CHAPITRE PREMIER
Evénements de la Guerre. — Le cardinal Yerallo légat en France. — Promotion de cardinaux. — L'Evéque de Monlcfiascone envoyé à Trente. — Pierre Camajani député vers V empereur.
1 . Il y a une convenance, qui approche de la nécessité, que le récit des affaires ecclésiastiques soit entrecoupé par les événements du monde. Telle est la faiblesse des hommes : dans les opérations de la nature, les choses terrestres sont soumises à celles du ciel sans avoir sur celles-ci aucune influence , tandis que, dans les événements du monde , la dépendance est réciproque, et les hommes, tout en levant leurs yeux vers le ciel , appuient leurs pieds sur la terre.
Le pape et l'empereur avaient commencé leur entreprise sous d'heureux au.^pices et avec succès. Non-seulement les impériaux, dans une action, avaient lait prisonnier Dandelot, gendre du connétable de Montmorency, et deux autres gentilshommes français que le roi avait envoyés à cette guerre; mais ils s'étaient emparés de plusieurs châteaux à l'entour de Parme, et leurs ravages dans la campagne avaient mis l'épouvante dans la ville, et faisaient craindre la famine. Le nouveau duc Octave, avec peu de troupes et une garnison bien faible, ne voyait pas la résistance possible , lorsque Pierre Strozzi, qui était à la solde du roi de France, par une célérité qui étonna Gonzague et le marquis de Marignan, fit marcher un assez gros détachement de troupes qu'il commandait et les introduisit dans Parme; il trompa ainsi la diligence des ennemis qui le poursuivaient, et ce coup heureux et hardi en affermissant la domination des Français, augmenta la renommée de Strozzi.
2. Les troupes du pape et de l'empereur mirent encore le siège devant la Mirandole , parce que la place appartenait à un prince du parti français ; et de celle place il était facile de conduire à Parme des vivres ei des secours. Mais ici encore, malgré quelques tentatives qui avaient réussi, l'entreprise présentait plus de difficultés qu'on ne l'avait cru. Le pape, engagé dans celte guerre pour sa propre réputation, et trouvant que les dépenses nécessaires à l'entretien d'une armée en campagne, surpassaient de beaucoup le devis qui en avait été fait dans le cabinet, éprouvait de grandes inquiétudes. Il voyait d'un côté ses finances épuisées , et de l'autre la crainle de perdre cette confiance du peuple qui le flattait beaucoup; et il la perdait par l'augmentation des impôts , cause ordinaire de la haine des peuples. Pour l'èviler , il avait jusqu'alors engagé tous ses joyaux , et , comme il arrive ordinairement entre les princes alliés, il faisait querelle aux impériaux, qui ne fournissaient, ni en troupes ni en argent, ce qu'ils avaient promis. Les impériaux, de leur côté, ne voulaient pasdégarnir leurs frontières sur le Piémont, dont les Français étaient maîtres, et de là ils auraient pu livrer, et l'on craignait qu'ils ne prépa-
rassent des assauts terribles au duché de Milan. Au reste les impériaux ne souffraient pas une moindre pénurie d'argent, ce qui est inévitable dans les grandes monarchies, dont les princes, obligés de répandre leur numéraire en plus d'endroits, en laissent toujours quelqu'un au dépourvu. C'est ainsi que les grands corps n'ont pas toujours des forces correspondantes , parce qu'ils éprouvent la disette des esprits vitaux.
