‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 83 sur 373 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ui iuo1Ure d6S légalS au cardill:i1 "orromée, 24

Convention secrète de du Ferrier avec le souverain pontife. — Saracinelli , secrétaire de Gualtieri, en est A Rome le médiateur. — V époque de la session est fixée au 15 juillet. — Le pape accorde , aux instances des Espagnols, un bref qui permet d'interpréter à leur sens, ou même de retrancher la clause proponentibus legatis. — Les légats s'y opposent avec énergie, le cardinal Morone surtout; et depuis, cette conduite obtient l'approbation du pape même. — L'Empereur se détermine à quitter Jnspruck pour Vienne. — Raisons qui dictent cette résolution. — Erreurs de Soave.

1. Les légats écrivirent (1) au cardinal Borromée qu'ils savaient , à n'en pouvoir douter, la cause du changement soudain que le cardinal de Lorraine avait manifesté dans sa conduite. Ils croyaient l'avoir offensé, en ne l'appelant point à une de leurs délibérations secrètes, dans laquelle ils avaient discuté, le jour précédent, un décret que luimême leur avait proposé. Quelques jours après, ils lui en firent leurs excuses : sa présence à l'examen d'une formule dont il était le rédacteur, eût compromis sa dignité non moins que la liberté des conseillers; et d'ailleurs des raisons de convenance avaient fait écarter de cette discussion tous ceux qu'eût pu blesser son objet, la supériorité du pape sur le concile. Pour moi, je suis loin de partager l'avis des légats : la ruse, et non le ressentiment, avait guide le cardinal. 2. Du Ferrier saisissait avidement toutes les occasions de se rendre agréable au pontife, dont il espérait les plus grands avantages. Gualtieri, son collègue, était dans sa confidence; en lui laissant apercevoir le premier de ces sentiments, il ne dissimulait pas le second (2). 11 lui proposa donc un expédient qui devait favoriser ses intentions. Dans une assemblée où chaque nation avait autant d'intérêts, de desseins différents, tout accord devenait impossible. Comment rédiger des décrets qui pussent, remèdes universels, s'appliquer à toutes les douleurs et, comme une manne tombée du ciel , satisfaire tous les goûts. Le seul parti à prendre était donc de régler, dans une dernière session, les canons dont on convenait généralement, et permettre ensuite aux évêques de se retirer, en laissant à ceux d'une même nation le pouvoir de se réunir dans leur pays, sous la présidence d'un légat envoyé par le souverain pontife. Ces assemblées particulières détermineraient les mesures que réclamaient les besoins de leur patrie, et dresseraient à ce sujet des règlements spéciaux, qu'on soumettrait à l'approbation du souverain pon-

(1) Une lettre de Gualiieri mu cardinal Borromée, du 24 mai 1565, en fait toi.

(2) Lettre du 13 juin 1565.

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life, La confirmation du saint-siége leur donnerait seule force de loi. Plusieurs papes s etaient autrefois servis avec succès de ce moyen > de pacification, et, dans tous les cas, 1 expédient proposé avait en sa faveur la facilite de l'exécution, l'avantage d'une application i plus immédiate. Il présentait beaucoup moins de dangers que la prolongation d'un concile sans cesse troublé par d'opiniâtres rivalités , par des discussions orageuses. Cette idée tut accueillie avec faveur. Du Ferner ajouta qu'on pourrait, en France , accorder 1 honneur de la présidence au cardinal de Lorraine , et l'attirer plus facilement a ce parti , en le flattant de ces espérances. Sûr de 1 approbation de Gualtieri, du Ferner lit la même confidence au cardinal, feignant d agir au nom d'un ami qu'il ne pouvait faire connaître. On promettait d'instruire le pape de ce dessein , et de lui envoyer un exprès , a la condition toutefois que le cardinal donnerait son consentement et sa coopération. Il lui M remarquer encore qu'en multipliant les controverses, on augmentait les dangers, sans avancer le concile, on s'exposait inutilement jkune dissolution imminente. L intérêt général de la chrétienté se joignait en celte circonstance à l'avantage particulier du cardinal. La maison de Lorraine avait besoin de sa présence, et il allait retourner dans sa patrie, revêtu d'une nouvelle dignité. Cet avis plut extrêmement au prélat. Il ottrit d'entraver la marche des légats , jusqu au moment où l'on recevrait la réponse du pape, en sorte que , dans l'intervalle, rien n aurait

