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choses contraires à la liberté; qu'il était juste que Sa Sainteté ne mît point obstacle, de son côté, à celte définition qui ne ferait pas la moindre brèche à sa puissance et à son autorité;
9. Qu'il n'en était pas de même de la concession du calice : cette innovation paraissant au roi si féconde en abus et en incon- \ énients de toutes sortes , que quand bien même la conversion des hérétiques ne tienilrait plus qu'à ce seul point, encore faudrait-
; il y penser mûrement avant de l'accorder : qu'ainsi il priait Sa Sainteté de réserver cette question pour la fin, quand toutes les autres choses auraient été décidées ;
10. Que relativement à la continuation, le roi se contentait de la voir dans les effets et
• dans la déclaration expresse, contenue dans i les brefs qui lui avaient été adressés à ce sujet par Sa Sainteté, sans exiger que la i chose fût pour le moment déclarée en ter- . mes exprès par le concile.
11. Telles étaient les instructions qui fui rent présentées au pape au nom du roi. Pie « IV, dans la réponse qu'il fit à l'ambassadeur, 1 le 28 mars, au lieu de se tenir sur la défensive , tournant adroitement les rôles , se plaignit à son tour dans les termes les plus doux et les plus bienveillants, de façon que
lie roi qui avait pris l'offensive se trouva luimême en cause.
Le pape assura donc que, frappé de la dif-
jamais de faire tout ce que peut un bon pape et un bon chrétien ;
12. Qu'il avait été d'autant plus pénible à Sa Sainteté de se voir abandonnée du roi, qu'on n'ignorait pas que si le pape avait aliéné contre lui les esprits du clergé et des prélats espagnols, c'était par la concession faite à Sa Majesté des subsides sur les revenus ecclésiastiques;
13. Que, quelque bien que fît le concile, on ne pouvait espérer de réduire les hérétiques qu'autant que les princes catholiques s'uniraient à cet effet;
14. Qu'il serait en effet grandement à désirer que la France remît au concile, selon le désir de Sa Majesté, la décision des différents sur la religion qui s'étaient élevés dans ce pays; mais que les Français ne parlaient point jusqu'alors de proposer qu'on fit dans le concile aucune décision dogmatique ; qu'ils parlaient même de s'y opposer; que le pape était bien persuadé que Sa Majesté se proposait de remplir intégralement ses bienveillantes promesses, qu'ainsi il acceptait volontiers l'offre de ses bons offices tant auprès du roi de France qu'auprès des autres;
15. Qu'il n'aurait pas attendu jusqu'ici à remettre toutes les réformations entre les mains du concile, s'il avait pensé qu'on dût y conclure et y approuver quelque chose; mais que les divisions présentes lui avaient fait prévoir le contraire; qu'il avait commencé l'œuvre et invité les Pères à l'imiter,
ificullédel'entreprise, il ne se serait jamais dé- et qu'il était prêta réformer, à l'aide du con-
cidéàrouvrirleconcile, s'il n'avaiteu la ferme 'espérance d'avoir le roi pour conseil et pour lappui; mais que par un effet de sa mauvaise : fortune, malgré ses continuelles instances, Sa Majesté avait tardé jusqu'à ce moment à lui envoyer un ambassadeur de confiance; que le pape n'en avait désiré et réclamé si ardemment la venue qu'à cause des machinations qui avaient été mises en œuvre par des malveillants contre le service de l'un et ide l'autre; que le marquis de Pescara avait jà peine mis le pied à Trente ; que le comte de
cile, les réformes mêmes déjà établies, si elles en avaient besoin, mais qu'il serait inutile d'y songer tant que la discorde régnerait.