3. Le pape avait un autre sujet do chagrin dans les demandes de l'empereur. Ce prince, à l'entendre, n'agissail pour aucun intérêt particulier, mais dans la seule vue de procurer le bien public, en prévenant les mauvais desseins de leurs ennemis communs. Jean Manriquez , son nouvel ambassadeur, était chargé de demander au saint-père que, pour opposer une force égale à celle de tant de cardinaux qui étaient français de nation ou de parti, il voulût bien, à son instance, créer huit cardinaux, dont quatre seraient nommés et quatre réservés in petto, pour être déclarés quand il en serait temps. Le pape répondit qu'il ne pouvait le promettre ; qu'il consentirait volontiers à la promotion de deux, parmi les quatre qu'on lui avait nommés, savoir , Poggio et Bertano, nonces l'un et l'autre auprès de l'empereur, le premier en Espagne et le second en Allemagne; mais pour le troisième, qui était Pierre Tagliavia, archevêque de Palerme , s'il estimait en lui un sang illustre et des mœurs excellentes, il était rebuté de son peu de science; et d'ail-' leurs cet archevêque se trouvant alors au concile, parmi tant de prélats d'un mérite éminent, le pape était d'avis que d'envoyer pour lui seul un chapeau à Trente, c'était un sujet d'envie et une mortification pour les autres. On l'avait bien vu à la promotion du cardinal Pachcco, et cependant cette promotion ne devait surprendre personne, puisque Pacheco avant que d'aller au concile connaissait déjà sa deslinalion au cardinalat. Celait la crainle de donner lieu à ces jalousies qui avait empêché le pape de créer cardinal Pighini , un des présidents du concile, pour qui il avait une affection et une estime toutes particulières , surtout depuis qu'il avait appris qu'un des électeurs présents au concile aspirait à celle dignité, et n'aurait pu sans honte se voir mis après un collègue de condition bien inférieure. Le quatrième des sujets proposés par l'empereur et que le pape rejetait absolument, c'était l'archevêque d'Otranle, homme suspect en malière de foi, et dénoncé pour cette cause aux cardinaux de l'inquisition romaine ; et nous trouvons encore sur ce qui le regarde que, trois ans après, le pape s'élant réservé m petto une nomination dtî cardinal, à déclarer au gré de l'empereur, celui-ci, par le moyen di' Ferdinand de Vega , fit proposer de nouveau ledit archevêque, mais qu'il ne put rien obtenir.
4. Le pape continuait à dire dans sa réponse que la réservation in petto qu'on lui demandait po.ur quatre chapeaux, aurait extréniement déplu au consistoire, et qu'il
n'aurait pas été facile d'y faire consentir tous les cardinaux. Or ce n'était pas la coutume de faire des promotions aussi amples sans le consentement unanime du sacré collège ; qu'un nouveau pape, comme il était , ne trouvait pas les cardinaux aussi dociles-, ique celui qui préside un sénat qui est tout de sa création. Il faisait observer la nécessité de satisfaire aux demandes des autres princes, en particulier à celle du roi Ferdinand, qui demandait cet honneur pour le frère Georges Martinusi , moine de Saint- Paul, premier ermite, évoque de Varadin. Celui-ci, porté par le roi Jean d'emploi en emploi jusqu'à celui de premier ministre , fut, après la mort de Jean , le soutien de sa veuve et de son fils. Il fut un temps ligué avec les Turcs, mais en dernier lieu il avait engagé les susdits à céder la province à Ferdinand, qui était devenu possesseur de la Hongrie et de la Transylvanie. Cependant le même Ferdinand (tellement sont étonnantes les révolutions, ou plutôt le bouleversement des affaires du monde), après avoir fait obtenir la pourpre à Marlinusi, pour les services signalés rendus à lui Ferdinand et à toute l'Eglise, et cela avec tant de promptitude qu'il fut créé seul, au lieu d'être inclus dans l'élection prochaine des autres , Ferdinand prétendit avoir découvert une trame secrète de Martinusi avec le Turc, par l'aide duquel il aurait acquis pour lui-même la Transylvanie; et sur un indice si faible il le fit mourir par trahison , comme par la suite il nous faudra rapporter. Ici nous observerons, au sujet de Martinusi, quelle croyance mérite notre Soave lorsqu'il en parle, puisqu'il le fait moine de saint Basile, quoiqu'on lise le contraire dans les Actes du consistoire. Il ajoute qu'il fut créé cardinal d'après la nomination de l'empereur, obtenue pour lui par Ferdinand; et c'est tout le contraire comme nous l'avons dit, puisque, dans son instruction donnée deux jours avant la promotion de Marlinusi, le pape, entre les raisons qui l'empêchent de se rendre aux instances de l'empereur, allègue ies sollicitations de Ferdinand pour l'élection de Martinusi. Mais revenons à l'instruction que le pape avait donnée en réponse.
