‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 82 sur 373 · Celte liberté de blâmer les usages i · texte numérisé non relu

Celte liberté de blâmer les usages i

eus d'en proposer d'autres qu'on n'adopt

point, fatiguait les légats, qui ne voyau

pas sans peine les orateurs s épuiser ai

en efforts inutiles. Les discussions, qui,

divisant les Pères, entravaient la marche

concile, absorbaient toute leur attentu

Celle qui avait toujours été plus oragei

était la définition du dogme de la hierarc

dans l'Eglise. Les trois grandes puissan

étaient partagées, et rendaient presque i

possible tout accord. Les Français rejetai

ce qui tendait à établir la supériorité du p.

sur le concile; ils s'obstinaient dans l

prédilection pour le concile de Baie, qu

voulaient placer au rang des conciles œ

sur les conciles; mais ils voulaient qi définît que la juridiction des évêques et institution, quoique sous la dépendance souverains pontifes, étaient de droit ai Presque tous les Italiens, quelques-uns . a„<* „.ii;nnc aôcicmppc pmhrassait'

„.cain Martin de Cordoue évêque de --«; auapréjudice de celui de Flores

Tortose: s'élevant contre toutes les toi ma ^ £ l9 admettaient volontiers e'

lités employées pour les él ections ,et m «ne concile,ae8Florence, et la supériorité du P celles des souverains pontifes, il croyait pus conciles; mais ils voulaient q

à nropos que les évêques se choisissent euxmêmes leurs successeurs, et c'est, ajoutait- 1 ce que Pierre fit lui-même quand il élut Clément. Tant il est viai que ce qu il y. a de

plus universellement rejeté trouve toujours r m ^.^ désj ées> embrassaier

quelque esprit qui l'adopte. Les peuph s cl t.- favorable au pape dans chac

Thiopie ne font-ils pas du noir leur couleur g P jong en mi Les ,ecteurs 10st.

de fête? Et l'amère c.gue ne «aUe-t-elle ^pas h \ ^ eux seu!s qUe

le palais de certains animaux comme un mets ^^ ^ qu,leux seuls ret.reron

délicat? . . , cet ouvrage plaisir et instruction ) vei

Mais il fut applaudi quand il aborda il s su éton ornent et sans scandale que -

jel de la réforme. Les pensées ju il exprima ^ d, ^ avis d ffèrent ,

répondaient aux vœux du plus grand nombre intérêts" C'est la suite de notre

ol furent développées encore par Antoine „ .... — . „„„ ras«is

Augustin. On ne faisait, disait-il, que parler de réforme , oue célébrer les vertus de la

(t) Voyez la relation de cette séance manuscrite de GuàlUeri.

dans les

me les intérêts. C'est la suite de notre dition d'homme. Il est vrai que 1 assisi du Saint-Esprit a été promise aux coin mais chacun des Pères en particulier est pas moins faillible, assujetti aux se lions des préjugés et des passions. L esi

que dans ïordre naturel , considérés dans tant eu avant la convocation d'un concile,

leur ensemble, les éléments ne peuvent auquel ils donnaient la prééminence sur le

éprouver d'altération, de décomposition, et pontife.

pourtant, pris à part, chacun d'eux demeure 9. Les souverains, ou du moins leurs misoumis à des influences meurtrières. Je vais nistres, se montraient plus ou moins dispodonc décrire la situation du concile à cette ses à satisfaire les prélats de leur nation ; époque, telle que les légats la firent connaî- une raison politique les y engageait. L'élétre alors au cardinal Borromée; j'analyserai vation des évéques ne devait pas naturelles diverses intentions des puissances, toutes ment leur porter tant d'ombrage que celle paiement guidées par l'amour du bien. Cette du pape. A cette inclination déjà si forte se divergence de vues produisait en grande par- joignaient les mécontentements causés par de celle des opinions dans les questions certains abus qui existaient alors à la cour Ipéculatives de dogme, celle des avis dans les de Rome.