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de ces particularités et disposées à croire des fables mensongères, plutôt qu à reconnaître leur ignorance (1), allèguent d au rcs raisons plus ou moins vraisemblables. 11 en est qui parlent d'un débat entre le cardinal de Lorraine et l'archevêque d Otrante sur la question de l'autorité du pape. Tout en se tenant dans les bornes dune respectueuse déférence, les deux contenants avaient parlé vivement. L'archevêque n en fut pas moins blâmé secrètement par le comte de Lune , qui lui dit que cet éclat s il venait a la connaissance du roi, lui déplairait fort. L'Espagne à cette époque avait en effet intérêt à ménager le cardinal. Philippe songeai! alors à la main de la reine d'Ecosse, nièce de ce prélat, pour l'héritier présomptif de s couronne (2). Le jeune prince était sedut par la beauté de sa Oancée, et le père par U dot. D'un autre côté la reine de France ne voyait ce mariage qu'avec peine. Le comte de Lune fit des démarches ultérieures auprei des lésais pour faire exclure l'archevêque des assemblées particulières. Elles n euren pas de résultat. Cet acte de rigueur semblât propre à décourager ceux qui se montraien fidèles à la cause du saint-siege, et a rendr trop redoutables à chaque parti ses adver saires respectifs. Ce refus blessa, dit-on, l cardinal. Drascowitz, fatigue de ces démêlés (3) , menaçait, si on ne les écartai promptement, de se retirer du concile : parc que les instructions qu'il «▼a>.tfre^,J l'Empereur lui défendaient d assister a la dis

eTsoïïe que; dans l'intervalle rien n'aurait ^^^^^^TS^i été changé à la situation «es affaires. Dans le ^f^S!maLnséesori\t de Trèfle cas où le souverain pontife donnerait son droit a ses reciai ioih», ^ p .^ ;) ^ ^

Cas OU le suuveiam p<--i»wv. —

approbation , il promit d'apaiser les contestations pendant le cours de la session , de servir la France comme le pourrait taire Borromée lui-même , enfin de faire entrer dans le complot la reine et l'Empereur. Pour assurer encore le succès , du Ferner lui fit iurer fidélité et secret. De son côte, il s imposa un silence si absolu , qu'il ne ht pas même connaître au cardinal la participation de Gualtieri. Il défendit de plus à ce dernier de s'en ouvrir aux légats , en le menaçant de tout rompre, s'il violait cette obligation. Comme il était question d'en parler a Morone, du Ferrier s'y opposa encore, parce que ce cardinal se trouverait, par sa position, dans la nécessité de révéler le secret à ses collègues, ou au moins à Simonetta,

h. Quoi qu'il en soit de ces faits, il ne ta chercher la cause des nouvelles disposition du cardinal que dans la négociation se rè" dont nous avons parlé. Le h juin, buaitie. avait envoyé (•) à Rome Cyprien Sarac'nel d'Orvieto, son secrétaire. Son habileté auta que son savoir le rendaient recommandai* et ses œuvres, publiées dans une édition d poefesTtaliens les plus célèbres, témoigne encore de son goût pour les lettres Oyeoi vrit le but de cette mission sous le prête* d'un voyage àBologne, d ou il PO"J™l$ être se rendre à Rome. I arr j va dans c dernière ville au moment ou 1 on y rece* les nouvelles les plus fâcheuses de la sUutiondu concile. Le souverain pMtifeewn ses propositions avec plaisir et m fi . rèpe dre de travailler dans ce sens ; il ne lui don pas néanmoins un consentement deunu Cependant le cardinal de la Bordajs.ôreg d'autres affidés avaient instruit le cara.

dont les dispositions hostiles envers le car dinal de Lorraine étaient connues. On peut douter cependant de la pureté des mollis qui faisaient agir ainsi l'habile négociateur. Peut-être cherchait-il , en interdisant toute

communication entre Gualtieri et le cardinal (l) Lettre ^^^^Si. de Lorraine, à se ménager une plus grande juin 1563 et une autre J a ^.^ ^^ influence; peut-être ne restreignait - il e (|)L^tre< nombre des personnes engagées dans cette entreprise, que pour se réserver plus d honneur et de mérite.

3. Ces faits expliquent d une manière plus satisfaisante l'empressement du cardinal a susciter ainsi de nouveaux embarras. Cependant quelques personnes, peu instruites

(1) Lettre de Yisconti au cardinal Borromée,

A '.„,.- ~ <...!..<> .1 n 9.1 millet.

ISISm da Yisconti, du 49 juin , un* autre J?i sS'nts. Relation de la. séance du 11 ]'

vovez les Mémoires de Gualtieri. r..aliieri

11) On trouve dans les Mémo.res de Gualucri

instruction dont il fut charge. Rnrromée ,

(5) Lettre de Gualtieri au cardinal Boirome

juin 1?><>3. •

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