5. Il ajoutait que la république de Venise faisait aussi ses instances, afin que parmi tant de sujets de mérite à qui la pourpre était accordée elle pût voir quelqu'un de ses enfants; et finalement il ne lui paraissait pas convenable de laisser sans récompense tant de prélats hommes de mérite, qui composaient sa cour , et qui , se voyant exclus pendant qu'on admettait les étrangers, tomberaient dans ce découragement qui ôle à îa vertu l'espérance qui la fait vivre. Le pape voulait d'ailleurs différer autant qu'il serait possible cette promotion de prélats impériaux, pour se laisser plus libre la voie d'accommodement avec le roi de France. Il le souhaitait beaucoup , prévoyant qu'après cette promotion le roi n'aurait plus voulu parler d'accommodement. Il ne devait pas cependant laisser trop entrevoir ce motif, de
peur de justifier les soupçons que l'empereur avait formés contre lui. L'empereur, qui doutait de la fermeté et de la constance du papo au sujet de leur ligue, et qui ne cachait pas ces soupçons, ne devait plus être aussi empressé à lui envoyer des secours. Cependant ces mêmes soupçons, qui auraient dû arrêter les secours, l'excitèrent à les envoyer pour empêcher que le pape ne lui manquât, comme on envoie des secours à une forteresse pour empêcher qu'elle se rende.
6. Toutes ces sollicitudes firent prendre au pape la résolution de faire une nouvelle tentative auprès du roi de France. Et, pour lui fournir un moyen d'entrer dans ses vues sans nuire à sa réputation (1), il lui fit demander cette grâce par un légat. Ce fut le cardinal Verallo, homme expérimenté dans ces sortes d'affaires. Par cette démarche il faisait connaître à ses sujets son amour pour la paix ; et si par malheur elle ne réussissait pas, ses sujets auraient moins à se plaindre des charges qui leur seraient imposées. Ce n'était plus à l'esprit inquiet du pontife qu'il fallait les attribuer, mais à l'opiniâtreté infiexible de ses adversaires. Cette légation au roi de France on demandait une autre à l'empereur, pour l'engager à faire sa paix avec Henri 11. Jules y députa le cardinal Carpi, qui était tout dans les intérêts et dans les bonnes grâces de l'empereur. En même temps, comme il avait intention de passer à Boulogne pour animer de plus près les opérations de la guerre et celles du concile, et pour aller à Trente s'il était nécessaire, il se flattait de pouvoir conférer en personne avec l'empereur sur ce qui regardait le bien spirituel et temporel de l'Eglise. A cet effet il nomma pour légat à Rome de Cupis, doyen des cardinaux. 7. Mais, de peur que l'empereur ne prît ombrage de cette mission en France, le pape délibéra de lui envoyer en diligence le nonce Camajani, qui lui ferait part des instructions données à Verallo. La principale était que le roi ne consentît en aucune manière à ce que le duc Octave Farnèse demeurât dans Parme. Camajani devait encore faire sentir à l'pmpereur que cette légation avait été résolue comme une preuve de la charité paternelle du souverain pontife, mais presque sans es pérance de réussite, vu la disposition où étaient les Français ; et que, dans le cas presque certain d'un refus, Jules était résolu à poursuivre la guerre avec vigjeur ; en conséquence le nonce devait presser l'empereur d'envoyer au plus tôt des renforts. Le nonc(' ne devait pas oublier de faire valoir les raisons ci-dessus expliquées du refus que faisait le pape à la promotion des huit cardinaux. Le pape tomba malade sur ces entrefaites ; le départ de Camajani fut retardé ; les événements qui suivirent firent que le pape i changea d'avis. L'épouvante s'étant mise dans llomc sur la nouvelle que l'armée des Turcs menaçait l'Italie, la présence du pape fut ju-
(1) Le soin de la réputalioi» ou ce qu'on appelle la poiiii d'honneur, est ce qui trouble le plus la paix de* glands cl le jjoahcur du génie luiniaiu.
gée nécessaire dans la capitale pour donner du courage aux Romains et parer à tous les dangers. Notez que l'empereur (comme il témoigna par la suite à Camajani) s'embarrassait peu de ce voyage du pape, qui l'aurait obligé lui-même de se transporter à Boulo-
les autres par désobéissance ( il entendait les Farnèsej , et d'autres résidaient dans
leurs Eglises.