élibérations de droit et de jurisprudence. 10. L'envie s'attaque toujours avec plus 6. Les Italiens croyaient agir pour l'hon- d'acharnement au degré qu'elle trouve ira- <eur et l'avantage de leur pays en conservant médialement au-dessus d'elle, qu'au rang u pontificat suprême toute sa splendeur et trop élevé que l'ambition n'ose pas atteindre; pute sa puissance. Et c'est vraiment là que aussi les instances des Espagnols trouvèrente trouve la grandeur de l'Italie, inférieure elles plus d'écho. Des attaques fréquentes u reste, pour les forces temporelles, à furent dirigées contre les cardinaux ; on dejutes les autres nations : au^si, à l'ex'cep- mandait sans cesse une réforme qui s'élenion d'un petit nombre de prélats qui, plus dît à leurs prérogatives, à leur nombre, aux <ciçents ou plus faibles, s'étaient laissé se- conditions de leur élection, à leurs obligauire par les étrangers, tout le reste travail- tions ; et toute la correspondance des légats lit à agrandir l'autorité du saint-siége. Ils avec le cardinal Borromée , à cette époque , aient persuadés que l'honneur national et est remplie de ces détails. Ils craignaient que ' bien de l'Eglise commandaient doublement cet orage , déjà si formidable , ne se grossit >tte conduite; en sorte qu'agir ainsi, c'était encore. Les Français, à la vérité, atta- •rvir à la fois et la religion et l'Etat. chaient peu d'importance à ces débats, mais T. La plupart des évéques espagnols réu- on pouvait facilement conjecturer qu'à litre ssaient tous les titres qui rehaussent la de réciprocité, ils se prêteraient sans peine andeur : sièges importants richement do- aux exigences des Espagnols , surtout quand s, noblesse de la naissance avec celle que elles leur étaient personnellement favora- «>nnent les talents et les vertus, amour et blés. On se trouvait donc, et c'est ce que les Miération des peuples. Us ne souffraient légats faisaient remarquer, dans la triste o'avec peine l'éclat de la pourpre qui les nécessité ou de lancer un décret pontifical ilipsait, l'assujettissement à l'officialité du qui prescrirait au concile d'arrêter ses pourjtpe et aux tribunaux romains, dont ils re- suites à ce sujet, et cette mesure allait sou- ' vaient. Il s'agissait donc pour eux d'obtenir lever une violente opposition chez les naibaissement du cardinalat et la restaura- tions d'au delà des monts, ou de le laisser l)n des privilèges antiques annexés au titre procéder à cet examen, sans lui intimer de «evêque. Ils voulaient ôter aux cardinaux défense : alors on s'exposait ainsi à vojr, par 1 droit d'être nommés à des sièges; les plus les manœuvres secrètes des passions et des vnsiderables leur étant toujours réservés, rivalités, exécuter enfin la réforme qu'on (s nominations les rendaient encore plus machinait dans l'ombre, et dont le résultat Vissants. On devait les obliger à la rési- serait de déprimer une dignité qui fait le i nce dans Rome, pour y veiller aux besoins principal ornement de l'Eglise et de ses pon- ( s églises dont ils étaient titulaires, et rem- tifes.

lir auprès du pape leurs fonctions de con- 11. On préparait en même temps le décret

Mllers. Les prélats admettaient pour clause sur le sacrement de l'ordre, question dont

(ceptionnelle le cas d'une légation dont il on attendait les résultats les plus impor-

ruvait les charger. D'autre part, ils dési- lants pour le gouvernement ecclésiastique

lient qu on rétablît les évéques dans l'entier et qui s'agitait aussi avec beaucoup de cha-

tercice de leur puissance, qu'on les remît leur. Le cardinal de Lorraine (1), toujours

t possession des immunités dont ils jouis- habile à profiter des circonstances n'épar-

sient primitivement : c'était les constituer gnait rien, dans le but de se porter pour

ens leurs diocèses respectifs, dans un degré l'arbitre de ces différends, le pacificateur de

é -dessous des souverains. ■ l'Eglise. Le mauvais succès dune nouvelle

». Les pre ats français, auxquels les con- formule qu'il avait, quelque temps aupara-

^-luuons de leur pays n'assignaient pas une vant , présentée à l'examen du concile , ne

* grande puissance, n'avaient pas intérêt à le découragea pas. Conjointement (2) avec

«>iren abaissement du pouvoir des tribu- Foscarari , théologien de confiance, d'ail-

l ^r!î0a™a,.ns >ei du cardi,,alat; mais ils leurs fort bien vu des Espagnols, dont il

Y ,,£? -, len .ar , ander la réduction de avait embrassé le parti dans la question de iiitonte pontificale aux termes du concile d Raie, dont ils recevaient les décisions Cet

