur serait agréable. La réponse à cet article est pareillement omise, et le compte-rendu ne s'étend pas plus loin.
étant tombés entre les mains de l'ambassa deur de Florence, celui-ci en donna secrètement communication au duc (1), en disant que les ambassadeurs impériaux en niaient absolument l'authenticité, et que l'imprudence elle ton insolent qui les distinguaient les lui faisaient regarder à lui-même comme de pures inventions. Quant à Soave, il n'avait besoin, pour savoir que ces articles ne sortaient point de la cour impériale que de lire une lettre du cardinal Amu lius à Seripandi , lettre qui fut imprimé dans l'ouvrage français dont nous avon déjà eu occasion de parler. Les articles pro posés par Ferdinand y sont reproduits ai nombre dedotize, dontvoici la substance (2
1° Si le concile, légitimement assemblé ave l'agrément des princes, peut établir pour se opérations un ordre différent de celui qui lu a été imposé par le pape.
2° S'il est utile pour l'Eglise que le conçu traite et détermine les affaires en dehors à la direction du pape et de la cour romaw
3° Si, le pape venant à mourir penda
(1) Lettre de Strozzi au duc de Florence, 4 ma
(2) On les trouve dans les actes de l'eveque de s lamanque et daiïs d'autres mémoires. L'archevêq de Zara les rapporte aussi dons une lettre du 1er n-
la tenue du concile, l'élection appartient aux dieux des atteintes portées à la liberté re-
Pères. tombe sur le pape; et il craint que s'il fait
k" Si, lorsqu'on traite de choses qui impor- peser en même temps l'accusation sur le chef
tenta la paix et à la tranquillité' des États de l'Eglise et sur les princes séculiers, les
chrétiens, les ambassadeurs des princes n'ont hommes sages, mettant en opposition la con-
pas voix délibérative, bien que ce droit ne duite et les raisons de chaque parti, ne trou-
leur appartienne pas dans les matières do g- vent innocentque celui-là seul quel'hislorien
matirjues. voulait faire seul condamner. El c'est le pro-
5' Si les princes peuvent retirer du concile pre de tous ceux dont les discours ou les
leurs orateurs et leurs prélats sans faire part écrits sont animés par la passion plutôt que
de celle détermination aux présidents. par le zèle d'accuser, non les hommes en
6° Si le pape^ peut transférer ou suspendre haine des œuvres, mais les œuvres en haine
le concile sans le consentement des princes et en particulier de l'Empereur.
7° S'il est à propos que les princes interviennent pour que dans le concile on traite des choses les plus nécessaires et les plus utiles.
8° Si les orateurs des princes ont le droit d'exposer eux-mêmes au concile les réclamations de leurs maîtres.
9" Si on peut faire en sorte que les Pères, dans l'exposition de leurs sentiments, soient indépendants tant du côté du pape que du côté de leurs princes respectifs.
10° Si on peut trouver moyen que le grand nombre des Pères ne soit pas une occasion de fraude ou de violence, et ne détourne pas les esprits de la vérité.
11° Si on doit traiter des matières relatives à la foi ou à la réforme sans un examen préalable des hommes compétents dans ces matières.
12° S'il paraît convenable que l'Empereur assiste personnellement au concile.
Les cinq articles frauduleusement ajoutés aux douze précédents par un esprit de haine
des hommes.