9. Soave ne ment pas toujours, et on peut le croire lorsqu'il raconte que Jules, envoyant à Trente l'évêque de Montefiascone,
gne pour y tenir la conférence ; et que d'un le chargea de faire ses excuses au légat Cresautre côté il ne dit et ne fit rien qui semblât cenzio,sipour cette fois il n'avait pu le con-i* désapprouver la légation de Verallo, qui, tenter au sujet de la promotion de Sauli, son par précaution, s'était fait arrêter en che- vice-légat à Boulogne, et qu'il lui avait inmin. Pour conclusion, le cardinal Carpi, saisi stamment recommandé : après quoi, prenant d'une fièvre quarte qui fut assez longue, vit un ton plus familier, il flatte l'éminent caraller en fumée sa légation, qui était plus de dinal, en qui il suppose quelque désir d'une -t..L : ,i„„A„„.„;.A plus haute fortune; auquel désir pourrait
cérémonie que de nécessité
8. Au sujet de la promotion, Charles, après avoir entendu les raisons du pape, avait répondu à Camajani qu'il s'en rapporterait à ce que Sa Sainteté aurait déterminé. Jules fit donc une promotion de treize cardinaux le 20 novembre 1551. Cette promotion a fourni
être un obstacle l'augmentation de tantde nouveaux électeurs qui deviendraient peut-être compétiteurs. Il lui fait dire en outre que son dessein était de signifier à toutes ses créatures comment ils devaient se comporter envers son cher cardinal Crescenzi, et pendant
à Pierre Soave quantité d'erreurs. Il y en a la vie du pape et après sa mort. Cette comune manifeste, mais de peu de conséquence, mission avait de quoi surprendre de la part savoir , que le pape, contre l'empressement de Jules ; car ceux qui sont comme lui dans qu'il avait d'abord fait paraître pour celte la suprême dignité n'aiment pas qu'on leur promotion, l'avait en effet différée jusqu'à parle de successeur. Nous pouvons encore son temps ordinaire, aux fêtes de Noël. Ce- ajouter foi à ce que dit Soave des remerciependant, les livres où sont marqués les jours ments que l'évêque fit au nom du pape aux des promotions sont entre les mains de tout trois archevêques-électeurs, delà piété par le monde. Les autres erreurs sont pure ma- laquelle ils avaient édifié le concile, et dont lignite : comme lorsqu'il dit que le sacré le pape leur serait reconnaissant. Mais on ne collège étant alors de quarante-huit cardi- peut pas en dire autant d'une autre ambasnaux, on regarda comme une prodigalité su- sade qu'il dit être adressée à Pighini. L'obperflue un supplément si nombreux, contre jet véritable était de lui annoncer qu'il deî'usage du temps, et lorsqu'il avance que le vait se réjouir, parce que son affaire était dépape légitima cette démarche par le motif de finie', et l'on pouvait procéder à la sentence contrebalancer le parti français ; car, pour sans qu'il fût besoin d'une nouvelle citation, la première raison, il n'est pas vrai que le Le pape voulait signifier par ces paroles vanombre fut excessif , elles proposés n'étaient gués, que dans la p-^omotion passée il s'était pas des gens auxquels le collège des cardi- réservé in petto une place de cardinal qu'il naux pût refuser son consentement unanime, destinait à Pighini pour le nommer sitôt
qu'il l'aurait déchargé de ses fonctions au concile ; ce qu'il fit quelques mois après ; et en vérité, Jules devenu pape, fut bon rémunérateur des fatigues qu'il avait éprouvées lui-même dans le concile où il était légat; car, outre plusieurs exemples que nous avons cités et que nous citerons encore, il fil nion-