Vil Titl ,5£TÀr±r*\ t";- J£tttitt&fiZl&*m-

Fn ne parlant que de l'autorité du pontife romaine ajoutaient-ils , on ôtait en quelque sort le 'titre dévêque à Tite et . [Tim*Me promus à cette dignité par saint Paul, â LTnt Polycarpe insti tué par -saint Jean « à tant d'autres évêques grecs. Ils ne retusa en pas cependant un décret spécial qu. définît Fa légitimité des évêques institues p| le pontife romain. Quant a ce .dernier , ils ne voulaient pas lui donner le titre de rettog délia Chiesa universale( chef de . 1 JM » «

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la résidence et dans celle de l'autorité dos évêques, de plus, intime ami du premier léeat, il travaillait sans cesse à de nouveaux plans d? conciliation qui étaient soumis ensuite à l'examen des théologiens et des cationistes les plus distingues. G étaient (1, Paul- Emile Verallo, depuis archevêque de Rossano, et alors évêque de Capaccio , Castagna., Stella, Foscar.iri, déjà nommé, Buoncompagno , Facchenclli, Lainez, Païeolto, Lan-

celotti, Caslelli et Salmeron. verielleT mais Ecclesiœ catholicœ ( A'Egltu

12. La prééminence du pape fut railee a verse }*£ma" ion8 en apparence iden-

son tour. On s'accordailà lui donner la même catho Hqu J). expr rejetée * ar un grand

puissance que saint Pierre avait exercée, tiques, ei^ quiv0ques, parce que le

les souverains pontifes .demandaient ^^^J emporte avec lui la £

enification de fidèle; en sorte que tout eve- „„e peut se dire, d'une certaine manière évêque d'Eglise catholique, et en latin, ou il n'y a pas d'article comme en italien, 1 expression Ecclesiœ catholicœ pouvait se prenne indifféremment pour délia Chtesacatto lien, dont le sens est que celte Eg ,sc es unique, ou celte autre expression di Chesa ZiïÏÏiïa, qui ne déclarerait nullement qu ontre cette Eglise dont le pape est évêque, n'en existe pas d'autres hors de sa jur diction. Celte explication du mo l catho hm n'était pas nouvelle: des conciles 1 avaient

qu'on déterminât le" degré de cette puissance, sachant bien que les hérétiques refusaient , même au prince des apôtres , l autorité su prême dans l'Eglise. 11 fut convenu d abord quon exprimerait sa prééminence, en disant qu'il avait reçu le pouvoir de paître toutes les brebis du Christ. Mais ce mot toutes semblait , suivant le langage de l'école, avoir un sens distributif plutôt que collectif ; designer chacune des brebis en particulier et non en général, le troupeau réuni dans son entier. ^ Outre cette première difficulté, comme il s'agissait de définir la légitimité des évêques institués par le siège apostolique, cette autre expression de siège apostolique prêtait a l'équivoque , parce qu'autrefois les patriarches d'Orient, et spécialement ceux dont les Eglises avaient eu pour premiers évêques quelqu'un des apôtres, avaient pris ce titre. On pensait à ajouter au canon , sur l'autorité des papes , la dénomination de Pasteurs universels de VEglise. Ces mots, tirés des actes du concile de Lyon , que celui de Bâle avait depuis confirmé , étaient assurés d'avance de l'approbation des Français. Leur origine en était la garantie. On songeait encore à remplacer les mots simples , brebis du Christ , par la dénomination collective de troupeau du Seigneur (gregem Domini). Innocent IV avait déjà indiqué cette variante, et Pie IV fit savoir aux légats qu'il la souhaitait. On devait ensuite exprimer la nature du pouvoir confié au chef des a

rf généra Tau chapitré 5 des actes, à pro poi d'une citation de saint Augustin de >ni on emprunte les paroles, on trouve les .mot suivants : Augustinus episcopus Ecclesia ? tholicœ dixit. On appuyait encore ce sent ment d'un passage de saintÇypnen Ce graw évêque, en recevant au sein de 1 Eg is le.

