CHAPITRE II
Seconde négociation pour la concorde entre le pape et les Français. — Mort de J. -Baptiste del Monte. — Suspension d'armes stipulée. Les électeurs s en vont de Trente. — La session est prorogée. — Arrivée des ambassadeurs du roi de Portugal. — Contestation entre ceux-ci et les orateurs de Ferdinand.
1. Les Français, qui avaient d'abord paru disposés à faire sortir Octave de Parme, trouvaient encore, ou mcltaii'ut eux-mêmes des diîlioullés dans l'accomplissement des trois
conditions proposées. Comme ils avaient heureusement réussi à la défense de celte ville et de la Mirandole , ils commencèrent peu à peu à vouloir des conditions plus avantageuses, non avec les manières odieuses de gens qui exigent ce qui leur est dû, mai^ sous l'apparence modeste d'y exhorter le souverain pontife, et de lui donner uii conseil amical par leurs prières respectueuses. Pour traiter cette affaire délicate, le roi choisit le cardinal de Tournon, l'âme et le soutien du parti français en Italie, et qui , comme il a été dit, faisait sa résidence à Venise. Il demanda au pape un sauf-conduit. La réponse fut qu'un cardinal comme lui n'en avait pas besoin ; que cependant, moins pour sa sûreté que pour son honneur, l'abbé Rosset, camérier du pape, serait chargé de l'accompagner, avec titre de commissaire: ce qui fut effectué. Le cardinal étant donc venu à Rome, commença de nouveau à raisonner le pape, ou plutôt à le harceler, pour qu'il ne s'opposât plus à la résidence du duc , offrant ponr cela au pape une ample satisfaction. Du reste, en demandant des condilions plus avantageuses , il enchérissait sa marchandise à proportion de l'envie qu'avait le pape de l'acheter. Le pape n'était pas trop content du marquis de Gonzague, non-seulement pour le peu d'activité qu'il mettait à cette guerre, mais pour n'avoir pas empêché les secours que la ville recevait, et parle Milanais, dont le marquis était gouverneur pour l'empereur, et par Mantoue,dont le prince était son neveu. Les fournisseurs étaient conduits à Parme par une attraction plus puissante que celle de l'aimant : c'était l'espérance de vendre bien cher aux assiégés leurs vivres et leurs marchandises. A ces sujets de plaintes se joignaient les vives inquiétudes que donnait au pape l'armement formidable des Turcs, qui s'approchaient de ses Etats. Jules craignait d'aggraver sa conscience devant Dieu et devant les hommes , si l'on eût pu dire que, pour exiger avec hauteur l'obéissance rigoureuse d'un de ses feudataires, il avait risqué le salut de ses autres vassaux et de tous les chrétiens.
2. Il commença donc à écouler celle condition, sans laquelle il n'espérait pas de rien conclure. On parla de laisser Oclavc à Parme, en faisant une suspension d'armes , qui sauvait la réputation du pape, mieux que n'aurait fait le nom de paix , et qui insensiblement deviendrait une paix. Le duc, après deux années, serait libre de s'accorder définitivement avec l'Eglise , sans aucune obligation envers le roi de France , et l'Etat de Castro serait remis aux deux cardinaux Farnèse (1). On ne devait donc y tenir d'autre milice que celle qui suffisait pour gard^er la
(1) Le pnpiî s'en étail rendu maître. Mai.*, selon la règle (|iii dil de liair ses ennemis comme des gens qn'on sera un jour obligé d'aimer, jl avait agi avec lanl demo.léralion, qu'il avait Iais!î<îaux ancii.'ns niinislrcs (les Farncse, le goinerncmenl vivil oiécononii(|UO , n'cxei'çanl que la iiuissance militaire conlico à son liouleiiaiU Rodolphe Baeîlioni.
place. Le roi cl le duc devaient promettre que ni par l'un, ni par l'autre, ne serait molesté le pape, ou même l'empereur, s'il voulait avoir part au traité. On exhortait le roi à être bon fils du souverain pontife , en laissant venir de son royaume les expéditions pour Rome. Tel fut le modèle de l'accord projeté.