Cette élection récompensait les mérites des plus excellents prélats de la cour romaine. Tels étaient Saraceni, archevêque de Matera, llicci Bertano, Mignanelli, Poggio, Cicala et Dandini, rappelé pour lors de Boulogne à Rome, et des affaires de la guerre à l'exercice du cabinet : hommes de mérite, qui s'étaient comportés avec honneur, soit dans les ter Catharin du petit évôché de Minori au nonciatures auprès des rois, soit dans les siège plus considérable de Consa, lorsqu'il emplois du concile , comme il a été dit en devint vacant par la mort de Cresconzio ; et, plusieurs endroits de cette histoire. Ajoutez ce qui était bien plus étonnant, il en agit Jacques Dupuy, doyen de la rote, à qui il a de même avec Brace Martel , homme d'un fait honneur par ses décisions, et depuis zèle impétueux, contradicteur perpétuel, touarchevêque do Bari ; enfin Louis Cornaro, jours opposé aux sentiments et à l'autorité vénitien , chevalier de Malte et grand prieur des légats, comme aux sentiments et aux inde Chypre, sans préjudice de ceux que nous lérêts du pape, sans modération et sans ren'avons pas nommés. Quant à la seconde rai- tenue, comme nous l'avons remarqué plus
son que le pape donna de cette augmentation au sacré collège, ce ne fut pas celle que dit Soave. Le pape pouvait bien avoir cotte intention dans le cœur, mais il ne pouvait pas a dire sans aigrir le roi de France, avec qui il voulait faire la paix. Il dit donc ce qui était vrai, qu'il lui fallait dans Rome de sages et fidèles conseillers, et que le plus grand
d'une fois. Cependant Jules ne fit pas difficulté de l'ôter du pauvre évêché de Fiesoli , qui fut donné à Camajani, pour le placer dans le vaste et riche diocèse de Lecce. Jules eut égard dans la conduite de Martelli à la droiture de ses intentions plus qu'aux excès de son zèle : et le jugement qu'il en porta, indépendamment de mille autres preuves.
nombre des cardinaux se trouvaient absents, suffirait à montrer que dans le concile, nonics uns par obéissance aux princes tempo- seulement on ne refusait à personne la liï\^h (il vonlail parler du roi de France), bcrté de dire son sentiment ; mais même cette
liberlé. déç;énérant quelquefois en licence, n'empêchait pas de recevoir les récompenses qui étaient vraiment méritées.
10. Cependant le légat Verallo donnait par ses réponses de grandes espérances pour la paix. Le roi semblait disposé à permettre que Octave sortît de Parme, mais à trois condilions : 1° qu'on lui donnerait une honnête compensation ; 2" que le pape promettrait au roi de ne point laisser venir cette place au pouvoir de l'empereur; 3^ que le pape promettrait de ne point prendre le parti de l'empereur dans les différends qu'il avait avec le roi de France.
Sur la première condition le pape donnait pour réponse les offres déjà faites, et doni il a été déjà parlé. Sur la seconde, il offrait pour sûreté sa promesse et celle du consistoire, renforcées par une déclaration de l'empereur, qui, au cas qvwi la ville fût prise, s'obligeait à la mettre au pouvoir de l'Ëglise, sans préjudice des droits que pouvait avoir l'un etrautre parti. En outre le pape proposait au roi d'en donner le gouvernement à un chevalier, homme d'honneur, indifférent aux deux partis, lecjuel s'obligerait à conserver cette ville pour le saint-siége apostolique, et de la préserver des tentatives de l'une et de l'autre couronnes. Pour la troisième condition il devait suffire au roi d'avoir, avecla parole d'un pape, tant d'autres gages de son amitié. Enfin que le pape était prêt à exposer aux fatigues et aux périls sa •propre personne, pour obtenir cette paix commune tant désirée.
11. Dans cet état de choses, le pape envoya en effet le nonce Camajani à l'empereur, sur la fin de décembre. Sa nouvelle commission roulait sur deux points : l'un était d'informer l'empereur des articles qu'avait traités le cardinal Verallo, et de lui faire entendre que quand même les causes de la guerre contre la France auraient cessé, il convenait au pape de s'intéresser pour rétablir une parfaite concorde; l'autre était d'animer l'empereur à donner les ordres pour continuer ce qu'il avait entrepris, si la paix ne se concluait ; de poursuivre en attendant cette guerre avec vigueur, de ne pas se laisser enchanter par le son artificieux des espérances, puisque les préparatifs de guerre sont des moyens efficaces pour épargner le combat, comme pour obtenir la victoire.