termes : Saint Pierre a reçu du

eveque, eu iw»aui «- —-- -- <?, „nc H hérétiques convertis, ne se contentait pas a les faire confesser que Corneille était pas u de l'Eglise catholique, Ecclesiœ catholm il voulait qu'ils ajoutassent encore : Ce qu veut dire universelle, id est universalisai avait donc amphibologie dans .la premier expression, puisqu'on cherchait à 1 cela ri par la seconde. C'était la raison qu. faisai donner au pape le titre d'universel, dans concile deLvon. Que si le sens était le mem ner la nature ,J/,* ,»„;<»„ t i#>« Français, pour

pôtres en ces comme le pretenda e ml les F rancis p Chritt In nié- qu01 n'acceptaient-ils pas également ie. Christ la plé 4 0^osés ? lls répondaienlqu onpo

nttude de la puissance (2). vail obvier à tous les inconvénients, preve

13. Une autre formule avait ete présentée ™ ^ les objections, en inscrivant, fom par les prélats français : ils voulaient qu on S^^/iL ; et, sans autres démon* approuvât comme légitimes les évêques in- f^lutœ «««*»«*; \ emplovât les m< stilués par l'autorité du siège apostolique l™» , ieM symbole avait consi

sans la restriction avec V autorité du pontife ™fJdT™ les! SOUverains pontifes avaiei romain. Ils appuyaient leur distinction dune ^t:Jment employées: les rejeter, a« raison de convenance : le pape meurt tandis f^ pas condamner indirectement lapr que le siège apostolique ne défaille jamais, {f'^^ tous les siècles? On opposait à c

arguments des raisons d'un autre genre mesure que l'hérésie s'efforçait, par des' terprétations mensongères, d altérer le se des expressions qu'un usage antique ei i«i torité des Ecritures ont fait preval°" , l'Eglise, il fallait s'expliquer avec tome clarté, toute la précision possible. Les coi. les alors devaient, non -seulement don de nouvelles définitions de foi, mais ajou même aux termes du symbole. A 1

(1) Même lettre.

("2) Nous voyons que depuis Pie VI, dans l'immortelle bulle Auctorem fidei a condamné comme hérétique la troisième proposition :

i Insuper quœ statuit romanum pontWicem esse caput ministeriale.

< Sic expl.cata. ut romanus pontifex non a Chrislo in persona beali Pétri, sed ab Ecclesia poiestaiem niinisierii :iceipial , qua velut Pétri succi:ssor t^nus Cliri>ti vicarius, ac totius Ecclesiae caput, pollet in umversa Ecclesia : litcrctica. >

, Assunti con autorità délia sede apostolica (institués par l'autorité du siège apostolique), on proposait l'addition : La quai autorità risiede nel romuno pontefice (laquelle

'autorité réside dans le pontife romain).

14. On travaillait avec ardeur à aplanir toutes les difficultés, quand un messager du

icardinal de Lorraine vint détourner les légats de cette entreprise. Il avait, disait-il, communiqué aux évéqucs français le plan proposé : au lieu de l'assentiment général qu'il s'était promis, i! avait rencontre, dans la majorité, une résistance opiniâtre. Personnellement, il était prêt d'y souscrire; mais il désespérait de le voir adopter jamais par le concile.

15. Jamais les légats n'avaient trop compté ■ ur le succès : celte nouvelle leur enleva out espoir, et, dès ce jour, leurs délibéraions particulières roulèrent sur une autre tase. Ils renoncèrent au dessein de définir ^licitement la matière, et convinrent de aisser de côté tout ce qui avait rapport ux deux articles controversés; c'était ganer sous le rapport de la tranquillité ce u'on perdait en détails. Ils regardaient jmme assurée l'approbation générale du mcile. Les Pères ne pouvaient souffrir |us longtemps que des contestations' sur

s matières d'opinion empêchassent la proulgation de ce qui était de foi. Dans celte je, ils ne crurent pas devoir passer au dé- «et de résidence, avant la conclusion de la «scussion actuelle; et, comme on devait, | ns deux jours, fixer la tenue de la pro- ( aine session, ils pensèrent qu'il ne fallait I s la reculer au-delà d'un mois, préféra fit 1 facilité d'une mesure expéditive et moins impliquée à des délais interminables, qui, tur vouloir trop embrasser, demeuraient tjjours sans fruit. Le lendemain, ils insuisirent de ce dessein, deux cardinaux e les orateurs (1); mais ces derniers, l<it en applaudissant au projet de rappro- Cfer l'époque de la séance, supplièrent les 1' its de ne pas encore abandonner la pours te d'une conciliation qui leur ferait tant donneur aux yeux de la chrétienté. 11 ne •sait peut-être plus qu'un instant de travl pour obtenir le prix de plusieurs mois ddaligues et de sueurs. Ainsi, dans un aulr ordre de choses, quand la nature a longtemps, en silence, élaboré ses riches profitions, un moment lui suffit pour les in- ' luire sur la scène, parées de toutes leurs nés, et en général tous les grands effets combinent lentement : une minute les voit

°»pre leur obscurité première, éclater au ?mdjour.

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