3. Mais l'empereur, malgré les inquiéludes que lui causaient les protestants soulevés contre lui, et par conséquent hors d'état d'employer ailleurs ses forces , détournait absolument le pape de cet accommodement
cause que le pape conclut une suspension d'armes, commandant tout de suite à ses troupes de cesser tout acte d'hostilité devant Parme et la Mirandole. Il donna cependant aux impériaux, pour quelques jours , la faculté d'entrer dans les mêmes forteresses ; mais, soit que les soldats envoyés par ceux-ci fussent nouveaux et sans expérience (et ce fut la raison que donna le pape) , soit que les troupes pontificales ne vissent pas de bon œil que les impériaux, combattant pour euxmêmes , sans être soumis aux conditions de la ligue, s'établissent avec avantage, comme
11 était secondé par J. -Baptiste del Monte, les impériaux l'expliquaient par le fait, ils neveu du pape et général de ses armées. Ce ne purent avoir à la Mirandole l'entrée des jeune homme, bouillant et plein de courage, forts, ni la continuation du siège. En sorte extrêmement passionné pour l'art militaire, que, peu de temps après, l'accord ayant été qu'il entendait très-bien, comptant pour rien stipulé pour deux ans entre le pape et le caries fatigues et les dangers , exposait sa va- dinal de Tournon, qui représentait le roi et le leur aux aventures les plus hasardées, les duc, l'empereur, à qui l'on laissait la liberté plus terribles , et ne souhaitait rien tant que de s'illustrer dans cette guerre. Ne pouvant donc h son âge discerner la véritable valeur de la témérité insensée, il s'était avancé jusqu'à cette magnifique , mais imprudente déclaration : que, si son oncle manquait à ses obligations, il ne l'imiterait pas en cela, mais il irait continuer la guerre comme soldat de l'empereur. Celte rodomontade chagrina beaucoup le pontife ; mais il fut bientôt délivré de son chagrin par un chagrin beaucoup plus sensible. Jean-Baptiste, dans les
d'y concourir, l'approuva; et l'on vit bientôt s'établir entre les capitaines de l'empereur, d'un côté, et, de l'autre, le duc et les ministres du roi, une pareille suspension. Le pape entremit sa médiation , pour que l'empereur rendît ses bonnes grâces aux Farnèse. Cependant, comme les alliances parmi les hommes sont sujettes à se rompre et leur prévoyance sur l'avenir très -incertaine, les Farnèse, après un accord qui paraissait si avantageux au roi Henri et qui aurait dû leur inspirer autant d'attachement aux Français
petits combats qui furent livrés au siège de que d'éloignement pour le parti espagnol»
la Mirandole, avait montré autant l'abon dance du courage que le manque de précaution ; il s'était exposé sans raison à des périls graves et imminents, sans faire la distinction de ce que vaut au prince la vie d'un
eurent par la suite occasion de se réunir plus étroitement aux Espagnols, lorsqu'ils en obtinrent, non-seulement la possession paisible de Parme, mais le recouvrement de Plaisance, sur lequel ils avaient perdu cspé-
simple soldat et celle d'un général en chef, rancc depuis longtemps. Il en sera parlé en
et conséquemment le soin inégal que le génc- son lieu.