10. Le pape ajoutait que plusieurs, sous le nom spécieux de réformation, songeaient à leurs propres intérêts, spécialement en ce qui concerne les règlements du conclave, en sorte que, s'il fût venu à mourir, comme il était à craindre, de sa dernière maladie, il y aurait eu, pour la ruine de la chrétienté, deux papes de créés : l'un à Trente par le concile, et l'autre à Home par le sacré col-
iLune n'avait fait que lasser l'attente de tout lége, et que Sa Majesté ne devait pas perdre île monde, bien que le roi, dans son inslruc- de vue cet inconvénient ;
lion, semblât croire qu'il y résidait , dans la pensée où il était sans doute que tous ses ordres avaient dû être exécutés; que ce n'était pas trop d'exiger la présence au concile d'un ambassadeur du roi, quand les autres princes ne s'étaient pas contentés d'y en envoyer un, mais qu'ils y en avaient plusieurs ; qu'en l'absence d'un ambassadeur qui retînt les évênues dans l'union et dans le devoir, les recommandations faites par le roi avaient perdu toute leur force, la division sciait mise entre eux et avait donné lieu aux difficultés, aux querelles et aux dissensions qui étaient survenues dans le concile, et, par >uite, à son peu de succès; mais que si le commencement et le milieu avaient été malleureux, il espérait néanmoins de la bonté le Dieu la consolation de le voir heureusement terminé, après après avoir consommé œuvre si sainte de la réformation, pour le uctès de laquelle Sa Sainteté ne cesserait
17. Que les paroles, les légats proposant, avaient été établies sans sa participation par le concile lui-même, approuvées d'un commun accord dans une congrégation générale et ensuite dans la première session sans réclamation, si ce n'est de la part de deux seulement; qu'en bonne vérité, si cette clause avait été toujours mise depuis à exécution, on n'aurait pas vu naître tant de contestalions déplorables sur des questions proposées, non par les légats, mais par des évoques, et tolérées par les premiers, pour ne point empêcher dans les seconds ce que les autres appellent la liberté; que maintenant, puisque le roi et plusieurs autres princes voulaient une pareille liberté, qui bientôt ne serait plus qu'une licence effrénée, il voulait bien, quant à lui, s'en contenter, mais qu'il aurait les mains nettes de tous les préjudices qui en résulteraient pour le roi, comme cela serait déjà arrivé si Sa Sainteté n'avait ré-
sislé fortement pour soutenir les intérêts de Sa Majesté. Le pape faisait ici allusion à différentes concessions faites au roi sur les biens ecclésiastiques et que les évêques espagnols auraient fait révoquer bien volontiers par le concile.
18. Il disait encore que la résidence lui tenait au cœur plus qu'à tout autre, et que, par celte raison, il avait déjà donné ordre depuis longtemps aux cardinaux qui avaient des églises de s'y rendre.
19. Quant à l'usage du calice, le pape répondit que pour ne point manquer à la confiance avec laquelle il avait coutume de parler à Sa Majesté, il ne pouvait s'empêcher de lui faire observer que ces deux demandes lui paraissaient contradictoires ; savoir, qu'il fût libre à chacun de proposer, et, en même temps, que le pape empêchât que l'on ne fît la susdite proposition , se mettant ainsi en opposition ouverte avec l'Empereur, le roi de France et le duc de Bavière , qui avaient pris la résolution de la faire porter par leurs ambassadeurs malgré les légats; que, avant de répondre à leur demande, il avait tâché de gagner du temps et de l'aire traîner la chose en longueur; mais quelles princes lui prédisent que le refus entraînera après lui les plus grands maux : par exemple , que leurs sujets , d'ailleurs catholiques, si Rome ne leur accorde pas ce qu'ils demandent, le prendront d'eux-mêmes , et se joindront pour l'avoir, avec les hérétiques , qui alors les contraindront à renier leur foi ;
20. Que sur ce poirït et sur plusieurs autres, il aurait-été bien facileauroi etau pape , de s'entendre s'ils avaient pu en discourir entre eux sans intermédiaire, ej: que l'entrevue que le pape aurait avec l'Empereur , s'il venait, selon l'usage, recevoir de lui la couronne, ne manquerait pas de produire également les plus heureux fruits ;
21. Que le roi avait déjà un bref qui lui donnait l'assurance de la continuation , que Vargas en avait un autre et que le pape en enverrait un semblable au marquis de Pescara ; qu'il ne tenait qu'à Sa Majesté de le taire présenter aux légats quand il lui plairait et de terminer ainsi l'affaire. Le pape voulait faire entendre par ses paroles qu'il ne pensait pas avoir d'obligation au roi d'une condescendance qui ne lui importait point, et à laquelle celui-ci s'était d'ailleurs prêté en faveur de l'Empereur et non du pape. Tout aveu d'une obligation reçue pèse à la fierté naturelle des hommes et surtout des princes : comment pourraient-ils se résoudre à celui qu'ils ne croient pas pouvoir faire sans attirer sur eux , au lieu de l'éloge d'un cœur reconnaissant, le blâme d'un esprit étroit qui fc'est laissé faire illusion ?