rai et le soldat doivent prendre de leur vie, k. Sur ces entrefaites les ambassadeurs des
selon les règles du vérilable courage, qui, protestants, qui semblaient être venus à Tren-
comme les autres vertus, se règle par la pru- le, moins pour s'accorder que pour mettre le
dence. Jean-Baptiste en avait si peu, que le désordre, commencèrent par se plaindre du
pape, alarmé, l'en avait souvent fait avertir, en lui disant que sa mort , si elle arrivait, finirait la guerre à l'avantage des ennemis , et qu'il ne voulait à aucune condition retirer du siège de la Mirandole un si funeste fruit ; mais l'ardent jeune homme, idolâtre de la gloire (j'entends cette gloire qui n'est qu'un fantôme produit par les acclamations populaires , et non pas ce lustre qui résulte de l'approbation des sages), méprisa, comme la tendresse excusable d'un oncle, cet avertissement , qui était la considération judicieuse d'un prince. Il en fut la victime. Au premier combat qu4 fut livré , il maniait les armes avec un courage et une adresse singulière , plus attentif à verser le sang des ennemis qu'à conserver le sien ; au milieu d'un groupe d'ennemis qui ne la connaissaient pas , recevant des blessures autant qu'il en faisait aux autres, il succomba enfin. Sa mort fut la cause de plusieurs autres. Ses soldats qui le trouvèrent, excités par la
sauf-conduit qu'on leur avait donné , bien qu'il fût des plus amples. Quelque temps après, Ambroise Pélargue, religieux dominicain, ayant fait un sermon sur l'Evangile de l'ivraie, où il dit qu'il faut quelquefois tolérer les hérétiques , crainte d'un plus grand mal, ils firent beaucoup de brujt, comme si le prédicateur avait voulu dire qu'on pouvait leur manquer de foi. Mais le sermon ayant été public , et les auditeurs n'ayant rien témoigné qui pût appuyer celle calomnie, ils ne formèrenlplusqu'uneplainle sur ce que, pendant la prorogation, on préparait les canons sur le sacrement de mariage, ce qu'on ne devrait pas faire sans attendre leurs théologiens, avec qui il fallait conférer. Les impériaux voyaient bien l'injustice delà demande, puisqu'on n'avait jamais suivi cette règle, d'attendre des nations entières de catholiques pour la préparation des articles qu'on Vivait traités jusque-là. Ces articles, jusqu'à ce qu'ils soient publiés, ne sont que
honte et la colère, voulurenl venger sa mort des ébauches etnon des ouvrages finis. Et, en «'l s'emparer de son corps , ei les ennemis se effet, jusqu'au moment de la publication, on battirent j^our le garder. Ce désastre fut y avait vu des altérations non légères. Mal-
gré cela, celui qui est bien aise d'accorder ne point appréhendé, au temps dont nous par
cherclie pas tant si la demande est raisonna ble que si le demandeur veut absolument l'obtenir. C'est pour cela, qu'à la cour de l'empereur, les ministres parlaient à demimot avec le nonce Camajani , n'osant pas demander la suspension dont ils manifestaient le désir. Ils en faisaient de môme sur l'article de la réformation, auquel ils auraient voulu que le concile se fût appliqué absolument , dûi-il ne plus rester de temps pour trailer le dogme : car la matière du dogme est aussi odieuse aux protestants que l'autre leur est agréable, parce qu'ils sentent que les décisions du dogme condamnent leur doctrine, cl, dans les articles de la réforme, ce sont les abus des catholiques qui sont condamnés.
5. C'est assez la coutume des princes de censurer les ministres des autres cours, dont les opérations leur sont nuisibles, parce qu'ils travaillent, disent-ils, pour leur utilité particulière plus que pour le service de leurs princes. Les impériaux commencèrent donc à murmurer contre le légat Cresccnzi de co que, dans l'impatience de se trouver loin de Rome, il pressait les affaires du concile, précipitant tout et ne mûrissant rien; et de ce que dans les discussions il faisait trop sentir son autorité. Mais , comme on l'a déjà fait voir, rien n'était plus injuste que ces soupçons, puisque selon le compte qu'en a fait Sleidan, il y avait alors au concile, outre le cardinal de Trente et les trois présidents, soixante-deux évoques en tout, dont vingtcinq espagnols, huit allemands, deux de Sardaigne, quatre siciliens et un hongrois , qui
Ions, ce même empereur, dont les affaires allaient assez mal, et qui avait un si grand besoin des secours du pape , craignant qu'il ne se joignît au roi son ennemi. Le pape avait manifesté cette franchise indépendante des sentiments de l'empereur , non-seulement dans l'accord fait avec les Français, mais encore dans la suspension du concile, comme bientôt nous Talions voir.
0. Ce qu'il y eut de vrai en tout cela, c'est que l'empereur ayant fait sa demande de la manière la plus honnête, et supplié môme pour qu'on attendît l'arrivée des autres protestants, le pape et les Pères du concile condescendirent à la demande en prorogeant la session. Elle était annoncée pour le 19 snars , elle fut différée jusqu'au 1"^' de mai , d'autant plus que les bruits de guerre avaient déjà fait partir de Trente l'arciievêque-élecleur de Trêves, sous prétexte de maladie : ce que les deux autres imitèrent bientôt après. Ils ne se cachèrent pas du motif, qui était la nécessité de veiller à leurs propres domaines ; mais ils promirent de revenir aussitôt que la crainte et les soupçons auraient cessé.
7. Parmi ces divers événements le souverain pontife ne put apprendre, sans la plus vive indignation, une luneste nouvelle, dont il fit ses doléances en plein consistoire. Ce fut la mort violente du cardinal Marlinusi, non-seulement atroce au premier aspect, mais dont la difformité était accrue par la renommée, qui , toujours défavorable aux puissants et propice aux misérables, suppose à ceux quelle accuse les intentions les plus
faisaient le nombre de quarante, tous impé- criminelles. D'après la renommée, le roi Fer
riaux. Des autres vingt-deux italiens la plus grande partie encore était attachée à l'empereur, les uns comme vassaux par leur famille, les autres par le territoire oîi se trouvaient leurs diocèses ; et parmi les théologiens du second ordre , au nombre de quarante-deux, il y avait vingt-cinq espagnols et douze flamands. C'est ainsi (jue Sleidan les a comptés. Mais, bien que le nombre, dans la réalité, passe de beaucouy» ce que dit Sleidan,soit pour lésé veques,q ni étaient soixantehuit, outre les abbés elles généraux d'ordre, soit pour les théologiens, qui étaient soixante, néanmoins, parmi les uns et les autres, le nombre des impériaux ])rcvalait selon la proportion que nous avons marquée. Cependant, comme il demeure toujours vrai que les impériaux répandaient ces critiques et ces soupçons contre le légal, aussi est-il faux ■ que l'empereur ail fait au pape des mena- I ces et des protestations, s'il ne faisait sur-- ' seoir les opérations du concile : ce qu'il fai-
• sait, dil Pierre S(.>ave, pour l'épouvanter. Il ' ajoiileqneCharles envoyaexprèsun messager
• à TreiUe et un à Rome, il ne dit pas leurs noms : précaution sagement employée par les
I menteurs, de parler en général pour n'être pas convaincus. H était d'ailleurs à présumer que Jul( s, à qui, dans le grade de cardinal,
f les protestations du roi de France n'avaient point fait peur , ni auparavant celles de Charles V au fort de ses victoires, n'aurait CoNC. DE Tke:,te. II.
dinand aurait voulu, par celte horrible ingratitude, s'emparer d'un trésor considérable qui était entre les mains du cardinal (1), et de plus il se serait déchargé d'une i)cnsion de 80,000 écus promise au cardinal, en récompense des services passés. Mais tout cela était extrêmement opposé, d'abord à la piélô chrétienne, à la justice et à la bonté naturelle de Ferdinand : son défaut était plutôt de mettre trop peu de zèle à réprimer les méchants que de sévir par une méchanceté volontairecontre les innocents. Tout cela était encore contre ses avantages temporels ; et certes, pour affermir un sceptre nouveau, encore mal assuré dans ses mains, il aurait fallu laisser la vie à celui qui le lui avait acquis, si dans ce haut degré de puissance il lut toujours demeuré fidèle. C'est ainsi que la lumière tardive, mais assurée, du temps détruisit enfin le mensonge et la calomnie.
8. Cependant le roi, pour détruire les mauvais soupçons du peuple, publia un manifeste très-étendu, adressé à François Vîllaquio, évoque de Raab et son vice-roi dans la Hongrie. 11 y rendait coniple du fait très en détail : c'était le fait qu'il s'agissait de justifier dans les formes auprès du pape, qui avait cité le roi et nommé des commissaires pour en connaître ; en sorte que, au bout de quel-
(1) faux.
Le bniil en avait couru, mais il fui irosné
[VitKjl-lrois.)
aux congrégations, soit nux sessions; mais comme les présidents et les Pères du concile s'escrimaient en vain pour les mettre d'accord, la décision en fut remise au pape. A ce cardinal. Il fut jugé exempt du délit, parce sujet je me souviens d'avoir lu dans un Mé-
ques jours, après qu'on eut entendu à Rome les défenses du roi, ii fnt décidé dans un consistoire qu'on ne devait pas confondre la cause du roi avec celle des meurtriers du
moire du temps, que l'évêque de Zagabria, un des orateurs de Ferdinand, écrivit sur cette affaire à un ministre du pape à Rome, pour lui recommander les intérêts de son prince ; il le priait de lui citer quelque exemple favorable, ou une sentence de quelques papes qui fût décisive pour Ferdinand, considéré ou coinnie roi des Romains , ou comme roi de Hongrie. Ce dernier titre surtout devait avoir plus de force , puisque la Hongrie n'était pas un royaume en espérance, ou une royauté en titre ; la possession en était véritable , et c'était comme évêqnc de Hongrie qu'il était vice-roi et ambassadeur.Voici ce qu'on lui répondit de Rome : «Toute diligence faite, nous trouvons que celle
yeux ouverts. Or donc cet historien renomme chez les Italiens, autant par sa candeur, par sa sincérité, par la simplicité de son style, que par sa piété naïve et par une rare pru-
qu'on ne prouvait pas la commission. Les meurtriers eux-mêmes, étant venus par la suite à Rome, obtinrent une absolution honorable par laquelle on déclarait le fait profitable et salutaire à la chrétienté. C'est ainsi que Soave lui-même s'en est exprimé ; mais c'est l'ordinaire qu'on ne croie jamais qu'une conjuration ait été tramée, si la trame est coupée avant que la toile soit finie. Ainsi dans l'opinion publique, comme dans la relation des historiens, la trahison de Martinusi ou son innocence est encore un problème. Cependant cette diversité d'opinions et de sentiments n'excuse pas Soave, lorsqu'il regarde comme une croyance universelle et certaine l'opinion à laquelle il adhère
lui-même et qui charge le roi d"uu assassinat controverse est très-ancienne, et n'a" jamais injuste et le pape d'une absolution trop fai- été décidée dans la chapelle du pape. Au conblement accordée. Il n'ignore pas ce qu'en a cile de Constance on avait ordonné en généécrit Paul Paruta, chroniste de la république rai que les ambassadeurs se rangeraient de Venise, et par conséquent très-informé comme dans la chapelle du pape. En conséde toutes les affaires qui avaient du rapport quence le pape lui-même ne veut rien déciavec les Turcs. Les Turcs étaient alors les der, jusqu'à ce qu'il ait entendu les parties, rivaux delà république, sur lesquels ces il- Le parti le plus naturel semblerait être que lustrissimes seigneurs avaient sans ces; e les les ambassadeurs de Ferdinand, comme évê-
ques, fussent au rang des évêques, mais un peu au-dessus d'eux, et le portugais, connue ia'ique , siégerait honorablement parmi eux ; que si cet arrangement ne paraissait pas tîenc'e, cet historien affirme sans aucun doute suffisant, ils chercheraient quelque autre ex la trahison ourdie par le cardinal, à qui elle pédient pour s'arranger avec les Pères de coûta ia vie. ^ Trente. »
9. Il arriva , ou plutôt lui-môme suscita 10. La contestation demeura ainsi sus
au roi Ferdinand, un nouveau trouble à pendue, sans aucune sentence ni arrange- Trente, mais bien plus léger que le pré- ment, jusqu'au 24 arril, où l'on devait tenir cèdent Voici ce que c'est. Trois ambas- la eongréL',alion générale. On la tint, en effet, non pas chez le légat, qui était malade en danger de mort , mais à l'église, Comme pour la convenance et selon la coutume, il i'aîl::it que tous les ambassadeurs fussent présents, il fut convenu, et l'accord fut observé, tant en cette journée qu'à la suivante et successivement en la prochaine du 27 avril, où se réunirent les assemblées, et enfin dans l'immédiate du 28, où se célébra la session qui fut la sixième et la dernière sous Jules III; il fut convenu que les Portugais auraient leur place vis-à-vis les orateurs de l'empereur, c'est-à-dire à la droite en face des présidents du concile, au même endroit où se mettaient les électeurs ecclésiastiques de l'Empire, qui avaient quitté le concile , et que les ambassadeurs de Ferdinand seraient à la gauche après celui de l'empereur. Les présidents du concile avaient eu soin d'avertir, par une déclaration publique et solennelle, que cette disposition n'était que pour la circonstance présente, lés parties y ayant consenti pour la tranquillise de l'assemblée,
sadeurs du roi de Portugal étaient venus au concile le 5 mars : le premier, qui él.'Jt conseillerdu roi, s'appelait Jacques deSilva ; le second était un théologien nominé Jacques Govea, et le troisième un jurisconsulte nommé Jean Paez. Il y eut contestation entre ceux-ci et ceux du roi des Romains sur la préséance ; ce qui fit que, le 19 mars, il y eut une forte discussion, soit entre les Pères du concile et les mêmes orateurs (chacun desquels concluait, commede raison, pour ceux de son parti), soit entre les Pères eux-mêmes. Pour terminer la contestation il fut statué que, pour cette fois, l'orateur portugais aurait son siège au milieu des évêques et vis-àvis les présidents, et que de là il exposerait son obédience comme ambassadeur, pendant que les orateurs de Ferdinand attendraient dans la chambre du légat. Cela fut exécuté ; après quoi, les ambassadeurs s'élant retirés, le secrétaire lut le précis de la réponse qu'on devait leur faire. Tous les Pères, sans exception, l'approuvèrent, en disant: P/aceL On fit
ensuite renlrerlesambassadeurs, etle secré- et sans préjudicier aux droits de l'une ou taire leur répéta la même lecture. Cependant l'autre partie, ni de qui que ce fût; et même, la difficulté subsistait toujours, etil fallaitré- pour empêcher le préjudice que pouwiit p!>rgler ce qu'il y aurait à faire, lorscjue les am- ter une prèlêrence passagère, on eut soin, à bassadeurs assisteraient tous cuseniblc, soit la grand'messe qui fut chantée le jour de la
session , d'omettre la cérémonie ordinaire de Or ce fat en ce temps que la conspiration des l'encensemenl ou de la paix, qui ne fut portée proteslants soulevés éclata contre l'empereur
à aucun des orateurs. Les Portugais voulurent une déclaration authenlique de tout ce qui s'était passé en cette occasion depuis le commencement des protestations. Elle leur fut donnée par les présidents et datée du 5 mai. Ceci n'arriva pourtant que quelque temps après, quoique nous le rapportions ici, pour mettre sous le même point de vue tout cet événement. L'histoire ressemble quelquefois à ces miroirs faits de manière qu'ils réfléchissent plusieurs objets différents, comme s'ils n'avaient qu'une seule face.